Un excellent catalogue d’art contemporain italien de Sotheby’s résiste à la crise

Deux importantes vacations d’art contemporain en soirée étaient organisées le 13 octobre chez Sotheby’s Londres. Malgré la plus grande volatilité du marché de l’art constatée d’une vente à l’autre depuis le début du mois, la maison de ventes tire son épingle du jeu grâce à un catalogue d’œuvres italiennes de grande qualité.

L’art contemporain italien, qui faisait l’objet d’un catalogue spécifique, a volé la vedette à celui des autres pays hier soir chez Sotheby’s Londres. Deux œuvres d’Alberto Burri ont notamment pulvérisé leur estimation quand un portrait par Lucian Freud, l’œuvre la plus chère du second catalogue et assortie d’une estimation bien supérieure, était abandonné sous son estimation basse.

Art contemporain italien : 20% d’invendus compensés par des œuvres payées très au-dessus des estimations

La vente d’art contemporain italien a rapporté 21,47 millions de livres avec les frais. 11 œuvres sur les 58 que comptait le catalogue n’ont pas trouvé preneur. C’est-à-dire un taux d’invendus de quelque 20 %.  Le chiffre est très honorable au regard des résultats du moment dans d’autres spécialités du marché de l’art, et ceci d’autant plus que l’incidence en terme de chiffre d’affaires demeure marginale. Sans oublier la déconvenue pour les vendeurs des œuvres restées sur le carreau, la perte subie par l’opérateur est compensée par le fait que certaines œuvres ont été payées très au-dessus des estimations, et notamment les trois plus importantes du catalogue.

Estimations pulvérisées pour Alberto Burri et Marino Marini

Deux toiles d’Alberto Burri, figurant parmi les œuvres les plus chères du catalogue, ont été payées très au-dessus de leur estimation.

Combustione Legno, bois, plastique, Vinavil et combustion sur tissu, 117 cm x 97 cm, réalisée en 1957, a été payée 3,17 millions de livres sur une estimation de 800.000/1,2 millions de livres. Il s’agit du prix le plus élevé payé pour une œuvre de l’artiste en vente publique.

Rosso Plastica, L.A., acrylique et plastique brûlé sur toile, réalisée en 1963, 102 cm x 90 cm, a été payée 2 millions de livres sur une estimation de 850.000/1,2 million de livre.

Estimé 800.000/1,2 millions de livres, un Cavaliere en bronze de Marino Marini, d’une hauteur de 82 cm, conçu en 1951 et fondu dans une édition de 4, a réalisé le second plus haut prix de la vacation, à 2,6 millions de livres.

Lucio Fontana, très présent 

Sur 9 œuvres de Lucio Fontana inscrites au catalogue, 7 ont trouvé preneur, dont 5 pour des enchères au moins en conformité avec leur estimation haute

937.250 livres ont été engagées sur un Concetto Spaziale, Attese de 1968, peinture à l’eau rouge sur toile, lacérée, 81 x 65 cm (estimé  800.000/1 million).

825.250 livres sont allées à un Concetto Spaziale,  Attesa de 1961peinture à l’eau blanche sur toile, lacérée, 65 cm x 70 cm (700.000/900.000 livres).

Le même prix a été payé pour un autre Concetto Spaziale, Attese de 1968, peinture à l’eau blanche sur toile, 61 x 50 cm (600.000/800.000 livres).

Les deux œuvres de Fontana invendues sont un Concetto Spaziale de 1956, huile sur toile en blanc et noir, trouée, 80 x 65 cm (600.000/800.000 livres) et un Concetto Spaziale de 1966,  huile rose sur toile, trouée, 73 x 60 cm (500.000/700.000 livres).

Une Mappa d’Alighiero e Boetti invendue

Avec une estimation de 700.000/1 million de livres, une Mappa d’ Alighiero e Boetti de 1983,  tapisserie brodée, 115 x 175 cm, est l’invendu le plus cher de la vacation

Une seconde vente d’art contemporain sans éclat

La second vente d’art contemporain de la soirée rassemblait 47 œuvres d’artistes originaires d’autres pays. 11 n’ont pas trouvé preneur. Pour arriver  à ce taux d’invendus de 19 %, la maison de vente a laissé 14 lots filer sous leur estimation basse.

Si ces remises restent “raisonnables”, leur importante proportion en dit long sur la fébrilité du marché de l’art, et ceci d’autant plus qu’aucune enchère spectaculaire n’a été enregistrée dans cette vente.

Lucian Freud, un artiste trop emblématique ….

Le tableau le plus cher de la vacation, Boy’s Head, une huile sur toile de petit format (21,6 cm x 15,9 cm) peinte en 1952 par Lucian Freud, a été laissé à 2,8 millions de livres sans les frais (12 %) quand son estimation était de 3/4 millions.  Au lieu de 3,17 millions de livres, le prix payé par l’acheteur avec les frais, la facture aurait été de 3,36 millions si l’estimation basse avait été fermement respectée.

Lucian Freud est considéré comme une valeur historiquement sûre de l’art contemporain. Même si ce portrait ne fait pas partie de la période plus tardive et du type “très charnel” tant prisés par ses collectionneurs, le signal envoyé par un tel invendu dans un marché de l’art désorienté aurait été du plus mauvais effet.

Quelque 100.000 livres de mieux que l’estimation basse pour un très beau Barceló

Le second tableau le plus cher du catalogue, une Pluja Contracorrent de Miquel Barceló, superbe technique mixte sur toile monumentale en hauteur (300 cm x 200 cm), peint en 1991 et estimé 1,4/1,8 million de livres sans les frais (12 %), a été payé 1,72 million avec les frais. Une autre œuvre de l’artiste estimée 300.0000/400.000 livres n’a pas trouvé preneur.

Peter Doig : estimation gonflée, vente dégonflée

Troisième estimation du catalogue, Bellevarde, une  huile sur toile monumentale (200 cm x 275 cm) de Peter Doig, peinte en 1995 et estimée 1,5/2 millions de livres, n’a pas trouvé preneur. Cette œuvre avait été payée 138.000 livres par le présent vendeur chez Christie’s en mai 2001.

Warhol : une estimation très élastique craque

D’Andy Warhol, un Mao, acrylique et sérigraphie sur toile, réalisé en 1973, petit format de 30,5 cm x 25,4 cm, estimé 600.000 livres/1,2 million de livres sans les frais (12 %), a été payé 623.250 livres avec les frais, soit une remise de quelque 50.000 livres.

Toujours pour les sérigraphies d’Andy Warhol, et pour une estimation identique de 400.000/600.000 livres, une Marilyn (Reversal Series) réalisée entre 1976 et 1986, 50,8 cm x 40,7 cm et une Jackie de 1964, 50,8 cm x 40,6 cm, ont failli atteindre leur estimation basse en étant payé 469.250 livres avec les frais (20 %).

Les œuvres les mieux vendues

Une toile de Leon Kossof, A Street in Willensden, a été payée 690.850 livres (estimée 350.000/450.000 livres) et une œuvre non titrée de Cy Twombly a été payée 651.250 livres (estimée 280.000/350.000).

Pour une estimation de 300.000 /400.000 livres chacun, un sans titre (Interior Drawing, the Owl) de Lucian Freud, signé et daté de mars 1945  crayon et encre sur papier, a été payé  517.250  livres et un autre sans titre (Many Figures) de Jean-Michel Basquiat a été échangé contre 541.250 livres.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art contemporain, Italie, Londres, Marché de l'art

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