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Pour Edvard Munch, Sotheby’s attend un cri à 80 millions de dollars

22 février 2012

Sotheby’s a annoncé la présence d’une des quatre versions existantes du Cri d’Edvard Munch dans sa vente d’art moderne new-yorkaise du mois de mai.

L’opérateur pense que le tableau pourrait valoir autour de 80 millions de dollars, une estimation qui en fait une des œuvres d’art les plus chères présentées en vente publique.

Les deux records historiques concernent des toiles de Pablo Picasso et ont été établis à New York. Il s’agit des 106,5 millions de dollars payés pour Nu, feuilles vertes et buste (ou Nu au plateau de sculpteur) en mai 2010 chez Christie’s et des 104,16 millions engagés sur Garçon à la pipe en mai 2004 chez Sotheby’s.

La version du Cri proposée chez Sotheby’s date de 1895. Ce pastel sur panneau (79 x 59 cm) est plus tardif que le célèbre tempera et crayons sur carton (91 x 73,5 cm) détenu par le musée national d’Oslo et réalisé deux ans plus tôt.

Il s’agit d’une des quatre versions connues et la seule qui soit en mains privées. Elle appartient au transporteur maritime et milliardaire norvégien Petter Olsen. Son père, Thomas, était voisin et client de Munch à Hvitsten, où le peintre acheta une maison en 1911. Ce Cri est conservé dans la famille Olsen depuis plus de 70 ans.

Rarement exposée, cette version est présentée par Sotheby’s comme étant la plus colorée et la plus dynamique. La maison de vente indique que l’œuvre est restée dans son encadrement d’origine, peint à la main par l’artiste et incluant dans le tasseau du bas un poème en prose de Munch en décrivant la genèse.

Il s’agit de la seule version où l’un des deux promeneurs du fond est tourné vers l’extérieur de la composition, accoudé contre le garde-corps du pont.

Munch a commencé à travailler sur Le Cri au début des années 1890, à la suite d’un profond sentiment d’angoisse existentielle ressenti lors d’une promenade avec deux amis. Cette œuvre fait partie des peintures centrales de La Frise de la Vie, des créations sur les thèmes de l’amour, de l’angoisse et de la mort inspirées par le synthétisme et le symbolisme et destinées à être exposées les unes à côtés des autres.

Les deux autres versions du Cri sont au musée Munch d’Oslo. L’une, réalisée au pastel, date de 1893. L’autre, à la détrempe et à  l’huile sur carton, pourrait avoir été achevée vers 1910.

En novembre 2008,  à New York, Sotheby’s avait mis en vente une Vampire d’Edvard Munch, une version d’une œuvre faisant également partie de La Frise de la Vie. Cette huile sur toile (100 cm x 110 cm) datée de 1894 avait été payée 36,16 millions de dollars.

La vente s’était assez curieusement déroulée, l’œuvre ne suscitant pas l’intérêt attendu. Le Art Newspaper avait rapporté que l’investisseur anonyme qui avait placé une offre d’achat irrévocable sur la toile avant la vacation aurait finalement renoncé à sa proposition. Dans le même article, Sotheby’s démentait l’existence de cette offre et expliquait que le symbole qui l’indiquait à côté de l’œuvre dans le catalogue était une “erreur”. Pour ne rien arranger, des propos du marchand d’art new-yorkais Richard Feigen venaient préciser que le tableau de Munch était resté disponible à la vente sur le marché privé pendant des années.

En mai 2010, une Fertilité peinte à l’huile sur toile en 1899-1900 par Edvard Munch et estimée 25/35 millions de dollars n’avait pas trouvé preneur chez Christie’s New York.

Pierrick Moritz

Une vente d’art contemporain sans surenchère chez Sotheby’s

16 février 2012

La vente d’art contemporain proposée hier soir chez Sotheby’s Londres marque un revirement dans le concours de chiffres d’affaires à date fixe avec sa concurrente Christie’s. Il ne s’agissait pas de proposer n’importe quel “blockbuster” à plus de 10 millions, mais de très bonnes œuvres qui trouvent assurément preneur.

Dans l’absolu, cette stratégie de bon sens permet de limiter les problèmes rencontrés en période de crise économique, c’est-à-dire les invendus, les estimations revues à la baisse et les défauts de paiement.

Le pari est réussi puisque le résultat de la vacation montre des taux d’œuvres vendues de 90.5% en nombre et, surtout, de 94,6% en valeur.

Il serait donc peu pertinent de comparer les 50,7 millions de livres de chiffre d’affaires de Sotheby’s aux 80,5 millions réalisés la veille par Christie’s pour sa vente dans la même spécialité.

Chez la concurrente directe, un Rothko de qualité moyenne, estimé autour de 10 millions de livres, a été retiré du programme et un chef-d’œuvre de Bacon, payé 21 millions avec les frais, a probablement engendré des sueurs froides en étant adjugé 6% au-dessus d’une estimation non révélée par la maison de vente mais donnée à 18 millions sans les frais par plusieurs sources concordantes.

