Une suite d’estampes par Odilon Redon payée 800 fois son estimation moyenne

Le 29 octobre, le quatrième et dernier volet de la vente de la célèbre collection de manuscrits enluminés, livres et estampes d’Arthur et de Charlotte Vershbow, une dispersion composée de plusieurs centaines de lots datés du moyen-âge jusqu’à l’époque moderne et organisée par Christie’s sur la place de New York, a été marqué par des sommes faramineuses engagées sur des estampes d’Odilon Redon.

Estimée 1.500/2.500 dollars sans les frais, une série complète de 8 gravures, interprétant les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire, probablement l’un des cinq exemplaires sur Chine où chaque planche comprend le texte, le numéro de la gravure, et une impression supplémentaire du frontispice, réalisée en 1890 et publiée par Deman à Bruxelles, a été facturée 1,62 million de dollars avec les frais (20 %), soit 800 fois son estimation moyenne.

Une suite complète de 10 lithographies pour La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert, imprimée par Becquet à Paris et publiée par Deman à Bruxelles en 1888, pour une édition à 60 exemplaires, a été payée 1,44 million de dollars, pour une estimation de 8.000/12.000 dollars. 1,2 million a été engagé sur un Pégase captif, lithographie présentée comme probablement éditée à 100 exemplaires, imprimée par Becquet à Paris et diffusée par Dumont et Durand-Ruel à Paris et Deman à Bruxelles, une estampe estimée 25.000/35.000 dollars.

Huit autres lots concernant des estampes de Redon, sept suites complètes et une lithographie, on été facturés entre 269.000 et 605.000 dollars, pour des estimations comprises entre 6.000/8.000 dollars et 25.000 et 35.000 dollars.

La collection du couple Vershbow, dont le dernier survivant, Arthur, est mort l’année dernière, a rapporté 28 millions de dollars. Le prix le plus important, 1,9 million, a été engagé sur la première édition complète de La Tauromaquia de Francisco Goya, une suite de 33 planches publiée à Madrid en 1816, et présentant ici des spécificités rares. Acquis auprès de Pierre Berès en 1957, le lot était estimé 400.000/600.000 dollars.

Au sein d’une demande internationale soutenue pour la rareté, le phénomène de prix historiquement au plus haut se vérifie dans toutes spécialités du marché de l’art, avec des rattrapages plus ou moins spectaculaires selon certains critères.

Pierrick Moritz

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Catégories :Livres, Marché de l'art, New York City

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