Les valeurs des bijoux

Article actualisé le 10 janvier 2016.

Un bijou constitué d’or, d’argent, ou même de matériaux non précieux, a une valeur élevée quand il répond à au moins l’un des critères suivants :

– réalisé par un créateur célèbre (joaillers, artistes) ;

– serti de pierres précieuses de qualité et d’un poids déjà conséquent ;

– caractéristique d’une époque recherchée (romantique, Art nouveau, Art déco,…) ;

– présente un travail remarquable.

Des bijoux de créateurs célèbres non signés

Certains bijoux de créateurs célèbres, comme Suzanne Belperron (1900-1983) ou Alexander Calder (1898-1976), dont la valeur peut se chiffrer en milliers ou en dizaine de milliers d’euros, ne portent par leur signature.

Un bijou de Suzanne Belperron peut être repéré grâce au poinçon de l’atelier Groëné et Darde, à ses matériaux précieux et à un remarquable travail de joaillerie.

Ceux créés par Alexander Calder sont plus difficiles à identifier. Concernant une petite partie de son œuvre, il s’agit de pièces uniques de facture artisanale, parfois en or, mais le plus souvent en argent, voire en métal non précieux, caractérisées par un répertoire de motifs récurrents, comme la lame arrondie ou la spirale. Les bijoux de Calder, et même s’il en existe un certain nombre, n’ont jamais été commercialisés. L’artiste en offrait à des amis et connaissances.

Pour un prix tout à fait exceptionnel, un très grand collier en argent de Calder a été vendu  2 millions de dollars en novembre 2013, dans une vente aux enchères de Sotheby’s New York.

Les bijoux modernistes de Jean Desprès (1889-1980) sont très recherchés. Certains  ne comportent que le poinçon du maitre-orfèvre.

Jean Fouquet et Raymond Templier 

Inspirés par l’esthétique industrielle, les créations de Jean Fouquet (1899-1984) s’échangent contre des sommes élevées. Un épais pendentif rond en acier gravé de cercles concentriques créé vers 1925-1930, signé « Jean Fouquet » sur le pourtour, d’un diamètre de 5,5 cm, a été vendu aux enchères pour €38.750 (estimé €6.000-€8.000) chez Sotheby’s Paris en mai 2016.

Raymond Templier (1891-1968) est l’un des autres grands noms du bijou de l’époque de l’Art déco et moderniste. En novembre 2014, un bracelet articulé en argent et laque noir, réalisé vers 1929, signé, numéroté et portant un poinçon de maître, estimé €8.000/€12.000, a été adjugé €100.000 dans une vente aux enchères de l’étude parisienne Thierry de Maigret.

René Lalique

Les bijoux de René Lalique (1860-1945), véritables emblèmes de l’Art nouveau, peuvent s’échanger contre des sommes très élevées sur le marché de l’art.

Pour ce type de créations, réalisées entre les années 1880 et les années 1910, Lalique a puisé son inspiration dans de nombreux répertoires ornementaux, dont ceux de l’Égypte ancienne, des époques romaine, gothique, Renaissance, romantique, du Japon et du symbolisme.

Ses thèmes de prédilection sont la femme, les fleurs, les plantes, les insectes, les chauve-souris, et des créatures fantastiques comme des femmes-insectes et des dragons.

L’or, le diamant, la turquoise, l’opale, l’améthyste, l’aigue-marine, la perle, le verre et l’émail animent ses bijoux de transparences, de reflets et d’irisations.

À côté de pièces délicates et voluptueuses, d’autres surprennent par leur exubérance : face-à-main Glycines et épingle à chapeau Guêpes surdimensionnés, ou encore serre-tête aux énormes fleurs brillantées réalisé pour des représentations de Princesse Lointaine de Rostand.

René Lalique, Collier Libellules, vers 1900 - © Artcurial

René Lalique : Collier aux libellules, vers 1900, émaux au naturel vert, aigue-marine, turquoise, diamants, or. Signé au revers. Présenté dans son coffret d’origine. Payé €82.400 frais inclus au cours d’une vente aux enchères proposée par Artcurial le 24 novembre 2015  à Paris. Photo © Artcurial.

Valeur inattendue

Sur des bijoux anciens, des diamants et autres pierres précieuses peuvent avoir été montés sur de l’argent, voire du vulgaire métal, et parfois une association des deux. À l’inverse, de fausses pierres précieuses peuvent être enchâssées dans de l’or. On peut trouver un mélange de véritables et de fausses pierres précieuses sur certains bijoux. Des diamants, notamment fixés sur des bijoux orientaux très anciens, peuvent avoir l’aspect de cristal de roche, car ils ne sont pas taillés.

Des bijoux anciens en vermeil ou en argent d’une remarquable qualité d’exécution peuvent valoir beaucoup plus cher que leur poids considéré comme celui de l’or.

