Les deux enchères les plus élevées obtenues en France en 2011 ont été réalisées à Toulouse le 26 mars dernier par des commissaires-priseurs français et pour des objets d’art chinois. Marc Labarbe, de l’étude toulousaine qui a vendu un rouleau chinois de l’empereur Qianlong pour la somme astronomique de 22 millions d’euros sera, avec Jack Philippe Ruellan et son étude de Vannes, le premier commissaire-priseur français à organiser une grande vente de vins français à Hong Kong en mai prochain.

Le commissaire-priseur Marc Labarbe posant avec le rouleau d’une longueur de 24 mètres et datant du règne de l’empereur Qianlong. Crédit photo : étude Labarbe.
Avec une facture finale de 22,05 millions d’euros (17,8 millions hors frais), le rouleau impérial chinois long de 24 mètres ayant appartenu à l’empereur Qianlong (règne de 1736 à 1795), estimé 3 à 4 millions d’euros, et adjugé par Marc Labarbe à Toulouse le 26 mars dernier, constitue l’enchère la plus importante de l’année en France. Ce résultat dépasse très largement l’équivalent de 6 millions d’euros payé en octobre 2008 à Hong Kong pour la troisième peinture de cette même série qui en compte quatre, et les 6,06 millions engagés sur le rouleau impérial de la collection de Paul Doumer, un Banquet de la victoire dans les jardins de l’Ouest daté la même période, chez Christie’s Paris le 22 novembre 2005.

Détail du rouleau. Cette œuvre à sujet militaire intitulée Manœuvres, peinte par plusieurs artistes de la cour en 1748 ou 1749, et marquée de nombreux sceaux impériaux, fait partie d’une série de quatre, La Grande Revue. Crédit Photo : étude Labarde.
Il s’agit également de la plus grosse enchère jamais réalisée en France pour un objet chinois, record qui était auparavant détenu par Christie’s, pour une paire de cloisonnés payés 6,5 millions d’euros en juin 2007.
Selon le commissaire-priseur, la facture astronomique a été réglée en 3 mois par l’acheteur chinois. Un délai très raisonnable pour ce type d’acquisition, et d’autant plus que les cas d’impayés sur les objets et œuvres d’art chinois importants ont été récurrents ces dernières années*. Et au point que certaines maisons de vente, comme Christie’s pour ses vacations dans la spécialité à Hong Kong, en sont venues à demander le versement de cautions aux enchérisseurs préalablement déclarés
Par ailleurs, et en collaboration avec le commissaire-priseur Jack Philippe Ruellan de Vannes, Marc Labarbe est le premier commissaire-priseur français à organiser une vente de vins à Hong Kong, les 11,12 et 13 mai prochains. 1200 lots de grands crus français y seront dispersés. Entre temps, il dirigera une autre vente d’art asiatique le 25 février et pour laquelle il annonce “d’autres surprises”.
La seconde enchère la plus élevée en France en 2011 a également été réalisée par une étude toulousaine et pour un objet d’art chinois. Il s’agit d’un sceau impérial en néphrite blanche de l’empereur Qianlong, payé 12,93 millions d’euros chez Xavier Marambat. Avec des enchères finales (donc hors frais) de 2,8 millions en 2010 et de 4,7 millions d’euros en 2008, cette étude française avait déjà vendu deux des sceaux impériaux chinois les plus chers du monde.

Ce sceau impérial payé 12,93 millions d’euros était estimé 1/1,5 million. Crédit photo : étude Marambat.
PM
*On se souvient notamment des têtes en bronze animalières de la vente Saint Laurent/Bergé, en 2009 chez Christie’s Paris, deux sculptures provenant de la fontaine zodiacale de l’ancien Palais d’été de Pékin pillé par les forces anglo-françaises en 1860 et vendues pour 31,5 millions d’euros avec les frais. L’enchérisseur, Cai Mingchao, célèbre pour être l’un des plus importants acquéreurs d’antiquités impériales chinoises, notamment en ventes publiques sur la place de Hong Kong, avait tenu une conférence de presse pour informer d’une démarche patriotique pour faire échouer la vente de ces trésors patrimoniaux. Pour un montant encore plus important, l’équivalent de 51 millions d’euros, un vase chinois d’époque Qianlong vendu par la maison de ventes britannique Bainbridges en novembre 2010 n’était toujours pas payé 5 mois plus tard. En novembre 2011, le paiement devait se concrétiser mais, dans le cadre d’une rumeur contradictoire, l’opérateur déclarait dans les colonnes du Art Newspaper “qu’il n’était pas mesure de faire des commentaires” sur cette affaire. PM