À New York, les vacations de peinture ancienne commencent mal

Premier temps fort des grandes ventes de peinture ancienne de cette semaine à New York,  la première partie de l’importante vacation de peintures, dessins et aquarelles anciens et du XIXe siècle organisée cet après-midi chez Christie’s affiche une tendance négative. Si une huile sur toile de Luca Carlevarijs a été payée quelque 4 millions de dollars sur une estimation de 3,5/4 millions, 38 % des lots, dont une grande proportion d’œuvres importantes, n’ont pas trouvé preneur.   

29 lots sur 75  présentés sont restés sur le carreau  et la vacation affiche un résultat de quelque 28 millions de dollars.

Si, pour la plus forte enchère de la vente, une huile sur toile de Luca Carlevarijs (1663-1730), une grande vue de Venise (102 cm x 174,5 cm), a été payée quelque 4 millions de dollars, le  bilan global reste mauvais car des œuvres très importantes du catalogue n’ont pas trouvé preneur.  

Il s’agit de tableaux du Canaletto, avec une Vue de Mestre dont 2,5/3,5 millions de dollars étaient attendus, du Grechetto (Giovanni Benedetto Castiglione, 1609-1664) avec un grand Circé changeant les compagnons d’Ulysse en verrats affichant une estimation de 1,2/1,8 million, d’Artemisia Gentileschi (1593-1654), pour une Madeleine pénitente estimée  800.000/1,2 million , et de Peter Paul Rubens, pour un Portrait de Ferdinando Gonzaga enfant à 700.000/1 million.

Pas moins de 18 œuvres dont l’estimation basse était au moins égale à 300.000 dollars sans les frais n’ont pas trouvé preneur.    

La maison de ventes pourra toujours se consoler avec le fait que les œuvres les mieux vendues ont été payées au-dessus des estimations.

Une Tête de vieil homme par Jean-Honoré Fragonard a été payée 1,37 million de dollars sur une estimation de 500.000/700.000, 1,76 million a été donné pour un grand Vénus caressant Cupidon de Pompeo Girolamo Batoni (1708-1787) dont 400.000/600.000 dollars étaient attendus.

Une huile sur toile à sujet animalier de Melchior d’Hondecoeter (1636-1695) est montée à 1,65 million de dollars pour une estimation identique à celle de l’œuvre précédente.

Une minuscule nature morte de fleurs d’Ambrosius Bosschaert  le Vieux (1573-1621) a été payée 1,42 million de dollars quand l’estimation était de 800.000/1,2 million, une huile sur toile de Jean-François Millet, La Fin de la journée, effet du soir, seulement signée du cachet d’atelier, a été payée 1,53 million sur une estimation de 800.000/1,2 million.

Une toile orientaliste de Jean-Léon Gérôme a été enlevée à 1,65 million de dollars quand 700.000/1 million  en était attendu et un Laurier-rose de Lawrence Alma-Tadema a été payé 902.500 dollars sur une estimation de 500.000/700.000.  

Pendant ce temps et toujours à New York, Sotheby’s vivait la même situation avec 79 lots invendus sur les 194 que comptait un catalogue de dessins anciens. Si les estimations étaient de fait beaucoup moins importantes, et que l’œuvre la plus chère a été payée 782.500 dollars, conformément à son estimation, des lots conséquents n’ont également pas trouvé preneur.

Le lot vedette, un dessin de Perino del Vaga (Pietro Buonaccorsi, 1501-1547) représentant Jupiter et Junon dans une alcôve et avec des amours dont l’un tient un bouclier héraldique, plume, encre brune, lavis brun et gris avec rehauts de blanc,  43,5 x 40,4 cm, a été payé 782.500 dollars avec les frais sur une estimation de 600.000/800.000 sans les frais.

Cette œuvre préparatoire est la seule connue d’une série réalisée pour La Furti di Giove, une célèbre série de tapisseries dessinée par l’artiste pour le condottiere génois Andrea Doria. Ce dessin n’avait pas été revu sur le marché de l’art depuis 1935.

Une étude de femme exécutée à la sanguine par le Guernico (Giovanni Francesco Barbieri,1591-1666), 27,4 cm x 22,1 cm, a été payée au niveau de son estimation basse, soit 218.500 dollars avec les frais sur une estimation de 180.000/240.000 sans les frais.  

En tête des 40% d’invendus figurent  certains des lots les plus importants du catalogue. Il s’agit d’une Vierge à l’Enfant par Isaac Oliver (1556-1617), une gouache et aquarelle sur vélin marouflé sur panneau, 27,6 cm x 20,3 cm, estimée 200.000/300.000 dollars, un dessin de Peter Paul Rubens, une Vénus nourrissant les cupidons, à 500.000/800.000, et un autre de Rembrandt, un Musicien de rue dont 300.000/500.000 étaient attendus. 

La vacation a rapporté 4,54 millions de dollars.

Christie’s assurera un peu plus tard dans la journée la deuxième et dernière partie de sa vente, tandis que Sotheby’s dispersera d’importantes peintures anciennes et du XIXe siècle issues de la collection Jacob Elie Safra.   

Pierrick Moritz 



Catégories :Marché de l'art, New York City, Peinture ancienne

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