Collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière chez Christie’s Paris (version actualisée)

Actualisé les 9 et 10 juin 2016, avec compte rendu pour les résultats

Gros succès pour la dispersion de la collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière

La dispersion en deux vacations de 331 lots de la collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie Rivière, chez Christie’s Paris les 8 et 9 juin, a généré 32,5 €millions frais inclus (25 %, 20% ou 12 % selon la tranche dans laquelle se situe le prix marteau), pour un estimation globale de 18 €millions hors frais.

Dans cette vente transversale, pour les spécialités comme pour les estimations, beaucoup de lots ont été payés très au-dessus des attentes.

21,18 €millions étaient déjà comptabilisés à l’issue de la première vacation, le 8 juin en soirée, où figuraient les 42 premiers lots, avec un certain nombre de pièces majeures de l’art moderne, d’après-guerre et contemporain.

Pour les plus importants :

  • Man in Blue VII par Francis Bacon, peint en 1954, huile sur toile, 152,7 x 107,9 cm, a été payé 6,03 €millions frais inclus (estimé 5-8 €millions). L’œuvre avait été acquise en 2002 chez Christie’s Londres, pour £707.750 ;
  • une Forme Rigide par Julio Gonzalez, une sculpture en fer forgé et soudé sur une base de pierre, d’une hauteur de 73,8 cm avec la base, exécutée vers 1937, pièce unique, a été payée 3,68 €millions frais inclus (estimée 1-1,5 €million). L’œuvre avait été acquise en 1999 chez Christie’s Londres, pour £463.500 ;
  • une Composition par Nicolas de Staël, huile sur toile, 73 x 100 cm, peinte en 1951, a été payée 2,16 €millions frais inclus (estimée 1,5-2,5 €millions). L’œuvre avait été acquise en 1999 chez Christie’s Londres, pour £353.500.

Au cours de la vacation du 9 juin, un torse en marbre d’un faune dansant, art romain, vers le 1er siècle avant J.-C., d’une hauteur de 84 cm, estimé € 200.000-300.000, a été payé 2,89 €millions.

Estimé € 250.000-350.000, un lustre Structure végétale par Claude Lalanne, à 24 bras de lumière, une pièce unique réalisée en 1996, a été payé 1,83 €million. Quatre appliques assorties à trois bras de lumière, réalisées la même année, estimées € 100.000/150.000, ont été payées €721.500.

€103.500 ont été engagés sur un carreau à décor calligraphique, Iznik, Turquie ottomane, vers 1580-1590, 21 x 24,8 cm, dont € 10.000/15.000 étaient attendus.

Estimée € 4.000/6.000, une paire de jardinière circulaire en fonte émaillée, XIXe siècle, H. 62 cm, l. 67 cm, a été payée €91.500.

Une commode d’entre-deux d’époque Louis XV, estampille de Jacques Dubois (reçu maître en 1742), milieu du XVIIIe siècle, laque de Chine (XVIIIe siècle) à décor d’oiseaux et de fleurs, ornementation de bronze ciselé et doré poinçonné au C couronné (utilisé entre 1745 et 1749), dessus de marbre gris-rouge restauré, la façade galbée ouvrant à deux tiroirs, H. 83 x  L. 80 x  P. 47 cm, estimée € 20.000/30.000, a été payée €61.500.

Une vinaigrette cylindrique par Fabergé, en or et émail guilloché, sertie d’un brillant et de perles, poinçon de Michael Perchin, St Petersbourg, 1899-1903, H. 4 cm, a été payée €11.875 (estimée € 900-1.200).

PM

La Collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière vendue chez Christie’s Paris

Actualisé le 5 juin 2016.

L’évènement du marché de l’art français de ce premier semestre – et probablement de l’année – est la dispersion de 331 pièces de la collection du couple de grands amateurs et mécènes Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière*, les 8 et 9 juin chez Christie’s Paris. Cette réunion, estimée autour de 18 millions d’euros, concerne, entre autres, les spécialités de l’art moderne, d’après-guerre et contemporain, de l’antiquité et des arts décoratifs, avec la présence d’œuvres majeures.

