Une centaine d’œuvres du Caravage découverte ? Les « preuves » avancées contredites point par point

L’agende de presse italienne Ansa a annoncé hier qu’une centaine d’œuvres de Michelangelo Merisi dit le Caravaggio (le Caravage) aurait été découverte dans le fonds Peterzano conservé au château Sforzesco, propriété de la ville de Milan. Cet ensemble regroupe 1.378 dessins des élèves de Simone Peterzano, dont le Caravage, présent de 1584 à 1588, alors qu’il était adolescent.

Si la nouvelle s’avérait exacte, il s’agirait d’un apport exceptionnel pour l’histoire de l’art, vu l’influence du Caravage, qui a notamment révolutionné la représentation de la peinture religieuse en Europe.

Les inventeurs publient aujourd’hui deux e-books de 600 pages consacrés à leur découverte.

Les arguments proposés, et dans l’état actuel des informations rendues publiques par Ansa, sont :

– l’impossibilité qu’il ne reste pas d’œuvres du Caravage dans le fonds Peterzano.

–  la révélation de « canons » qui permettraient d’authentifier les œuvres du Caravage, notamment par des comparaisons géométriques.

–  le fait que certains dessins du fonds Peterzano, que ces chercheurs attribuent au Caravage, auraient été réemployés par l’artiste dans des œuvres de maturité

– la présence  d’un billet manuscrit authentifié comme étant bien de la main du Caravage, trouvé par ces chercheurs dans le fonds Peterzano.

 On peut opposer à ces arguments  :

– que les « recherches » qui partent d’une conviction et non d’une hypothèse rendent souvent aveugle, ou du moins borgne, puisque n’est souvent retenue qu’une majorité d’éléments permettant d’étayer la certitude première.

– que les résultats de la méthode de « déconstruction » de l’œuvre d’un artiste, souvent employée à tort et à travers, ne garantissent pas que l’artiste ait effectivement élaboré son œuvre de la manière trouvée, à moins de posséder des travaux préparatoires irréfutables.

– que des similitudes dans les dessins d’élèves ne garantissent pas qu’ils soient de la même main puisqu’il peut s’agir d’indications du maître d’atelier à tous et possiblement respectées à la lettre, d’autant plus s’il s’agit de sujets jeunes et admiratifs.

– que le cas où le Caravage aurait réemployé certains de ces dessins plus tard ne constitue pas une preuve pour affirmer qu’ils sont bien de sa main.

– que la présence d’un document autographe d’un peintre célèbre au milieu d’œuvres qui pourraient lui être attribuées n’a jamais constitué une preuve d’authenticité pour ces œuvres alentours.

La proportion d’œuvres attribuées au Caravage dans le fonds Peterzano par ces chercheurs semble très importante.

 Pierrick Moritz

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Catégories :Italie, Peinture ancienne

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