Klimt au sommet, Matisse déjà parti, Picasso très cher, impressionnistes en hausse, réductions inattendues : ambiance tourbillonnante chez Sotheby’s New York

Dans le climat de grande fébrilité régnant sur le marché de l’art, la vente d’art moderne proposée hier soir chez Sotheby’s New York a généré un chiffre d’affaires de 200 millions de dollars avec les frais, dont 40 sont allés à un paysage de Klimt tout droit sorti d’un musée. Le produit de la vacation est conforme à une estimation globale de quelque 160/230 millions sans les frais*.

Après le fiasco de la vente d’art moderne de Christie’s et l’effet de surprise produit par l’annonce du retrait d’un bronze de Matisse à 20/30 millions de dollars à quelques heures de sa vacation, Sotheby’s New York est parvenue hier soir à écouler 82 % de son catalogue d’art moderne, et notamment grâce à des concessions globalement raisonnables sur quelque 23 % des lots.

40,4 millions de dollars pour un paysage de Gustav Klimt

Le lot phare du catalogue, Litzlberg Am Attersee, un paysage de Gustav Klimt peint vers 1914-1915 et à l’estimation confidentielle, a été payé 40,4 millions de dollars (29,5 millions d’euros).

Il s’agit d’un tableau tout à fait exceptionnel, peuplant cet îlot particulier d’œuvres de qualité muséale dont les prix records ne sont pas représentatifs de l’état de santé global du marché de l’art, bien qu’ils exercent sur lui une dynamique incitant les propriétaires de pareils chefs-d’œuvre à les proposer aux opérateurs.

Tout droit sorti du musée de Salzbourg pour être restitué à son propriétaire légitime, ce paysage est accompagné de l’histoire tragique d’une mort en déportation et d’une spoliation.

Matisse absent

L’autre clou du catalogue, Nu de dos (1er état), un exceptionnel bas-relief en bronze d’Henri Matisse, a été annoncé comme retiré quelques heures avant la vacation et au motif d’une transaction privée dont le montant n’a pas été révélé.

L’œuvre était publiquement estimée 20/30 millions de dollars.

Un Picasso très bien vendu malgré une estimation élevée

L’Aubade, une grande huile sur toile en longueur peinte par Pablo Picasso en 1967, a été payée 23 millions de dollars sur une estimation de 18/25 millions. Il s’agit d’une record pour une œuvre de l’artiste datant de cette époque.

Succès pour des œuvres impressionnistes

18 millions de dollars on été engagés sur le Pont d’Argenteuil et la Seine de Gustave Caillebotte, une huile sur toile peinte en 1883. L’œuvre était estimée 9/12 millions.

Antibes, le Fort, une huile sur toile de Claude Monet datée de 1888, a été payée 9,26 millions de dollars, soit au-dessus de son estimation de 5/7 millions.

Le Rêve et Le Territoire

Le Rêve (Rafaëla sur fond vert), une huile sur toile de Tamara de Lempicka datée de 1927, a été payé 8,48 millions de dollars sur une estimation de 5/7 millions.

La facture s’élève à 4,78 millions pour Le Territoire de René Magritte, une huile sur toile de 1956 estimée 3,5/5,5 millions de dollars.

Fortes enchères sur des œuvres de Kandinsky, Giacometti, Ernst, Degas et González

Son blanc, une huile sur toile de Wassily Kandinsky peinte en 1908, a été payée 8,93 millions de dollars sur une estimation de 7/10 millions.

Un Buste d’Annette VIII d’Alberto Giacometti a été payé 4 millions (sculpture estimée 1,8/2,5 millions).

3,44 millions de dollars ont été engagés sur Convolvulus, Convolvulus, une huile sur toile de Max Ernst estimée 1,5/2 millions. Une sculpture en bronze de l’artiste, Jeune homme au cœur battant, a été payée 1,46 million de dollars sur une estimation de 400.000/600.000 dollars.

2,2 millions de dollars sont allés à un bronze d’Edgar Degas, Cheval se cabrant, estimé 800.000 dollars/1,2 million.

Un masque en fer de Julio González, une pièce unique vers 1927-1929, a été échangé contre 698.500 dollars (estimé 400.000/600.000 dollars).

Des invendus de poids

Infantin, Spanieri, d’Alexej Von Jawlensky (estimée 5/7 millions), Tremplin, huile sur toile de Picasso (4/6 millions de dollars), un Paysage aux environs de Chatou de Derain (même estimation que le précédent), une Tête d’homme à la pipe de Picasso (3,5/5 millions), Les Andelys, Château-Gaillard de Paul Signac (2,8/3,5 millions), un Nu assis de Pierre-Auguste Renoir (2/3 millions), le Square d’Edouard Vuillard (2/3 millions), Vol d’oiseaux entourant le jaune d’un éclair de Joan Miro (1,5/2 millions) et La Maison de monsieur Musy, route de Valenciennes de Camille Pissarro (1/1,5 million) sont les invendus les plus chers de la vacation.

Des réductions

L’estimation basse donnée sans les frais (12%) a été revue à la baisse pour certaines œuvres dont le résultat inclut cette prime payée par l’acheteur.

Il s’agit d’un Soleil couchant de René Magritte payé 4,11 millions de dollars (estimé 4/6 millions), de Nus à la statue de Paul Delvaux payés 3,1 millions avec les frais (estimé 3/5 millions), d’une Nuit sans fin de Max Ernst payée 2,99 millions (estimée 2,8/4 millions), de Matin sur la Promenade des Anglais d’Edvard Munch payé 1,98 million (estimé 2/3 millions), d’un Profil de Fernand Léger payé 1,87 million (estimé 1,8/2,5 millions), d’un Portrait en buste de jeune fille de Pierre-Auguste Renoir payé également 1,87 millions (même estimation que le précédent), d’un Louvre, matin de printemps de Camille Pissarro payé 1,53 million (estimé 1,5/2,5 millions), d’un Cirque de Marc Chagall payé également 1,53 million (même estimation que le précédent), d’un Jour de brouillard à Saint-Mammès d’Alfred Sysley payé 1,42 million (estimé 1,5/2 millions), d’une Maison Delafolie à Eragny de Camille Pissarro payée 1,37 millions (estimée 1,8/2,5 millions), de Bords de la Seine à Bougival de Maurice de Vlaminck payée 1,2 million (estimé 1,2/1,8 million).

Pour les œuvres vendues jusqu’à 1 million de dollars et où les frais non compris dans les estimations sont de 20 %, ces réductions concernent : une nature morte de Giorgio Morandini payée 902.500 dollars (estimée 800.000/1,2 million), un Nu assis à la fleur de Marc Chagall (mêmes résultat et estimation que le précédent), Two Piece Sculpture N°7 : Pipe d’Henry Moore payé 782.500 dollars (même estimation que les précédents), Théïère, cruche, verre et fruits de Georges Braque payée 722.500 dollars (même estimation que les précédents) et Le Vent de Maxime Maufra payé 266.500 dollars sur une estimation de 300.000/500.000 dollars.

Pierrick Moritz

* Cette estimation ne comprend pas celle du bronze de Matisse retiré de la vente.  



Catégories :Art moderne, New York City

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