Articles Tagués ‘peinture ancienne’

Résultats très mitigés pour la peinture ancienne à New York : situation de crise jouant toujours en faveur des opérateurs

1 février 2012

Actualisé le 02/02/2012 à 12 heures 59

Les traditionnelles vacations de peintures et d’objets d’art anciens et du XIXe siècle de janvier chez Sotheby’s et Christie’s New York sont le premier grand rendez-vous international de l’année pour le marché de l’art en vente publique occidental. Les résultats des vacations des 25, 26 et 27 janvier mis en regard du symbole du calendrier n’annoncent rien de nouveau pour 2012 mais confirment la tendance lourde des mois passés  : des  taux d’invendus globalement élevés au sein d’une situation de crise jouant en faveur des opérateurs.  

L’Old Masters Week de janvier à New York, traditionnelle programmation des commerçants de l’art autour de la peinture ancienne, s’est déroulée la semaine dernière à New York. Du côté des ventes publiques, Sotheby’s et Christie’s proposaient chacune 3 vacations dans la spécialité. Les résultats de la vente de dessins anciens de Sotheby’s du 25 janvier, avec un taux d’invendus de quelque 49 % mais un chiffre d’affaires atteignant 75 % de l’estimation pré-vente du calalogue, illustrent notamment la tendance d’un avantage en faveur des commissions des opérateurs tandis que de nombreux vendeurs se retrouvent en situation difficile.

Une incertitude néfaste à la transparence du marché de l’art

Si, en cas d’accord entre les deux parties, les vendeurs déçus  – mais aussi redevables de frais parfois importants - peuvent revendre leur bien dans le cadre d’une transaction privée qui rapportera notamment des commissions aux opérateurs, le climat d’incertitude conduit les vendeurs potentiels à l’attentisme.

Les œuvres les plus prestigieuses sont confiées plus difficilement, à moins d’obtenir des garanties pour certains vendeurs, un procédé dont on peut dire qu’il jette d’emblé une part de doute sur la solidité du marché. Les vendeurs peuvent aussi décider de passer directement par l’option vente privée.

Intégrant ces renégociations d’après vacation sur des lots notoirement connus comme invendus, les ventes privées menées par les opérateurs en vente publique, seule place d’information à peu près fiable, en rajoutent encore au niveau de l’opacité du marché de l’art.

40 et 30 % d’invendus pour les ventes majeures de Sotheby’s et Christie’s

La vacation de Sotheby’s du 26 janvier, avec un important catalogue de 351 lots majoritairement constitué  de peintures et sculptures anciennes, puis d’objets d’arts (tapisseries et faïences européennes anciennes, …), a enregistré quelque 40 % d’invendus (140 lots).

Les déconvenues les plus importantes concernent une nature morte de fleurs de Jan Van Huysum (1682-1749), peinte à l’huile sur cuivre (79 x 60,5 cm) et estimée 4/6 millions de dollars, ainsi qu’une Fuite en Égypte d’Antony Van Dyck (1599-1641), une huile en grisaille sur panneau (38,4 x 32,4 cm) dont 3/5 millions étaient attendus.

Fréquence des invendus moins importante pour les objets d’art

Dans cette vente, la fréquence des invendus a été moins importante pour les objets d’art. La plus forte enchère concerne une paire de portraits en forme de médaillon (D. 43,2 cm chacun), des terres cuites émaillées réalisées par Andrea della Robia à Florence vers 1470-1480. Elle a été payée 1,65 million de dollars sur une estimation de 400.000/600.000 dollars.

5,6 millions de dollars pour une vue de Venise par le Canaletto

Le lot vedette du catalogue, une vue de Venise du Canaletto (1697-1768) à l’huile sur toile (60 x 94,5 cm), a été payé 5,6 millions de dollars avec les frais (12%), soit au niveau bas d’une estimation de 5/6 millions sans les frais.

Toujours pour les lots aux estimations les plus élevées, une Lucrèce à l’huile sur panneau (60,3 x 48,9 cm) de Lucas Cranach le Vieux (1472-1553) a été payée 5,12 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions ; de Simone Martini (1284-1344), une Annonciation de la Vierge, tempera sur fond or sur panneau (29,2 x 20,6 cm), a été acquise pour 4,11 millions sur une estimation de 3/4 millions.

