Marché de l’art : sur la toile, Artviatic ressere le lien entre acheteurs et vendeurs

À l’aune d’une situation économique dégradée, les prix stratosphériques des ventes aux enchères d’art new-yorkaises de la semaine dernière laissent perplexe. La facture de 33,7 millions de dollars, chez Christie’s, pour un Tulip de Jeff Koons, est le principal point d’interrogation

Une très grande huile sur toile de Franz Kline, sur laquelle les avis sont partagés, a été facturée 40,4 millions de dollars, chez Christie’s, pulvérisant le record mondial pour une œuvre de l’artiste vendue aux enchères : 9,88 millions engagés sur une toile de 1956, de dimensions moins importantes, chez Sotheby’s….la veille.

Un Royal Red and Blue de Mark Rothko, paraît-il superbe et d’une bonne période (1954), a été échangé contre 75 millions de dollars, chez Sotheby’s. Seule une centaine de personnes dans le monde pourrait acheter une œuvre d’art à ce prix.

À partir des communiqués de presse disponibles sur les sites Internet des grandes maisons de vente anglo-saxonnes, dans un éblouissement total pour des marques symboles du LUXE et de l’ART, des informations commerciales sont dupliquées à l’échelle mondiale, majoritairement sans recul ni analyse, sur des sites d’information, des blogs et sur les réseaux sociaux, et d’autant plus facilement si elles sont spectaculaires.

De manière générale, les vendeurs dont les œuvres n’ont pas trouvé preneur, comprimés en un pourcentage, sont les éternels oubliés. Surexposés, notamment sur Internet, leurs biens se vendront très difficilement ailleurs ou, à moins d’un regain d’intérêt inattendu, feront l’objet de négociations au rabais dans des ventes privées. Quant aux acheteurs, anonymes, de la passion à la pure spéculation, leurs motivations restent inconnues.

Ces prix exorbitants, auxquels nous sommes habitués depuis quelques années, sont transformés en clinquantes enseignes de casino dans une nuit où les exceptions se fondent en généralités. Les prétentions des vendeurs deviennent de plus en plus extravagantes. Les acheteurs potentiels rêvent de plus-values astronomiques.

L’attrait spéculatif mal digéré pour le marché de l’art, et notamment par les facilités de contacts et de visibilité offertes par le Web, a multiplié les opérateurs et les intervenants, avec de plus en plus d’intermédiaires – et d’intermédiaires d’intermédiaires.  La perspective sur la traçabilité devient floue, pour des œuvres dépréciées par une trop grande exposition. Ce manque de confidentialité, de régulation et de transparence est de nature à décourager les vendeurs et les acheteurs potentiels les mieux disposés.

Aujourd’hui, marchands et galeristes, dont la majorité n’a plus les moyens d’acheter au niveau des prix actuels, doivent repenser leur métier, dont sa globalisation, rappeler que le marché de l’art ne se réduit pas aux ventes aux enchères et qu’une œuvre d’art n’est ni un titre de bourse, ni un billet de loterie.

Parmi les initiatives intéressantes récemment installées sur le Web, Artviatic.fr est un service inédit mettant en rapport vendeurs et acheteurs d’art impressionniste, moderne, d’après-guerre  et contemporain, à travers un service personnalisé d’estimation, d’achat, de vente et de recherche et contre un abonnement payant.

Ce réseau de négociations, fermé, confidentiel et sécurisé, est la première plafeforme internationale de vente de gré à gré. Les échanges demeurent confidentiels et les prix de vente ne sont pas rendus publics.

Né d’une réflexion d’Antoine van de Beuque, notamment ancien collaborateur à la galerie Wildenstein, de 1991 à 2001, le catalogue en ligne d’Artviatic présente exclusivement des œuvres exceptionnelles, d’une valeur de plus de 150.000 euros, expertisées, inscrites au catalogue raisonné de l’artiste ou liées à un certificat d’authenticité et font l’objet de vérifications, notamment auprès de l’Art Loss – Register.

La société dispose d’un réseau de collectionneurs international et ses services de mise en relation s’adressent aux acheteurs d’art, artistes, institutions et marchands avec, pour ces derniers, une idée de regroupement, de force.

Les œuvres sélectionnées, insérées dans un cadre beaucoup plus confidentiel, peuvent être vues physiquement  au cours de négociations à travers une interface sécurisée. La société propose l’organisation des visites et des transports.

Les commissions perçues – 3% acheteur/3% vendeur – sont très sensiblement inférieures à celles pratiquées par les maisons de vente aux enchères.

Pierrick Moritz

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Catégories :Marché de l'art

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