Dans un contexte de grande incertitude économique, l’exigence accrue des acheteurs ne permet plus de proposer des œuvres dont les estimations délirantes sont adossées au prestige institutionnalisé de leur auteur plutôt qu’à leur excellence.

Les choix des acheteurs montrent une installation dans un vrai marché de collectionneurs ou d’investisseurs pertinemment conseillés. Cette clientèle est prête à payer le prix fort pour le meilleur, quitte à pulvériser l’estimation  “raisonnable” si une occasion se présente, mais elle ne cherche pas aveuglément à acquérir un grand nom.

L’estimation la plus élevée de la vente de Sotheby’s était de 3/4 millions de livres. Elle concernait deux œuvres, l’une de Gerhard Richter, l’autre de Jean-Michel Basquiat.

L’Abstraktes Bild de Richter, une huile sur toile  (200 x 160 cm) de 1992, a été payée 4,85 millions de livres ; l’Orange Sports Figure de Jean-Michel Basquiat, acrylique, oil stick et spray sur toile (152,4 x 121,9 cm), a été échangé  contre 4,07 millions.

Le catalogue proposait 6 œuvres de Gerhard Richter. Elles ont toutes trouvé preneur.

Une Abstraktes Bild (Rot), huile sur toile (200 x 140 cm) datée de 1991, estimée 2,5/3,5 millions de livres, a été payée 4,07 millions. Un paysage glaciaire, Eis, une huile sur toile (70 x 100 cm) de 1981 estimée 2/3 millions de livres, a été enlevée contre 4,27 millions. Pour la même estimation, un Kind, une huile sur toile ( 97 x 92 cm) de 1989, a été payé 3,06 million.

881.250 livres ont été engagés sur Grat (1), une huile sur toile (62 x 82,6 cm) de 1989 estimée 700.000/900.000 livres ; 481.250 livres sur un Spiegel, Blutrot  daté de 1991, verre de couleur enduit  (95 x 86 cm), estimé 350.000/450.000 livres.

De Jean-Michel Basquiat, Tuxedo, une grande  encre sérigraphique sur papier (259,7 x 152,4 cm) a pulvérisé son estimation de 250.000/350.000 livres en étant payée 724.750 livres.  Il s’agit d’un multiple d’une édition de 10 créée en 1983.

Deux huiles sur toile de Zao Wou-Ki des années 1990 ont également été payées très au-dessus des espérances. Estimées 500.000/700.000 et 600.000/800.000 livres, elles ont été respectivement acquises pour 1,83 et 1,6 millions.

Du côté de l’art contemporain italien, une combustion d’Alberto Burri de 1965 s’est très bien vendue. Estimée 800.000/1,2 million de livres, ce Nero Plastica, plastique brûlé sur toile (101,6 x 76,9 cm) a été payé 2,05 millions. D’Alighiero e Boetti, une Mappa, tapisserie brodée (113 x 168 cm) réalisée en 1983,  a été cédée  à 735.250 euros avec les frais (12%) sur une estimation de 700.000/900.000 livres sans ces frais.

Un Diamond Dust Shoe d’Andy Warhol, acrylique, encre sérigraphique et poussière de diamant sur toile (228,6 x 177,8 cm), une œuvre de 1980-1 estimée 700.000/1 million de livres et payée 735.250 livres, et un Figure with Monkey de Francis Bacon, une huile sur toile (66 x 56 cm) de 1951 estimée 1,8/2,5 millions de livres et enlevée à 1,83 million, ont également été adjugés sous leur estimation basse.

Un Portrait of a Man de Lucian Freud, huile sur toile (50,8 x 40,6 cm) de 1955,  estimée 1,5/2 millions de livres, n’a pas trouvé preneur.

Pierrick Moritz

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/02/15/enchere-millionnaire-pour-bacon-et-rothko-retire-de-la-vente-chez-christies-londres

L’estimation n’inclut pas les frais à la charge de l’acheteur. Ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Le résultat intègre ces frais.

Le Klimt de Sotheby’s soldé pour 5,6 millions de livres

9 février 2012

Sotheby’s a annoncé que le paysage de Gustav Klimt, toile de 1901 non adjugée faute d’enchére suffisante lors de son passage dans sa vente d’art moderne londonienne d’hier soir, a finalement trouvé preneur pour 5,6 millions de livres avec les frais (12%) lors d’une transaction privée intervenue en cours de vacation. L’œuvre était estimée 6/8 millions de livres sans les frais.

En conséquence, le nombre d’invendus de l’opération passe de 13 à 12.

Article en rapport : http://artwithoutskin.com/2012/02/09/coup-dur-pour-sothebys-klimt-et-miro-restent-sur-le-carreau/

PM

Coup dur pour Sotheby’s : Klimt et Miro restent sur le carreau

9 février 2012

Actualisé le 9/02/2012 à 11 heures 50

Les deux lots les plus chers d’un prestigieux catalogue d’art moderne de Sotheby’s, un Bouleaux au bord du lac peint par Gustav Klimt en 1901 et une grande Peinture de Joan Miró de 1933, n’ont pas trouvé preneur hier soir à Londres. Les deux tableaux étaient respectivement estimés 6/8 millions et 7/10 millions de livres.