Des œuvres vendues très au-dessus des estimations

Parmi  les peintures vendues très au-dessus des estimations, on remarque un Saint Jérôme dans le désert par Fra Bartolommeo (1472-1517). Cette œuvre peinte à l’huile sur un panneau en forme d’arche (45,1 x 27,9 cm) a été payée 4,89 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

De Botticelli et son atelier (1445-1510), une Madone à l’Enfant à la tempera sur panneau rond (D. 121 cm), a été payée 4,56 millions de dollars sur une estimation de 1/1,5 million. Roland et le mariage d’Angélique, une huile sur toile monumentale de Charles-Antoine Coypel (1694-1752) estimée 700.000/900.000 dollars, a été payée 3,55 millions.

De Pieter de Hooch (1629-1684), un Intérieur avec un enfant nourrissant un perroquet peint à l’huile sur toile (79,5 x 66 cm), daté 1672, a été payé 3,66 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

Un tableau ancien estimé 6/8 millions de dollars invendu chez Christie’s

La très importante vacation de peinture ancienne de Christie’s, le 25 janvier, a vu 18 des 60 lots du catalogue ne pas trouver preneur. Le tableau le plus cher du catalogue en fait partie. Cette variation de la Vierge Marie nourrissant le Christ enfant d’Hans Memling (1430/40-1494), une petite huile sur panneau circulaire à fond or  (D. 17,4 cm), était estimée 6/8 millions de dollars.

L’opérateur avait un intérêt financier direct sur ce lot par une garantie d’un prix minimum de vente ou une avance faites au vendeur. Cette situation concerne à la fois les cas où l’opérateur détient des intérêts financiers propres et ceux où il a financé tout ou partie de tels intérêt à travers une tierce partie. Cette dernière engrangent un gain si la vente réussit et peuvent subir une perte si elle échoue.

Les déboires de certains vendeurs

Payé 1,43 million de dollars chez Sotheby’s New York en janvier 2000, un portrait d’homme de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593), une composition réversible de fruits peinte à l’huile sur panneau (55,9 x 41,6 cm), n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 3/5 millions.

Acquise pour 3,06 millions de livres par le présent vendeur en juillet 2008 chez Christie’s Londres, une peinture de cheval à l’huile sur toile (109  x 115,6 cm) d’Anthony van Dyck (1599-1641), a été payée 2,54 millions de dollars avec les frais (12 %). Son estimation était de 2,5/3,5 millions sans les frais.

Achetées à l’unité par le présent vendeur pour un total de 2,33 millions de dollars chez Christie’s New York en avril 2007, une série de 4 petites toiles circulaires (diamètre de chacune : 17, 8 cm) présentant des scènes de genre transférées sur un seul panneau n’a pas trouvé preneur. L’estimation était de 1,8/2,2 millions de dollars.

Les œuvres les mieux vendues

Figurant parmi les lots les plus chers du catalogue, L’Arrivée d’Henri III à la villa Contarini, une huile sur toile (71,7 x 106,7 cm) de Giambattista Tiepolo (1696-1770), a été payée 5,9 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions.

Pour les lots vendus très au-dessus des estimations, Jeune femme au clavecin, une petite huile sur panneau (39 x 32 cm) de Gerrit Dou (1613-1675), a été payée 3,33 millions sur une estimation de 1/2 millions. De Thomas de Keyser (1596/7-1667), un portrait d’homme daté de 1627, peint à l’huile sur cuivre dans un format octogonal (28 x 22,2 cm.) a été payé 1,48 million de dollars sur une estimation de 300.000/500.000 dollars.

2,09 millions de dollars pour une œuvre de la collection Elizabeth Taylor

Un portrait d’homme de Frans Hals (1581/5-1666) peint à l’huile sur toile (77,7 x 66 cm) et estimé 700.000/900.000 dollars a été payé 2,09 millions de dollars. Ce tableau provient de la collection de l’actrice Elizabeth Taylor où, en matière de peinture ancienne, le nom de Rembrandt figure également.

Taux d’invendus record pour les dessins anciens chez Sotheby’s 

Le 25 janvier, Sotheby’s ouvrait ces séries de vente autour de la peinture ancienne avec un catalogue de 223 lot dans la spécialité du dessin. Les résultats de cette vacation sont marqués par un taux d’invendus record de quelque 49 %.

