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À New York, des ventes d’art moderne très élitistes, trop peut-être

4 mai 2012

Clou du catalogue de 76 lots de la vente d’art moderne proposée par Sotheby’s le 2 mai à New York, une version au pastel du Cri d’Edvard Much devient le tableau le plus cher acheté en vente publique. 55 % du chiffre d’affaires record de 330 millions de dollars sont à verser au compte de seulement 5 œuvres (Munch, Picasso, Miro, Dali, Brancusi), un bilan assorti de 15 invendus, d’œuvres dont la valeur s’est très fortement appréciée en une dizaine d’année et d’autres cédées sous les estimations basses. Compte tenu de l’aspect aléatoire de la collecte d’œuvres d’art pour constituer de tels catalogues et des difficultés pour trouver les quelques-unes assurant la part la plus importante du chiffre d’affaires, la situation d’une clientèle d’acheteurs de plus en plus riche et exigeante augure aussi de grands défis pour les opérateurs de cette envergure.   

Avec la recette de 330,5 millions de dollars tirée de sa vacation d’art moderne et impressionniste du 2 mai, à New York,  Sotheby’s réalise son plus important chiffre d’affaires pour une vente aux enchères dans la spécialité.  Des sommes stratosphériques ont été payées pour des œuvres de qualité muséale ; celles n’entrant pas dans cette catégorie ont connu des fortune diverses, y compris la veille, lors d’une vente organisée chez Christie’s, toujours à New York.  

 Le tableau le plus cher du monde en vente publique

Avec une estimation “symbolique” située autour de 80 millions de dollars, la version  du Cri  proposée dans cette vacation a été réalisée au pastel sur panneau (79 x 59 cm) en 1895. Elle est de deux années plus tardive que le célèbre tempera et crayons sur carton (91 x 73,5 cm) détenu par le musée national d’Oslo et la seule, des quatre connues, à être encore en mains privées. Elle était vendue par le transporteur maritime et milliardaire norvégien Petter Olsen. Son père, Thomas, était voisin et client de Munch à Hvitsten, où le peintre acheta une maison en 1911. Cette version du Cri était conservé dans la famille Olsen depuis plus de 70 ans.

Les 120 millions de dollars payés pour acquérir ce chef-d’œuvre de l’art moderne constitue la somme la plus importante jamais déboursée pour acquérir une œuvre d’art en vente publique. Avec 104,16 millions de dollars payés pour Garçon à la pipe de Pablo Picasso (mai 2004, New York) et 65 millions de livres engagés sur une sculpture d’Alberto Giacometti, un exemplaire de L’Homme qui marche I, œuvre de 183 cm de hauteur créée en 1960 et fondue en 1961 (février 2010, Londres), Sotheby’s détient désormais 3 des 4 prix records pour des œuvre d’art vendues aux enchères.

En mai 2010, à New york,  Christie’s avait vendu Nu, feuilles vertes et buste (ou Nu au plateau de sculpteur) de Pablo Picasso pour 106,5 millions de dollars.

5 autres œuvres d’Edvard Munch au catalogue

Autour de cette version du Cri, le catalogue de Sotheby’s présentait 5 autres œuvres de Munch, pour lesquelles les estimations étaient comprises entre 1,5 et 7 millions de dollars. Mais comme, sur le marché de l’art, un nom ne suffit pas à faire un prix, une seule de ces œuvres a été vendue dans la fourchette de l’estimation. Il s’agit d’un Semeur peint à l’huile sur toile (90,8 x 115,5 cm ) en 1913. Estimé 2/3 millions, le tableau a été payé 2,88 millions.

Femme se regardant dans un miroir, une huile sur toile (92 x 73 cm), peinte en 1892, estimée 5/7 millions de dollars sans les frais (12%), a été payée 5,12 millions avec ces frais.

Datée de 1902, une Corde à linge chargée de vêtements à Åsgårdstrand, peinte à l’huile sur toile (67,5 x 72,5 cm), a été payée 2,09 millions avec les frais (12 %) sur une estimation de 2/3 millions sans ces frais.

Pour les mêmes conditions de frais, une Nuit à Saint-Cloud, une œuvre de 1912 peinte à l’huile sur papier monté sur un panneau (29 cm x 24,4 cm) a été payée 1,53 millions de dollars pour une estimation de 1,5/2 millions.

Assortie d’une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars et jamais vue en vente publique, la cinquième, une Nuit d’Été peinte à l’huile sur toile (74,3 x 98,6 cm) en 1917 n’a pas trouvé preneur.

29 millions de dollars et des fortunes diverses pour Pablo Picasso

Pour la deuxième estimation la plus élevée, 20/30 millions de dollars, une Femme assise dans un fauteuil,  peinte à l’huile sur toile en octobre 1941 par Pablo Picasso, a été payée 29,2 millions de dollars. Du même, une Tête de femme (portrait de Françoise), peinte à l’huile sur toile (55 x 38 cm) en 1946, a été payée 6,9 millions sur la base d’une estimation de 4/6 millions.

Toujours de Picasso, La Citronnade, une huile sur toile (72,7 x 59,7 cm) de 1954, estimée 3,5/5 millions de dollars, a été payée 3,89 millions et, Femme assise sur fond bleu-rouge, une huile sur toile (73 x 59 cm) de 1956, a été laissée sous son estimation de 4/6 millions de dollars sans les frais (12 %) avec un prix payé de 4 millions avec ces frais. L’Étrangleur, une grande gouache réalisée vers 1904 n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 1/1,5 millions de dollars.

