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Enchères de milliardaires sur des œuvres de Bacon, Lichtenstein et Warhol

10 mai 2012

Avec les 266,6 millions de dollars générés par sa vente d’art contemporain new-yorkaise d’hier soir, Sotheby’s ferait presque office de “petite joueuse” à côté des quelque 388 millions réunis la veille par sa concurrente Christie’s pour une vente dans la spécialité. Sauf que ce montant reste extrêmement important pour une vacation de ce type. Des œuvres de Francis Bacon, Roy Lichtenstein et Andy Warhol y ont été payées plus de 35 millions de dollars.

Dans cette autre vente pour milliardaires, la moitié du chiffre d’affaires est générée par les 4 lots les plus importants du catalogue. Sur 57 présentés, 9 étaient au moins estimés 5 millions de dollars. Si 11 ont été payés au-dessus de ce seuil, le nombre d’invendus est relativement important : 11 dont les plus chers sont une huile sur toile sans titre de Willem de Kooning, estimée 5,5/7,5 millions, et une Aluminium Girl de Charles Ray, une sculpture dont 4/6 millions étaient attendus.

Estimée 30/40 millions de dollars, Figure Writing Reflected In Mirror, une huile sur toile (198 cm x 147,5 cm) de Francis Bacon datée de 1976, a été payée 44,88 millions de dollars. Le tableau a été acheté par les vendeurs à l’exposition Francis Bacon, Œuvres récentes programmée à la galerie parisienne Claude Bernard en janvier 1977. Il voisinait notamment avec Triptych, 1976, une création assortie d’un des prix les plus importants pour une œuvre d’art contemporain achetée aux enchères publiques. Ce triptyque monumental (198 x 147,5 cm pour chaque panneau) réalisé à l’huile et aux pastels sur toile, une adaptation de la légende de Prométhée, a été payé 86,2 millions de dollars en mai 2008, lors d’une vente de Sotheby’s, à New York.

Pour la même estimation, une Sleeping Girl conçue par Roy Lichtenstein en 1964, une vignette de comic books agrandie à la taille de 91,5 x 91,5 cm, a été payée le même prix  Il s’agit de la somme la plus importante déboursée pour une œuvre de l’artiste. Le précédent record, 43,2 millions de dollars, a été réalisé en novembre dernier chez Christie’s, à New York. Il concerne Can See the Whole Room!…and There’s Nobody in It, une toile de 1961 que le vendeur avait payée 2,09 millions de dollars en 1988 chez le même opérateur. Toujours chez Christie’s, en novembre 2010, 42,64 millions de dollars avaient été engagés sur Ohhh … Alright … du même Lichtenstein.

Estimé 30/50 millions de dollars, un Double Elvis (Ferus Type) d’Andy Warhol, réalisé en 1963 à l’encre sérigraphique et peinture en bombe sur toile (207,6 x 121,9 cm), a été payé quelque 37 millions de dollars. Le record pour une œuvre de Warhol négociée dans une vente publique date de mai 2007. Il s’agit de Green Car Crash (Green Burning Car I), également daté de 1963, payé 71,72 millions de dollars chez Christie’s, à New York.

Daté de 1970 et estimé 15/20 millions de dollars, un sans titre (New York City) réalisé par Cy Twombly à l’huile, peinture et crayon gras sur toile (143,5 x 177,8 cm), a été payé 17,4 millions de dollars.

Pierrick Moritz

À New York, des ventes d’art moderne très élitistes, trop peut-être

4 mai 2012

Clou du catalogue de 76 lots de la vente d’art moderne proposée par Sotheby’s le 2 mai à New York, une version au pastel du Cri d’Edvard Much devient le tableau le plus cher acheté en vente publique. 55 % du chiffre d’affaires record de 330 millions de dollars sont à verser au compte de seulement 5 œuvres (Munch, Picasso, Miro, Dali, Brancusi), un bilan assorti de 15 invendus, d’œuvres dont la valeur s’est très fortement appréciée en une dizaine d’année et d’autres cédées sous les estimations basses. Compte tenu de l’aspect aléatoire de la collecte d’œuvres d’art pour constituer de tels catalogues et des difficultés pour trouver les quelques-unes assurant la part la plus importante du chiffre d’affaires, la situation d’une clientèle d’acheteurs de plus en plus riche et exigeante augure aussi de grands défis pour les opérateurs de cette envergure.   

