Exposition « À qui appartenaient ces tableaux ? » au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme

Les nombreux chefs-d’œuvre exposés ici, comme ceux de Simon Vouet, Gustave Courbet, Claude Monet, Edgar Degas, Paul Cézanne, Henri Matisse ou Max Ernst, supportent avant tout l’histoire du florissant marché des œuvres d’art qui se développa en France sous l’Occupation allemande, au détriment d’une population persécutée, spoliée et acculée à brader ses biens.

Galeristes, marchands « en chambre », commissaires-priseurs, experts, collectionneurs, opportunistes divers, tout les acteurs du marché de l’art pouvaient profiter de la situation abominable dans laquelle se trouvaient les juifs durant l’Occupation. Certains ne s’en sont notoirement pas privés.

Selon la documentation disponible au musée, le pillage systématique des collections d’art en Europe débuta dès août 1940 : collections de renommée internationale et plutôt classiques (peintures anciennes) comme celle de la famille Rothschild convenant à l’idéologie du Reich mais aussi des œuvres dites « d’art dégénéré » par les allemands comme celles qui composaient les fonds de Paul Rosenberg, marchand de Picasso et de Matisse. Ces dernières furent échangées en France contre des œuvres plus conformes à l’idéologie nationale-socialiste, avant d’être envoyées en Allemagne.

L’exposition rend également compte « des travaux effectués ces dix dernières années dans le cadre des recherches de provenance, réclamations, restitutions et indemnisations dans le contexte international de réexamen des dommages matériels subis par les juifs d’Europe. »

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Hôtel de Saint-Aignan, 71 rue du Temple. 75003 Paris. Exposition À qui appartenaient ces tableaux ?  jusqu’au 26 octobre 2008. Entrée de l’exposition seule : 5,50 €/ 4 €. Expo + musée : 8,50 €/6 €.

Musée fermé le samedi. Ouvert du lundi au vendredi de 11 heures à 18 heures (fermeture des caisses à 17 heures 15). Nocturne le mercredi jusqu’à 21 heures. Ouvert de 10 heures à 18 heures le dimanche. Durant la durée de l’exposition, le musée sera fermé en raison de fêtes juives les 30 septembre, 1er octobre et 9 octobre.

Spoliation des juifs : les classes moyennes et les pauvres aussi

À Paris, les annonces de ventes aux enchères intitulées « Vente des biens israélites X » dirigées par des commissaires-priseurs français foisonnaient dans La Gazette de l’Hôtel Drouot de l’époque de l’Occupation. En dehors des vacations à l’Hôtel des ventes, certaines pouvaient avoir lieu « sur place », c’est-à-dire dans les appartements. On trouvait dans ces ventes les biens mobiliers de toutes les couches sociales de la population juive : des objets d’art mais aussi, et bien plus nombreux, les meubles et matériels provenant des appartements et entreprises plus modestes pillés, de la simple chambre à coucher au tabouret du cordonnier, de la machine à écrire à la malle en osier.

PM

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Catégories :Art volé, Expositions, Paris

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