Du côté de l’opérateur, la déconvenue est compensée par certains lots payés très au-dessus des estimations, et d’autant plus facilement que l’estimation la plus élevée du catalogue culminait à “seulement” 300.000/400.000 dollars. Elle concernait un petit portrait de jeune homme attribué à Piero del Pollaiuolo (1443-1496), crayon et encre brune sur craie noire, qui a enregistré la plus forte enchère. Le J. Paul Getty Museum de Los Angeles l’a acquis pour 1,39 million de dollars.

Des albums d’un suiveur de Rubens et de l’atelier de Poussin payés au prix fort

Parmi les lots les mieux vendus, une étude de de femme au crayon par Thomas Gainsborough (1727-1788) a été payée 314.500 dollars sur une estimation de 100.000/150.000 dollars ; un album intitulé De Figuris Humanis, 66 pages de texte et d’illustrations manuscrits d’un suiveur de Peter Paul Rubens, seconde moitié du XVIIe siècle avec une page de titre du XVIIIe siècle,  a été payé  302.500 dollars sur une estimation de 70.000/90.000 dollars ; de l’atelier de Nicolas Poussin, un album de 162 pages de texte et d’illustrations manuscrits consacrés à Leonardo de Vinci, milieu du XVIIe siècle, a été payé 200.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars.

Une feuille de Watteau invendue

La seconde estimation la plus importante du catalogue, 120.000/160.000 dollars, espérée pour pour une petite feuille recto/verso de Jean Antoine Watteau (1684-1721) représentant des études de personnages à la craie rouge, n’a pas été atteinte.

Troisième vacation de Sotheby’s : 38 % d’invendus

La dernière vacation de Sotheby’s, consacrée à la peinture ancienne et du XIXe siècle, est également marqué par un fort taux d’invendu. Il s’agit de quelque 38 % dans un catalogue de 226 lots, avec une proportion plus marquée sur la peinture ancienne, minoritaire avec 89 lots présentés dont 55% sont restés sur le carreau. L’estimation basse la plus importante était de 100.000 dollars.

Prix minimum pour le lot le plus cher du catalogue

Le lot le plus cher, une marine d’Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900) peinte en 1895 à l’huile sur toile (62,5 cm x 83,5 cm)a été payée 122.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 100.000/150.000 dollars sans ces frais.

Jean-Baptiste Detaille : vendu et invendu

Toujours pour les estimations les plus élevées, Champigny, décembre 1870, une scène militaire peinte à l’ huile sur toile (121,9 x 218,4 cm) de Jean-Baptiste Detaille (1848-1912), a été abandonnée à 68.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 70.000/100.000 dollars sans ces frais.

Du même artiste, une autre scène de la bataille de Champigny peinte à l’huile sur une toile encore plus monumentale (160 x 304, 3 cm), n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 50.000/70.000 dollars. Ces deux œuvres proviennent de la collection Forbes.

Les mieux vendus

Parmi les lots les mieux vendus et au-dessus de l’estimation, on trouve Miranda, une huile sur toile (152,4 x 84,5 cm) de Thomas Francis Dicksee  (1819-1895). Elle a  été payée 86.500 dollars sur la base d’une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Du côté de la peinture ancienne, l’enchère la plus importante est allée à un Saint Jacques le Mineur du cercle du Greco, peint à l’huile sur toile (89,5 x 73 cm). L’œuvre a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Peinture ancienne et dessins et aquarelles britanniques chez Christie’s : 25 % d’invendus 

La vacation de Christie’s du 26 janvier consacrée à la peinture ancienne et aux dessins et aquarelles britanniques des XVIIIe et XIXe siècles  a vu 112 des 140 lots présentés au catalogue trouver preneur.

Dessin de Turner abandonné sous son estimation

L’œuvre à l’estimation la plus élevée, The Chain Pier, Brighton, crayon et encre sur papier Whatman (14,6 x 22,2 cm) de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), a été laissée sous son estimation de 300.000/500.000 dollars sans les frais (20%) en étant payée  338.000 dollars avec ces frais.

Vendus au-dessus des estimations

D’Edward Lear (1812-1888 ), Montenegro, un dessin aquarellé monogrammé et daté de 1870-72 sur papier Whatman (76,2 x 121,9 cm) contrecollé sur panneau, a été payé 422.500 dollars sur une estimation de 120.000/180.000 dollars.

De Friedrich Overbeck (1789-1869), une Madone à l’Enfant, crayon sur papier (42,4 x 42,9 cm) daté de 1841, a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000 dollars.