Avec la recette de 330,5 millions de dollars tirée de sa vacation d’art moderne et impressionniste du 2 mai, à New York,  Sotheby’s réalise son plus important chiffre d’affaires pour une vente aux enchères dans la spécialité.  Des sommes stratosphériques ont été payées pour des œuvres de qualité muséale ; celles n’entrant pas dans cette catégorie ont connu des fortune diverses, y compris la veille, lors d’une vente organisée chez Christie’s, toujours à New York.  

 Le tableau le plus cher du monde en vente publique

Avec une estimation “symbolique” située autour de 80 millions de dollars, la version  du Cri  proposée dans cette vacation a été réalisée au pastel sur panneau (79 x 59 cm) en 1895. Elle est de deux années plus tardive que le célèbre tempera et crayons sur carton (91 x 73,5 cm) détenu par le musée national d’Oslo et la seule, des quatre connues, à être encore en mains privées. Elle était vendue par le transporteur maritime et milliardaire norvégien Petter Olsen. Son père, Thomas, était voisin et client de Munch à Hvitsten, où le peintre acheta une maison en 1911. Cette version du Cri était conservé dans la famille Olsen depuis plus de 70 ans.

Les 120 millions de dollars payés pour acquérir ce chef-d’œuvre de l’art moderne constitue la somme la plus importante jamais déboursée pour acquérir une œuvre d’art en vente publique. Avec 104,16 millions de dollars payés pour Garçon à la pipe de Pablo Picasso (mai 2004, New York) et 65 millions de livres engagés sur une sculpture d’Alberto Giacometti, un exemplaire de L’Homme qui marche I, œuvre de 183 cm de hauteur créée en 1960 et fondue en 1961 (février 2010, Londres), Sotheby’s détient désormais 3 des 4 prix records pour des œuvre d’art vendues aux enchères.

En mai 2010, à New york,  Christie’s avait vendu Nu, feuilles vertes et buste (ou Nu au plateau de sculpteur) de Pablo Picasso pour 106,5 millions de dollars.

5 autres œuvres d’Edvard Munch au catalogue

Autour de cette version du Cri, le catalogue de Sotheby’s présentait 5 autres œuvres de Munch, pour lesquelles les estimations étaient comprises entre 1,5 et 7 millions de dollars. Mais comme, sur le marché de l’art, un nom ne suffit pas à faire un prix, une seule de ces œuvres a été vendue dans la fourchette de l’estimation. Il s’agit d’un Semeur peint à l’huile sur toile (90,8 x 115,5 cm ) en 1913. Estimé 2/3 millions, le tableau a été payé 2,88 millions.

Femme se regardant dans un miroir, une huile sur toile (92 x 73 cm), peinte en 1892, estimée 5/7 millions de dollars sans les frais (12%), a été payée 5,12 millions avec ces frais.

Datée de 1902, une Corde à linge chargée de vêtements à Åsgårdstrand, peinte à l’huile sur toile (67,5 x 72,5 cm), a été payée 2,09 millions avec les frais (12 %) sur une estimation de 2/3 millions sans ces frais.

Pour les mêmes conditions de frais, une Nuit à Saint-Cloud, une œuvre de 1912 peinte à l’huile sur papier monté sur un panneau (29 cm x 24,4 cm) a été payée 1,53 millions de dollars pour une estimation de 1,5/2 millions.