Quand le paysage de Klimt, une huile sur toile (90 x 90 cm) peinte en 1901, était loin d’être ce que l’artiste a fait de mieux en matière de scènes extérieures, une superbe Entrée de Giverny en hiver de Claude Monet, une huile sur toile (65,5 x 85,5 cm) peinte en 1885, a été payée 8,21 millions de livres quand 4,5/6,5 millions en étaient attendus. Il s’agit du plus haut prix de la vacation.

Pour le même impressionniste, 2,5 millions de livres ont été engagées sur Berges de la Seine près de Vétheuil, une huile sur toile peinte en 1881. L’œuvre était estimée 800.000 livres/1,2 million de livres.

La seconde enchère la plus importante revient à Le Bosquet, Albertplatz à Dresde d’Ernst Ludwig Kirchner, une grande huile sur toile (120 x 151 cm) peinte en 1911. Estimée 5/7 millions de livres, elle affiche un prix final de 7,32 millions.

De Georges Braque, L’Oliveraie, une huile sur toile (38,3 x 46 cm) peinte en 1907,  a été payée 5,08 millions de livres sur une estimation de 2/3 millions.

Sur 53 lots présentés, 13 n’ont pas trouvé preneur.

Un petit Oasis peint pas Salvador Dali en 1946 (estimé 4/6 millions de livres), et Deux Nus au Ballon par Kees van Dongen (estimés 2,5/3,5 millions) en font partie, tout comme un Pont des Arts (Paris) de Paul Signac, une œuvre de 1925 estimée 2,8/3,5 millions.

Le présent vendeur avait déboursé 3 millions de livres pour acquérir cette dernière toile chez Christie’s Londres en février 2008.

Ettore e Andromaca, une huile sur toile (90,4 x 60,3 cm) de Giorgio de Chirico, peinte en  1925-30, estimée 2,8/4 millions de livres sans les frais (12 %), a été abandonnée sous son estimation basse, avec un prix payé de 2,84 millions.

Même cas de figure pour Une Jeune Fille à l’échelle de Fernand Léger, une huile sur toile (130 x 96 cm) peinte en 1949. Estimée 3,8/4,5 millions de livres sans ces mêmes frais, l’œuvre a été payée 3,96 millions en les intégrant.

Lors de ses ventes équivalentes de la veille, sur la même place, Christie’s, concurrente directe de Sotheby’s, a battu des records absolus en vendant un bronze d’Henry Moore pour 19 millions de livres et une peinture-poème surréaliste de Joan Miró pour 16,84 million, soit très au-dessus de leur estimation. La performance est toutefois minorée par le fait que le lot le plus cher du catalogue, Le Livre, une huile sur toile de Juan Gris datée de 1915, peinte vers 1914/1915, dont 12/18 millions étaient attendus, a été bradée à 10,34 millions.

Hier, ses deux vacations d’art moderne de l’après-midi, proposant quelque 300 œuvres sur papier et sur toile moins importantes en valeur que celles présentées dans les prestigieuses ventes en soirée, ont rencontré un grand succès.

Dans un secteur économique qui n’échappe pas à l’incertitude ambiante, et en tenant compte du fait que la constitution d’un catalogue reste liée à des facteurs aléatoires, on ne peut pas pour autant tirer des conclusions relevant de la supériorité d’un opérateur sur l’autre.

En novembre dernier, à New York, la vente d’art moderne de Christie’s a viré au fiasco ; 7 des 10 lots les plus importants du catalogue ne trouvant pas preneur. Parmi eux figuraient une Petite danseuse de 14 ans, bronze d’Edgar Degas à 25/35 millions de dollars, deux tableaux de Picasso, estimés 12/18 millions pièce, et un bronze de Giacometti,  Femme de Venise VII, dont 10/15 millions étaient attendus.

Le lendemain, sur la même place, Sotheby’s vendait un très beau paysage de Gustav Klimt, peint vers 1914-1915, pour la somme astronomique de 40,4 millions de dollars, et une Aubade de Picasso de la fin des années 1960 pour 23 millions.

Entre temps, effrayé par les résultats catastrophiques de la vente de Christie’s, le vendeur de Nu de dos (1er état), un exceptionnel bas-relief en bronze d’Henri Matisse estimé 20/30 millions de dollars, avait retiré la sculpture du catalogue de Sotheby’s, quelques heures avant le début de la vacation et au motif d’une transaction privée de dernière minute.

La résilience du marché de l’art face à la crise n’est que très relative. Dans un contexte d’incertitude économique, la situation montre que la sélection opérée par les acheteurs les plus riches se concentre encore plus intensément sur les œuvres d’art vraiment exceptionnelles. Si une frange d’acheteurs réduite est ici concernée, le modèle peut être transposé à tout le marché de l’art.

