Paul Strand, Henri Cartier-Bresson et le Mexique à la Fondation Henri Cartier-Bresson

La Fondation Henri Cartier-Bresson montre, jusqu’au 22 avril à Paris, des photographies du Mexique populaire des années 1930 de Paul Strand et Henri-Cartier Bresson, chacun exposé dans une salle différente.

Paul Strand, l’Américain, arrive au Mexique en 1932. Âgé de 42 ans, il répond à une invitation du ministère de l’Éducation mexicain.

Henri Cartier-Bresson a 26 ans quand, en 1934, et à la suite d’une mission ethnographique française en Argentine avortée, il se retrouve au Mexique.

Les tirages de cette exposition ne sont pas le fruit d’une collaboration entre les deux photographes, il s’agit du travail indépendant de chacun d’entre eux sur le thème du Mexique populaire des années 1930, où la pauvreté est omniprésente.

Dans son art, Paul Strand était un adepte de la frontalité censée rejeter la subjectivité de la stylisation. Mais la tentative de restitution de l’objectivité d’un instant déjà évanoui est condamnée à l’échec car l’impression qui a donné l’impulsion créatrice a, au mieux, perdu de son intensité. Le souvenir du passé immédiat est déjà une reconstruction, une esthétisation. Le risque est de donner à voir quelque chose “d’empaillé”. Paul Strand a très bien photographié les statues religieuses mexicaines.

Les clichés d’Henri Cartier-Bresson relèvent du photojournalisme contemporain. Son travail adhère au modernisme qu’il a anticipé. Spontanées et dynamiques, ses images sont dégagées de toute lourdeur théoricienne. L’écart générationnel est évident. Henri Cartier-Bresson est tout à son sujet ; aucune interrogation existentielle ne transparaît dans ses clichés. À côté du jeune homme en devenir, Paul Strand semble être un photographe du début du XXe siècle.

Dans les deux  cas, on peut parfois penser que ces regards bourgeois sur la pauvreté se concentrent sur des différences dans le cadre d’une comparaison avec leur propre monde.

Au Mexique, cette pauvreté est toujours présente de nos jours. Au fin fond du Chiapas, les enfants réclament les restes de leurs repas aux touristes. Les adultes, eux, jettent des pierres sur ceux qui tentent de photographier les cérémonies traditionnelles. Cette réalité-là n’a rien de docile.

Pierrick Moritz

Henri Cartier-Bresson/Paul Strand, Mexique 1932-1934. Exposition à la Fondation Henri Cartier-Bresson jusqu’au 22 avril 2012. 2, impasse Lebouis. 75014 Paris. Fermée le lundi



Catégories :Expositions, Mexique, Paris, Photographie

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