Un Chasseur de chez Maxim’s de Chaïm Soutine gagne 2,5 millions en 8 ans, un autre ne gagne rien  

De Chaïm Soutine, un Chasseur de chez Maxim’s estimé 10/15 millions de dollars sans les frais (12 %) a été payé 9,37 millions avec ces frais. Bien que cédée sous son estimation basse, cette huile sur toile de 1925 avait été acquise chez Sotheby’s par le présent vendeur, en novembre 2004, pour 6,7 millions de dollars.

Du même artiste, une huile sur panneau marouflée sur toile (65,1 x 50,2 cm) intitulée Le Chasseur, estimée 4/6 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

14,8 millions de dollars pour Joan Miro

Une Tête humaine de Joan Miro, estimée 10/15 millions de dollars, a été payée 14,8 millions. Cette technique mixte sur toile (81,3 x 65,4 cm), réalisée en 1931, n’avait jamais été vue en vente publique.

Une toile de Dali payée 1,36 million de livres en 1998, réévaluée à 16,32 millions de dollars

Un Printemps nécrophilique de Salvador Dali, a été payé 16,32 millions de dollars pour une estimation de 8/12 millions. Cette huile sur toile (54,6 x 65 cm) de 1936 faisait initialement partie de la collection Elsa Schiaparelli. Le présent vendeur l’avait payé 1,36 million de livres en 1998, chez Christie’s, à Londres.

Un bronze de Brancusi payé 1,21 million de dollars en 1999, réévalué à 12,68 millions

Prométhée, un “visage” en bronze de Constantin Brancusi, d’une largeur de  17,7 cm, conçu et fondu en 1911 dans une édition de 4, a été payé 12,68 millions de dollars pour une estimation de 6/8 millions. L’œuvre avait été acquise pour 1,2 million de dollars en 1999, chez Christie’s, à New York.

Une Cabane de Paul Gauguin passe de 4,62 millions à 8,48 millions en 10 ans

Cabane sous les arbres, de Paul Gauguin, une huile sur toile ( 72,4 x 43,5 cm) peinte en 1892, a été payée 8,48 millions de dollars sur une estimation de  5/7 millions. L’œuvre avait été acquise par le présent vendeur en novembre 2002 chez Christie’s, à New York, pour 4,62 millions de dollars.

Vendus sous l’estimation

Parmi les œuvres cédées sous leur estimation, on trouve aussi une Peinture, réalisée par Joan Miró en 1953, une grande huile sur toile (194,9 x 130,5 cm), payée 4,11 millions de dollars avec les frais (12 %) sur la base d’une estimation de 4,5/ 6,5 millions sans ces frais. Méme déconvenue pour L’Équilibriste, une huile sur toile (130 x 97 cm) de Kees van Dongen, peinte en 1907, estimé 4/6 millions sans les frais (12 %) et cédée 3,44 millions avec ces frais.

Invendus

Des œuvre de Paul Delvaux (Le Canapé bleu estimé 3,5/5,5 millions), Fernand Léger (une Joie de Vivre à 2,5/3,5 millions), Georges Braque (La Desserte I, estimée 2/3 millions) font partie des invendus les plus chers de la vacation.

117 millions de dollars pour une vente dans la spécialité, la veille, chez Christie’s

La veille, toujours à New York, pour une importante vente dans la spécialité, un catalogue de 32 lots proposé par Christie’s a généré 117 millions de dollars.

Si des prix très importants, avec des lots vendus bien au-dessus des estimations, ont été réalisés dans le cadre d’une vacation qui compte seulement 3 invendus, un nombre plus important d’œuvres a été laissé sous les estimations.

Paul Cézanne et Henri Matisse : 19,12 millions pour chacun

Clou du catalogue et estimée 15/20 millions de dollars, une étude préparatoire à l’aquarelle de Paul Cézanne pour la série Les Joueurs de Cartes, a été payée 19,12 millions. Cette œuvre datée entre 1892 et 1896, mesurant 46,7 x 30 cm,  a été réalisée directement à l’aquarelle, sans sous-dessin au crayon. Le prix le plus important payé en vente publique pour une aquarelle de Cézanne, 25,5 millions de dollars engagés sur une Nature morte au melon vert, a été enregistré en 2007, chez Sotheby’s, à New York.

Des Pivoines d’Henri Matisse, peintes à l’huile sur toile (65 x 54,6 cm) en 1907, estimé 8/12 millions de dollars, ont été facturées le même prix.

Payée 3 millions de dollars en 2002, une toile de Picasso est facturée 9,88 millions

De Pablo Picasso, Le Repos (Marie-Thérèse Walter),  une petite huile sur toile (27,3 x 46,3 cm) peinte à Boisgeloup en 1932, a été 9,88 millions de dollars sur la base d’une estimation de 5/7 millions. Le présent vendeur avait acquis cette œuvre chez Christie’s, en 2002, lors d’une vente new-yorkaise, pour quelque 3 millions de dollars.

