Records mondiaux pour des œuvres de Nicolas de Staël et Pierre Soulages chez Sotheby’s Paris

La vente d’art contemporain proposée hier soir à Paris chez Sotheby’s, premier et principal volet d’une vacation en deux temps qui se poursuivra cet après-midi, a produit 19,27 millions d’euros, soit une somme très importante pour une vacation parisienne de 26 lots dans la spécialité. Les records mondiaux réalisés sur des œuvres de Nicolas de Staël et Pierre Soulages, et les estimations pulvérisées sur celles de Zao Wou-Ki , s’inscrivent dans la tendance de prix de plus en plus élevés enregistrés depuis le début de l’année pour les objets et œuvres d’art de grande qualité proposés sur le marché français.

Hier soir, à Paris, Sotheby’s a vendu la quasi-intégralité des 26 œuvres présentées (un seul lot n’a pas trouvé preneur) au catalogue de sa vente d’art contemporain, et pour un montant de 19,27 millions d’euros avec les frais quand les estimations pré-vente tablaient sur 10/13 millions sans les frais. Les œuvres les mieux vendues se distinguent par leur grande qualité, le fait de sortir de collections où elles ont été conservées pendant des décennies et celui de n’avoir jamais été vues en vente publique.

Records mondiaux pour Nicolas de Staël et Pierre Soulages

L’enchère la plus importante, 2,47 millions d’euros,  est allée à une huile sur toile de Nicolas de Staël aux couleurs éclatantes. Cette œuvre intitulée Agrigente, réalisée en 1954 sur un format de 60 cm x 81 cm, était estimée 1,2/1,8 million d’eurosElle n’avait jamais été vue en vente publique et était restée dans la même famille depuis 1966. Ce prix constitue la plus haute enchère réalisée en vente publique pour une œuvre de l’artiste. Le précédent record, 1,72 million de livres, avait été établi pour Marseille sous la neige, une huile sur toile de 1954 vendue chez Christie’s Londres en mai 2008.

La deuxième enchère la plus importante revient à une toile de Pierre Soulages, Peinture, 130 x 162 cm, 12 novembre 1956, payée 2,3 millions d’euros sur une estimation de 800.000/1,2 million. Cette œuvre était conservée dans la même famille depuis 1957. Il s’agit également du prix le plus important payé pour une œuvre de cet artiste négociée en vente publique. Le précédent record, 1,52 million d’euros pour une Peinture de 1958, avait été enregistré chez Sotheby’s Paris en décembre 2008.

Estimations pulvérisées pour Zao Wou-Ki

D’autres estimations ont été très largement dépassées, comme les 250.000/350.000 euros attendus pour une huile sur toile de Zao Wou-Ki finalement payée 1,96 million. L’œuvre, réalisée vers 1950- 1951, avait été directement acquise auprès de l’artiste par le présent vendeur. Un autre tableau de Zao Wou-Ki  a été payé 1,52 million sur une estimation de 300.000/400.000 euros.

L’estimation de 600.000/800.000 euros d’une huile sur toile de Wols, La Flamme, réalisée vers 1946-1947,  a également été pulvérisée avec une facture finale pour l’acheteur de 1,52 million d’euros.

Un portrait de Martial Raysse vendu dans la fourchette de l’estimation

Un portrait féminin à l’huile de Martial Raysse réalisé en 1962, photographie et collage sur toile, a été payé 1,74 million d’euros sur une estimation de 1,3/1,8 million.

Martial Raysse est  “l’artiste français vivant le plus cher du monde en vente publique” depuis le record de 4,75 millions d’euros enregistré pour L’Année dernière à Capri (titre exotique), un autre portrait féminin de 1962 vendu chez Christie’s Londres en février dernier.

Le deuxième volet de cette vacation se poursuivra cet après-midi, avec des œuvres d’art contemporain plus nombreuses (135) mais moins importantes en valeur.

Un catalogue d’art contemporain moins attractif pour les ventes précédentes de Christie’s

La dispersion de 136 œuvres d’art contemporain – sur le même principe de deux sessions – organisée hier et avant-hier chez Christie’s Paris a connu un moins grand succès avec un modeste chiffre d’affaires de 8,45 millions d’euros et 25 % d’invendus pour un catalogue de 136 lots dont les principaux étaient nettement moins attractifs que ceux de Sotheby’s.

L’enchère la plus élevée,  1,31 million d’euros, est allée à L’Heure de la hâte, une huile sur toile de Jean Dubuffet estimée 900.000/1,2 million d’euros.

En 2011, des prix de plus en plus importants enregistrés en France sur le marché des ventes publiques

Le succès de la vente parisienne de Sotheby’s illustre une situation où des prix de plus en plus importants sont relevés pour les objets et œuvres d’art négociés en vente publique en France, et principalement depuis le début de l’année.

On peut citer l’exemple d’une peinture et d’un sceau chinois de l’époque impériale, respectivement vendus quelque 22  et 12 millions d’euros par l’étude toulousaine Labarbe au mois de mars, ou celui d’une huile sur toile de Lyonel Feininger payée 5,77 millions d’euros à Paris chez Artcurial le 22 mai.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais à la charge de l’acheteur en plus de l’adjudication finale. Chez Sotheby’s Paris, ils sont de 25% jusqu’à 15.000 euros, de 20 % au-dessus de 15.000 euros et jusqu’à 800.000 euros et de 12 % au-dessus de 800.000 euros. Les résultats incluent ces frais.

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Catégories :Art contemporain, Marché de l'art, Paris

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