Ubérisation – Collections, antiquités, … : comment les vendeurs particuliers ont tué leur poule aux œufs d’or

Actualisation du 5 juillet 2017 : l’intégralité de l’article est désormais disponible à l’unité sur Amazon, sous le titre Du vide-grenier au marché de l’art : histoire d’une « ubérisation – ArtWithoutskin.com (article conseil n° 2).

Le marché colossal des biens d’occasion, incluant les objets de collection, les antiquités, les objets et les œuvres d’art, est l’un des premiers secteurs économiques au monde à avoir été ubérisé. Pour une période de vingt ans dans l’histoire de ce commerce, jamais de tels volumes de marchandises aussi variées n’ont probablement été éparpillés sur la planète.

Dès 1995, aux États-Unis, en utilisant la nouvelle plate-forme de courtage de l’Internet Auction Web, vite rebaptisée eBay, les vendeurs particuliers ont commencé à abandonner les services des intermédiaires traditionnels du secteur.

Adieu dépôts-vente, brocanteurs, antiquaires, maisons de ventes aux enchères : les particuliers réalisent des transactions entre eux et avec la clientèle acheteuse des professionnels. Le système est autrement plus efficace que les rubriques Petites annonces de la presse. Les frais de mise en vente et les commissions sur le prix de vente sont attractifs. Les gains sont théoriquement supérieurs.

Ebay s’installe en France à l’automne 2000. L’entreprise américaine rachète l’année suivante le concurrent local IBazar, premier site français d’enchères entre particuliers, installé deux ans plus tôt sur le Web. Positionnée sur le même créneau depuis 1999, la plate-forme française d’Aucland ne résistera pas au succès d’eBay.

Créée en 2000, la plate-forme Delcampe, spécialisée dans les objets de collection, existe toujours. Elle doit probablement sa survie à une forte notoriété dans les niches des timbres et des cartes postales de collection.

Au bout de quelques années, la méfiance première d’une majorité de vendeurs et d’acheteurs particuliers français pour ces plates-formes de courtage de l’Internet s’est très largement dissipée, au grand dam des professionnels. Le nombre de membres inscrits sur la version française d’eBay se chiffre en millions. Vendeurs et acheteurs particuliers réalisant des affaires entre eux pour des objets de collection, des antiquités, des objets et des œuvres d’art en constituent une part non négligeable.

Conséquence attendue ; conséquence moins attendue

La conséquence la plus prévisible d’un tel brassage de marchandises par des particuliers est une descente aux enfers en règle des prix des pièces courantes. L’offre pour cette catégorie est devenue rapidement pléthorique dans la vitrine mondialisée de l’Internet, avec des dizaines d’exemplaires identiques proposés à des prix extrêmement variables et au même moment.

La situation met en lumière le rôle majeur des professionnels dans la régulation du marché.

Certains ont vu valeur de leurs « trésors familiaux» s’effondrer. Il s’agit, par exemple, de celle des millions de pièces produites en séries pour la bourgeoisie au XIXe et au début du XXe siècle, et notamment distribuées par les grands magasins parisiens. La cote du mobilier plus ou moins courant des XVIIIe et XIXe siècles, déjà en petite forme avec l’installation d’une génération préférant encore plus le contemporain que celle qui la précède, en a pris encore un coup.

La multiplication des vide-greniers de particuliers à partir du début des années 1990 – également époque du plein essor des dépôts-vente – avait amorcé cette dévalorisation, mais dans une bien moindre mesure.

collections, antiquités, débarras

Photo de vide-greniers parisien d’une époque révolue : l’assèchement en objets anciens intéressants est général sur le grand marché de la vente entre particuliers.  Photo : PM

(….)

Cet extrait de l’article L’ubérisation du marché des objets de collection, des antiquités et des objets et des œuvres d’art est tiré de ma publication Antiquités, collections, objets et œuvres d’art – Réponses aux vendeurs particuliers, une suite de 5 articles non illustrés proposée en version numérique sur Amazon (publication : 9 juillet 2016). Il correspond à peu près au passage pouvant être lu gratuitement sur cette plate-forme.

Le volume de l’ensemble correspond à un format journalistique de 69 feuillets de 1.500 signes espaces compris.

L’intégralité du texte est protégée par dépôt d’empreinte numérique.

Pierrick Moritz

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Catégories :Analyses (marché de l'art), Antiquités, Collections, Livres, Marché de l'art

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1 réponse

Rétroliens

  1. Marché de la brocante et des petites antiquités, secteur « ubérisé » depuis 1995 : échec d’une démocratisation – Art Without Skin, l'art sans la peau

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