Chiffre d’affaires record pour Christie’s ; les vendeurs occidentaux paient les effets de la crise

Christie’s annonce un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars pour l’ensemble de ses ventes d’art mondiales en 2010, soit une hausse de 53 % par rapport à l’exercice précédent, notamment du fait d’un premier semestre 2009 exécrable.

Pour l’année 2009, la maison de vente avait communiqué un chiffre d’affaires de 3,3 milliards de dollars pour l’ensemble de ses ventes mondiales. Il était de 5,1 milliards en 2008, de 6,3 milliards en 2007 et de 4,67 milliards en 2006.

En tête de son  communiqué de presse pour ses résultats 2010, Christie’s annonce avoir réalisé le chiffre d’affaires le plus important de son histoire alors que, au premier abord, il est très largement supérieur pour 2007. Cette différence est due au fait que la maison de ventes britannique donne également son chiffre d’affaires en livres. Elle s’explique donc par l’évolution importante des taux de change entre les deux monnaies. En 2007, le chiffres d’affaires converti en livres était de 3,1 millions, il est de 3,3 millions cette année.

Les ventes d’art privées ont augmenté de 39 % chez Christie’s. Cette activité particulière, au même titre que celles des ventes dans les galeries ou les échanges entre collectionneurs, concerne une partie importante des transactions dont on ne sait rien, ce qui relativise les résultats en ventes publiques, notamment pour la peinture contemporaine où certaines opérations peuvent relever du marketing du fait des vendeurs.

Toujours selon son communiqué pour 2010, le marché le plus important pour Christie’s reste les États-Unis avec 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires (en hausse de 111 % par rapport à 2009). Il est talonné par l’ensemble Europe/Grande-Bretagne pour 1,7 milliard de dollars.

L’Asie (ventes centralisées à Hong Kong) arrive en troisième position avec 721,9 millions de dollars (plus du double par rapport à 2009).

51 millions de dollars ont été produits sur la place du Moyen-Orient (ventes à Dubaï), un résultat également en forte augmentation.

Les 11 enchères  les plus importantes de l’année 2010 réalisées par Christie’s dans le monde – des 106,48 millions de dollars d’un Nu, feuilles vertes et buste de Pablo Picasso aux 23,88 millions de dollars d’un Big Campbell’s Soup With Can Opener (Vegetable) d’Andy Warhol – correspondent à 10 % de son chiffre d’affaires global pour l’art.

La seule ombre au tableau de cette vigueur retrouvée demeure le nombre très élevé d’invendus relevé depuis le printemps 2010 dans les salles des ventes occidentales (et même pour des lots de qualité), une tendance encore plus sensible depuis le second semestre. Pour les maisons de ventes anglo-saxonnes, ces déconvenues n’influent pas sur leurs résultats puisque les frais relatifs à la mise en vente (transports internationaux, catalogue, publicité) sont majoritairement à la charge des vendeurs.

La confiance de ces derniers ne peut qu’être affectée quand certaines vacations donnent l’impression d’un grand jeu de pêche à la ligne pour lequel un maximum de lots a été réuni afin d’optimiser le nombre de prises aléatoires, à moins qu’il ne s’agisse d’étoffer un catalogue autour de lots de qualité, ou encore de les valoriser  par  des effets de contraste avec d’autres moins intéressants.

Si la sélection opérée par les maisons de ventes parmi les objets qui leur sont présentés est censée être devenue draconienne, il n’empêche que la marchandise de grande qualité, et à tous les niveaux de prix, est devenue extrêmement difficile à trouver. Ce dernier phénomène explique l’envolée des prix et les ventes conformes aux estimations hautes pour les pièces les plus intéressantes.

Les maisons de ventes aux enchères anglo-saxonnes qui, comme toutes les autres, n’ont aucune obligation de résultats et demeurent avant tout des entreprises commerciales, ont pour elles le fait que, crise économique oblige, les vendeurs se pressent pour tenter de placer leurs objets dans leurs vacations. À défaut d’un chèque, un grand nombre de candidats retenus reçoit une facture.

Pierrick Moritz



Catégories :Londres, Marché de l'art

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