Attribué à Lucas Cranach Le Jeune 1515-1586), un portrait de dame à la gouache sur vélin (24,5 x 18,4 cm) a été payé 104.500 dollars sur une estimation de 50.000/60.000 dollars.

De Jean-François de Troy (1679-1752), une étude de Christ aux craies rouge et blanche sur papier chamois (25,6 x 43,4 cm) a été payée 86.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Dessin à la craie de Thomas Gainsborough invendu et rabais marginaux

Un dessin animalier aux craies blanche et noire de Thomas Gainsborough (1727-1788) sur papier Amsterdam (21,3 cm x 18,5 cm), estimé 120.000/180.000 dollars, n’a pas trouvé preneur.

À la marge, quelques lots ont été abandonnés sous leur estimation. Un Couronnement de Charlemagne par Andrea Boscoli (1560-1607), trace de craies blanche et rouge, crayon et encre brune, lavis marron, 17 x 26 cma été payé 1.625 dollars sur une estimation de 4.000/6.000 dollarsDe Giovanni Battista Beinaschi (1636-1688), un sujet à la Madone et l’Enfant, pastel avec traces de craie blanche sur papier chamois (24,7 x 34,5 cm) a été payé le même prix que le précédent mais pour estimation de 3.000/5.000 dollars.

 24 % d’invendus pour la vente de peinture ancienne du Christie’s du 26 janvier

Le catalogue de cette vacation, deuxième partie de celle du 25 janvier mais regroupant des œuvres beaucoup moins importantes, comptait 112 lots. 85 ont trouvé preneur.

Vendu et invendu pour Giovanni Francesco Barbieri

L’enchère la plus importante est allée à Giovanni Francesco Barbieri (1591-1666) pour un Amnon and Tamar à l’huile sur toile (109,8 x 15,5 cm). Estimée 150.000/250.000 dollars, l’œuvre a été payée 266.500 dollars. Un Saint Paul (121,3 x 102,2 cm) peint à l’huile sur toile par le même artiste et estimé 150.000/200.000 dollars n’a pas trouvé preneur.

Enchère importante pour Girolamo Figino

Parmi les enchères les plus importantes, une Madone nourrissant le Christ enfant de Girolamo Figino (actif à Milan durant la seconde moitié du XVIe siècle), peinte à l’huile sur panneau (64,7 x 47,6 cm) a été payée 158.500 dollars sur une estimation de 40.000/60.000 dollars.

Estimation pulvérisée pour Jacopo Amgoni  

L’enchère la plus spectaculaire a été portée sur une huile sur toile (125,7 x 102,8 cm) de Jacopo Amigoni (vers 1685-1752) représentant un jeune ramoneur. Estimée 10.000/15.000 dollars, cette œuvre a été payée 230.500 dollars.

Payé 20.700 livres en 1997, revendu 182.500 dollars en 2012

Un Portrait de Bessela Pelgrom par Cornelis de Vos (1584-1651), peint à l’huile sur panneau (104,7 x 73,7 cm), a été payé 182.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars. L’avant-dernier vendeur avait payé cette œuvre 20.700 livres en juillet 1997 chez Christie’s Londres. Elle était alors attribuée à Gaspar de Crayer, peintre un peu moins cher que de Vos en vente publique.

Pierrick Moritz

Intérêt pour la peinture ancienne confirmé chez Sotheby’s Londres

8 décembre 2011

Les résultats de la vente de peinture ancienne et britannique, qui s’est déroulée hier soir chez Sotheby’s Londres, confirme l’intérêt des collectionneurs pour la spécialité constaté la veille chez Christie’s, même si cette nouvelle vacation a été plus laborieuse et avec un taux d’invendus supérieur (31,5 % contre 28 % chez Christie’s).

Le lot vedette du catalogue, une paire de toiles par Johann Zoffany (1733-1810) représentant des vues extérieures de Hampton House, a été payée 6,76 millions de livres avec les frais (12 %) sur une estimation de 6/8 millions. Même vente au niveau de l’estimation basse pour une Élégante compagnie (c’est-à-dire une femme, ndlr) dans un intérieur avec des personnages jouant aux cartes sur une table, une huile sur panneau de chêne (45,8 cm x 60,3 cm) de Jan Havicksz Steen (1626-1679), une œuvre payée 4,85 millions de livres avec les frais (12 %) sur une estimation de 4,5/6 millions sans ces frais.

