Le parc archéologique de la vallée de la Côa : au plus près des origines de l’art et de l’image animée

Le parc archéologique de la vallée de la Côa (nord du Portugal), créé en 1996, abrite un remarquable ensemble de gravures rupestres sur roche à l’air libre datant de différentes périodes (paléolithique supérieur, mésolithique et préhistoire récente pour les plus anciennes).

Ce trésor a failli être englouti sous les eaux par les conséquences de la construction d’un barrage au début des années 1990.

Nécessitant l’aménagement de différents points de la rivière Côa, ces travaux ont été définitivement arrêtés au bout de quelques années pour préserver le site, classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1998. Un important soutien politique et populaire a rendu ce sauvetage possible.

Les travaux du barrage ont eu le temps de causer des dégâts : vestiges de constructions bétonnées sur plusieurs points de la vallée – les entrepreneurs ont quitté le site du jour au lendemain ; rien n’a été démoli – et part importante des gravures rupestres engloutie sous les eaux.

La visite des zones ultra protégées où figurent les gravures se fait uniquement par petits groupes et accompagnée par un guide spécialisé. Chaque visite concerne un périmètre déterminé d’un ensemble de quatre éloignés les uns des autres. L’idéal est d’en visiter deux dans la journée. L’acheminement jusqu’aux sites en véhicule tout-terrain est assuré par le musée.

Il est impératif de réserver sa place au superbe Musée de Côa (mieux vaut s’y prendre plusieurs semaines à l’avance). Il s’agit d’un véritable cours d’observation, prodigué en portugais et en anglais, qui intéressera essentiellement les passionnés d’art rupestre.

On apprend  notamment à lire ces gravures. Différentes figures sont parfois enchevêtrées ; les lignes ont été plus ou moins usées par des milliers d’années d’intempéries ; telle gravure montre un animal dont la tête qui semble invisible est en fait tournée vers l’arrière.

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Trois techniques principales ont été mises en œuvre pour les réaliser :  poinçonnage de la roche pour former la ligne, tracé continu ou forme créée par abrasion  (rayures entrecroisées). Chacune pourrait correspondre au style d’une époque particulière ou d’une « famille d’artistes ».

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Les motivations qui ont poussés des individus à graver ces roches sont inconnues : actes propitiatoires, marquage du territoire d’une zone d’habitat ou de chasse, pure création artistique,..

On observe que seules certaines roches pouvaient recevoir les gravures, et toujours les mêmes, ce qui explique les enchevêtrements de figures sur une même surface. Les raisons de ce choix sont ignorées. Le constat est que l’on retrouve systématiquement des accumulations de dessins sur une même roche – époques, tailles, auteurs et positionnements différents  – alors que des dizaines aux alentours présentant la même physionomie sont restées vierges.

Leurs auteurs de certaines gravures ont créé des figures animées en deux mouvements (comme l’inclinaison d’une tête à deux niveaux différents).

On ignore si ces gravures présentant très essentiellement des animaux étaient colorées (plus la moindre trace de matière colorante, en tout cas).

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Parc et musée de Côa : rua do Museu, 5150-610 Vila Nova Foz Côa, Portugal.

Crédit photos : Paul Bret.

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Catégories :Art rupestre, Musées, Portugal, Voyages

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