Marché de l’art traditionnel chinois : estimations décuplées et invendus

Sur le marché de l’art aux enchères, le mouvement de forte progression des prix pour la rareté, toutes spécialités confondues, s’est poursuivi en 2016 ; et la vague a propulsé vers de nouveaux sommets les montants des adjudications des plus belles pièces d’art traditionnel chinois.

Dans le domaine de l’art traditionnel chinois, les exemples d’estimations décuplées, et jusqu’à des niveaux record, abondent toujours. Comment expliquer l’exceptionnelle durée de ce phénomène amorcé il y a une vingtaine d’années ?

À mesure que l’augmentation exponentielle des prix réduisait le nombre de pièces achetées périodiquement par un même collectionneur fortuné et le rendait de plus en plus exigeant dans ses choix, les pièces présentant plusieurs aspects intrinsèques exceptionnels apparaissaient de plus en plus clairement comme une sorte d’idéal. Certaines catégories de l’art traditionnel chinois se sont alors nettement imposées, car elles offrent des créations cumulant plusieurs arts très exigeants. C’est notamment le cas de la céramique, où des pièces peuvent intégrer la peinture, la calligraphie, la poésie et l’art des sceaux (quatre disciplines formant la peinture traditionnelle chinoise), mais aussi la sculpture et la ciselure.

Si les estimations décuplées sont récurrentes depuis des années dans les ventes aux enchères d’art traditionnel chinois, et probablement plus fréquemment que dans toute autre grande spécialité, des séquences de fléchissement y ont été enregistrées dans le même temps.

Permanences propres au marché de l’art en général

Les séquences de moindre performance de l’art traditionnel chinois dans les ventes aux enchères sont en partie relativisées par des permanences propres au marché de l’art aux enchères en général.

Dans le cadre de la mise en compétition de plusieurs intermédiaires de vente pour une très belle pièce, le propriétaire peut opter pour l’estimation la plus alléchante. Ce qui n’est pas forcément le meilleur choix. La volonté d’arracher un objet à la concurrence peut conduire une maison de vente à poser une estimation déraisonnable que bouderont les acheteurs potentiels.

La désaffection pour une œuvre d’art importante et annoncée comme inédite en vente publique peut aussi être liée à des tentatives de négociations préalables du vendeur sur le marché de l’art privé. Cette démarche est rédhibitoire pour les acheteurs potentiels d’œuvres millionnaires en vente publique, un petit groupe de personnes très informées.

Le marché de l’art privé peut offrir soudainement une pièce de meilleure qualité et du même genre que celle annoncée depuis un moment au programme d’une vente aux enchères. Pour une marchandise exceptionnelle, très chère, le choix des acheteurs potentiels, peu nombreux, sera vite fait. Le premier arrivé chez le marchand privé sera le premier servi. La marchandise de second choix proposée en vente publique risque de ne pas trouver preneur.

Les niveaux de prix actuels obligent nombre de collectionneurs et d’investisseurs à focaliser les moyens financiers sur moins de pièces que par le passé. Ils sont plus enclins à délaisser certaines spécialités d’un grand domaine dans lesquelles ils étaient acheteurs, et pour se concentrer sur une part plus restreinte.

La multiplication des intermédiaires de vente et la dérégulation du marché, deux facteurs étroitement liés, ont créé un climat anxiogène. Les investisseurs sont devenus extrêmement sélectifs, craignant le doublon ou la moindre qualité d’une pièce chèrement acquise, car les marchandises sont susceptibles d’apparaître n’importe où et n’importe quand dans un marché mondialisé et visible par tous. Dans cette situation, les collectionneurs……

Cet article est tiré de Les Valeurs de l’art chinois, mémoire totale de la pensée chinoise – Culture et enchères, il correspond à 10 % de l’article entier et à son début ; et à 2,5 % de l’ensemble du document regroupant quatre articles (espace non compris).

Les Valeurs de l'art chinois, mémoire totale de la pensée chinoise par Pierrick MoritzLes Valeurs de l’art chinois, mémoire totale de la pensée chinoise – Culture et enchères par Pierrick Moritz, publié le 22 février 2017, document non illustré, disponible uniquement en version numérique sur Amazon, 90 pages au format Kindle, 9,20 €. Peut être lu sans appareil Kindle, avec l’application gratuite pour smartphone, tablette ou ordinateur téléchargeable sur la page Amazon.

L’intégralité du document est protégé par dépôt d’empreinte numérique : SACD N° 000228861, 17 février 2017. Tous droits réservés. Reproduction et traduction pour le monde entier interdites sans autorisation de l’auteur.

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Catégories :Analyses (marché de l'art), Art asiatique, Art chinois, Chine, Marché de l'art

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