Une Tombe de Virgile sous le clair de lune, peinte à l’huile sur toile (101,5 cm x 127 cm) par Joseph Wright of Derby en 1779, a été payée 1,49 million de livres sur une estimation de 600.000/800.000 livres.

Un portrait de femme peint à l’huile sur panneau (61,6 cm x 39,4 cm) par Lucas Cranach II (1515-1586) a été payée 1,38 million de livres avec les frais (12 %) sur une estimation de 800.000/1,2 million de livres sans ces frais.

Une étude de tête de garçon sur panneau rond (diamètre 39 cm) par Frans Hals (né en 1581-1586- mort en 1666) a été payée 241.200 livres avec les frais (20 %), soit sous son estimation de 250.000/350.000 livres sans ces frais.

L’invendu le plus cher de la vente est un paysage de Jacob Isaacksz van Ruisdael, une huile sur panneau de chêne (69,3 cm x 91 cm) datée de 1647 et estimée 1,2/1,6 million de livres. Les estimations basses des autres lots n’ayant pas trouvé preneur se situent entre 50.000 et 120.000 livres.

Pierrick Moritz

Les prix de la peinture ancienne flambent chez Christie’s Londres

7 décembre 2011

Depuis plusieurs années, et de façon sensible avec la crise déclenchée par les subprimes en 2008, où la spécialité est apparue comme une valeur de repli face à la volatilité de l’art moderne et contemporain, les prix de la peinture ancienne sont en progression constante.

La vacation de peinture ancienne et britannique proposée hier soir chez Christie’s Londres illustre parfaitement le phénomène, et plus fortement ressenti en période d’incertitude économique, même si l’évènement est affecté par un taux d’invendus conséquent  (28 %) dont une déconvenue majeure pour le lot phare du catalogue. Il s’agit d’un portrait de Don Juan López de Robredo, brodeur du roi Carlos VI d’Espagne, par Francisco de Goya y Lucientes. L’œuvre (108,3 cm  x 82,3 cm) était estimée 4/6 millions de livres.

Cet engouement pour la peinture ancienne de grande qualité est clairement signifié par la vente d’une scène de liesse populaire peinte par Pieter Brueghel II (né en 1564 ou 1565- mort en 1637 ou 1638). Cette Bataille entre Carnaval et Carême à l’huile sur toile (119,4 cm x 171,2 cm), payée 3,25 millions de livres par le présent vendeur chez Christie’s Londres en décembre 2006, a été achetée pour plus du double hier soir. C’est-à-dire 6,73 millions de livres, un record absolu pour une œuvre de l’artiste négociée en vente publique. Jusqu’en 1993, cette œuvre a été présentée en ventre publique comme simplement attribuée à l’artiste.

Le fort potentiel d’appréciation pour des œuvres dans la spécialité est encore souligné de manière spectaculaire par la vente d’une huile sur panneau (54,5 cm x 52 cm) de Francesco Zaganelli da Cotignola (né à en 1470/1480- mort en 1532 Ravenna). Cette Sainte Famille a été payée 1 million de livres quand elle était estimée 100.000/150.000 livres. Même cas de figure pour une huile sur toile (93 cm x 75 cm) d’Andrea Soldi (XVIIIe siècle) présentant un homme occidental dans un manteau rouge bordé de fourrure et coiffé d’un turban ; estimée 80.000/120.000 livres, l’œuvre a été payée 825.250 livres.

Un Christ comme Homme des Douleurs attribué à Albrecht Bouts (né en 1451/1460- mort en 1549), une petite huile sur panneau en arche (38,1 cm x 25,4 cm), a également été payé 385.250 livres sur une estimation de 60.000/80.000 livres.

Une huile sur toile présentant des navires de guerre et de petites embarcations chargées d’hommes, peinte par Willem van de Velde II (1633-1707) à l’huile sur toile (86,3 x 119,3 cm), a été payée 5,9 millions de livres sur une estimation de 1,5/2,5 millions de livres.

Un portrait de viel homme, peint par Govaert Flinck (1615-1660) à l’huile sur panneau, a été payé 2,33 millions de livres sur une estimation de 700.000 livres/1 million de livres.

