Manet, révélateur d’intérieurs, au Musée d’Orsay

En raison de son succès, l’exposition Manet, inventeur du moderne, est prolongée jusqu’au 17 juillet au Musée d’Orsay. Sous un titre qui ramène notamment au fameux Déjeuner sur l’herbe peint par l’artiste en 1863, révolution absolue dans l’histoire de l’art occidental, la proximité de certaines œuvres permet d’observer une capacité d’analyse psychologique géniale et une audace pouvant aller jusqu’à la provocation.

Dans un espace peu adapté à l’affluence, l’exposition Manet, inventeur du moderne, met en exergue la personnalité et l’œuvre singulières d’un artiste hors du commun, défendu par Baudelaire et honnis par la convenance et dont les créations furent l’impitoyable miroir de ses contemporains. Trois tableaux de l’exposition :

Bar aux Folies-Bergères (1882)

Le génie dramatique et narratif de Manet est particulièrement criant dans Bar aux Folies-Bergères où, par le jeu d’un miroir dans son dos, une femme au regard absent est à la fois désespérément seule au premier plan tout en tenant une conversation avec un homme au second.

Le Balcon (1869)

Aucun des trois modèles du Balcon, personnages littéralement posés les uns à côtés des autres, comme les différents sujets dans Le Déjeuner sur l’herbe, ne regarde dans la même direction. Berthe Morisot affiche l’air emprunté d’une caricature romantique, le peintre paysagiste Antoine Guillemet, en arrière-plan, pose avec l’autosatisfaction d’un premier prix de salon officiel et on peut espérer que son évanescente voisine, la violoniste Fanny Claus, était moins encombrée par son instrument de musique que par l’inutile ombrelle calée au creux de son bras.

L’Asperge (1880)

Parmi les quelques natures mortes présentées ici, on trouve L’Asperge. L’histoire de ce petit tableau, une anecdote que l’on trouve sur le site du Musée d’Orsay, illustre bien la personnalité de Manet. Le peintre vendit une nature morte représentant une botte d’asperges pour 800 francs. Comme l’acheteur lui en envoya 1.000, il lui adressa cette asperge esseulée avec le mot  : « Il en manquait une à votre botte ».

Pierrick Moritz

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Catégories :Art moderne, Expositions, Paris

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