Le musée Rufino Tamayo d’Oaxaca ou l’art mexicain préhispanique en tant que phénomène purement esthétique

Près de 40 ans après son inauguration, le musée d’art mexicain préhispanique Rufino Tamayo d’Oaxaca reste un modèle pour le genre

La muséographie n’est pas simplement l’art de présenter … il s’agit d’une activité artistique dont la totale maîtrise exige une puissance créatrice, en plus de la culture et de l’inventivité visuelle, ainsi que la connaissance historique et théorique … Un bon muséographe est comme un poète qui traduit la poésie d’un autre poète. Fernando Gamboa

Le musée d’art mexicain préhispanique Rufino Tamayo d’Oaxaca (Mexique) peut revendiquer l’une des plus belles muséographies du monde pour le genre, une excellence à la hauteur de la qualité de sa collection permanente, notamment pour des œuvres mayas, de Veracruz, nayarit, olmèques et toltèques. Cette réunion exceptionnelle est née de la passion du peintre Rufino Tamayo (1899-1991) pour l’art mexicain ancien.

Fernando Gamboa a admirablement assuré la muséographie de cet ensemble, au début des années 1970, notamment par une approche sensible qui rejoignait le désir de Tamayo de montrer ces œuvres en tant que phénomène purement esthétique.

On reproche souvent aux expositions d’art préhispanique, comme à celles d’art premier, de présenter ces objets, d’abord liés au rituel et au sacré, comme des œuvres d’art sans le signifier clairement ; ici, le parti pris est bel et bien annoncé.

 

En 1971, Rufino Tamayo lègue sa prestigieuse collection d’art préhispanique mexicain à Oaxaca, sa ville natale. L’ouverture d’un musée pour la montrer au grand public est rapidement décidée. L’endroit sera une splendide et sobre demeure coloniale du XVIIIe siècle, avec de vastes pièces ouvrant sur un patio central dans une atmosphère de sérénité.

Le muséographe Fernando Gamboa, doué d’une magnifique sensibilité, dirige les travaux d’adaptation du bâtiment et de présentation de la collection, en accord avec Rufino Tamayo pour révéler la dimension artistique de ces œuvres. C’est-à-dire loin des dénominations péjoratives dont elles étaient encore affublées à l’époque.

Si, aujourd’hui, pareil hommage à ces œuvres semble évident, il venait d’amateurs avertis à l’époque de la constitution de cette collection, et d’un public encore restreint lors de l’ouverture du Musée d’art mexicain préhispanique Rufino Tamayo, en 1974.

Pour optimiser la spontanéité du face-à-face, les repères muséographiques habituels sont modifiés. Les objets sont réparties dans cinq vastes salles simplement nommées par la couleur spécifique des niches-vitrines – rose, bleu, violet vert et orange, soit les couleurs de la palette de Tamayo, creusées dans les murs. On limite les considérations ethnographiques, avec des explications allant à l’essentiel et discrètement placées.

Toujours dans la volonté de favoriser le jugement esthétique du visiteur, et de valoriser un caractère unique, les œuvres sont bien isolées dans l’espace ; chaque réunion est limitée et absolument cohérente.

Reportage : Pierrick Moritz pour le texte/Paul Bret pour les photographies.

Museo De Arte Prehispánico De México Rufino Tamayo : avenue Morelos 503, dans le centre-ville d’Oaxaca de Juárez, Oaxaca 

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Catégories :Arts premiers, Expositions, Mexique, Musées, Voyages

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