Vente d’élements d’architecture chez Sotheby’s : 3 millions et deux problèmes

La vente d’éléments d’architecture et sculptures d’ornement organisée par Sotheby’s à Paris les 31 mars et 1er avril a rapporté quelque 3 millions d’euros, soit un beau succès pour une dispersion où de nombreuses pièces ont été vendues bien au-dessus des estimations malgré la suspicion pesant sur deux lots.

Au sein  de cette galerie de pièces anciennes provenant de bâtiments et  jardins, l’enchère la plus élevée, 300.750 euros, est revenue à une importante fontaine en fonte du XIXe siècle représentant une femme à l’antique debout sur une vasque. Elle a été acquise par un collectionneur asiatique.

Parmi les lots ayant atteint les prix les plus élevés figure également une margelle de puits en marbre rose de Vérone. Elle a été payée 79.950 euros. 

Dès le 24 mars,  Libération (également auteur du récent scoop sur la descente de police à Drouot qui a établi  l’affaire  des cols rouges) révélait qu’une sculpture en marbre présentée comme étant du sculpteur Stephan  Buxin mais soupçonnée d’être une contrefaçon venait d’être retirée précipitamment de cette vente.  

Le quotidien indiquait également qu’une cheminée aux armes des Habsbourg, qui pourrait être revendiquée comme trésor national autrichien, n’aurait probablement jamais dû être exportée et donc figurer dans cette vacation.

Toujours selon Libération,  cette cheminée estimée quelque 400.000 euros aurait été achetée 10.000 euros à un particulier qui en ignorait la valeur. 

De manière générale, la loi confortée par la jurisprudence condamnent de tels écarts au profit du vendeur particulier dès lors qu’ils s’agit d’une transaction avec un professionnel*, comme c’est le cas ici. 

Toutefois, la cheminée n’ayant pas trouvé preneur au cours de la vente, sa valeur gagne en subjectivité.

Voir les articles de Libération :

http://www.liberation.fr/culture/0101626510-une-statue-denoncee-comme-fausse-retiree-d-une-vente-chez-sotheby-s

http://www.liberation.fr/culture/0101627602-ecran-de-fumee-a-sotheby-s

Pierrick Moritz

* Ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’agit d’une transaction entre deux professionnels, l’un et l’autre étant censés connaître la valeur du bien négocié. Le professionnel qui vend  un bien très en dessous de sa valeur réelle à un particulier n’a également aucun recours car il est également censé la connaître (un cas de figure bien plus courant qu’on pourrait le penser).   

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Catégories :Paris

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2 réponses

  1. Cette vente consecutive à celle d’Art curial propose des lots lamentablement arrachés à de petits monuments provinciaux non protégés. Ainsi, Certaines cheminées ont été achetées en toute légalité mais sans aucun scrupules quant au devenir de l’edifice éventré!!
    Je pense à la derniere cheminée du chateau de Villard dans l’Allier encore en vente ce 31 MARS . Les deux autres cheminees gothiques sont parties durant la vente d’art curial.
    Apres la prise des 3 cheminees scellées dans les murs, le chateau a bien failli tombé par terre . Il vaut mieux embellir les demeures à l’etranger plutot que valoriser notre petit patrimoine…. Les nouveaux proprietaires de Villard l’ont sauvé mais ne cessent de voir leur cheminees se « balader » sur les marchés accompagnées de slogans à la gloire du patrimoine….

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