Des œuvres de Bacon, de Staël, Freud et Wols, joyaux d’une vente d’art contemporain de Christie’s Londres

66 œuvres, dont 13 sont estimées au moins 1 million de livres, figurent au catalogue de la vente d’art contemporain proposée demain soir chez Christie’s Londres. Ce programme se caractérise notamment par la présence de tableaux de qualité muséale puisés dans les répertoires de Francis Bacon, Nicolas de Staël, Lucian Freud et Wols.

Le clou de la vacation est un saisissant portrait d’Henrietta Moraes réalisé en 1963 par Francis Bacon d’après une photographie de John Deakin. L’estimation de ce chef-d’œuvre, un grand format (165 x 142 cm) présentant un fond lilas très intense, n’a pas été rendue publique. Selon plusieurs sources concordantes, elle serait de l’ordre de 18 millions de livres (21,44 millions d’euros). Le tableau a été acquis par le présent vendeur à la galerie Beyeler de Basel en 1983.

86,21 millions de dollars, le prix le plus élevé payé en vente publique pour une œuvre de Francis Bacon, et aussi l’un des plus importants enregistrés sur ce marché pour une œuvre d’art, ont été engagés sur son Triptych 76 en mai 2008 chez Sotheby’s New York. Cette œuvre monumentale, dont chacune des trois parties mesure 198 x 147,5 cm, a été peinte par l’artiste à l’huile et aux pastels sur toile en 1976. Il s’agit d’une adaptation de la légende de Prométhée.

Une autre œuvre de Francis Bacon, un Studies of Isabel Rawsthorne de 1983, diptyque à l’huile sur toile dont chaque partie mesure 33,5 x 30,5 cm, apparaît dans la vacation de demain soir, moins de 5 ans après son dernier passage en vente publique. Estimée 1,8/2,5 million de livres chez Christie’s, cette œuvre a été payée 1,81 million de livres chez Sotheby’s Londres en octobre 2007.

Un resplendissant tableau de Nicolas de Staël figure également au catalogue de Christie’s. Cette huile sur toile (89,2 x 130 cm) de 1953,  issue de la série que le peintre consacra à la ville sicilienne d’Agrigente au retour d’un périple en Italie, est estimée 3,5/5 millions de livres. En mai 2011, chez Christie’s Paris, un Agrigente de 1954 (60 cm x 81 cm) avait été payé 2,47 millions d’euros, soit la somme la plus importante alors engagée en vente publique pour une œuvre de Nicolas de Staël. En décembre dernier, chez Artcurial à Paris, un Nu couché peint à l’huile sur toile (97 x 146 cm) par l’artiste en 1954 et payé 7 millions d’euros est venu battre ce record.

De 4 œuvres de Lucian Freud proposées, on remarque un nu féminin peint à l’huile sur une toile de petit format (22,5 x 33 cm) en 1983-1984 et qui a tout d’un grand Freud. Le tableau est estimé 1,5/2 millions de livres.

Un Feu, peint à l’huile sur toile (65 x 81 cm) par Wols en 1947-1949, figure également dans le haut du panier du catalogue et avec une estimation de 800.000/1,2 million de livres.

La cote de cet artiste d’origine allemande, disparu en 1951 à l’âge de 38 ans et qui a profondément influencé l’abstraction lyrique française des années 1950, a littéralement explosé l’année dernière. Auparavant, on connaissait des enchères maximales enregistrées en vente publique pour ses huiles tournant autour de 100.000 euros, et beaucoup moins pour ses œuvres sur papier.

Ce tournant radical a été opéré le 10 février 2011 chez Sotheby’s Londres, quand une huile sur toile (81 x 65 cm) non titrée de l’artiste et datée de 1947 a été payée 2,61 millions de livres quand 100.000/150.000 livres en étaient attendus.

Chez Sotheby’s Paris, en mai 2011, avec une estimation de 600.000/800.000 euros dont le niveau relativement élévé s’appuyait sur le résultat précédent, une Flamme peinte à l’huile sur toile (41 x 33 cm) par Wols en 1946-1947, était payée 1,52 million d’euros.

Le mois suivant, dans une vente consacrée à l’artiste à Drouot et conduite par la maison de vente Aponem-Deburaux, une suite de records avaient été enregistrée pour des œuvres sur papier de l’artiste.

La dernière gouache, Dimanche 25 août, une œuvre de 1951, encre et aquarelle sur papier (25 x 16 cm), avait été  payée 153.010 euros sur une estimation de 12.000/15.000 euros. Pour la même estimation, Nébuleuse grise de 1947encre, gouache et grattage sur papier (31,5 x 23,5 cm), avait été payée 104.557 euros euros. Le Tank, aquarelle, trait de plume et gouache sur papier (31,6 x 38 cm) de 1940, avait été payé 72.680 euros quand 15.000/20.000 euros en étaient attendus.

Le deuxième lot le plus important du catalogue de Christie’s est une toile de Mark Rothko de 1955. Cette œuvre a pour atouts de dater encore de l’époque la plus recherchée pour les aplats de couleurs lumineux de l’artiste et de se présenter sur un grand format (175,8 x 157 cm).

En regard d’une estimation très élevée, 9/12 millions de livres selon Bloomberg (10,7/14,31 millions d’euros), cette œuvre pourrait souffrir de son manque de contrastes pour être enlevée facilement dans un marché extrêmement exigeant.

En mai 2007, chez Sotheby’s New York, un tableau de Rothko avait été échangé contre la somme record de 72,84 millions de dollars, en faisant l’une des œuvres d’art les plus chères négociées en vente publique. Ce White Center (Yellow, Pink, and Lavender on Rose), peint en 1950 sur un format de 205,8 cm x 141 cm, provenait de la collection de David et Peggy Rockefeller où il avait été conservé pendant 47 ans.

Un ensemble d’œuvres de Rothko a également été l’objet d’une des plus importantes transactions privées du marché de l’art de ces dernières années. En juillet 2009, aux États-Unis, 12 tableaux et 1 œuvre sur papier de l’artiste, datés de 1949 à 1969, ont été vendus pour 310 millions de dollars par Jacob Ezra Merkin, un financier new-yorkais impliqué dans l’affaire Madoff, au milliardaire russe Roman Abramovich. Le produit de la transaction, notamment amputé d’une commission de 11 millions de dollars versée à l’intermédiaire, avait été gelé par le Procureur de l’État de New York chargé de l’enquête sur l’affaire Madoff.

La troisième estimation la plus importante du catalogue de Christie’s, 5/7 millions de livres, concerne une Abstraktes Bild peinte à l’huile sur toile (250,2 x 200 cm) par Gerhard Richter en 1994. Trois autres œuvres du même artiste, décidément très représenté dans les grandes ventes publiques d’art contemporain, font également partie de la vacation.

Au programme de la vente équivalente du lendemain chez Sotheby’s Londres, on trouve pas moins de 6 œuvres de Richter dont une assortie d’une estimation de 3/4 millions de livres, soit la plus importante d’un catalogue comprenant également 66 lots.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art contemporain, Londres, Marché de l'art

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