Alberto Giacometti : un invendu estimé 8/12 millions de dollars

D’Alberto Giacometti, un Buste de Diego, bronze à patine brune, 6/6, conçu en 1957 et fondu en 1958, H. 61 cm, payé 3,6 millions de dollars chez Christie’s en novembre 2005 et nouvellement assorti d’une estimation de 8/12 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

La même déconvenue a frappé une petite huile sur toile (31,8 x 46,4 cm) peinte par Salvador Dali en 1943, titrée New Accessories, apparitions et équilibres en perspective et estimée 3/4 millions de dollars.

8 lots vendus sous les estimations

Si d’autres œuvres ont été payée au-dessus des estimations, comme un Amour en plâtre de Paul Cézanne, une huile sur toile (57,2 cm x 24,8 cm), peinte en 1894-1895, estimée 500.000/700.000 dollars et facturée 1,53 millions, 8  (sur 29 vendues) ont été laissées sous les estimations.

Il s’agit notamment d’une Femme endormie de Pierre Bonnard, une œuvre à l’huile sur toile (50 x 71 cm) peinte vers 1928, estimée 1,8/2,5 millions de dollars sans les frais (12 %) et payée 1,42 million avec ces frais ; d’un Mousquetaire et nu assis de Pablo Picasso, une huile sur toile (99,7 x 80,6 cm) peinte à Mougins en 1967, estimée 5/8 millions sans les frais (12%) et payée 4,22 millions avec ces frais.

Pierrick Moritz

Les performances des objets d’art chinois ont du plomb dans l’aile

24 mars 2012

Si les grandes ventes aux enchères publiques internationales d’art traditionnel chinois sont toujours émaillées de prix spectaculaires en regard d’estimations beaucoup plus modestes, la tendance à l’accroissement du volume des invendus amorcé au printemps de l’année dernière, dans une configuration récurrente où des lots vedettes ne trouvent pas preneur, s’est à nouveau vérifiée dans les vacations de Sotheby’s et Christie’s proposées cette semaine dans le cadre de l’Asian Art Week de New York. La surabondance de l’offre pour cette spécialité hautement spéculative explique en partie le phénomène.

Si les maisons de vente peuvent réguler leur offre, elles sont de plus en plus dépendantes de ce marché spécifique essentiellement animé par la clientèle chinoise en terme d’achats, et notamment pour les lots les plus chers. Un ralentissement économique significatif en Chine amènerait très probablement à l’effondrement des prix dans la spécialité, excepté pour l’infime partie qui concerne des pièces impériales très exceptionnelles mais dont la majorité des sommets risquerait d’être sérieusement rabotée.

Dans le cadre de l’Asian Art Week de New York, Christie’s proposait, hier et avant-hier, une vente marathon de céramiques et d’objets d’art chinois qui regroupait pas moins de 647 lots. 182 lots n’ont pas trouvé preneur, soit un taux d’invendus de 28%.

Parmi eux, figurent les 6 objets les plus chers et pour des estimations basses comprises entre 500.000 et 2 millions de dollars. Il s’agit, pour les plus importants, d’une statue en bronze doré de la divinité Vairocana (H. 169,5 cm), datée du XVIe siècle (estimée 2/3 millions), d’une cloche rituelle en bronze nao, dynastie Zhou (H. 46,5 cm), vers les 11ème-10ème siècles avant J.-C. (800.000/1,2 million) et d’un pot à pinceau en jade blanc verdâtre sculpté en forme de tronc d’arbre (H.20,5 cm), daté de la dynastie Qing, sans autres précisions (700.000/900.000 dollars).

Les enchères les plus élevées ont été portées sur une longue table de peintre en huanghuali du XVIIème siècle, payée 1,2 million de dollars (estimée 400.000/600.000 dollars), un bronze rituel à nourriture de forme rectangulaire, vers les 12ème-11ème siècles avant J.-C, estimé 200.000/300.000 dollars, sur lequel 1,08 million ont été engagés. Une statuette en bronze partiellement doré de la divinité Tara, datée  du XVIIIe siècle et marquée du sceau Qianlong, a très largement dépassé son estimation de 40.000/60.000 dollars en étant payée 842.500 dollars.

Dans la catégorie des objets d’art chinois dont les estimations ont été pulvérisées, on trouve, également et principalement, une cloche en bronze Zheng (H.25,5 cm), datée de 750-256 avant J.-C., payée 698.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars, un vase en jade blanc verdâtre (H. 19,8 cm) taillé à facettes et de forme “gu”, d’époque indéterminée, échangé contre 506.500 dollars quand 20.000/30.000 dollars en étaient attendus, 338.500 dollars ont été engagés sur un cabinet en huanghuali (H. 129, 8 cm), à incrustations de nacre, pierre à savon, os et verre pour un décor d’oiseaux parmi des fleurs, qui était estimé 40.000/60.000 dollars.

Malgré ces performances, le chiffre d’affaires de 31 millions de dollars reste 22 % inférieur à celui qui était attendu.

Le 22 mars, toujours dans le cadre de cette Asian Art Week, le même opérateur proposait une vente d’objets d’art chinois provenant d’une collection privée. 36 % des lots n’ont pas trouvé preneur, dont quelques-uns figurant parmi les plus chers du catalogue.

Le 31 mars, Sotheby’s ouvrira une traditionnelle série de ventes de printemps à Hong Kong, dont de très importantes consacrées aux objets et œuvres d’art chinois. En mai, ce sera le tour de Christie’s.