Pierrick Moritz

Les estimations n’incluent pas les frais à la charge de l’acheteur. Ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Les résultats intégrent ces frais.

Résultats très mitigés pour la peinture ancienne à New York : situation de crise jouant toujours en faveur des opérateurs

1 février 2012

Actualisé le 02/02/2012 à 12 heures 59

Les traditionnelles vacations de peintures et d’objets d’art anciens et du XIXe siècle de janvier chez Sotheby’s et Christie’s New York sont le premier grand rendez-vous international de l’année pour le marché de l’art en vente publique occidental. Les résultats des vacations des 25, 26 et 27 janvier mis en regard du symbole du calendrier n’annoncent rien de nouveau pour 2012 mais confirment la tendance lourde des mois passés  : des  taux d’invendus globalement élevés au sein d’une situation de crise jouant en faveur des opérateurs.  

L’Old Masters Week de janvier à New York, traditionnelle programmation des commerçants de l’art autour de la peinture ancienne, s’est déroulée la semaine dernière à New York. Du côté des ventes publiques, Sotheby’s et Christie’s proposaient chacune 3 vacations dans la spécialité. Les résultats de la vente de dessins anciens de Sotheby’s du 25 janvier, avec un taux d’invendus de quelque 49 % mais un chiffre d’affaires atteignant 75 % de l’estimation pré-vente du calalogue, illustrent notamment la tendance d’un avantage en faveur des commissions des opérateurs tandis que de nombreux vendeurs se retrouvent en situation difficile.

Une incertitude néfaste à la transparence du marché de l’art

Si, en cas d’accord entre les deux parties, les vendeurs déçus  – mais aussi redevables de frais parfois importants - peuvent revendre leur bien dans le cadre d’une transaction privée qui rapportera notamment des commissions aux opérateurs, le climat d’incertitude conduit les vendeurs potentiels à l’attentisme.

Les œuvres les plus prestigieuses sont confiées plus difficilement, à moins d’obtenir des garanties pour certains vendeurs, un procédé dont on peut dire qu’il jette d’emblé une part de doute sur la solidité du marché. Les vendeurs peuvent aussi décider de passer directement par l’option vente privée.

Intégrant ces renégociations d’après vacation sur des lots notoirement connus comme invendus, les ventes privées menées par les opérateurs en vente publique, seule place d’information à peu près fiable, en rajoutent encore au niveau de l’opacité du marché de l’art.

40 et 30 % d’invendus pour les ventes majeures de Sotheby’s et Christie’s

La vacation de Sotheby’s du 26 janvier, avec un important catalogue de 351 lots majoritairement constitué  de peintures et sculptures anciennes, puis d’objets d’arts (tapisseries et faïences européennes anciennes, …), a enregistré quelque 40 % d’invendus (140 lots).

Les déconvenues les plus importantes concernent une nature morte de fleurs de Jan Van Huysum (1682-1749), peinte à l’huile sur cuivre (79 x 60,5 cm) et estimée 4/6 millions de dollars, ainsi qu’une Fuite en Égypte d’Antony Van Dyck (1599-1641), une huile en grisaille sur panneau (38,4 x 32,4 cm) dont 3/5 millions étaient attendus.

Fréquence des invendus moins importante pour les objets d’art

Dans cette vente, la fréquence des invendus a été moins importante pour les objets d’art. La plus forte enchère concerne une paire de portraits en forme de médaillon (D. 43,2 cm chacun), des terres cuites émaillées réalisées par Andrea della Robia à Florence vers 1470-1480. Elle a été payée 1,65 million de dollars sur une estimation de 400.000/600.000 dollars.

5,6 millions de dollars pour une vue de Venise par le Canaletto

Le lot vedette du catalogue, une vue de Venise du Canaletto (1697-1768) à l’huile sur toile (60 x 94,5 cm), a été payé 5,6 millions de dollars avec les frais (12%), soit au niveau bas d’une estimation de 5/6 millions sans les frais.

Toujours pour les lots aux estimations les plus élevées, une Lucrèce à l’huile sur panneau (60,3 x 48,9 cm) de Lucas Cranach le Vieux (1472-1553) a été payée 5,12 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions ; de Simone Martini (1284-1344), une Annonciation de la Vierge, tempera sur fond or sur panneau (29,2 x 20,6 cm), a été acquise pour 4,11 millions sur une estimation de 3/4 millions.

Des œuvres vendues très au-dessus des estimations

Parmi  les peintures vendues très au-dessus des estimations, on remarque un Saint Jérôme dans le désert par Fra Bartolommeo (1472-1517). Cette œuvre peinte à l’huile sur un panneau en forme d’arche (45,1 x 27,9 cm) a été payée 4,89 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

De Botticelli et son atelier (1445-1510), une Madone à l’Enfant à la tempera sur panneau rond (D. 121 cm), a été payée 4,56 millions de dollars sur une estimation de 1/1,5 million. Roland et le mariage d’Angélique, une huile sur toile monumentale de Charles-Antoine Coypel (1694-1752) estimée 700.000/900.000 dollars, a été payée 3,55 millions.

