L’atelier d’Émilienne Delacroix sera vendu aux enchères dans le tout nouvel espace de l’étude Ader-David Nordmann, le 24 septembre à Paris : des incroyables tableaux de l’artiste jusqu’à un livre d’or, notamment enrichi de dessins originaux par Pablo Picasso, Joan Miró, Jacques Prévert et Jean Cocteau.
En portant un regard distrait sur les photographies des œuvres d’Émilienne Delacroix (1893-1990), certains pourraient penser aux banales créations d’un énième peintre amateur. Quand les mêmes apprendront que son atelier de Saint-Paul-de-Vence accueillait Pablo Picasso, Jacques Prévert, André Verdet et Aimé Maeght, qui ne se tarissaient pas d’éloges sur son travail, et que des stars américaines comme Clark Gable où Tyrone Power collectionnaient ses œuvres, ils pourraient soupçonner l’admiration de façade pour les créations d’une artiste un brin folklorique. Devant les tableaux d’Émilienne Delacroix, ces éventuels a priori se dissipent de manière instantanée.

Émilienne Delacroix : Tête de taureau, huile sur carton entoilé, signée en bas à droite, 38 cm x 46 cm. Elle ne se résoudra jamais, raconte sa fille, à vendre cette forte tête de taureau, d’un noir éclatant, peinte pour Picasso et qui, selon lui, était sans prix.
L’ Œuvre d’Émilienne Delacroix, commencée à l’âge 54 ans, frappe par sa singularité, l’aspect quasi-organique d’une matière épaisse et brillante, une palette chromatique unique aux couleurs subtilement assourdies par la superposition de couches successives. L’huile est utilisée comme une matière précieuse, sertie par touches délicates et précises, son éclat évoque le lustre de la céramique. Les fonctions de la couleur et de la matière se confondent dans des œuvres situées entre la peinture et la sculpture, mais finalement inclassables, des compositions équilibrée et d’une incroyable vitalité.
En grande artiste, Émilienne Delacroix possède un langage unique. Au-delà d’ une technique radicale, où l’on ressent l’engagement total dans chacune des touches de matière-couleur, existe l’expression d’un monde intérieur, méditatif et poétique. Si Émilienne Delacroix a exposé de son vivant, elle n’a jamais eu de marchand. Ses créations sont estimées seulement quelques centaines d’euros.

Émilienne Delacroix : Jeune fille à la bicyclette, huile sur carton, 33 cm x 24 cm. A fait partie de l’exposition À la rencontre de Jacques Prévert, Fondation Maeght, 1987.
Pierrick Moritz
La vente et l’exposition publique
Atelier Émilienne Delacroix (118 lots : ensemble de tableaux, affiches, livres, documents, autographes, gravures, estampes (Fernand Léger, Juan Miró), livre d’or (dessins de Pablo Picasso, Juan Miró,…).
Vente conduite par l’étude Ader-David Nordmann, le 24 septembre 2009 à partir de 18 heures 30, à la salle des ventes Favart, 1 rue Favart (à coté de l’Opéra Comique). 75002 Paris. Métro : Richelieu Drouot
Exposition publique (gratuite) : à la salle des ventes Favart, du vendredi 18 septembre au jeudi 24 septembre de 9 heures 30 à 18 heures.
Catalogue en ligne sur www.ader-paris.fr
Catégories :Art moderne, Paris
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