L’ensemble, d’un très haut niveau qualitatif et assorti d’estimations attractives pour une clientèle internationale, répond aux attentes d’un marché de l’art globalisé exigeant, et actuellement plus craintif.

Comme le restitue l’exposition publique de la collection, en présentant les œuvres telles qu’elles l’étaient dans l’appartement de Jean-Pierre Marcie Rivière, nous sommes en présence d’une véritable collection et non d’une accumulation. La construction est harmonieuse, sans fausses notes. L’ensemble restitue une forme d’unité naturelle.

Si les estimations de créations par Francis Bacon, Nicolas de Staël, Julio Gonzalez, Richard Serra, Cy Twombly ou Jean Dubuffet sont d’au moins 350.000 euros, celles de la grande majorité des pièces sont lancées sous la barre des 100.000 euros. Les estimations basses de 110 lots sont même inférieures à 2.000 euros (600 euros pour un dessin à la plume d’Albert Marquet ; 900 euros pour une vinaigrette par Fabergé, en or et émail guilloché, sertie d’un brillant et de perles ; 1.500 euros pour un petit plat chinois en émaux cloisonnés d’époque Jiaqing ; …).

Estimée 5-8 millions d’euros, la pièce phare est la dernière œuvre de la série des sept Men in Blue, réalisée par Francis Bacon entre mars et juin 1954. Ce Man in Blue VII était exposé dans l’entrée de l’appartement de Jean-Pierre Marcie Rivière. L’endroit est judicieux pour accrocher une peinture de Francis Bacon. Des collectionneurs pourtant admirateurs du peintre se disent incapables de cohabiter avec des œuvres aussi singulières. C’est notamment la raison pour laquelle la clientèle pour les œuvres importantes de Bacon est proportionnellement plus limitée que celle pour les œuvres importantes de l’autre génie de la peinture du  XXe siècle, Pablo Picasso. On peut envisager une forte valorisation globale des œuvres de Francis Bacon avec l’arrivée à maturité de nouvelles générations de collectionneurs, plus habitués aux chocs esthétiques, à une certaine violence également.

francis bacon man in blue Sothebys

Francis Bacon (1902-1992) : Man in Blue VII, peint en 1954, huile sur toile, 152,7 x 107,9 cm. Estimation : 5-8 millions d’euros. Collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière. ©Christie’s Images Limited 2016. Il s’agit de la dernière œuvre de la série des sept Men in Blue, réalisée par Francis Bacon entre mars et juin 1954. Cette série s’inscrit dans la prolongation des recherches entreprises par l’artiste un an auparavant, dans sa série emblématique des Papes. « L’œuvre est faite pour être vue avec son cadre doré et sa vitre en verre » précise Paul Nyzam, directeur de la vente du soir Art d’après-guerre et contemporain chez Christie’s Paris.  Man in Blue VII  a été acquis en 2002 chez Christie’s Londres pour £707.750. En 2013, Christie’s Londres a vendu un autre Man in Blue de Francis Bacon pour 4,96 £millions.

Une Forme rigide en fer forgé conçue par Julio González en 1937, est estimée 1/1,5 million d’euros. Julio González (1876-1942) est considéré comme l’un des plus grands sculpteurs du XXème siècle. Dans les années 1950, David Smith, l’Américain aux sculptures puissamment narratives, est l’un des premiers à revendiquer l’importance de l’œuvre de Julio González dans l’histoire de l’art. En 1931, Julio González travailla comme conseiller pour le travail du métal auprès de Picasso, autrefois fréquenté à Barcelone. En 1937, au Pavillon espagnol de l’Exposition internationale de Paris, Julio González expose La Monserrat, une sculpture réaliste. La Monserrat, tête de femme au foulard, hurlant bouche béante, est placée à l’ombre du charnier Guernica de Picasso, également présenté dans la manifestation.