De Pieter de Hooch (1629-1684), un Intérieur avec un enfant nourrissant un perroquet peint à l’huile sur toile (79,5 x 66 cm), daté 1672, a été payé 3,66 millions de dollars sur une estimation de 1,5/2 millions.

Un tableau ancien estimé 6/8 millions de dollars invendu chez Christie’s

La très importante vacation de peinture ancienne de Christie’s, le 25 janvier, a vu 18 des 60 lots du catalogue ne pas trouver preneur. Le tableau le plus cher du catalogue en fait partie. Cette variation de la Vierge Marie nourrissant le Christ enfant d’Hans Memling (1430/40-1494), une petite huile sur panneau circulaire à fond or  (D. 17,4 cm), était estimée 6/8 millions de dollars.

L’opérateur avait un intérêt financier direct sur ce lot par une garantie d’un prix minimum de vente ou une avance faites au vendeur. Cette situation concerne à la fois les cas où l’opérateur détient des intérêts financiers propres et ceux où il a financé tout ou partie de tels intérêt à travers une tierce partie. Cette dernière engrangent un gain si la vente réussit et peuvent subir une perte si elle échoue.

Les déboires de certains vendeurs

Payé 1,43 million de dollars chez Sotheby’s New York en janvier 2000, un portrait d’homme de Giuseppe Arcimboldo (1527-1593), une composition réversible de fruits peinte à l’huile sur panneau (55,9 x 41,6 cm), n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 3/5 millions.

Acquise pour 3,06 millions de livres par le présent vendeur en juillet 2008 chez Christie’s Londres, une peinture de cheval à l’huile sur toile (109  x 115,6 cm) d’Anthony van Dyck (1599-1641), a été payée 2,54 millions de dollars avec les frais (12 %). Son estimation était de 2,5/3,5 millions sans les frais.

Achetées à l’unité par le présent vendeur pour un total de 2,33 millions de dollars chez Christie’s New York en avril 2007, une série de 4 petites toiles circulaires (diamètre de chacune : 17, 8 cm) présentant des scènes de genre transférées sur un seul panneau n’a pas trouvé preneur. L’estimation était de 1,8/2,2 millions de dollars.

Les œuvres les mieux vendues

Figurant parmi les lots les plus chers du catalogue, L’Arrivée d’Henri III à la villa Contarini, une huile sur toile (71,7 x 106,7 cm) de Giambattista Tiepolo (1696-1770), a été payée 5,9 millions de dollars sur une estimation de 4/6 millions.

Pour les lots vendus très au-dessus des estimations, Jeune femme au clavecin, une petite huile sur panneau (39 x 32 cm) de Gerrit Dou (1613-1675), a été payée 3,33 millions sur une estimation de 1/2 millions. De Thomas de Keyser (1596/7-1667), un portrait d’homme daté de 1627, peint à l’huile sur cuivre dans un format octogonal (28 x 22,2 cm.) a été payé 1,48 million de dollars sur une estimation de 300.000/500.000 dollars.

2,09 millions de dollars pour une œuvre de la collection Elizabeth Taylor

Un portrait d’homme de Frans Hals (1581/5-1666) peint à l’huile sur toile (77,7 x 66 cm) et estimé 700.000/900.000 dollars a été payé 2,09 millions de dollars. Ce tableau provient de la collection de l’actrice Elizabeth Taylor où, en matière de peinture ancienne, le nom de Rembrandt figure également.

Taux d’invendus record pour les dessins anciens chez Sotheby’s 

Le 25 janvier, Sotheby’s ouvrait ces séries de vente autour de la peinture ancienne avec un catalogue de 223 lot dans la spécialité du dessin. Les résultats de cette vacation sont marqués par un taux d’invendus record de quelque 49 %.

Du côté de l’opérateur, la déconvenue est compensée par certains lots payés très au-dessus des estimations, et d’autant plus facilement que l’estimation la plus élevée du catalogue culminait à “seulement” 300.000/400.000 dollars. Elle concernait un petit portrait de jeune homme attribué à Piero del Pollaiuolo (1443-1496), crayon et encre brune sur craie noire, qui a enregistré la plus forte enchère. Le J. Paul Getty Museum de Los Angeles l’a acquis pour 1,39 million de dollars.

Des albums d’un suiveur de Rubens et de l’atelier de Poussin payés au prix fort

Parmi les lots les mieux vendus, une étude de de femme au crayon par Thomas Gainsborough (1727-1788) a été payée 314.500 dollars sur une estimation de 100.000/150.000 dollars ; un album intitulé De Figuris Humanis, 66 pages de texte et d’illustrations manuscrits d’un suiveur de Peter Paul Rubens, seconde moitié du XVIIe siècle avec une page de titre du XVIIIe siècle,  a été payé  302.500 dollars sur une estimation de 70.000/90.000 dollars ; de l’atelier de Nicolas Poussin, un album de 162 pages de texte et d’illustrations manuscrits consacrés à Leonardo de Vinci, milieu du XVIIe siècle, a été payé 200.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars.