Pour des séquences comparables, incluant de l’art asiatique ancien et contemporain dont chinois, mais aussi des bijoux, des montres et du vin, le chiffre d’affaires réalisé par Christie’s en novembre 2011 équivalait à 385 millions de dollars américains quand il atteignait 515 millions (un record) 5 mois plus tôt, et 408 millions pour le programme de novembre 2010. En octobre 2011, la spécialité des objets d’art chinois négociés en vente publique chez Christie’s à Hong Kong confirmait les moins bonnes performances constatées depuis le printemps 2011.  Sa vacation principale avait été ponctuée d’enchères très importantes, mais 43 % des lots n’avaient pas trouvé preneur.

Si Sotheby’s avait fait mieux en octobre 2011, pour une opération équivalente à celle proposée un mois plus tard par sa conccurente occidentale directe sur la place asiatique, avec un chiffre d’affaires de 412,5 millions de dollars, celui-ci était également en recul par rapport au précédent. La principale vacation d’objets d’art chinois s’était soldée par un taux d’invendus de 45 % .

Sotheby’s a  annoncé un chiffre d’affaires incluant les ventes privées pour toutes les spécialités en augmentation de 40 % pour l’année 2011 sur la place de Hong Kong quand son chiffre d’affaires consolidé a progressé de 14 % pour la même période, ce qui confirme sa plus grande dépendance vis-à-vis de l’Asie, et notamment des acheteurs chinois.

Pierrick Moritz

Articles en rapport

Estimations pulvérisées et fort taux d’invendus pour l’art d’Asie chez Sotheby’s Paris  : http://artwithoutskin.com/2011/12/16/estimations-pulverisees-et-fort-taux-dinvendus-pour-lart-dasie-chez-sothebys-paris/

Un important sceau impérial chinois invendu chez Sotheby’s Hong Kong,  la bulle de l’art chinois: http://artwithoutskin.com/2011/04/08/un-important-sceau-imperial-chinois-invendu-chez-sothebys-hong-kong/

Sur L’Asian Art Week de mars 2012  :

http://artwithoutskin.com/2012/03/23/le-metropolitan-museum-of-art-achete-un-album-de-peintures-chinoises-chez-sothebys

http://artwithoutskin.com/2012/03/22/paye-119-000-dollars-en-2001-un-ensemble-de-calligraphies-imperiales-chinoises-est-revendu-568-millions/

http://artwithoutskin.com/2012/03/22/une-vente-dart-japonais-et-coreen-boudee-chez-christies-new-york/

Résultats très mitigés pour la peinture ancienne à New York : situation de crise jouant toujours en faveur des opérateurs

1 février 2012

Actualisé le 02/02/2012 à 12 heures 59

Les traditionnelles vacations de peintures et d’objets d’art anciens et du XIXe siècle de janvier chez Sotheby’s et Christie’s New York sont le premier grand rendez-vous international de l’année pour le marché de l’art en vente publique occidental. Les résultats des vacations des 25, 26 et 27 janvier mis en regard du symbole du calendrier n’annoncent rien de nouveau pour 2012 mais confirment la tendance lourde des mois passés  : des  taux d’invendus globalement élevés au sein d’une situation de crise jouant en faveur des opérateurs.  

L’Old Masters Week de janvier à New York, traditionnelle programmation des commerçants de l’art autour de la peinture ancienne, s’est déroulée la semaine dernière à New York. Du côté des ventes publiques, Sotheby’s et Christie’s proposaient chacune 3 vacations dans la spécialité. Les résultats de la vente de dessins anciens de Sotheby’s du 25 janvier, avec un taux d’invendus de quelque 49 % mais un chiffre d’affaires atteignant 75 % de l’estimation pré-vente du calalogue, illustrent notamment la tendance d’un avantage en faveur des commissions des opérateurs tandis que de nombreux vendeurs se retrouvent en situation difficile.

Une incertitude néfaste à la transparence du marché de l’art

Si, en cas d’accord entre les deux parties, les vendeurs déçus  – mais aussi redevables de frais parfois importants - peuvent revendre leur bien dans le cadre d’une transaction privée qui rapportera notamment des commissions aux opérateurs, le climat d’incertitude conduit les vendeurs potentiels à l’attentisme.

Les œuvres les plus prestigieuses sont confiées plus difficilement, à moins d’obtenir des garanties pour certains vendeurs, un procédé dont on peut dire qu’il jette d’emblé une part de doute sur la solidité du marché. Les vendeurs peuvent aussi décider de passer directement par l’option vente privée.

Intégrant ces renégociations d’après vacation sur des lots notoirement connus comme invendus, les ventes privées menées par les opérateurs en vente publique, seule place d’information à peu près fiable, en rajoutent encore au niveau de l’opacité du marché de l’art.

40 et 30 % d’invendus pour les ventes majeures de Sotheby’s et Christie’s

La vacation de Sotheby’s du 26 janvier, avec un important catalogue de 351 lots majoritairement constitué  de peintures et sculptures anciennes, puis d’objets d’arts (tapisseries et faïences européennes anciennes, …), a enregistré quelque 40 % d’invendus (140 lots).

Les déconvenues les plus importantes concernent une nature morte de fleurs de Jan Van Huysum (1682-1749), peinte à l’huile sur cuivre (79 x 60,5 cm) et estimée 4/6 millions de dollars, ainsi qu’une Fuite en Égypte d’Antony Van Dyck (1599-1641), une huile en grisaille sur panneau (38,4 x 32,4 cm) dont 3/5 millions étaient attendus.