Assortie d’une estimation de 2,5/3,5 millions de dollars et jamais vue en vente publique, la cinquième, une Nuit d’Été peinte à l’huile sur toile (74,3 x 98,6 cm) en 1917 n’a pas trouvé preneur.

29 millions de dollars et des fortunes diverses pour Pablo Picasso

Pour la deuxième estimation la plus élevée, 20/30 millions de dollars, une Femme assise dans un fauteuil,  peinte à l’huile sur toile en octobre 1941 par Pablo Picasso, a été payée 29,2 millions de dollars. Du même, une Tête de femme (portrait de Françoise), peinte à l’huile sur toile (55 x 38 cm) en 1946, a été payée 6,9 millions sur la base d’une estimation de 4/6 millions.

Toujours de Picasso, La Citronnade, une huile sur toile (72,7 x 59,7 cm) de 1954, estimée 3,5/5 millions de dollars, a été payée 3,89 millions et, Femme assise sur fond bleu-rouge, une huile sur toile (73 x 59 cm) de 1956, a été laissée sous son estimation de 4/6 millions de dollars sans les frais (12 %) avec un prix payé de 4 millions avec ces frais. L’Étrangleur, une grande gouache réalisée vers 1904 n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée 1/1,5 millions de dollars.

Un Chasseur de chez Maxim’s de Chaïm Soutine gagne 2,5 millions en 8 ans, un autre ne gagne rien  

De Chaïm Soutine, un Chasseur de chez Maxim’s estimé 10/15 millions de dollars sans les frais (12 %) a été payé 9,37 millions avec ces frais. Bien que cédée sous son estimation basse, cette huile sur toile de 1925 avait été acquise chez Sotheby’s par le présent vendeur, en novembre 2004, pour 6,7 millions de dollars.

Du même artiste, une huile sur panneau marouflée sur toile (65,1 x 50,2 cm) intitulée Le Chasseur, estimée 4/6 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

14,8 millions de dollars pour Joan Miro

Une Tête humaine de Joan Miro, estimée 10/15 millions de dollars, a été payée 14,8 millions. Cette technique mixte sur toile (81,3 x 65,4 cm), réalisée en 1931, n’avait jamais été vue en vente publique.

Une toile de Dali payée 1,36 million de livres en 1998, réévaluée à 16,32 millions de dollars

Un Printemps nécrophilique de Salvador Dali, a été payé 16,32 millions de dollars pour une estimation de 8/12 millions. Cette huile sur toile (54,6 x 65 cm) de 1936 faisait initialement partie de la collection Elsa Schiaparelli. Le présent vendeur l’avait payé 1,36 million de livres en 1998, chez Christie’s, à Londres.

Un bronze de Brancusi payé 1,21 million de dollars en 1999, réévalué à 12,68 millions

Prométhée, un “visage” en bronze de Constantin Brancusi, d’une largeur de  17,7 cm, conçu et fondu en 1911 dans une édition de 4, a été payé 12,68 millions de dollars pour une estimation de 6/8 millions. L’œuvre avait été acquise pour 1,2 million de dollars en 1999, chez Christie’s, à New York.

Une Cabane de Paul Gauguin passe de 4,62 millions à 8,48 millions en 10 ans

Cabane sous les arbres, de Paul Gauguin, une huile sur toile ( 72,4 x 43,5 cm) peinte en 1892, a été payée 8,48 millions de dollars sur une estimation de  5/7 millions. L’œuvre avait été acquise par le présent vendeur en novembre 2002 chez Christie’s, à New York, pour 4,62 millions de dollars.

Vendus sous l’estimation

Parmi les œuvres cédées sous leur estimation, on trouve aussi une Peinture, réalisée par Joan Miró en 1953, une grande huile sur toile (194,9 x 130,5 cm), payée 4,11 millions de dollars avec les frais (12 %) sur la base d’une estimation de 4,5/ 6,5 millions sans ces frais. Méme déconvenue pour L’Équilibriste, une huile sur toile (130 x 97 cm) de Kees van Dongen, peinte en 1907, estimé 4/6 millions sans les frais (12 %) et cédée 3,44 millions avec ces frais.