Une Composition par Nicolas de Staël, réalisée en 1951, au moment où l’artiste réintroduit le réel dans sa peinture, peinte dans une palette de verts et de gris subtils, avec des touches de bleu, de rouge et de jaune mordoré, est estimée 1,5-2,5 millions d’euros. Un très grand papier de Richard Serra est attendue à 600.000-900.000 euros ; une huile et fusain sur vélin par Willem de Kooning, datée de 1962, à 500.000-700.000 euros. Cinq œuvres emblématiques du travail des années 1950 de Jean Dubuffet seront également livrées aux enchères, dont Barbe des songes fumeux (300.000-500.000 euros) et Trois personnages de peu de présence (350.000-550.000 euros).

Au sein d’un réunion de pièce datées de l’antiquité, un Faune dansant, vers le 1er siècle avant J.-C, est estimé 200.000-300.000 euros. Avant d’être acquis en 1975 à la galerie Simone de Monbrison par Zeineb, ce faune, découvert en 1777 à Rome, faisait partie de la collection personnelle du Duc de Westminster, Robert Grosvenor. Il apparaît sous forme d’une statue complète dans un tableau de Charles Robert Leslie, réalisé en 1831, représentant Robert Grosvenor entouré de onze membres de sa famille. Désormais débarrassé de ses appendices et attributs ajoutés au XVIIIe à Rome, la pièce telle que peinte sur le tableau n’est reconnaissable que par la queue située dans son dos. Selon les connaissances de la maison de vente, il n’existe aucune autre version romaine de cette statue. Le sculpteur a vraisemblablement adapté, à son propre goût ou à celui du commanditaire, un modèle grec hellénistique de satyre dansant dont l’original en bronze n’a pas survécu.

Par François-Xavier et Claude Lalanne, un Rhinocéros en pierre bleu du Hainaut, une pièce probablement unique, est estimé 120.000-180.000 euros. Un lustre Structure végétale, à 24 bras de lumière, une pièce unique réalisée en 1996 par Claude Lalanne, vaut 250.000-350.000 euros. Le luminaire est accompagné de quatre appliques assorties à trois bras de lumière et réalisées la même année (l’ensemble estimé 100.000/150.000 euros).

commodeCommode d’entre-deux d’époque Louis XV, estampille de Jacques Dubois (reçu maître en 1742), milieu du XVIIIe siècle, laque de Chine (XVIIIe siècle), ornementation de bronze ciselé et doré poinçonné au C couronné (utilisé entre 1745 et 1749), le dessus de marbre gris-rouge restauré, à décor d’oiseaux et de fleurs, la façade galbée ouvrant à deux tiroirs, estampillée I.DUBOIS.  H. 83 x  L. 80 x  P. 47 cmEstimée 20.000/30.000 euros. Collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière. ©Christie’s Images Limited 2016.

Pierrick Moritz

* Passionnés d’art et généreux donateurs, Zeineb (disparue en 2010) et Jean-Pierre Marcie-Rivière (disparu en 2016) ont inlassablement œuvré en faveur des institutions culturelles françaises. L’exceptionnelle donation de 141 œuvres de Bonnard et Vuillard faite cette année au Musée d’Orsay témoigne de leur action. Elle comprend 24 peintures et 92 œuvres graphiques de Bonnard, 23 peintures et deux pastels de Vuillard, dont le projet grandeur nature d’un décor conçu pour un restaurant parisien, Intérieur de salon de thé, Le Grand Teddy, dans un état de fraîcheur remarquable. Elle sera, dans sa totalité, exposée au Musée d’Orsay cet automne.

Vente Collection Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, un couple de grands amateurs et mécènes :  mercredi 8 juin à 19 heures et le jeudi 9 juin à 13 heures 30.

Exposition publique : du vendredi 3 juin au mercredi 8 juin, de 10 heures à 18 heures ( à partir de 14 heures le dimanche 5 juin).

Chez Christie’s : 9, avenue Matignon – 75008 – Paris

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Catégories :Art contemporain, Art moderne, Paris, Sculptures

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