Fréquence des invendus moins importante pour les objets d’art

Dans cette vente, la fréquence des invendus a été moins importante pour les objets d’art. La plus forte enchère concerne une paire de portraits en forme de médaillon (D. 43,2 cm chacun), des terres cuites émaillées réalisées par Andrea della Robia à Florence vers 1470-1480. Elle a été payée 1,65 million de dollars sur une estimation de 400.000/600.000 dollars.

5,6 millions de dollars pour une vue de Venise par le Canaletto

Le lot vedette du catalogue, une vue de Venise du Canaletto (1697-1768) à l’huile sur toile (60 x 94,5 cm), a été payé 5,6 millions de dollars avec les frais (12%), soit au niveau bas d’une estimation de 5/6 millions sans les frais.

Toujours pour les lots aux estimations les plus élevées, une Lucrèce à l’huile sur panneau (60,3 x 48,9 cm) de Lucas Cranach le Vieux (1472-1553) a été payée 5,12 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions ; de Simone Martini (1284-1344), une Annonciation de la Vierge, tempera sur fond or sur panneau (29,2 x 20,6 cm), a été acquise pour 4,11 millions sur une estimation de 3/4 millions.

Des œuvres vendues très au-dessus des estimations

Parmi  les peintures vendues très au-dessus des estimations, on remarque un Saint Jérôme dans le désert par Fra Bartolommeo (1472-1517). Cette œuvre peinte à l’huile sur un panneau en forme d’arche (45,1 x 27,9 cm) a été payée 4,89 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

De Botticelli et son atelier (1445-1510), une Madone à l’Enfant à la tempera sur panneau rond (D. 121 cm), a été payée 4,56 millions de dollars sur une estimation de 1/1,5 million. Roland et le mariage d’Angélique, une huile sur toile monumentale de Charles-Antoine Coypel (1694-1752) estimée 700.000/900.000 dollars, a été payée 3,55 millions.

De Pieter de Hooch (1629-1684), un Intérieur avec un enfant nourrissant un perroquet peint à l’huile sur toile (79,5 x 66 cm), daté 1672, a été payé 3,66 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

Un tableau ancien estimé 6/8 millions de dollars invendu chez Christie’s

La très importante vacation de peinture ancienne de Christie’s, le 25 janvier, a vu 18 des 60 lots du catalogue ne pas trouver preneur. Le tableau le plus cher du catalogue en fait partie. Cette variation de la Vierge Marie nourrissant le Christ enfant d’Hans Memling (1430/40-1494), une petite huile sur panneau circulaire à fond or  (D. 17,4 cm), était estimée 6/8 millions de dollars.

L’opérateur avait un intérêt financier direct sur ce lot par une garantie d’un prix minimum de vente ou une avance faites au vendeur. Cette situation concerne à la fois les cas où l’opérateur détient des intérêts financiers propres et ceux où il a financé tout ou partie de tels intérêt à travers une tierce partie. Cette dernière engrangent un gain si la vente réussit et peuvent subir une perte si elle échoue.

Les déboires de certains vendeurs

Payé 1,43 million de dollars chez Sotheby’s New York en janvier 2000, un portrait d’homme de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593), une composition réversible de fruits peinte à l’huile sur panneau (55,9 x 41,6 cm), n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 3/5 millions.

Acquise pour 3,06 millions de livres par le présent vendeur en juillet 2008 chez Christie’s Londres, une peinture de cheval à l’huile sur toile (109  x 115,6 cm) d’Anthony van Dyck (1599-1641), a été payée 2,54 millions de dollars avec les frais (12 %). Son estimation était de 2,5/3,5 millions sans les frais.

Achetées à l’unité par le présent vendeur pour un total de 2,33 millions de dollars chez Christie’s New York en avril 2007, une série de 4 petites toiles circulaires (diamètre de chacune : 17, 8 cm) présentant des scènes de genre transférées sur un seul panneau n’a pas trouvé preneur. L’estimation était de 1,8/2,2 millions de dollars.

Les œuvres les mieux vendues

Figurant parmi les lots les plus chers du catalogue, L’Arrivée d’Henri III à la villa Contarini, une huile sur toile (71,7 x 106,7 cm) de Giambattista Tiepolo (1696-1770), a été payée 5,9 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions.

Pour les lots vendus très au-dessus des estimations, Jeune femme au clavecin, une petite huile sur panneau (39 x 32 cm) de Gerrit Dou (1613-1675), a été payée 3,33 millions sur une estimation de 1/2 millions. De Thomas de Keyser (1596/7-1667), un portrait d’homme daté de 1627, peint à l’huile sur cuivre dans un format octogonal (28 x 22,2 cm.) a été payé 1,48 million de dollars sur une estimation de 300.000/500.000 dollars.

2,09 millions de dollars pour une œuvre de la collection Elizabeth Taylor

Un portrait d’homme de Frans Hals (1581/5-1666) peint à l’huile sur toile (77,7 x 66 cm) et estimé 700.000/900.000 dollars a été payé 2,09 millions de dollars. Ce tableau provient de la collection de l’actrice Elizabeth Taylor où, en matière de peinture ancienne, le nom de Rembrandt figure également.