Invendus

Des œuvre de Paul Delvaux (Le Canapé bleu estimé 3,5/5,5 millions), Fernand Léger (une Joie de Vivre à 2,5/3,5 millions), Georges Braque (La Desserte I, estimée 2/3 millions) font partie des invendus les plus chers de la vacation.

117 millions de dollars pour une vente dans la spécialité, la veille, chez Christie’s

La veille, toujours à New York, pour une importante vente dans la spécialité, un catalogue de 32 lots proposé par Christie’s a généré 117 millions de dollars.

Si des prix très importants, avec des lots vendus bien au-dessus des estimations, ont été réalisés dans le cadre d’une vacation qui compte seulement 3 invendus, un nombre plus important d’œuvres a été laissé sous les estimations.

Paul Cézanne et Henri Matisse : 19,12 millions pour chacun

Clou du catalogue et estimée 15/20 millions de dollars, une étude préparatoire à l’aquarelle de Paul Cézanne pour la série Les Joueurs de Cartes, a été payée 19,12 millions. Cette œuvre datée entre 1892 et 1896, mesurant 46,7 x 30 cm,  a été réalisée directement à l’aquarelle, sans sous-dessin au crayon. Le prix le plus important payé en vente publique pour une aquarelle de Cézanne, 25,5 millions de dollars engagés sur une Nature morte au melon vert, a été enregistré en 2007, chez Sotheby’s, à New York.

Des Pivoines d’Henri Matisse, peintes à l’huile sur toile (65 x 54,6 cm) en 1907, estimé 8/12 millions de dollars, ont été facturées le même prix.

Payée 3 millions de dollars en 2002, une toile de Picasso est facturée 9,88 millions

De Pablo Picasso, Le Repos (Marie-Thérèse Walter),  une petite huile sur toile (27,3 x 46,3 cm) peinte à Boisgeloup en 1932, a été 9,88 millions de dollars sur la base d’une estimation de 5/7 millions. Le présent vendeur avait acquis cette œuvre chez Christie’s, en 2002, lors d’une vente new-yorkaise, pour quelque 3 millions de dollars.

Alberto Giacometti : un invendu estimé 8/12 millions de dollars

D’Alberto Giacometti, un Buste de Diego, bronze à patine brune, 6/6, conçu en 1957 et fondu en 1958, H. 61 cm, payé 3,6 millions de dollars chez Christie’s en novembre 2005 et nouvellement assorti d’une estimation de 8/12 millions de dollars, n’a pas trouvé preneur.

La même déconvenue a frappé une petite huile sur toile (31,8 x 46,4 cm) peinte par Salvador Dali en 1943, titrée New Accessories, apparitions et équilibres en perspective et estimée 3/4 millions de dollars.

8 lots vendus sous les estimations

Si d’autres œuvres ont été payée au-dessus des estimations, comme un Amour en plâtre de Paul Cézanne, une huile sur toile (57,2 cm x 24,8 cm), peinte en 1894-1895, estimée 500.000/700.000 dollars et facturée 1,53 millions, 8  (sur 29 vendues) ont été laissées sous les estimations.

Il s’agit notamment d’une Femme endormie de Pierre Bonnard, une œuvre à l’huile sur toile (50 x 71 cm) peinte vers 1928, estimée 1,8/2,5 millions de dollars sans les frais (12 %) et payée 1,42 million avec ces frais ; d’un Mousquetaire et nu assis de Pablo Picasso, une huile sur toile (99,7 x 80,6 cm) peinte à Mougins en 1967, estimée 5/8 millions sans les frais (12%) et payée 4,22 millions avec ces frais.