Un très grand Portrait de Philippe Stanhope, cinquième comte de Chesterfield, peint à l’huile sur toile (1727-1788) par Thomas Gainsborough, a été laissé sous son estimation basse. Il a été payé 2,16 millions de livres avec les frais (12 %) quand l’opérateur en espérait 2,5/3,5 millions sans ces frais.

Pierrick Moritz

Article en rapport : La Peinture ancienne, substitut de crise pour le marché de l’art :  http://artwithoutskin.com/2009/01/29/la-peinture-ancienne-substitut-de-crise-pour-le-marche-de-lart

Pierrick Moritz

La collection Zanchi soldée 485 millions d’euros

4 septembre 2011

Un encart commercial surprenant est publié dans l’édition papier de The Art Newspaper de ce mois-ci : la collection suisse Zanchi comprenant 822 œuvres d’art de la Renaissance, néoclassique et de la fin du XIXe siècle y est proposée pour 485 millions d’euros sur une estimation de 615 millions.

La réunion d’œuvres d’art bradée comprend notamment un bronze de Michel-Ange et des peintures du Caravage et de Rubens.

L’annonce précise que la proposition s’adresse à des acheteurs sérieux dont les références financières sont exigées.

PM

90,6 millions de dollars pour une importante vente de peinture ancienne à New York

28 janvier 2011

Aujourd’hui chez Sotheby’s, la plus importante vente de peinture ancienne de la semaine à New York a produit 90,6 millions de dollars.

L’opération équivalente de l’année dernière avait généré 61,6 millions de dollars pour 199 lots présentés contre 278 cette fois-ci.

Confirmant la tendance des vacations précédentes dans la spécialité, le taux d’invendus reste élevé : 35 %.

Cette dispersion de 278 œuvres, de la peinture ancienne mais aussi des sculptures, était divisée en deux parties. La première comptait 97 lots dont  les plus importants. Elle a généré l’essentiel du chiffre d’affaires, soit 78,6 millions de dollars.

Le taux d’invendus sur cette première partie, 27 %, est également plus faible que la moyenne générale des deux vacations.

Conversation sacrée entre La Vierge à l’Enfant, saint Luc et Catherine d’Alexandrie, une  huile sur toile peinte vers 1560 par le Titien et œuvre vedette du catalogue, a été payée 16,88 millions de dollars avec les frais, soit au niveau de son estimation basse de 15 millions sans les frais.

Si, parmi les œuvres les plus importantes, un portrait de femme par Lucas Cranach II estimé 3/4 millions de dollars, un Paysage de Montagne, Bonneville, Savoie par Joseph Mallord William Turner à 1,2/1,8 millions et un Martyre de saint Paul par Rubens à 1,5/2 millions n’ont pas trouvé preneur, 27 autres œuvres de cette première partie se sont vendues très au-dessus des estimations.   

Parmi les plus spectaculaires de ces enchères, un Adam et Ève de Joachim Anthonisz Wtewael a été payé 6,24 millions de dollars sur une estimation de 800.000/1,2 million ; 7 millions ont été donnés pour une marine à l’huile sur toile de Claude-Joseph Vernet estimée 1,5/2 millions ; un Retour de kermesse par Pieter Brughel le Jeune a été payé 4,56 millions quand 2/3 millions en étaient attendus ; une “vieille femme mangeant son porridge” par Gerrit Dou, assortie d’une estimation de 2/3 millions, a été payée 5,34 millions ; une Sainte Famille avec saint Jean le Baptiste par Perino del vaga ( Pietro Buonaccorsi, dit)  a été payé quelque 2 millions quand 300.000/400.000 en étaient attendus.    

Pour la deuxième partie de la vente, c’est un marbre sculpté de Domenico Rosselli représentant la Vierge à l’Enfant qui a remporté la plus haute enchère. Il a été payé 556.500 dollars sur une estimation de 200.000/300.000.

Pierrick Moritz

New York : la tendance négative se poursuit pour les ventes de peinture ancienne

27 janvier 2011

Après les mauvais résultats enregistrés à New York pour les premières ventes de peinture ancienne, la tendance négative s’est poursuivie dans la soirée d’hier chez Sotheby’s. La dispersion d’œuvres de la collection Jacob Elie Safra a généré 37 % d’invendus et de nombreuses concessions sur les estimations basses.

