Ventes d’art impressionniste et moderne à Londres (juin 2008)

La spécialité de l’art impressionniste et moderne (jusqu’à l’avant-guerre) est moins spéculative que celle de l’art contemporain et réputée plus sûre. Les hommes ont eu le temps d’effectuer le travail d’écrémage pour retenir l’essentiel de cette période de l’histoire de l’art. La mécanique actuelle générant des prix en constante augmentation pour les chefs-d’œuvre de l’art impressionniste et moderne, avec des réévaluations spectaculaires, est loin d’entraîner toute la production de cette période sur la même pente. Les créations qui ne relèvent pas de l’excellence, même considérées comme importantes, peuvent aujourd’hui s’échanger à des prix moins élevés que par le passé. Le 25 juin, à Londres, Sotheby’s a facturé une Plage à Trouville de Claude Monet pour l’équivalent de 9,7 millions d’euros. Cette œuvre avait été payée l’équivalent de 13,9 millions d’euros en juin 2000.

La vente d’art impressionniste et moderne programmée par Christie’s le 24 juin à Londres a généré l’équivalent de 182,37 millions d’euros, dont 51,65 millions allant à une composition de la série des Nymphéas de Claude Monet. Cette huile sur toile était estimée entre l’équivalent de 22,62 millions d’euros et de 30,25 millions.

Les facteurs de rareté et d’accroissement considérable des capitaux disponibles des nouvelles fortunes de ce monde conduisent aujourd’hui à ce type de prix stratosphériques pour des œuvres majeures.

Sotheby’s proposait le lendemain, toujours à Londres, une vacation sur la même période de création artistique. En l’absence d’un poids lourd de l’acabit des Nymphéas de Christie’s, la maison de vente a réuni l’équivalent de 129,97 millions d’euros. Le nombre de lots présentés était toutefois moins important  – 56 contre 69 chez Christie’s -.

Sotheby’s présentait également une toile de Claude Monet, La Plage à Trouville, facturée l’équivalent de 9,7 millions d’euros, pour une une estimation de 8,85/12,64 millions. Cette œuvre a été payée moins cher que lors de son dernier passage en vente publique en juin 2ooo (l’équivalent de 13,91 millions d’euros).

Christie’s a vendu deux œuvres importantes en dessous de leur estimation respective dans sa vente du 24 juin.

Il s’agit de La Pudeur (L’Italienne) d’Henri Matisse, une huile sur panneau peinte en 1906, estimée l’équivalent de 3,78/5 millions d’euros et facturée 3,16 millions, et de La Place du Havre et la gare Saint-Lazare de Camille Pissarro, une huile sur toile peinte en 1893,  estimée l’équivalent 2,52/3,79 millions d’euros et facturée 1,6 millions d’euros.

Du côté des prix les moins élevés, Environs du Faou d’Eugène Boudin, une huile sur toile peinte vers 1870-1873, estimée l’équivalent de 63.000/88.000 euros, a été facturée 39.488 euros.

Au cours de la vacation de Sotheby’s, le lendemain, la barre des 10 millions d’euros a été dépassée pour deux œuvres :  Danseuse de Gino Severini, une huile sur toile, a été facturée 19 millions d’euros, pour une estimation de 8,85/12,64 millions – il s’agit du prix le plus élevé de la vente-, et Trois hommes qui marchent I, une sculpture de d’Alberto Giacometti, a été payée 14,9 millions d’euros, pour une estimation de 5/7,5 millions.

Ces prix sont immédiatement suivis par l’équivalent de 9,96 millions d’euros engagés sur une Tête de femme (Dora Maar) de Pablo Picasso, une huile sur toile de 1939, dont 3,8/6,3 millions d’euros étaient attendus.

Chez Christie’s, après celle des Nymphéas de Monet, l’autre facture située au-dessus de l’équivalent de 10 millions d’euros concerne un pastel de 1880 d’Edgar Degas, une Danseuses à la barre payée 17 millions d’euros.

L’équivalent de 6,98 millions d’euros engagés chez le même opérateur sur Les Fleurs de Natalia Gontcharova, une huile sur toile datée de 1913, constitue le troisième prix le plus important de la vacation.

Il s’agit d’un record pour une œuvre de Natalia Gontcharova vendue aux enchères. Les prix des créations de cette artiste russe – qui ont souffert notamment de l’ombre de Mikhaïl Larionov, son peintre de mari – ne cessent de s’apprécier sur le marché de l’art, et plus sensiblement depuis deux ans.

Pierrick Moritz

Les résultats, convertis en euros, s’entendent avec les frais à la charge de l’acheteur. Les estimations ne comprennent pas les frais à la charge de l’acheteur.

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Catégories :Art moderne

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