Pierrick Moritz

Une étiquette à 120 millions de dollars pour un “Cri” d’Edvard Munch

3 mai 2012

Les 120 millions payés pour un Cri de Munch, hier soir chez Sotheby’s, à New York, montrent les limites de la compréhension du marché de l’art, tant il est inimaginable qu’une création de cette importance puisse avoir un prix.

L’art n’a pas de prix, les sommes payées pour acquérir des chefs-d’œuvre n’ont pas de limites. L’art échappe aux puissants, le génie de l’art n’est pas à vendre, il ne s’achète pas. Il ne se possède pas. Malgré les millions déboursés, personne ne sera jamais propriétaire de cette éternité-là.

Les prix des œuvres d’art  sont aussi une façon de mettre une étiquette sur des miracles, au sens propre comme au figuré, une volonté de contrôler, de normaliser, ce qui ne peut pas l’être. Tenter de posséder l’art, impossible dernière conquête matérialiste, serait le chemin de l’ultime pouvoir. Au point que pour satisfaire les illusions de certains, on a aussi inventé un art qui s’achète vraiment, imité de A à Z ; les contrefaçons les plus chères du monde.

Impossible avec ce Cri de Munch qui, pour 120 millions de dollars, comble et discrédite à la fois le marché de l’art.

Pierrick Moritz

Un tapis très raccourci payé 1,8 million d’euros à Paris

20 avril 2012

Un tapis de la manufacture Royale de la Savonnerie, daté vers 1630-1632, a été payé 1,85 million d’euros avec les frais cet après-midi chez Sotheby’s, à Paris.

Présentant principalement un centre à fond jaune entouré d’une large bordure rouge, le tout décoré de fleurs et d’enroulements fleuris, ce tapis était estimé 1,8/2,5 millions d’euros sans les frais.

Il a finalement été adjugé 200.000 euros de moins que le minimum attendu.

Le fait que ses dimensions d’origine ont été considérablement réduites au cours de son histoire, passant de 9,16 x 6,20 mètres à 5,92 x 3,86 mètres, explique ce manque d’engouement pour un genre rarissime sur le marché de l’art.

Ce tapis était très bien documenté, notamment du nom du commanditaire, le cardinal Giovanni Francesco Guidi di Bagno (1578-1641), et de directives de fabrication datées de 1631.

PM

Sotheby’s attend 30/40 millions de dollars d’une toile de Francis Bacon

6 avril 2012

Estimée 30/40 millions de dollars, Figure Writing Reflected In Mirror, une huile sur toile (198 cm x 147,5 cm) de Francis Bacon datée de 1976, est au programme de la vente d’art contemporain proposée le 2 mai à New York par Sotheby’s.

Le tableau a été acheté par ses actuels propriétaires à l’exposition Francis Bacon, Œuvres récentes programmée à la galerie parisienne Claude Bernard en janvier 1977.  Elle voisinait notamment avec Triptych, 1976, qui détient le record du prix le plus important pour une œuvre d’art contemporain achetée aux enchères publiques.

Ce triptyque monumental (198 x 147,5 cm pour chaque panneau) à l’huile et aux pastels sur toile, une adaptation de la légende de Prométhée, avait été payé 86,2 millions de dollars en mai 2008, lors d’une vente de Sotheby’s à New York.

PM

Chiffre d’affaires en forte baisse pour les ventes de printemps de Sotheby’s à Hong Kong

4 avril 2012

Les 316 millions de dollars américains que Sotheby’s tire de sa série de ventes aux enchères publiques de cette semaine à Hong Kong montre une baisse de performances sensible à l’aune des 412,5 millions de la dernière opération  similaire, en octobre 2011. La peinture traditionnelle chinoise a généré 60 millions contre 95 millions, les céramiques et objets d’art chinois 98,9 millions contre 124 millions, la joaillerie 64,4 millions contre 81 millions, le vin 8 millions contre 13 millions. Les séries de ventes de ce type précédentes organisées sur la place asiatique par Sotheby’s ont rapporté 399 millions en octobre 2010 et 449 millions au printemps 2011.

