Après les mauvais résultats enregistrés à New York pour les premières ventes de peinture ancienne, la tendance négative s’est poursuivie dans la soirée d’hier chez Sotheby’s. La dispersion d’œuvres de la collection Jacob Elie Safra a généré 37 % d’invendus et de nombreuses concessions sur les estimations basses.
Celle de l’œuvre la plus importante du catalogue a ainsi été revue à la baisse. Cette troupe de musiciens jouant pour une jeune femme, peinte à l’huile sur toile en 1661 par Hendrick Maertensz (dit Sorgh), 68 x 82 cm, et estimée 2/3 millions de dollars sans la commission de 12 % facturée en plus du prix marteau au vendeur, a été payée 1,77 millions avec ces frais.
Ce tableau avait été acheté au quadruple de son estimation haute en décembre 1998 chez Sotheby’s Londres, soit 956.500 livres.
Avec les frais de vente, dont la commission payée à Sotheby’s, que le vendeur devra aussi soustraire du prix marteau de 1,55 million de dollars, l’opération est beaucoup moins rentable qu’il n’y paraît au premier abord.
Parmi les invendus figurent les trois œuvres les plus importantes en termes d’estimations et après celle d’Hendrick Maertensz.
Il s’agit d’un Vénus et Adonis peint à l’huile sur toile par Jacopo Amigoni (1682-1752), 216 cm x 150,3 cm, estimé 1,5 /2,5 millions de dollars, d’une vue de ruines antiques peinte à l’huile sur toile par Giovanni Paolo Panini (1691-1765), 74,3 cm x 99,5 cm, estimée 1/1,5 million, et d’un Cérès, Bacchus et Vénus peint à l’huile sur toile en 1645 par Jan Miel, 142,5 x 162,7 cm, estimé 800.000/1,2 million.
Pour des œuvres dont les estimations basses étaient inférieures à 1 million de dollars, soit la majorité, une quinzaine a été cédée sous ce seuil avec des remises oscillant entre 15 et 20 % environ.
En tête des quelques œuvres très bien vendues, figure une nature morte aux fleurs de Maria van Oosterwijck, peinte à l’huile sur toile en 1680, 97 x 77 cm, estimée 600.000/900.000 dollars sans les frais (20%) et payée 1,4 million.
Elle est suivie par une marine au crayon et à l’huile sur panneau de Willem van de Velde le Vieux (1611-1693), 69,5 x 91 cm, estimée 400.000/600.000 dollars sans les frais (20 %) et payée 902.500 avec les frais.
La vacation a généré un chiffre d’affaires de 12,38 millions de dollars.
Chez Christie’s, la deuxième partie d’une vente de peintures, dessins, aquarelles anciens et du XIXe siècle a été moins calamiteuse que la première avec un taux d’invendus de 28,5 % contre 38 %. Le nombre d’œuvres n’ayant pas trouvé preneur demeure toutefois conséquent, 65 sur 228 présentées.
Les lots étaient beaucoup moins importants en valeur que lors de la première vacation et le chiffre d’affaires s’élève à 8,5 millions de dollars.
Toujours dans la catégorie peinture ancienne (et sculptures), Sotheby’s New York propose aujourd’hui une vacation en tête de laquelle figure une très importante huile sur toile du Titien.
15 à 20 millions de dollars sont attendus pour cette Conversation sacrée entre La Vierge à l’Enfant, saint Luc et Catherine d’Alexandrie, peinte à l’huile sur toile vers 1560 et d’un format de 127,8 cm x 169,7 cm.
Bardée d’un solide dossier documentaire, énumérant notamment ses propriétaires successifs au cours de l’histoire, il s’agit de la plus importante œuvre du maître vue sur le marché des ventes publiques depuis 20 ans.
On se trouve ici dans la catégorie des œuvres réellement exceptionnelles qui ne peuvent être représentatives de toute une spécialité du marché de l’art.
La maison de vente tentera d’écouler pas moins de 378 lots. Les estimations basses de 30 d’entre eux sont au moins égales à 400.000 dollars dont 13 au moins égales à 1 million de dollars.
Article en rapport : https://artwithoutskin.com/2011/01/26/a-new-york-les-vacation-de-peintures-anciennes-commencent-mal/
Pierrick Moritz
Catégories :Marché de l'art, New York City, Peinture ancienne
Une peinture de Léonard de Vinci à 100 $millions : est-ce raisonnable ?
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