« Misia », une exposition reine au musée d’Orsay

Un jour de l’automne 1950, à Paris, Gabrielle Chanel fait la toilette mortuaire d’une femme de 78 ans, Misia.

Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska, dite Misia, a fini sa vie esseulée, presque aveugle, racontant quelques années auparavant son existence extraordinaire au journaliste Serge Boulos, tous les deux sous l’emprise de la morphine.

Autrefois, le magnétisme stimulant de Misia a attiré Lautrec, Vuillard et Bonnard, entre autres.

Tous l’on représentée dans leurs créations, souvent à de multiples reprises, dont Lautrec pour une célèbre affiche pour La Revue Blanche. La muse Misia faisait l’unanimité.

En 1906, Ravel lui dédie Le Cygne. Elle, notamment formée au piano par Gabriel Fauré, est une excellente musicienne, mais elle préfère jouer pour ses amis à une carrière. Ses goûts musicaux évolueront vers l’avant-garde qu’elle côtoie :  Stravinski, Satie, ….

Mariée trois fois et divorcée trois fois, donc pas à un scandale près, cultivée et ouverte, Misia est un caractère indépendant. Riche, elle apporte son soutien financier aux Ballets Russes. Surnommée Madame Verdurinska par Gabrielle Chanel, en référence à la Verdurin de Proust juchée sur son tabouret suédois, elle tient un salon parisien influent dans les milieux de l’art et de la mode.

Au Musée d’Orsay, l’exposition Misia, reine de Paris, programmée depuis le 12 juin, envoie autant d’énergie que son envoûtant sujet en possédait. C’est une réussite, une belle création.

Très documentée (photographies, dessins, une jolie place laissée à Parade, avec des répliques des costumes dessinées par Picasso, …), Misia, Reine de Paris est servie par une scénographie subtile.

En fin de parcours, le talent créatif de celle qui a côtoyé et soutenu les plus grands artistes de son époque se révèle dans un petit arbre de perles rouges, poétique, puissant, avec du génie dedans ; aussi comme un secret un peu tragique. Le coup de main de Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska s’y révèle aussi sûr et évocateur que les coups de pinceau des amis illustres, ceux qui réclamaient Misia.

Pierrick Moritz

Misia, Reine de Paris, jusqu’au 9 septembre 2012 au Musée d’Orsay. Entrée libre avec le ticket d’accès aux expositions permanentes.

Références biographiques : brochure de l’exposition.

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Catégories :Expositions, Musées, Musique, Paris

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