Les 27 et 14,5 millions de dollars américains respectivement engagés sur un lave-pinceau en céramique Ru et un bol sur talon en porcelaine blanc bleu, marque et période du règne de Xuande (1425-1435), ne compensent pas les résultats en forte baisse de la traditionnelle série de vacations de printemps organisée par Sotheby’s cette semaine à Hong Kong.

Une vacation de céramiques et d’objets d’art chinois avec 49 % d’invendus

La dernière vente de céramiques et d’objets d’art chinois, proposée aujourd’hui, affiche un modeste chiffre d’affaires de quelque 22 millions de dollars américains. En cause, un nombre d’invendus record : 83 sur les 177 présentés au catalogue, soit quelque 49 % des lots restés sur le carreau. Les déconvenues les plus importantes concernent une gourde globulaire en porcelaine bleu et blanc, dynastie Ming, période du règne de Yongle (1402-1424), estimée 1,9/2,57 millions de dollars américains, une jarre en bleu et blanc à décor d’immortels taoïstes, datée la dynastie mongole Yuan (1234-1368), estimée 1,28/1,9 millions et, pour la même estimation, une gourde en porcelaine monochrome bleue, marque et période du règne de Qianlong (1735-1796).

Le prix le plus important engagé sur un lot de cette vacation, l’équivalent de 2,39 millions de dollars américains, concerne un plat en porcelaine bleu et blanc à décor de dragon, marque et période du règne de Xuande (1425-1435), estimé 1,28/1,9 millions. Le deuxième prix le plus important, 1,81 million, est allé à une boite en laque rouge sculptée à décor de dragon, marque et période de Yongle (1402-1424) incisée sous une marque de Xuande. L’objet était estimé 1,54/1,9 million.

Un encensoir couvert en jadéite verte sculptée, daté entre le XIXe et le début du XXe siècles, a pulvérisé son estimation de 19.000/26.000 dollars, avec un prix payé de 466.000 dollars.

14,5 millions de dollars pour un bol Xuande et rien du tout pour un plat Yongle assorti de la même estimation

Avec un chiffre d’affaires de 39,5 millions de dollars américains, la 3ème dispersion d’une sélection de porcelaines impériales chinoises de la collection Meiyintang (52 lots et 13 invendus) a été marquée par les 14,5 millions engagés sur un bol sur talon en porcelaine blanc bleu, marque et période du règne de Xuande (1425-1435), sur une estimation de 6,4/10,3 millions. Assorti de la même estimation, l’autre lot vedette de la vacation, un plat en porcelaine Ming de la période de Yongle (1402-1424), en blanc bleu, à décor central d’un oiseau branché, n’a pas trouvé preneur.

Un bol en porcelaine monochrome jaune de la période Xuande a été payé 3,47 millions de dollars pour une estimation de 1,3/1,9 million. Un rare ensemble de 12 tasses Wucai ornées de paysages symbolisant les mois de l’année, marque et période de Kangxi (1661-1722), n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 2,3/3,2 millions.

27 millions de dollars américains pour une céramique Ru

Vedette de cette série de ventes, un lave-pinceau chinois en céramique Ru, d’un diamètre de 13,5 cm, a été emporté pour l’équivalent de 27 millions de dollars avec les frais. Cette coupelle polylobée à la glaçure pâle, d’un bleu-vert laiteux, fait partie d’un genre de la plus grande rareté – seulement quelques dizaines de pièces Ru sont répertoriées dans le monde – rattaché à la famille des céladon et daté de la dynastie des Song du Nord (960-1127).

2,68 millions pour une boîte en zitan du XVIe siècle

Une vacation présentant principalement des objets de lettrés chinois affiche de bons résultats, avec 68 des 81 lots présentés vendus. L’enchère la plus importante, 2,68 millions de dollars américains, a été portée sur une grande boîte en zitan incrusté de pierres dures, de corne, d’or, d’argent et de perles, avec ajouts de laque, pour former un décor de personnages réunis autour d’un lettré parmi des arbres. L’objet daté de la dynastie Ming, période Jiajing (XVIe siècle), était estimé 2,3/3,2 millions de dollars. Cette vente a rapporté 8,86 millions de dollars.

