Prix historique pour Henry Moore chez Christie’s, mais pas pour Juan gris

Avec un chiffre d’affaires de quelque 98 millions de livres, le bilan de la vente d’art moderne proposée ce soir chez Christie’s Londres est marqué par un record de 19 millions de livres (22,9 milllions d’euros) enregistré sur un bronze monumental d’Henry Moore, et un taux d’invendus dont la faiblesse est dûe à des lots laissés sous les estimations, dont pour la plus importante du catalogue, espérée pour une huile sur toile de Juan Gris. La vente équivalente de 2011 avait généré 61,88 millions de livres.

Reclining Figure: Festival, un bronze monumental (H. 244,5 cm) d’Henry Moore à patine brun sombre, conçu en 1951 et fondu dans une édition de 5 plus 1 épreuve d’artiste, a été payé 19,08 millions de livres (22,9 millions d’euros) quand  3,5/5,5 millions de livres (4/6,6 millions d’euros) en étaient attendus. Il s’agit du plus haut prix jamais payé en vente publique pour une œuvre de cet artiste. Le précédent record s’élevait à 8,4 millions de dollars, pour une autre sculpture monumentale vendue chez Sotheby’s New york en novembre 2004.

Du même artiste, Working Model for Three Piece No. 3: Vertebrae, bronze à patine brune (H. 235,6 cm), numéroté 8/8, conçu en 1968 et fondu dans une édition de 8 + 1 épreuve d’artiste, a été payé 5 millions de livres (6 millions d’euros) sur une estimation de 2/3 millions de livres (2,4/3,6 millions d’euros).

Une troisième sculpture de Moore, aux dimensions plus modestes (L. 80,3 cm), Working Model for Reclining Figure, bronze à patine verte et brune numéroté 6/9, conçu en  1976 et fondu dans une édition de 9 + 1 épreuve d’artiste, a été payée 1,49 million de livres (1,79 million d’euros) quand 700.000/1 million de livres (839.000/1,19 million d’euros) en étaient attendus.

Payée 6,6 millons de dollars par le présent vendeur, en mai 2008 chez Christie’s New York, La Corne d’Or, Constantinople de Paul Signac revenait en vente publique assortie d’une estimation de 4/6 millions de livres (4,7/7 millions d’euros). Cette grande huile sur toile de 1907 (89,2 x 116,3 cm) a été payée 8,77 millions de livres (10,5 millions d’euros).

Thema: Spitz, une huile sur toile (80 x 57 cm) peinte en 1927 par Wassily Kandinsky, portant son monogramme, présentée dans le cadre d’origine réalisé par l’artiste, a été payée 2,95 millions de livres (3,5 millions d’euros) sur une estimation de 2,5/3,5 millions de livres (3/4 millions d’euros). Le présent vendeur avait acquis cette œuvre pour 908.000 dollars en mai 2011 chez Christie’s New York.

Toujours du côté des œuvres bien vendues, une grande Tour Eiffel peinte à l’huile sur toile (196 x 114 cm) par Robert Delaunay en 1926, assortie d’une estimation de 1,5/2,5 millions de livres, a été payée 3,73 millions de livres (4,48 millions d’euros)

Sur les 52 lots inscrits au catalogue, 6 n’ont pas trouvé preneur et un tableau de Paul Cézanne a été retiré de la vente. Cette Vue sur l’Estaque peinte en 1882-1883 à l’huile sur toile (59,5 x 73 cm) était estimée 2/3 millions de livres (2,4/3,6 millions d’euros).

L’invendu le plus important est Bords de la Seine, une huile sur toile (59,6 x 72,4 cm) peinte par Maurice de Vlaminck en 1905. Cette œuvre était estimée 2,5/3,5 millions de livres (3/4 millions d’euros)

Le lot le plus cher du catalogue, Le Livre, une huile sur toile (73 x 60 cm) de Juan Gris datée de 1915, peinte vers 1914/1915, n’a pas trouvé preneur dans la fourchette d’une estimation de 12/18 millions de livres (14,4/21,7 millions d’euros). L’œuvre a été payée 10,34 millions de livres (12,4 millions d’euros). Vu le niveau élevé de l’estimation, cette toile reste un peu tardive pour la période du cubisme, dont les œuvres majeures sont préférées par le marché jusqu’en 1913.

De Pablo Picasso, un Nu et tête d’homme (vraiment très « brouillon », ndlr), peint à l’huile sur toile (129,6 x 96,8 cm) en 1967, a connu le même sort en étant payé 1,83 million de livres (2,19 millions d’euros) sur la base d’une estimation de 3/5 millions de livres (3,6/6 millions d’euros).

Une Danseuse rajustant ses épaulettes d’Edgar Degas, pastel sur papier (44,5 x 35,6 cm), réalisée vers 1896-1899, a été laissée à 2,22 millions de livres (2,63 millions d’euros) quand elle était estimée 3/4 millions de livres (3,6/4,8 millions d’euros).

Bauer, un portrait d’homme peint vers 1912 par Alexej Von Jawlensky, huile sur toile (53,8 x 49,3 cm), a été payé 1,83 million de livres (2,19 millions d’euros) sur une estimation de 2/3 millions de livres (2,4/3,6 millions d’euros).

Les trois tableaux provenant de la collection Elisabeth Taylor présentés dans la vente on tous été bien vendus, lire  : https://artwithoutskin.com/2012/02/07/le-van-gogh-delizabeth-taylor-paye-12-millions-deuros-a-londres/

Pierrick Moritz

Les estimations n’incluent pas les frais à la charge de l’acheteur. Chez Christie’s Londres, ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Les résultats intégrent ces frais.



Catégories :Art moderne, Londres, Marché de l'art, Sculptures

Tags:, , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :