Le réalisateur américain fait sien Shutter Island, le roman de Dennis Lehane
Dès les premières images, la mise en scène géniale de Martin Scorsese nous entraîne à Shutter Island et nous enferme dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique. Nous voilà bouclés avec la folie, avec les inadaptés à la réalité et les adaptés au traumatisme, avec nous-mêmes.
Shutter Island de Martin Scorsese est tiré du best-seller éponyme de Dennis Lehane et le réalisateur réussit dans une entreprise des plus compliquées.
L’écriture offre des possibilités de représentations complexes sans limites, même si les auteurs capables de ce talent-là ne sont pas légions.
L’écriture, pourvu que l’auteur en ait le talent, possède un pouvoir d’évocation et dégage une sensibilité, une coloration, que l’image aidée par la mise en scène doit restituer d’une toute autre manière.
Le cas de la structure romanesque simple, ce qui vaut pour le roman de Lehane, n’est en rien le gage d’une adaptation cinématographique forcément gagnée d’avance.
À part le romancier (et encore, pas toujours), personne n’est capable de reconstituer le cheminement créatif qui a permis d’aboutir à cette clarté, un cheminement qui laisse des traces et des porosités, un cheminement par lequel il faudrait repasser pour restituer la même force, la même solidité de construction, retrouver le grain et la texture, la sonorité.
Un film est une nouvelle construction en soi pas le placage d’une construction existante.
Comme Martin Scorsese pour Shutter Island, Alfred Hitchcock a excellé sur les thèmes du traumatisme, du dédoublement, de la perte d’identité, des mécanismes psychologiques de survie qui engendrent une perception plus ou moins tronquée de la réalité, en faisant sien D‘Entre les morts, le roman de Pierre Boileau et Thomas Narcejac devenu Vertigo au cinéma.
Pierrick Moritz
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