Taux d’invendus record pour les dessins anciens chez Sotheby’s 

Le 25 janvier, Sotheby’s ouvrait ces séries de vente autour de la peinture ancienne avec un catalogue de 223 lot dans la spécialité du dessin. Les résultats de cette vacation sont marqués par un taux d’invendus record de quelque 49 %.

Du côté de l’opérateur, la déconvenue est compensée par certains lots payés très au-dessus des estimations, et d’autant plus facilement que l’estimation la plus élevée du catalogue culminait à “seulement” 300.000/400.000 dollars. Elle concernait un petit portrait de jeune homme attribué à Piero del Pollaiuolo (1443-1496), crayon et encre brune sur craie noire, qui a enregistré la plus forte enchère. Le J. Paul Getty Museum de Los Angeles l’a acquis pour 1,39 million de dollars.

Des albums d’un suiveur de Rubens et de l’atelier de Poussin payés au prix fort

Parmi les lots les mieux vendus, une étude de de femme au crayon par Thomas Gainsborough (1727-1788) a été payée 314.500 dollars sur une estimation de 100.000/150.000 dollars ; un album intitulé De Figuris Humanis, 66 pages de texte et d’illustrations manuscrits d’un suiveur de Peter Paul Rubens, seconde moitié du XVIIe siècle avec une page de titre du XVIIIe siècle,  a été payé  302.500 dollars sur une estimation de 70.000/90.000 dollars ; de l’atelier de Nicolas Poussin, un album de 162 pages de texte et d’illustrations manuscrits consacrés à Leonardo de Vinci, milieu du XVIIe siècle, a été payé 200.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars.

Une feuille de Watteau invendue

La seconde estimation la plus importante du catalogue, 120.000/160.000 dollars, espérée pour pour une petite feuille recto/verso de Jean Antoine Watteau (1684-1721) représentant des études de personnages à la craie rouge, n’a pas été atteinte.

Troisième vacation de Sotheby’s : 38 % d’invendus

La dernière vacation de Sotheby’s, consacrée à la peinture ancienne et du XIXe siècle, est également marqué par un fort taux d’invendu. Il s’agit de quelque 38 % dans un catalogue de 226 lots, avec une proportion plus marquée sur la peinture ancienne, minoritaire avec 89 lots présentés dont 55% sont restés sur le carreau. L’estimation basse la plus importante était de 100.000 dollars.

Prix minimum pour le lot le plus cher du catalogue

Le lot le plus cher, une marine d’Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900) peinte en 1895 à l’huile sur toile (62,5 cm x 83,5 cm)a été payée 122.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 100.000/150.000 dollars sans ces frais.

Jean-Baptiste Detaille : vendu et invendu

Toujours pour les estimations les plus élevées, Champigny, décembre 1870, une scène militaire peinte à l’ huile sur toile (121,9 x 218,4 cm) de Jean-Baptiste Detaille (1848-1912), a été abandonnée à 68.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 70.000/100.000 dollars sans ces frais.

Du même artiste, une autre scène de la bataille de Champigny peinte à l’huile sur une toile encore plus monumentale (160 x 304, 3 cm), n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 50.000/70.000 dollars. Ces deux œuvres proviennent de la collection Forbes.

Les mieux vendus

Parmi les lots les mieux vendus et au-dessus de l’estimation, on trouve Miranda, une huile sur toile (152,4 x 84,5 cm) de Thomas Francis Dicksee  (1819-1895). Elle a  été payée 86.500 dollars sur la base d’une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Du côté de la peinture ancienne, l’enchère la plus importante est allée à un Saint Jacques le Mineur du cercle du Greco, peint à l’huile sur toile (89,5 x 73 cm). L’œuvre a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Peinture ancienne et dessins et aquarelles britanniques chez Christie’s : 25 % d’invendus 

La vacation de Christie’s du 26 janvier consacrée à la peinture ancienne et aux dessins et aquarelles britanniques des XVIIIe et XIXe siècles  a vu 112 des 140 lots présentés au catalogue trouver preneur.

Dessin de Turner abandonné sous son estimation

L’œuvre à l’estimation la plus élevée, The Chain Pier, Brighton, crayon et encre sur papier Whatman (14,6 x 22,2 cm) de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), a été laissée sous son estimation de 300.000/500.000 dollars sans les frais (20%) en étant payée  338.000 dollars avec ces frais.

Vendus au-dessus des estimations

D’Edward Lear (1812-1888 ), Montenegro, un dessin aquarellé monogrammé et daté de 1870-72 sur papier Whatman (76,2 x 121,9 cm) contrecollé sur panneau, a été payé 422.500 dollars sur une estimation de 120.000/180.000 dollars.

De Friedrich Overbeck (1789-1869), une Madone à l’Enfant, crayon sur papier (42,4 x 42,9 cm) daté de 1841, a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000 dollars.

Attribué à Lucas Cranach Le Jeune 1515-1586), un portrait de dame à la gouache sur vélin (24,5 x 18,4 cm) a été payé 104.500 dollars sur une estimation de 50.000/60.000 dollars.

De Jean-François de Troy (1679-1752), une étude de Christ aux craies rouge et blanche sur papier chamois (25,6 x 43,4 cm) a été payée 86.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Dessin à la craie de Thomas Gainsborough invendu et rabais marginaux

Un dessin animalier aux craies blanche et noire de Thomas Gainsborough (1727-1788) sur papier Amsterdam (21,3 cm x 18,5 cm), estimé 120.000/180.000 dollars, n’a pas trouvé preneur.

