Marché de l’art et finance : éclatement d’une bulle ou bonnes affaires ?

Les résultats très mitigés des  dernières ventes londoniennes d’art impressionniste, moderne, d’après-guerre et contemporain de Sotheby’s et Christie’s confirment la plus grande frilosité du monde de la finance dans le soutien à la vente et à l’achat d’œuvres rares.

Le besoin accru de financement est lié à la forte demande pour les œuvres d’art de très haute qualité, insuffisamment présentes sur le marché.  Cette situation contribue depuis des années à l’envolée spectaculaire des prix.

Plus ou moins à la marge, le phénomène  entraîne inévitablement la tentative de création de valeurs artificielles.

La difficulté pour certains investisseurs vient de l’incapacité à différencier les œuvres dont la grande valeur est le fruit de critères objectifs de celles dont le prix demandé inclut une bonne part de pure spéculation.

En cette période de plus grande frilosité  du monde de la finance vis-à-vis du marché de l’art , les hésitations nées de cette confusion offrent des possibilités d’achat à bon compte aux collectionneurs avertis.

Dès que le risque d’une tempête financière pointe son nez, certains propriétaires d’œuvres d’art de prix sont saisis de craintes irrationnelles (peur de manquer de liquidités, ou d’avoir payé des œuvres beaucoup trop cher avec le risque d’une dévalorisation de plus en plus forte au fil des années,…).

La panique est toujours mauvaise conseillère, et d’autant plus pour des opérations achat/revente très rapprochées dans le temps.

Chez Sotheby’s, le 2 février, une Tête de femme par Pablo Picasso, peinte en 1935, a été adjugée près de son estimation basse, pour 18,85 £millions frais compris (27,14 $millions). Cette huile sur toile avait été payée 39,92 $millions en 2013 chez le même opérateur.

Pour l’œuvre de Picasso, les prix des meilleures peintures de cette séquence très recherchée des années 1930, prenant Marie-Thérèse Walter pour modèle, frôlent ou dépassent les 40 $millions. Qualitativement, celle proposée par Sotheby’s se situe plutôt dans le « haut du panier ».

Chez Christie’s, le 11 février, un excellent Two Figures par Francis Bacon, peint en 1975, une œuvre inédite sur le marché de l’art et propriété de Michael Peppiatt, biographe officiel de Francis Bacon, a également été vendue au niveau de son estimation basse, soit 5,45 £millions (7,24 $millions) frais compris.  Cette œuvre pourrait en valoir le double.

Pierrick Moritz

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Catégories :Analyses (marché de l'art), Art contemporain, Art moderne, Londres, Marché de l'art

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