Une seconde vacation, proposant 74 objets objets d’art chinois, dont de lettrés, n’a pas connu le même bonheur, 27 lots n’ayant pas trouvé preneur. Le chiffre d’affaires se monte à 2,66 millions de dollars. Une petite plaque réticulée en jade de la dynastie Song, vendue très au-dessus de sont estimation (51.500/77.000 dollars), sauve la face, avec une facture de 404.000 dollars.

Bonne performance de la peinture traditionnelle chinoise, mais elle rapporte 35 millions de moins qu’à l’automne dernier

La vacation de peinture traditionnelle chinoise du 3 avril affiche une bonne performance, avec seulement 25 lots invendus sur 341 présentés, et un chiffre d’affaires de 60 millions de dollars américains. Lors de la série de ventes de l’automne dernier, la spécialité avait généré quelque 95 millions de dollars.

Le prix le plus important, 9 millions, va à une paire de paravents peints de scènes de paysages et de calligraphie, encre et couleurs sur fond or, de Qi Baishi (1864-1957). Cette œuvre de 1975 était estimée 1,9/2,57 millions. La deuxième enchère la plus élevée consacre un Mont Lu à l’encre sur papier de Fu Baoshi (1904-1965). Formant rouleau, cette œuvre peinte en 1964 et estimée 644.000/900.000 dollars, a été payée l’équivalent de 3,11 millions. Elle provient d’une collection française.

Un paysage de montagne enneigée au printemps de Wu Guanzhong (1919-2010), estimé 773.000 dollars/1 million de dollars, et des Chrysanthèmes et papillons de Qi Baishi (estimés 515.000/773.000 dollars) sont les invendus les plus chers de la vacation.

Zao Wou-Ki, vedette de la vente de peinture chinoise du XXe siècle

La vente de peinture chinoise du XXe siècle du 2 avril a rapporté quelque 33 millions de dollars américains, avec 129 lots vendus sur les 140 présentés. Les œuvres de Zao Wou-Ki ont largement contribué à ce succès, avec 14 œuvres des années 1950 à 1980 vendues entre 7.243 dollars (pour une gravure des années 1950, numéro 3 d’une édition de 200) et 3,25 millions (grand format à l’huile sur toile de 1986), en passant par les 930.000 dollars engagés sur une petite huile de 1955.

L’invendu le plus cher est une scène de bar peinte par Chen Yifei en 1998, estimée 618.000/876.000 dollars.

6,72 millions de dollars américains pour une lignée chinoise “modèle” de Zhang Xiaogang

Avec 110 lots vendus pour 148 lot présentés, la vente d’art contemporain asiatique du 2 avril a rapporté 27,2 millions de dollars américains. L’enchère la plus élevée, 6,72 millions, est allée à un portrait de famille “modèle” (maman, papa et le petit garçon si cher à la politique nataliste chinoise), une lignée dont le visage de chaque individu est marqué par une tâche sur le visage mais à un endroit différent, peint en 1993 par Zhang Xiaogang. Cette huile sur toile (110 cm x 130 cm) était estimée 3,22/4,5 millions.

Une autre œuvre du même artiste, Amnesia and Memory, peinte en 2001 à l’huile sur toile (228,6 x 297,8 cm) et assortie d’une estimation de 837.000/1 million de dollar, est l’invendu le plus cher de la vacation.

Pour un autre artiste chinois à l’humour grinçant, un Mao Zedong AO de Wang Guangyi, peint en gris, noir et blanc sur toile, vers 1988-1989, a été payé 1 million de dollars sur une estimation de 515.000/773.000 dollars. Deux toiles de la série Great Criticism, du même artiste, n’ont pas trouvé preneur, la plus chère était estimée 232.000/361.000 dollars.