À la marge, quelques lots ont été abandonnés sous leur estimation. Un Couronnement de Charlemagne par Andrea Boscoli (1560-1607), trace de craies blanche et rouge, crayon et encre brune, lavis marron, 17 x 26 cma été payé 1.625 dollars sur une estimation de 4.000/6.000 dollarsDe Giovanni Battista Beinaschi (1636-1688), un sujet à la Madone et l’Enfant, pastel avec traces de craie blanche sur papier chamois (24,7 x 34,5 cm) a été payé le même prix que le précédent mais pour estimation de 3.000/5.000 dollars.

 24 % d’invendus pour la vente de peinture ancienne du Christie’s du 26 janvier

Le catalogue de cette vacation, deuxième partie de celle du 25 janvier mais regroupant des œuvres beaucoup moins importantes, comptait 112 lots. 85 ont trouvé preneur.

Vendu et invendu pour Giovanni Francesco Barbieri

L’enchère la plus importante est allée à Giovanni Francesco Barbieri (1591-1666) pour un Amnon and Tamar à l’huile sur toile (109,8 x 15,5 cm). Estimée 150.000/250.000 dollars, l’œuvre a été payée 266.500 dollars. Un Saint Paul (121,3 x 102,2 cm) peint à l’huile sur toile par le même artiste et estimé 150.000/200.000 dollars n’a pas trouvé preneur.

Enchère importante pour Girolamo Figino

Parmi les enchères les plus importantes, une Madone nourrissant le Christ enfant de Girolamo Figino (actif à Milan durant la seconde moitié du XVIe siècle), peinte à l’huile sur panneau (64,7 x 47,6 cm) a été payée 158.500 dollars sur une estimation de 40.000/60.000 dollars.

Estimation pulvérisée pour Jacopo Amgoni  

L’enchère la plus spectaculaire a été portée sur une huile sur toile (125,7 x 102,8 cm) de Jacopo Amigoni (vers 1685-1752) représentant un jeune ramoneur. Estimée 10.000/15.000 dollars, cette œuvre a été payée 230.500 dollars.

Payé 20.700 livres en 1997, revendu 182.500 dollars en 2012

Un Portrait de Bessela Pelgrom par Cornelis de Vos (1584-1651), peint à l’huile sur panneau (104,7 x 73,7 cm), a été payé 182.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars. L’avant-dernier vendeur avait payé cette œuvre 20.700 livres en juillet 1997 chez Christie’s Londres. Elle était alors attribuée à Gaspar de Crayer, peintre un peu moins cher que de Vos en vente publique.

Pierrick Moritz

Quand Malcolm Forbes offrait des bijoux en papier à Elizabeth Taylor

15 décembre 2011

Un ensemble en papier découpé et imprimé des photographies d’une parure de haute joaillerie, cadeau de Malcolm Forbes à Elizabeth Taylor, a été payé 6.875 dollars, hier chez Christie’s New York, lors d’une des vacations consacrées aux bijoux de l’actrice.

Contenue dans un écrin, la plaisanterie était estimée 200/300 dollars.

À l’allure où vont les choses, on peut se demander si le marché de l’art ne finira par transformer ce leurre en œuvre d’art conceptuel à plusieurs millions de dollars.

Peut-être la meilleure affaire de la vente des bijoux d’Elizabeth Taylor.

Pierrick Moritz

Vent de passion sur les bijoux d’Elizabeth Taylor chez Christie’s New York

14 décembre 2011

Hier soir, chez Christie’s New York, la première des deux ventes des bijoux d’Elizabeth Taylor, celle-ci consacrée aux pièces les plus importantes de son écrin, a généré la somme record de quelque 116 millions de dollars en 80 lots.Tous les bijoux ont été vendus et à des prix toujours très supérieurs aux estimations.

L’enchère la plus élevée, 11,84 millions de dollars, est allée au collier portant la légendaire Pérégrina, une perle blanche en forme de poire pesant 202,24 grains ou 50,56 carats. Estimée 2/3 millions de dollars, cette perle connue depuis le XVIe siècle a notamment fait partie de l’écrin royal de la cour d’Espagne depuis Philippe II – et fut en possession de Marie 1ère d’Angleterre, sa seconde épouse à laquelle il l’avait offerte – avant de tomber dans l’escarcelle des Bonaparte au XIXe siècle. Elizabeth Taylor l’avait acquise en 1969 et, quelques années plus tard, fait monter en pendant d’un riche collier de rubis, diamants et autres perles, dessiné par elle-même et Cartier. La perle peut être portée seule, en broche.

Marie 1ère d’Angleterre portant la Pérégrina sur le détail d’une huile sur panneau peinte en 1554 par Anthonis Mor, Musée du Prado, Madrid. Source photo : Wikimedia Commons 

Le Taj Mahal, un pendentif en jade au dos émaillé et serti de pierres rouges et de diamants, encadrant un diamant plus important en forme de cœur gravé d’une inscription en arabe, daté 1037 (1627-1628) du calendrier arabe, et tenu par un collier en or, jade et rubis à l’imitation d’une cordelette, dessiné par l’actrice et Cartier, a été payé 8,81 millions de dollars sur une estimation de 300.000/500.000. Ce pendentif avait été offert à Elizabeth Taylor par Richard Burton en 1972, à l’occasion du quarantième anniversaire de l’actrice. Un autre cadeau de Burton, le diamant de 33,9 carats monté en bague et qui porte le nom de l’actrice, a été échangé contre la même somme sur une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars.

