La disparition d’Ai Weiwei abîme l’image culturelle de la Chine

Toujours pas de nouvelles d’Ai Weiwei, l’artiste et activiste chinois le plus célèbre du monde, arrêté le 3 avril à Pékin alors qu’il  s’apprêtait à embarquer pour Hong Kong.

L’affaire émeut les gouvernements démocratiques de la planète et affecte le lobbying de la Chine pour promouvoir son image culturelle, notamment à travers son histoire impériale et ses arts traditionnels (qui ne sont pas tournés vers le passé, mais intemporels).

Le site Chine Nouvelle diffuse une information relative à l’histoire culturelle chinoise et à destination des francophones de plus en plus abondante sur Internet, certains acheteurs chinois d’œuvres impériales aux prix spectaculaires agiraient par patriotisme, notamment dans le but de faire parler de leur pays sous un jour fastueux.

Dans la course pour asseoir une position de première puissance économique mondiale, il est indispensable de s’appliquer également  à devenir la première puissance culturelle. Aujourd’hui, la culture dominante est plus que jamais américaine.

Ce n’est pas en faisant disparaître son plus célèbre artiste au motif de “crimes économiques présumés” que la Chine va améliorer un déficit d’image culturelle dû au non-respect des droits de l’homme.

L’arrestation d’Ai Weiwei bouleverse le monde de l’art qui prend des initiatives afin de réclamer d’avoir au moins de ses nouvelles et que sa sécurité soit assurée.

La pétition mise en ligne par la fondation Guggenheim présente déjà plus de 50.000 signatures, dont celles des directeurs des plus grands musées du monde entier. Le rôle de ces institutions pour le rayonnement culturel de la Chine est primordial.

Comme prévu de longue date, le Cercle des animaux d’Ai Weiwei, une série de grandes sculptures en bronze représentant les têtes des douze animaux qui ornaient la fontaine zodiacale de l’ancien palais d’été de Pékin, sera présenté dans plusieurs villes américaines ce printemps, dont au Grand Army Plaza de New York, et à la Somerset House de Londres.

Deux des têtes originales, volées en 1860 par les troupes britanniques et françaises sur le monument, et dont la Chine réclame la restitution, avait été achetées pour 31,5 millions d’euros par Cai Mingchao, l’un des plus importants acheteurs d’antiquités chinoises au monde, lors de la vente Bergé/Saint Laurent à Paris en 2009.

Le marchand chinois avait ensuite révélé au cours d’une conférence de presse que son but était de saboter la vente par patriotisme et qu’il ne paierait pas les sculptures, ce à quoi il s’est tenu.

Ai Weiwei présente ses têtes montées sur des socles qui leur donnent des allures de trophées.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art asiatique, Art contemporain, Chine, Hong Kong, Marché de l'art

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