Une feuille de Watteau invendue

La seconde estimation la plus importante du catalogue, 120.000/160.000 dollars, espérée pour pour une petite feuille recto/verso de Jean Antoine Watteau (1684-1721) représentant des études de personnages à la craie rouge, n’a pas été atteinte.

Troisième vacation de Sotheby’s : 38 % d’invendus

La dernière vacation de Sotheby’s, consacrée à la peinture ancienne et du XIXe siècle, est également marqué par un fort taux d’invendu. Il s’agit de quelque 38 % dans un catalogue de 226 lots, avec une proportion plus marquée sur la peinture ancienne, minoritaire avec 89 lots présentés dont 55% sont restés sur le carreau. L’estimation basse la plus importante était de 100.000 dollars.

Prix minimum pour le lot le plus cher du catalogue

Le lot le plus cher, une marine d’Ivan Konstantinovich Aivazovsky (1817-1900) peinte en 1895 à l’huile sur toile (62,5 cm x 83,5 cm)a été payée 122.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 100.000/150.000 dollars sans ces frais.

Jean-Baptiste Detaille : vendu et invendu

Toujours pour les estimations les plus élevées, Champigny, décembre 1870, une scène militaire peinte à l’ huile sur toile (121,9 x 218,4 cm) de Jean-Baptiste Detaille (1848-1912), a été abandonnée à 68.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 70.000/100.000 dollars sans ces frais.

Du même artiste, une autre scène de la bataille de Champigny peinte à l’huile sur une toile encore plus monumentale (160 x 304, 3 cm), n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 50.000/70.000 dollars. Ces deux œuvres proviennent de la collection Forbes.

Les mieux vendus

Parmi les lots les mieux vendus et au-dessus de l’estimation, on trouve Miranda, une huile sur toile (152,4 x 84,5 cm) de Thomas Francis Dicksee  (1819-1895). Elle a  été payée 86.500 dollars sur la base d’une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Du côté de la peinture ancienne, l’enchère la plus importante est allée à un Saint Jacques le Mineur du cercle du Greco, peint à l’huile sur toile (89,5 x 73 cm). L’œuvre a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Peinture ancienne et dessins et aquarelles britanniques chez Christie’s : 25 % d’invendus 

La vacation de Christie’s du 26 janvier consacrée à la peinture ancienne et aux dessins et aquarelles britanniques des XVIIIe et XIXe siècles  a vu 112 des 140 lots présentés au catalogue trouver preneur.

Dessin de Turner abandonné sous son estimation

L’œuvre à l’estimation la plus élevée, The Chain Pier, Brighton, crayon et encre sur papier Whatman (14,6 x 22,2 cm) de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), a été laissée sous son estimation de 300.000/500.000 dollars sans les frais (20%) en étant payée  338.000 dollars avec ces frais.

Vendus au-dessus des estimations

D’Edward Lear (1812-1888 ), Montenegro, un dessin aquarellé monogrammé et daté de 1870-72 sur papier Whatman (76,2 x 121,9 cm) contrecollé sur panneau, a été payé 422.500 dollars sur une estimation de 120.000/180.000 dollars.

De Friedrich Overbeck (1789-1869), une Madone à l’Enfant, crayon sur papier (42,4 x 42,9 cm) daté de 1841, a été payée 68.500 dollars sur une estimation de 10.000/15.000 dollars.

Attribué à Lucas Cranach Le Jeune 1515-1586), un portrait de dame à la gouache sur vélin (24,5 x 18,4 cm) a été payé 104.500 dollars sur une estimation de 50.000/60.000 dollars.

De Jean-François de Troy (1679-1752), une étude de Christ aux craies rouge et blanche sur papier chamois (25,6 x 43,4 cm) a été payée 86.500 dollars sur une estimation de 20.000/30.000 dollars.

Dessin à la craie de Thomas Gainsborough invendu et rabais marginaux

Un dessin animalier aux craies blanche et noire de Thomas Gainsborough (1727-1788) sur papier Amsterdam (21,3 cm x 18,5 cm), estimé 120.000/180.000 dollars, n’a pas trouvé preneur.

À la marge, quelques lots ont été abandonnés sous leur estimation. Un Couronnement de Charlemagne par Andrea Boscoli (1560-1607), trace de craies blanche et rouge, crayon et encre brune, lavis marron, 17 x 26 cma été payé 1.625 dollars sur une estimation de 4.000/6.000 dollarsDe Giovanni Battista Beinaschi (1636-1688), un sujet à la Madone et l’Enfant, pastel avec traces de craie blanche sur papier chamois (24,7 x 34,5 cm) a été payé le même prix que le précédent mais pour estimation de 3.000/5.000 dollars.

 24 % d’invendus pour la vente de peinture ancienne du Christie’s du 26 janvier

Le catalogue de cette vacation, deuxième partie de celle du 25 janvier mais regroupant des œuvres beaucoup moins importantes, comptait 112 lots. 85 ont trouvé preneur.