Les pièces les moins chères du catalogue ont également été enlevées à des prix ahurissants, celles estimées autour de 10.000 dollars multipliant souvent par 10 leur estimation. Un papillon d’époque art nouveau par Boucheron, les ailes recouvertes d’émail plique-à-jour, serti de gemmes dont une aigue-marine, à l’origine un élément de peigne monté en broche, a été payé 122.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000.

De Bvlgari, un bracelet en or portant une succession de drapeaux émaillés a été échangé contre 116.500 dollars quand 8.000 à 12.000 en étaient attendus.

Une partie des bénéfices des ventes des souvenirs d’Elizabeth Taylor, qui font l’objet de 5 ventes  pour ses bijoux et sa garde-robe de femme et d’actrice chez Christie’s New York ce mois-ci, dont une d’enchères en ligne jusqu’au 17 décembre sur le site de la maison de vente, est destinée à sa fondation de lutte contre le SIDA créée en 1991.

Les bénéfices de la vente d’un coffret comprenant le livre Mon histoire d’amour avec les bijoux et le catalogue de la vente d’hier soir (600$) seront également reversée à cette œuvre.

http://www.elizabethtayloraidsfoundation.org/

Pierrick Moritz

Prix record pour une sculpture d’époque romaine chez Sotheby’s New York

12 décembre 2011

Une sculpture en marbre représentant Léda et le cygne d’époque romaine, copie du IIe siècle d’une œuvre grecque de Timotheos, a été échangée contre la somme astronomique de 19,12 millions de dollars jeudi dernier chez Sotheby’s New York.

Il s’agit d’un prix record pour une copie romaine d’une sculpture grecque et pour une œuvre de l’antiquité. Celle-ci, d’une hauteur de 135,2 cm et estimée 2/3 millions de dollars, était totalement inconnue des spécialistes jusqu’à sa redécouverte en Grande Bretagne l’année dernière. Les plus anciennes archives modernes connues concernant cette statue remontent au XVIIIe siècle.

Dans la même vacation, une tête de Zeus d’inspiration grecque, également d’époque romaine (vers 120-160), a été payée 3,5 millions de dollars sur une estimation de 800.000/1,2 million. Selon le communiqué de la maison de vente,  l’acquéreur de cette dernière œuvre est le Metropolitan Museum of Art.

Pierrick Moritz

Enchères : d’importants diamants n’ont pas fait rêver à New York

8 décembre 2011

À quelques jours de la dispersion de l’écrin d’Elizabeth Taylor à New York, caution morale de la débauche de millions des ventes aux enchères new-yorkaises d’automne puisqu’une partie des bénéfices sera versée à des œuvres charitables, il semblerait que le bouchon de carafe de plus de 10 carats et autres obscénités bijoutières du genre n’aient pas le vent en poupe sur la place américaine. C’est ce que montre les résultats de la vente de joaillerie proposée hier soir chez Sotheby’s New  York. Si  le taux d’invendus, quelque 31,5 %, est d’un ordre récurrent dans les ventes aux enchères publiques proposées depuis la rentrée, le problème est ici aggravé par le fait que la déconvenue concerne également les lots phares.

Pour des estimations confidentielles (de l’ordre de plusieurs millions de dollars pièce), un diamant rose de 22,5 carats et un diamant blanc de 33 carats, les deux montés en bague, n’ont pas trouvé preneur. Une autre bague, celle-ci chargée d’un rubis de 10,37 carats et estimée 1,5/3 millions de dollars, a connu le même sort. Il s’agissait des lots les plus importants du catalogue.

Quelques 35 bijoux dont les estimations étaient au moins égales à 100.000 dollars sont ainsi restés sur le carreau dont, pour les plus importants, deux  autres bagues avec un diamant rose (estimées 800.000/1,2 million de dollars et 500.000/700.000 dollars), une paire de boucles d’oreilles en émeraudes et diamants (600.0000/800.000 dollars) ou un important diamant navette monté en bague par Harry Winston (400.000/600.000 dollars).  En tout, quelque 114 bijoux sur les 340 présentés n’ont pas trouvé preneur.

Une bague en diamants à 1,87 million de dollars (estimée 1,2/1,6 million), un sautoir en platine et diamants à 1,65 million (estimé 750.000/1 million de dollars), une bague montée d’un gros saphir à 1,59 million (estimée 1/1,5 million de dollars), un colliers en perles et diamants à 1,11 millions (estimé 750.000/1 million) et, enfin, une autre bague monté d’un diamant important à 986.500 dollars (estimée 750.000/1 million de dollars), sont les bijoux payés le plus cher de la vacation.

Pour des enchères largement dépassées, un pendentif émaillé et sa chaîne d’époque art nouveau par René Lalique (estimé 50.000/70.000 dollars) et un collier en perles naturelles des années 1930 (estimé 80.000/120.000 dollars) ont respectivement été payés 326.500 et 518.500 dollars.

Pierrick Moritz


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