La Leon est un bateau-bus qui sillonne le marais dans le Delta du Parna. Conduit par El Turu, l’engin assure les déplacements des habitants de cette région isolée de l’Argentine.
Comme eux, l’énigmatique Alvaro a besoin de cette liaison unique avec le monde extérieur pour, notamment, rapporter à la bibliothèque de la ville les livres qu’il restaure. Avec la coupe des roseaux, cette activité constitue une partie de ses revenus.
Alvaro est de ceux à qui la vie n’a pas fait de cadeaux et qui semble ne rien en attendre. Sa personnalité secrète, le fait qu’il ne fréquente pas les femmes, dérangent au plus au point un El Turu en quête d’autorité.
Le conducteur du bateau-bus tente aussi de monter la population locale contre un groupe d’immigrés qui survit en prélevant du bois dans la région. Il voudrait les persuader qu’ils pourraient être les assassins d’un jeune homme bien que le père de celui-ci, avec lequel vit Alvaro, soutienne que son fils s’est suicidé à cause d’un amour impossible.
L’univers de ce premier long métrage du réalisateur argentin Santiago Otheguy envoûte littéralement. L’utilisation du noir et blanc, une superbe photographie, le rythme singulier et le mystère des personnages et de certaines situations en font une sorte de rêve éveillé.
La haine de l’autre, de l’étranger et la recherche absolue du pouvoir par la présentation de boucs émissaires trouvent ici leurs origines dans l’insuffisance et la frustration, le dégoût de soi et, finalement, dans l’envie de la liberté d’exister des autres.
Pour le persécuté, la riposte, l’affrontement et l’affirmation de ce qu’il est, sont les seules possiblités de libération.
« La Leon », un Film de Santiago Otheguy. Avec Jorge Roman, Daniel Valenzuela. Actuellement dans les salles.
Pierrick Moritz
Catégories :Cinéma
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