Chères et bonnes affaires de la dispersion du mobilier du Palais Abbatial de Royaumont

La dispersion-fleuve du mobilier ancien de la collection Fould-Springer du Palais Abbatial de Royaumont, proposée chez Christie’s à Paris du 19 au 21 septembre, a rapporté 7,6 millions d’euros avec les frais pour la quasi-totalité des lots vendus. Si ce succès s’explique par la provenance prestigieuse et la qualité de lots éloignés du marché de l’art pendant des décennies, le fait que la très grande majorité était vendue sans prix de réserve à également joué en la faveur de la liquidation du luxueux débarras.

Christie’s a vendu cette semaine à Paris plusieurs centaines de meubles et objets d’art du  Palais Abbatial de Royaumont et pour un chiffre d’affaires de 7,6 millions d’euros avec les frais* quand 4 millions sans ces frais en étaient attendus. La performance de l’écoulement quasi intégral d’un mobilier proposé majoritairement sans prix de réserve a été rendue possible grâce à des concessions sur certaines estimations.

Le meuble le plus cher de la vacation vendu au niveau de son estimation basse

La plus forte enchère, 600.000 euros, revient à une table de milieu d’époque Consulat, un plateau de granit rose soutenu par 4 sphinges ailés en bronze patiné noir et doré. Attribué à Jean Philippe Thomire, le meuble était estimé 500.000/800.000 euros. Le résultat étant donné avec les frais à la charge de l’acheteur (20 %) tandis que l’estimation ne les inclut pas, le lot a donc été vendu à l’exact niveau de son estimation basse.

Le deuxième lot le plus cher, un meuble d’appui d’époque Louis XVI de Joseph ou Gaspard-Joseph Baumhauer, présentant quatre panneaux de marqueterie Boulle d’époque Louis XIV réadaptés, a été payé sous son estimation basse : 373.000 euros avec les frais quand 400.000/600.000 en étaient attendus sans ces frais.

Le troisième prix le plus important, 301.000 euros avec les frais, va à une paire de fauteuils d’époque Transition Louis XV-Louis XVI estampillée Jean-Jacques Pothier. Ces sièges ont été payés dans la fourchette d’une estimation de 200.000/300.000 euros sans les frais.

Performances pour pour le mobilier d’époque….

Si aucune enchère vraiment spectaculaire n’a été enregistrée pour les 5 lots aux estimations les plus élevées, c’est-à-dire supérieures à 150.000 euros, elles ont dépassé les attentes pour d’autres moins en vue. Toujours pour le mobilier d’époque, un secrétaire à abattant d’époque Louis XVI en marqueterie, avec des ornementations de laiton et de bronze ciselé et doré, a été payé 31.000 euros (estimé 2.000/3.000 euros) et une paire de tables en cabaret de la maison L’Escalier de Cristal, avec les plateaux peints d’une scène chinoise, seconde moitié du XIXe siècle, a été payée 38.200 euros (estimée 4.000/6.000 euros). La facture s’élève à 94.600 euros pour l’acheteur d’un bureau plat d’époque Louis XVI estimé 20.000/30.000 euros

…et pour le mobilier de style très décoratif

Un lustre de style baroque à pendeloques (début XXe) estimé 30.000/50.000 euros a été payé 205.000 euros et une paire de lit de repos de style néoclassique en métal doré et tôle laquée couleur lapis-lazuli (XXe siècle), chacun équipé d’un grands coussin en velours léopard, a été acquise pour 29.800 euros quand 5.000/8.000 euros en étaient attendus.

Des objets d’art traditionnel chinois explosent leur estimation

Les très sensibles dépassement des estimations pour quelques-uns des objets d’art chinois présents dans cette collection étaient plus attendus. L’enchère la plus spectaculaire a été réalisée sur un imposant brûle-parfum en bronze (hauteur : 49 cm) représentant un cerf et daté de la dynastie Qing. Estimé 6.000/8.000 euros, le gracieux animal a finalement été payé 181.000 euros.

Une paire de brûle-parfums d’époque Transition (vers 1760), présentant un cerf et une biche en porcelaine émaillée d’époque Qianlong montée sur bronze, a été payée 85.000 euros sur une estimation de 30.000/50.000 euros.

29.800 euros ont été engagés sur un vase bouteille en verre overlay vert et jaune avec une marque de l’empereur Qianlong (estimé 600/800 euros). Un vase rouleau en porcelaine dite Wucai du XVIIe siècle a été payé 15.000 euros sur une estimation de 1.000/1.500 euros. Pour la même estimation, un vase YenYen en porcelaine céladon, dynastie Qing, XVIIIe siècle, a été payé 18.750 euros.

Vendus sous les estimations

Si bien d’autres meubles et objets ont été vendus au-dessus de leur estimation, cette vacation très majoritairement sans prix de réserve a aussi été l’occasion pour certains de réaliser de bonnes affaires, même si certains lots sans prix de réserve n’ont pas été cédés.

La plus importante remise concerne un régulateur et un baromètre de parquet formant paire, style Louis XVI (fin XIXe) payés 6.875 euros sur une estimation de 20.000/30.000 euros. Elle est suivie par celle concernant une pendule d’époque Empire avec une paire de vases d’époque Restauration en bronze ciselé patiné et doré, l’ensemble a été payé 688 euros sur une estimation de 3.000/4.000 euros.

Pour une estimation de 3.000/5.000 euros pièce, une pendule en bronze doré, porcelaine et biscuit, socle en marbre, flanquée d’un putto lisant au sommet, fin XVIIIe-début XIXe, et une table à jeux d’époque Directoire, fin du XVIIIe siècle, estampillée de Jean-Henri Riesener, ont été payées 1.250 euros chacune. Toujours pour la même estimation, une paire de candélabres, début du XIXe, en bronze doré et ciselé et porcelaine de Wedgwood a fait 125 euros de mieux.

Très petits prix

D’autres amateurs ont pu également rapporter un souvenir de cette vente à un prix extrêmement attractif. Un plat en porcelaine anglaise du XVIIIe siècle a été payé 75 euros (petits éclats, estimé 500/800 euros), un vase balustre chinois monté en pied de lampe de la dynastie Qing, XIXe siècle, est parti à 88 euros (estimé 800/1.200 euros), une bannette en faïence de Rouen du XVIIIe siècle avec un décor de Chinois (restauration) a été payée 250 euros (même estimation que le précédent), une paire de brocs à monture en argent a été payé 432 euros sur une estimation de 800/1.200 euros.

Pierrick Moritz

*Les frais ajoutés au montant de l’adjudication finale et à la charge de l’acheteur sont de 25 % ou 20 % pour ces niveaux d’enchères.

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Catégories :Art asiatique, Arts décoratifs, Chine, Marché de l'art, Mobilier ancien, Paris

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