Celle de l’œuvre la plus importante du catalogue a ainsi été revue à la baisse. Cette troupe de musiciens jouant pour une jeune femme, peinte à l’huile sur toile en 1661 par Hendrick Maertensz (dit Sorgh), 68 x 82 cm, et estimée 2/3 millions de dollars sans la commission de 12 % facturée en plus du prix marteau au vendeur, a été payée 1,77 millions avec ces frais.

Ce tableau avait été acheté au quadruple de son estimation haute en décembre 1998 chez Sotheby’s Londres, soit 956.500 livres.

Avec les frais de vente, dont la commission payée à Sotheby’s, que le vendeur devra aussi soustraire du prix marteau de 1,55 million de dollars, l’opération est beaucoup moins rentable qu’il n’y paraît au premier abord.  

Parmi les invendus figurent les trois œuvres les plus importantes en termes d’estimations et après celle d’Hendrick Maertensz.

Il s’agit d’un Vénus et Adonis peint à l’huile sur toile par Jacopo Amigoni (1682-1752), 216 cm x 150,3 cm, estimé 1,5 /2,5 millions de dollars, d’une vue de ruines antiques peinte à l’huile sur toile par Giovanni Paolo Panini (1691-1765), 74,3 cm x 99,5 cm, estimée 1/1,5 million, et d’un Cérès, Bacchus et Vénus peint à l’huile sur toile en 1645 par Jan Miel, 142,5 x 162,7 cm, estimé 800.000/1,2 million.

Pour des œuvres dont les estimations basses étaient inférieures à 1 million de dollars, soit la majorité, une quinzaine a été cédée sous ce seuil avec des remises oscillant entre 15 et 20 % environ.

En tête des quelques œuvres très bien vendues, figure une nature morte aux fleurs de Maria van Oosterwijck, peinte à l’huile sur toile en 1680, 97 x 77 cm, estimée  600.000/900.000 dollars sans les frais (20%) et payée 1,4 million.

Elle est suivie par une marine au crayon et à l’huile sur panneau de Willem van de Velde le Vieux (1611-1693), 69,5 x 91 cm, estimée 400.000/600.000 dollars sans les frais (20 %) et payée 902.500 avec les frais.  

La vacation a généré un chiffre d’affaires de 12,38 millions de dollars.

Chez Christie’s, la deuxième partie d’une vente de peintures, dessins, aquarelles anciens  et du XIXe siècle  a été moins calamiteuse que la première avec un taux d’invendus de 28,5 % contre 38 %. Le nombre d’œuvres n’ayant pas trouvé preneur demeure toutefois conséquent, 65 sur 228 présentées.

Les lots étaient beaucoup moins importants en valeur que lors de la première vacation et le chiffre d’affaires s’élève à 8,5 millions de dollars.

Toujours dans la catégorie peinture ancienne (et sculptures), Sotheby’s New York propose aujourd’hui une vacation en tête de laquelle figure une très importante huile sur toile du Titien.

15 à 20 millions de dollars sont attendus pour cette Conversation sacrée entre La Vierge à l’Enfant, saint Luc et Catherine d’Alexandrie, peinte à l’huile sur toile vers 1560 et d’un format de 127,8 cm x 169,7 cm.

Bardée d’un solide dossier documentaire, énumérant notamment ses propriétaires successifs au cours de l’histoire, il s’agit de la plus importante œuvre du maître vue sur le marché des ventes publiques depuis 20 ans.

On se trouve ici dans la catégorie des œuvres réellement exceptionnelles qui ne peuvent être représentatives de toute une spécialité du marché de l’art.     

La maison de vente tentera d’écouler pas moins de 378 lots. Les estimations basses de 30 d’entre eux sont au moins égales à 400.000 dollars dont 13 au moins égales à 1 million de dollars.

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2011/01/26/a-new-york-les-vacation-de-peintures-anciennes-commencent-mal/

Pierrick Moritz

Série noire pour la peinture ancienne chez Christie’s

8 décembre 2010

Après la déconvenue essuyée hier soir par une Ordination de Nicolas Poussin dont 15 à 20 millions de livres étaient attendus et qui n’a pas trouvé preneur, la série noire pour la peinture ancienne s’est poursuivie aujourd’hui chez Christie’s Londres.

129 des 248 lots d’une nouvelle vente dans la spécialité sont restés sur le carreau, soit 52 % d’invendus.

Les estimations basses de la quasi-totalité de ces œuvres, beaucoup moins importantes que celles de la veille, étaient inférieures à 100.000 livres.   

PM


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 46 followers