Art contemporain : des ventes « à l’arrache » chez Sotheby’s

Les résultats de la vente d’art contemporain proposée hier soir à Londres par Sotheby’s indiquent une moins grande solidité de la spécialité, les vendeurs consentant des rabais sur des lots majeurs. Les deux tableaux les plus importants, un Bacon et un Basquiat de premier ordre et assortis d’estimations à l’avenant, sont loin d’avoir déclenché des batailles d’enchères. Leurs vendeurs réalisent toutefois d’importantes plus-values.

Si 69 des 79 lots de la vente aux enchères  d’art contemporain de Sotheby’s, hier à Londres, ont trouvé preneur,  les enchérisseurs ne se sont pas battus pour acquérir les lots majeurs, obligeant la maison de vente à raboter les estimations basses.

Francis bacon vendu au rabais, mais plus-value conséquente pour le vendeur

L’un des deux lots les plus attendus de la vacation, une petite Study for a self-portrait de Francis Bacon, datée de 1980, est facturée 4,52 millions de livres avec les frais (12 %), c’est-à-dire que l’œuvre est adjugée environ 1 million de livres de moins que l’estimation basse de 5 millions sans les frais (estimation haute de 7 millions). Le présent vendeur réalise une confortable plus-value puisqu’il avait payé cette œuvre 1,76 million de dollars chez le même opérateur, en mai 2001. À l’époque, le tableau était estimé 350.000/450.000 dollars.

Une Head, autre œuvre de Francis Bacon présente au catalogue, celle-ci datant de 1949, a également été adjugée sous son estimation, avec une facture de 993.250 livres avec les frais (12%) pour une estimation de 1/1,8 million sans ces frais.

Un très beau Basquiat vendu « à l’arrache » ; le vendeur s’en sort également très bien

Un puissant Warrior de Jean-Michel Basquiat, peint en 1982 sur un grand panneau, a été adjugé 4,95 millions de livres (sans les frais) quand 5 millions minimum en étaient attendus (estimation haute à 7 millions). Autant dire que, avec ces 50.000 livres de remise, l’œuvre a été vendue « à l’arrache ». Ce qui donne une facture de 5,58 millions avec les frais de 12 %). Son vendeur l’avait payée 2,82 millions de livres en juin 2007, chez la même Sotheby’s, et sur la base d’une estimation 3 fois moins importante.

Du même Basquiat, un Saxaphone de 1986 est vendu dans la fourchette d’une estimation de 2/3 millions de livres sans les frais, avec une facture de 2,72 millions de livres.

Une troisième œuvre de l’artiste, un Parts de très grand format, daté de 1984, a été adjugé 100.000 livres de moins que l’estimation basse de 1,2 million. Ce qui donne une facture de 1,27 million avec les frais.

Réductions sur des œuvres de Roy Lichtenstein et d’Yves Klein

Une Girl in Mirror de Roy Lichtenstein, vignette tirée d’un comics et reproduite à grande échelle sur une plaque de porcelaine, en 1964, multiple d’une série de 8, ici le numéro 5, a été adjugée 2,1 million de livres pour une estimation basse de 2,2 millions (estimation haute à 2,8 millions). Le montant de la facture s’élève à 2,39 millions avec les frais pour cet exemplaire ; ce qui fait cher du service complet.

D’Yves Klein, un Ant 135, pigment et résine synthétique sur papier de 1961, a été adjugé 900.00 livres pour une estimation de 1/1,5 million sans les frais. La facture avec les frais de 12 % est de 1,04 million.

L’œuvre très inspirée de Damien Hirst divise

Chloroacetic Acidénième éruption de points multicolores par Damien Hirst , a été facturée 1,1 million de livres avec les frais (12 %) pour une estimation de 900.000/1,2 million sans ces frais. Dans les années 1960, un certain Thomas Downing créait des œuvres très approchantes.

Estimée 1,2/1,8 million de livres, My Way, une armoire à pharmacie du même Hirst, est restée sur le carreau. Dans les années 1940, un certain Joseph Cornell créait des œuvres très approchantes.

Prix importants

Estimé 2,2/3,2 millions de livres sans les frais (12 %), Tragic Conversion of Salvador Dali de Glenn Brown, copie de 1998 d’une Apocalypse de John Martin a été facturé 5,19 millions avec ces frais. Un Atom Age Vampire du même Brown, une huile sur toile de 1991, estimé 800.000/1,2 million, n’a pas trouvé preneur.

Gerhard Richter, valeur omniprésente dans ce genre de vacation, et son Jerusalem de 1995 ont produit une facture de 4,21 millions de livres avec les frais (12 %) pour une estimation de 3/5 millions. Du même artiste, un « sans titre » de 1999 est parti au niveau de son estimation basse, pour une facture de 2,88 millions avec les frais ;  un Philodendron de 1967, estimé 800.000/1,2 million, est resté sur le carreau.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art contemporain, Londres, Marché de l'art

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