Une dispersion d’œuvres d’art premier de la collection Allan Stone plutôt difficile

Les œuvres d’art africain, indonésien, de l’Amérique préhispanique et des peuples autochtones d’Amérique du Nord du deuxième volet de la dispersion de la collection « d’art premier » d’Allan Stone*, proposé par Sotheby’s le 16 mai à New York, ont été vendues plutôt difficilement.

La majorité des lots était estimée sous la barre des 50.000 USD. L’accueil mitigé des acheteurs potentiels a obligé l’opérateur à revoir un certain nombre d’estimations à la baisse, et notamment les plus élevées. Les estimations de 39 lots sur les 109 vendus – pour 123 proposés – ont été rabotées.

Les pièces proposées étaient globalement caractérisées par une traçabilité jusqu’à une période relativement récente et l’absence de références à des collections prestigieuses antérieures.

Les pièces les plus importantes ne s’accordaient pas de manière évidente aux canons de l’art contemporain ou à ceux du surréalisme. Pour des pièces exceptionnelles bénéficiant d’un excellent pedigree, ces rapprochements peuvent faire grimper les prix.

Pour les sculptures d’Afrique les plus chères, il s’agissait plutôt d’œuvres liées de manière évidente au rituel, intéressant des collectionneurs pour lesquels « l’essence » l’emporte sur la forme. Sur ces créations, les lignes originelles peuvent être en grande partie dissimulées sous une envahissante mémoire de clous et de petites lames résultant d’actes propitiatoires successifs. Leurs prix s’inscrivent dans une très large fourchette de prix, et jusqu’à des plafonds généralement moins élevés que pour les pièces présentant une forme « adaptée » à l’art moderne ou contemporain.

Les estimations les plus élevées, comprises entre 300.000/500.000 USD et 1/1,5 million USD, concernaient cinq statues magiques originaires de la République Démocratique du Congo. Une seule a été échangée dans la fourchette de son estimation : 485.000 USD pour 300.000/500.000 USD attendus. Il s’agit d’une pièce apparue en 1974 dans une vente de l’étude parisienne Boisgirard et rapprochée dans le catalogue de Sotheby’s d’une autre achetée par Allan Stone en 1966 à New York, lors de la dispersion de la collection Helena Rubinstein (première grande vente aux enchères d’art africain et océanien aux États-Unis).

La facture la plus élevée est de 965.000 USD (prix marteau à 800.000 USD) pour une estimation de 1/1,5 million USD. Cette création du « maître du détroit Maangaka », présumée comme étant issue d’une collection coloniale du XIXe siècle ou du début du XXe siècle, a été payée 533.000 USD (prix marteau : 442.000 USD) pour une estimation de 500.000/700.000 USD. Deux autres de ces statues, estimées 700.000 USD/1 million USD et 600.000/900.000 USD (une sculpture possiblement collectée sur place en 1940), n’ont pas trouvé preneur.

Parmi les 10 prix les plus élevés, on trouve les 173.000 USD engagés sur un masque Ibibio du Nigéria, provenant initialement de la collection Hélène et Philippe Leloup (estimé 100.000/150.000 USD), et les 137.000 USD payés pour acquérir un très grand masque Songyé Kifwébé, République Démocratique du Congo (estimé 60.000/90.000 USD).

Du côté des cultures d’Amérique, et pour des lots bien vendus, une poupée kachina des indiens Hopi a été payée 17.500 USD (estimée 3.000/5.000 USD) ; une lame de hache en pierre sculptée en forme de tête de perroquet stylisée, culture classique de Veracruz, 550-950 après J.-C., a été facturée 12.500 USD (estimée 7.000/10.000 USD).

Ce deuxième volet de la dispersion de la collection « d’art premier » d’Allan Stone a rapporté quelque 5 millions USD. Le premier, en novembre 2013, avait généré quelque 11,5 millions USD, pour 153 lots présentés au sein d’un catalogue plus cher en valeur, et centré sur l’art africain, océanien et indonésien.

Une très impressionnante sculpture magique de communauté Songyé à quatre cornes et une autre Kongo-Yombé (acquise avant 1939 dans la collection Josef Müller), originaires de la République Démocratique du Congo, les deux œuvres les plus importantes en valeur, avait été respectivement facturées 2,1 millions USD et 1,8 million USD.

Neuf lots n’avaient pas trouvé preneur dont, pour les plus chers, un masque Luba-Songyé (300.000/500.000 USD) et une sculpture Bamiléké du Cameroun (60.000/80.000 USD).

Pierrick Moritz

Allan Stone, disparu en 2006, était un marchand new-yorkais et un expert de l’expressionnisme abstrait américain (notamment pour l’œuvre de Willem de Kooning) très connu dans l’univers du marché de l’art. Son intense activité professionnelle concernait plusieurs spécialités : peinture, « arts premiers », art décoratif.

 

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Catégories :Afrique, Art d'Afrique, Arts premiers, Marché de l'art, New York City

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