La valeur de bijoux agrémentés de certaines pierres dures, fines (semi-précieuses) ou précieuses moins utilisées en Occident, comme le jade et le chrysobéryl « œil de chat », très prisés en Asie, peut être élevée.

Les pièces en or (napoléons, dollars américains, ..) montées en pendentif, en bracelet, en collier ou en bague ont une teneur or pur généralement de l’ordre de 90 %, quand le seul poinçon figurant sur la monture – ne concernant qu’elle seule – annonce le plus souvent de l’or 18 carats.

Certains bijoux en or ne portent pas de poinçon ; cette marque peut avoir disparu lors d’une transformation. Les bijoux en or étrangers sont marqués de poinçons différents de la fameuse “tête d’aigle”. Pour les montres en or, les poinçons peuvent se trouver à l’intérieur du boîtier.

Les bijoux d’occasion dont la valeur est inférieur à €5.000 ne sont plus taxés dans les ventes aux enchères 

Le bijou négocié avec un revendeur de bijoux d’occasion ou placé dans une vente aux enchères n’est désormais plus taxé quand sa valeur est inférieure à €5.000. À partir de cette somme, il est soumis à la fiscalité des ventes d’objets et d’œuvres d’art. Pour un bijou d’occasion courant, l’écart entre le prix de rachat et le prix de vente de l’équivalent neuf est sensible. Quand, dans la vitrine du bijoutier, la moindre pierre et le travail de l’or d’un bijou neuf sont facturés au prix fort, seul le poids du métal précieux entre le plus souvent en compte dans l’estimation d’une pièce sans caractère exceptionnel. Sur une réalisation de ce type, les pierres et les perles ne présentent que peu d’intérêt ; elles sont d’un poids insignifiant, et souvent d’une qualité allant de courante à médiocre.

Bijoux vendus à la casse

Certains bijoutiers achètent les bijoux en tant que “vieil or” – donc au poids – sous la forme de bons de réduction valables sur l’achat d’un bijou neuf dans leur boutique. À prix égal, le poids en or du bijou neuf sera nettement inférieur à celui du bijou vendu à la casse.

Avant de vendre un bijou abîmé à la casse, il faut se renseigner sur le coût d’une réparation. Déduction faite de ces frais, le gain peut être nettement plus intéressant. Il faut se méfier de l’argument du « bijou démodé » pour racheter à moindre prix, c’est-à-dire au poids. Certaines créations des années 1940-1950 sont toutefois difficilement portables aujourd’hui.

Les courtiers paient les bijoux en or sans intérêt particulier, à l’état fragmentaire, ou réellement hors d’usage, au poids par rapport au cours officiel du lingot d’un kilo constitué d’or pur en or à 99,5 %, quand l’or utilisé pour la majorité des bijoux est pur à 75 % (18 carats). L’or 14 carats, pur à 58 %, se vend évidemment moins cher, quand l’or 22 ou 24 carats, caractérisé par une malléabilité et un éclat plus fort, est plus coûteux. Le platine a un cours plus élevé que l’or jaune.

Quand on ne possède pas de facture détaillée (prix d’achat + date) pour vendre un bijou en or à la casse, on doit, en tant que Français domicilié en France, acquitter la taxe forfaitaire sur les métaux précieux représentant 10,5 % de la valeur (dont 0,5 % de CDRS) au moment de la transaction. En possession d’un tel document, le vendeur peut opter pour le régime d’imposition des plus-values (taux à 34,5 % ; 5 % d’abattement après deux ans de possession ; exonération au bout de 22 ans) en déclarant la transaction aux services fiscaux. Si le nouveau prix de vente est inférieur au prix d’achat initial, cette taxe ne s’applique pas.

Les particuliers cherchant à vendre leurs bijoux à la casse sont souvent en manque de liquidités, ce qui est de nature à favoriser les propositions désavantageuses. Ils doivent rester vigilants devant des estimations ne comprenant que le poids d’or pour des bijoux sertis de pierres précieuses. Quand un doute subsiste sur la valeur des pierres, il faut les retirer et ne vendre que la monture en or.

Pierrick Moritz

L’article d’origine – non illustré – est situé dans mon guide pratique Les valeurs des objets anciens et de collection, publié en janvier 2014 (cette édition n’est plus disponible pour le moment) .

Ce document a fait l’objet d’une republication en juillet 2016, dans une version courte et actualisée* intitulée Antiquités, collections, objets et œuvres d’art, réponses aux vendeurs particuliers, dans laquelle on trouve une grande partie de cet article. Disponible uniquement en version numérique sur Amazon.

L’intégralité du texte est protégée par dépôt d’empreinte numérique.

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Catégories :Joaillerie

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