Vendu et invendu pour Giovanni Francesco Barbieri

L’enchère la plus importante est allée à Giovanni Francesco Barbieri (1591-1666) pour un Amnon and Tamar à l’huile sur toile (109,8 x 15,5 cm). Estimée 150.000/250.000 dollars, l’œuvre a été payée 266.500 dollars. Un Saint Paul (121,3 x 102,2 cm) peint à l’huile sur toile par le même artiste et estimé 150.000/200.000 dollars n’a pas trouvé preneur.

Enchère importante pour Girolamo Figino

Parmi les enchères les plus importantes, une Madone nourrissant le Christ enfant de Girolamo Figino (actif à Milan durant la seconde moitié du XVIe siècle), peinte à l’huile sur panneau (64,7 x 47,6 cm) a été payée 158.500 dollars sur une estimation de 40.000/60.000 dollars.

Estimation pulvérisée pour Jacopo Amgoni  

L’enchère la plus spectaculaire a été portée sur une huile sur toile (125,7 x 102,8 cm) de Jacopo Amigoni (vers 1685-1752) représentant un jeune ramoneur. Estimée 10.000/15.000 dollars, cette œuvre a été payée 230.500 dollars.

Payé 20.700 livres en 1997, revendu 182.500 dollars en 2012

Un Portrait de Bessela Pelgrom par Cornelis de Vos (1584-1651), peint à l’huile sur panneau (104,7 x 73,7 cm), a été payé 182.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000 dollars. L’avant-dernier vendeur avait payé cette œuvre 20.700 livres en juillet 1997 chez Christie’s Londres. Elle était alors attribuée à Gaspar de Crayer, peintre un peu moins cher que de Vos en vente publique.

Pierrick Moritz

Tensions et tendance pour les “arts premiers” dans les ventes publiques

16 décembre 2011

La séquence de trois ventes d’art premier proposée chez Christie’s et Sotheby’s Paris, les 13 et 14 décembre, montre que, comme toutes les autres, la spécialité est au parfum des effets psychologiques et réels de la crise financière occidentale, avec un attentisme accru de la part des vendeurs et des acheteurs, et de manière plus sensible qu’au premier semestre où la situation économique mondiale semblait se détendre, même si le phénomène n’a jamais vraiment cessé depuis l’épisode ravageur des créances pourries ayant conduit à la débâcle de septembre 2008.

La configuration des résultats de ces vacations d’art premier vient illustrer la situation générale sur le marché de l’art en vente publique : les collectionneurs sélectionnent la rareté parmi la rareté, augmentant encore la fébrilité par la prise de risque chez les opérateurs et les vendeurs puisque certains lots phares peuvent être délaissés, et les estimations de pièces moins en vue pulvérisées dans des proportions inattendues.

Pour les “arts premiers”, si, après la garantie de l’authenticité par la traçabilité, les critères de sélection produisant les prix les plus élevés en vente publique sont depuis longtemps d’avantage liés à l’esthétique qu’à l’usage rituel, un regard tout à fait occidental qui prend sa source dans l’art moderne du début du XXe siècle (cubisme, surréalisme), les qualités requises aujourd’hui pour ces objets réalisant des prix faramineux au marteau semblent parfois plus relever de l’esthétisant que de l’esthétique, soit une représentation des arts historiques anciens africains, océaniens et d’Amérique du Nord probablement encore plus éloignée de la réalité.

Après avoir assorti l’art africain à l’art déco, on peut se demander si un certain marché de l’art ne serait pas aujourd’hui en passe de le coordonner au design d’après-guerre. On pense au très graphique sceptre Mboum du Cameroun, payé 216.500 euros sur une estimation de 6.000/9.000 euros le 14 décembre chez Sotheby’s, ou au corps tout en ligne brisée de la statuette Léga (H. 12,5 cm), République Démocratique du Congo, payée 960.750 euros sur une estimation de 60.000/90.000 euros lors de la dispersion de la collection Pierre Guerre (mais venant d’une autre collection) en juin dernier à Paris.

Des trois ventes d’art premier parisiennes des 13 et 14 décembre chez Christie’s et Sotheby’s, la dernière vacation, proposée le 14 décembre chez Sotheby’s, est celle qui a remporté le plus grand succès, et notamment avec un taux d’invendus de 18,7 % quand, pour l’opération comparable, Christie’s affiche quelque 39 % de lots restés sur le carreau.

Pour ce dernier opérateur, la soirée  du 13 décembre avait  très mal commencé, puisque sa première vente d’art océanien a généré quelque 50% d’invendus. Il s’agissait d’objets de la collection Daniel Blau où la plupart des estimations tournaient essentiellement entre quelques milliers et quelques dizaines de milliers d’euros. Les deux lots les plus chers, une grande herminette originaire de Tahiti, estimée 80.000/120.000 euros, et d’une massue maorie en néphrite, Nouvelle-Zélande assortie d’une estimation de 30.000/40.000 euros, n’ont pas trouvé preneur.

