Art Moderne : le livre humaniste d’Alexander Liberman

Les Maîtres de l’Art contemporain ; nous étions en 1961 ; aujourd’hui, on parlerait d’art moderne pour situer dans le temps l’œuvre des artistes dont Alexander Liberman dresse le portrait dans cet ouvrage.

Alexander Liberman, notamment journaliste et photographe, est né à Kiev en 1912. Après avoir vécu à Paris, où il a collaboré avec le magazine Vu, il part pour les États-Unis, où le Vogue américain l’engage. Il obtiendra un grand soutien de cette revue tout au long de sa carrière. Dix des essais contenus dans cet indispensable ouvrage on été publiés dans différents numéros de Vogue des années 1950 ; le champ d’investigation choisi est l’environnement d’artistes plus ou moins liés à l’École de Paris.

Liberman s’est lancé dans cette aventure journalistique avec le souvenir de l’incroyable effervescence artistique du Paris d’avant-guerre. Il photographie les lieux de vie d’artistes disparus, comme Cézanne ou Monet, la baignoire chez Bonnard (les scènes avec baignoire sont récurrentes dans l’œuvre du peintre). Il rencontre ceux de la génération des fauves, toujours vaillants : Matisse, en pleine scéance de collage, Rouault, en petit vieux exigeant, Derain, le sage.

La sensibilité de ce travail est résolument humaniste. Liberman aime et respecte les artistes, qui se dévoilent comme jamais ; il parle d’eux avec un sens de l’observation tout balzacien.

Les essais les plus longs sont consacrés à Picasso, alors installé à Vallauris, à Braque, vivant à Varangéville, et à Léger, dans sa maison près des jardins du Luxembourg, à Paris. La rencontre avec Villon a lieu à Puteau. Trois chapitres, plus courts sont consacrés aux peintres très clairement liés à l’école de Paris, tels que Gromaire ou Segonzac, aux surréalistes comme Ernst ou Dali, et à la « nouvelle génération » des Giacometti, Hartung, Dubuffet, Richier, Bazaine et Manessier.

Alexander Liberman, disparu en 1999, est aussi connu pour ses sculptures monumentales, réalisées assez tard dans sa vie. Monochromes, elles sont constituées d’assemblages d’éléments industriels.

Les Maîtres de l’Art contemporain d’Alexander Liberman. Editeur : Arthaud, 1961. Relié, sous jaquette . 146 pages. Format 33×24 cm. Préface de Jean Cocteau. Ce livre a obtenu le Prix Nadar 1962 du meilleur livre de photographie. Livre non réédité et épuisé (vendu autour de 80/200 euros, selon l’état, chez les marchands de livres d’art).

Pierrick Moritz

 Alexander Liberman et VU

Alexander Liberman fut nommé directeur artistique de VU à la fin de l’année 1932. VU, revue d’avant-garde et visionnaire, notamment célèbre pour ses reportages sur les dangers du nazisme en Allemagne, dès le début des années 1930, fit travailler des photographes comme Man Ray, Germaine Krull, Elie Liotar, Brassaï ou le studio Kiefer/Dora Maar. Une grande rétrospective consacrée à cette revue vient de s’achever à la Maison Européenne de la Photographie à Paris.

PM

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Catégories :Art moderne, Livres, Photographie

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