Le twitteur Yusaku Maezawa‏ s’offre un Basquiat à 110,48 millions de dollars

Le cercle très réduit des collectionneurs milliardaires en capacité de s’offrir les fleurons de l’histoire de l’art – soit tout au plus une dizaine de personnes à l’échelle planétaire –  affectionne généralement l’anonymat après l’achat d’une pièce exceptionnelle, avec le soutien des intermédiaires de vente astreints à une discrétion absolue. C’est notamment le cas pour les Occidentaux.

Chez les Asiatiques, ce type d’acquéreur fait très vite savoir qu’il est le gagnant du trophée, notamment parce que l’argent (fruit de la méritocratie) n’est pas tabou dans leurs cultures.

Le plus spontané d’entre eux est le Japonais Yusaku Maezawa‏, acheteur le 18 mai chez Sotheby’s New York d’une peinture réalisée en 1984 par Jean Michel Basquiat, et pour 110,48 millions de dollars (record mondial pour une œuvre de l’artiste vendue aux enchères ; le vendeur avait payé cette toile $19.000 en 1984).

Habitué des réseaux sociaux, l’homme d’affaires de 41 ans a fait part sur son compte Twitter de sa joie et de sa fierté après sa nouvelle acquisition.

 

En mai 2016, Yusaku Maezawa avait utilisé son compte Instagram après l’achat d’une autre toile de Jean-Michel Basquiat pour 57,3 millions de dollars chez Christie’s (précédent prix record pour une œuvre de Basquiat vendue aux enchères ; le vendeur l’avait payée 2,46 £millions en juin 2004, au cours d’une vente aux enchères de Sotheby’s Londres).

 

Du côté de la Chine, Liu Yiqian, 53 ans, Président de plusieurs grandes entreprises, est l’un des plus importants acheteurs d’œuvres et d’objets d’art chinois sur le marché international. Chacune de ses retentissantes acquisitions dans les ventes aux enchères internationales est très vite connue dans le monde entier.

Liu Yiqian a entre autres  acheté, en 2014 chez Sotheby’s Hong Kong, le prototype en porcelaine polychrome des Chicken Cups, daté de l’époque du règne de Chenghua (1465-1487), pour 36 millions de dollars. Cette pièce est ainsi devenue la céramique vendue aux enchères la plus chère du monde. En 2015, chez Christie’s New York, il s’est porté acquéreur d’un Nu couché d’Amedeo Modigliani, pour la somme record de 170,4 millions de dollars (deuxième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères).

Les collectionneurs asiatiques d’aujourd’hui recherchent les caractéristiques de leurs propres arts dans les créations occidentales. Elles concernent notamment le dessin, la ligne, la narration, le mouvement, le symbole, la stylisation, la représentation figurative à la limite de l’abstraction. L’offre et les résultats du marché de l’art s’en trouvent fortement influencés. Et les investisseurs occidentaux suivent le mouvement.

En mars dernier, chez Sotheby’s Londres, un Plant de tomate peint en 1944 à l’huile sur toile par Pablo Picasso a été échangé contre 17 millions de livres. Le sujet tel que stylisé par l’artiste réclame un temps de lecture à peine plus long que celui nécessaire pour déchiffrer un pictogramme.

Pierrick Moritz

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Catégories :Analyses (marché de l'art), Art contemporain, New York City

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