À Milan, l’art traditionnel chinois éclipse les grands maîtres italiens du XVIIIIe siècle

 
Des jades chinois du début du XXeme siècle, dont certains estimés quelques centaines d’euros, qui s’arrachent à des prix fous, et des œuvres importantes du Canaletto et de Guardi qui restent sur le carreau :  tel est le bilan stupéfiant de la dispersion d’une grande collection privée italienne réalisée par Sotheby’s hier à Milan. Tempéré aujourd’hui par des explications de la maison de ventes, l’évènement illustre néanmoins l’évolution d’un marché de l’art mondialisé où l’intérêt des investisseurs pour les objets d’art traditionnel chinois s’accroît de façon exponentielle.

Hier à Milan, Sotheby’s assurait la dispersion d’une collection privée italienne, un ensemble cohérent mais composé de pièces de qualités diverses et pour lesquelles les estimations allaient de quelques dizaines à plusieurs millions d’euros. 

Derrière les lots vedettes, une paire de toiles du Canaletto (1697-1768) estimée 4,5/5,5 millions d’euros, deux vues de Venise  jamais présentées en vente publique, et un autre tableau à thème vénitien de Francesco Guardi (1712-1793) dont 1,5/2 millions d’euros étaient attendus, le catalogue de 229 lots proposait une centaine d’objets d’art traditionnel chinois, dont une forte proportion de jades et d’ivoires, souvent relativement récents et dont les estimations étaient principalement situées entre quelques centaines et quelques dizaines de milliers d’euros.

Contre toute attente, le Canaletto et le Guardi n’ont pas trouvé preneur, tout comme une belle Crucifixion de Giambattista  Tiepolo (1696-1770), le troisième lot le plus cher avec une estimation de 600.000/800.000 euros, et les acheteurs se sont montrés particulièrement actifs pour acquérir les objets d’art traditionnel chinois.  

Le pendant du Canaletto qui n’en serait pas un, des informations de dernières minutes qui détournent les acheteurs du Guardi   

Selon un communiqué publié aujourd’hui par Sotheby’s, les explications aux déconvenues de ces peintures anciennes seraient que les deux œuvres du Canaletto, toiles connues comme étant des pendants, devaient être vendues séparément sur injonction du Ministère de la Culture Régional de la Lombardie. L’artiste ne les aurait pas considérées comme une paire (il est vrai que la seule correspondance entre les deux compositions est qu’il s’agit de vues de Venise, leurs dimensions étant un autre point commun, ce qui n’est pas suffisant pour affirmer qu’il s’agit d’un ensemble). Les acheteurs potentiels n’auraient pas voulu de cette division.

Quant au tableau de Guardi, l’œuvre aurait  fait l’objet d’un complément d’information de dernières minutes qui en aurait détourné les acheteurs. Par contre, pas d’explications pour la Crucifixion de Tiepolo, également ravalée.

Des estimations pulvérisées pour les objets d’art chinois

Quant aux  estimations des objets d’art traditionnel chinois, elles ont été littéralement pulvérisées, notamment pour la catégorie des jades, et dans une mesure hors de proportion avec le fait qu’elles étaient très raisonnables.

Parmi les enchères les plus spectaculaires, une sculpture en jade vert clair et rouge représentant la divinité Guanyin, datée de la première moitié du XXe siècle, et d’une hauteur de 41,5 cm, a  été payée 336.750 euros sur une estimation de 4.000/6.000 euros (il existe des exemples de pièces de ce type vendues généralement plusieurs dizaines de milliers d’euros).

Le prix le plus  élevé de la vacation revient à une paire de défenses d’éléphant en ivoire sculpté, Chine, début du XXe siècle, montée sur un socle en bois et décorée de médaillons en ivoire suspendus entre les deux pièces. Elle a été  payée 504.750 euros sur une estimation de 30.000/40.000 euros.

Une rare garniture d’autel dite “altar”, composée de 5 pièces en jadéïte verte très finement sculptée et datée de la première moitié du XXe siècle, a été payée 420.750 euros sur une estimation de 70.000/90.000 euros.

Un petit vase en jade blanc sculpté d’un phœnix, dynastie Qing, seconde moitié du XIXe siècle, a été payé 99.150 euros avec une estimation de 10.000/15.000 euros.

Assortie d’une estimation identique, une paire de vases couverts en jade de couleur lavande, Chine première moitié du XXème siècle, a été payée 106.350 euros.  

Du côté des objets en corail rouge sculpté, un groupe de la première moitié du XXème siècle, d’une hauteur de 27,5 cm, a été payé 120.750 euros quand 500 à 700 euros en étaient attendus.

 Pierrick Moritz

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Catégories :Art asiatique, Art chinois, Chine, Italie, Marché de l'art, Peinture ancienne

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3 réponses

  1. Il paraîtrait que Joseph Marcoulet le créateur Français de la première œuvre Top Art du monde, envisagerait de vendre sa sculpture qui pourrait devenir la plus chère de la planète. Celle-ci est visible sous ce lien
    http://www.ucidomi.fr/lovetopstar/lovemobile.html

    Un musée privé du moyen orient envisagerait de la lui acheter pour s’attirer des multitudes de visiteurs et une médiatisation mondiale.

    Est-ce que la France un grand musée Français ou un riche collectionneur laisseront partir ce fleuron de notre patrimoine qui pourrait nous procurer les rentrées de devises et les emplois dont nous avons tant besoin ?

  2. My art is intented to allow viewiers to forget about their everyday world and instantaneously become immersed in these own interpretations of the visual and emotional energies. Visit my stand in art expo new -york 2011 .www.nathalie-dujmovic.odexpo.com nathalie dujmovic artist panter.

  3. 22 millions d’euros
    Le record absolu pour un objet d’art asiatique est d’ailleurs un vase du XIVe siècle à décors bleu et blanc adjugé 22 millions d’euros en 2005. Il semblerait que son propriétaire soit un Occidental. Dans la liste des trésors chinois qui apparaissent sur le marché français, on peut encore citer le 29 avril dernier à Drouot un sceau impérial en jade du XVIIIe siècle, en usage dans le fameux Palais d’Eté sous le règne de Qianlong, qui a été vendu par Thierry Portier 1,6 million d’euros à un Chinois. C’est encore Thierry Portier qui, le 4 juin prochain, présentera à la salle des ventes Rossini, située en face de l’hôtel Drouot, une petite potiche en émail (13 cm de haut) d’époque Qianlong en provenance, elle aussi, du Palais d’Eté. Son décor floral très riche est frappé de la marque impériale si recherchée. C’est le même expert qui propose à Lille sous le marteau de Vregille et Bizouard, le 7 juin, une minuscule coupe (7,8 cm de haut) en porcelaine d’époque Chenghua du XVe siècle. Son rare décor aux couleurs fondues lui donne toute sa valeur. Malgré plusieurs fêlures, elle est estimée 80.000 euros
    Nathalie Dujmovic artiste peintre

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