Le prix le plus important, 33.400 euros avec les frais (20 %), est allé à un chasse-mouches des îles Samoa estimé 30.000/50.000 euros sans ces frais. C’est-à-dire que l’objet a été adjugé légèrement sous son estimation basse.

L’autre vente de cet opérateur proposait 102 lots d’art premier africain, océanien et d’Amérique du Nord, dont quelques pièces estimées plusieurs centaines de milliers d’euros. Ici, 40 lots n’ont pas trouvé preneur.

Le prix le plus important, 1 million d’euros, concerne la sculpture d’un lion, âme de bois recouverte d’argent, culture Fon du Bénin. Cette statuette de 28,5 cm de hauteur était estimée 200.000/300.000 euros. D’une remarquable qualité d’exécution, l’objet fait partie d’un genre excessivement rare. Pour une autre estimation très largement dépassée, une paire de statuettes Yoruba, Nigeria, de 89 cm et 90 cm de hauteur, a été échangée contre 385.000 euros sur une estimation de 80.000/120.000 euros.

Un des lots les plus intéressants du catalogue, un masque “moustique” Tlingit (hauteur 18,5 cm), côte nord-ouest de l’Amérique du Nord, Alaska, Canada, a été payé 277.000 euros sur une estimation de 50.000/70.000 euros. Selon la notice de la maison de vente, cette pièce est arrivée au Museum of American Indian de New York en 1949 avec la description : “Mosquito mask, red, blue and black painted decoration. Tlingit. Alaska”. Retiré de l’inventaire du musée, le masque a été  acquis par l’antiquaire Robert Huber en 1970, puis est passé dans les mains de Ben Birillo avant de devenir, en 1975, la propriété de l’actuel vendeur.

Le lot le plus cher du catalogue, un très grand masque Fang N’gil (H. 58 cm), Gabon, a été payé 931.000 euros avec les frais (12%) sur une estimation de 600.000/800.000 euros.

La déconvenue la plus importante de cette vacation concerne une caryatide Luba (H. 51 cm), République Démocratique du Congo. Assortie d’une estimation de 500.000/800.000 euros, elle n’a pas trouvé preneur. Une statue Ashanti (H. 99 cm), Ghana, estimée 150.0000/200.000 euros, et une coupe Yorouba (H. 59, 5 cm), Nigeria, estimée 100.000/150.000 euros, sont également restées sur le carreau.

Le 14 décembre, Sotheby’s a fait beaucoup mieux que sa concurrente directe pour son unique vente dans la spécialité. Seulement 18 lots sur sur les 96 proposés n’ont pas trouvé preneur.

Si le lot phare du catalogue, un masque punu du Gabon (H. 32 cm), une pièce collectée en 1927 au Congo, a été payé 1 million d’euros sur une estimation de 350.000/450.000 euros, on retiendra surtout de cette vente le très rare pendentif en ivoire (H. 8 cm), originaire de la République Démocratique du Congo, payé 780.750 euros sur une estimation de 30.000/50.000 euros. Il s’agit d’un prix tout à fait exceptionnel pour ce type d’objet. Celui-ci avait été acquis dans une vente aux enchères britannique locale vers 1980.

Même surprise pour un masque kanak d’une hauteur de 31 cm. Collectée, selon le catalogue, sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie en 1850 (la notice précisant que, si c’est le cas, il s’agirait d’un des plus anciens masques prélevés sur l’île), cette pièce a été payée 420.750 euros sur une estimation de 50.000/70.000 euros.

Le coefficient multiplicateur le plus important entre l’estimation et le prix finalement payé concerne une hache d’apparat Songye, République Démocratique du Congo. D’une hauteur de 40 cm, avec une lame présentant un décor gravé et ajouré, collecté dans les années 1910-1912, l’objet a été payé 384.750 euros sur une estimation de 5.000/7.000 euros.

Pour un écart toujours impressionnant, un sceptre Mboum du Cameroun, hauteur 44 cm, une pièce qui aurait été collectée en 1910-1911, a été payé 216.500 euros sur une estimation de 6.000/9.000 euros. Cette performance mise en regard des 48.750 euros payés pour un objet très similaire et de même provenance, un autre sceptre Mboum du Cameroum légèrement moins haut, inscrit au catalogue de la vente avec une estimation de 4.000/5.000 euros, illustre la complexité de la situation.

Les déconvenues majeures de la vacation concernent une statue Sogye, République Démocratique du Congo, estimée 200.000/300.000 euros, hauteur 83 cm, apparue chez Sotheby’s Londres en 1969, et une statue d’homme-lézard, Ile de Pâques, longueur 34 cm, estimée 150.000/200.000 euros, ayant fait partie de la collection Maurice Pinto, qui l’aurait acquise auprès d’un couvent belge.

Pour l’importance des estimations des lots invendus, on descend ensuite aux 25.000/40.000 euros attendus d’une  statue Mumuye, Nigeria, entrée dans la collection du Suisse Gilbert Huguenin en 1963.

Pierrick Moritz