12,35 millions de dollars pour la peinture moderne et contemporaine du sud-est asiatique

Le même jour, la peinture moderne et contemporaine du sud-est asiatique a rapporté,12,35 millions de dollars américains avec 133 lots vendus sur 166 présentés. L’enchère la plus élevée est allée à une huile sur toile de 1927 de Walter Spies, Banian et deux jeunes Balinaises, payée 1,23 million sur une estimation de 837.000/1,48 million.

Une Loge au théâtre, une huile sur toile peinte en 1927 par Juan Luna, est l’invendu le plus cher. L’œuvre était estimée 451.000/644.000 dollars.

12,77 millions de dollars américains pour un diamant bleu vendu au niveau de son estimation basse

La vacation de bijoux et jadéites du 2 avril a généré 64,4 millions de dollars, dont 12,77 pour un diamant bleu intense de 8,01 carats monté en bague. Le gemme exceptionnel, estimé 11,58/14 millions sans les frais, a été vendu au niveau de son estimation basse.

Les deux autres lots les plus chers du catalogue, d’importants diamants montés en bague, n’ont pas trouvé preneur. Il s’agit d’un diamant fancy rose intense pesant 5,03 carats et d’un diamant bleu (retaillé) de 5 carats entouré de 6,69 carats de diamants briolette, respectivement estimés 5,4/5,8 et 4/4,5 millions. 70 des 358 lots présentés n’ont pas trouvé preneur. La vacation similaire de l’automne dernier avait rapporté l’équivalent de 81 millions de dollars américains

621.000 dollars américains pour une montre Philippe Dufour

La vacation consacrée à l’horlogerie a produit quelque 13 millions de dollars américains, une soixantaine de lots sur les 468 présentés n’ayant pas trouvé preneur. L’enchère la plus importante, 621.000 dollars, concerne une montre de marque Philippe Dufour.

8 millions de dollars américains pour les ventes de vins contre 13 millions l’automne dernier

Les ventes de vins, en deux vacations, ont rapporté l’équivalent de quelque 8 millions de dollars américains. Lors de la dernière série de ventes de Sotheby’s à  Hong Kong, l’automne dernier, le chiffre d’affaires de la spécialité était monté à 13 millions.

Pierrick Moritz

Article en rapport : Les performances des objets d’art chinois ont du plomb dans l’aile http://artwithoutskin.com/2012/03/24/les-performances-des-objets-dart-chinois-ont-du-plomb-dans-laile/

Tous les résultats sont convertis en dollars américains. Les estimations s’entendent sans les frais à la charge de l’acheteur. Ces frais sont inclus dans les résultats.

Un lave-pinceau chinois en céramique “Ru” vendu 20 millions d’euros

4 avril 2012

Un lave-pinceau chinois en céramique “Ru”, d’un diamètre de 13,5 cm, a été emporté pour l’équivalent de 20,38 millions d’euros avec les frais lors d’une vente proposée aujourd’hui par Sotheby’s, à Hong Kong.

Cette coupelle polylobée à la glaçure pâle, d’un bleu-vert laiteux, faisant partie d’un genre de la plus grande rareté – seulement quelques dizaines de pièces “Ru” sont répertoriées dans le monde – rattaché à la famille des céladon et daté de la dynastie des Song du nord (960-1127), est l’un des lots les plus importants d’une série de ventes d’art asiatique, joaillerie, vins et montres, proposée par la maison de vente cette semaine à Hong Kong.

L’objet d’art, présenté avec une large bibliographie et exposé de nombreuses fois, provient d’une collection japonaise. Il a été connu comme faisant partie d’une paire.

Bénéficiant d’une vacation unique, il était estimé l’équivalent de 5,8/8 millions d’euros sans les frais.

Pierrick Moritz


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