Art impressionniste et moderne : produit de vente record pour une vente aux enchères à Londres

Les résultats de la vente d’art impressionniste et moderne proposée par Sotheby’s le 3 février à Londres montrent un engouement toujours tenace pour ces périodes de l’histoire de l’art, ceci en dépit d’estimations maintenues au plus haut par la raréfaction sur le marché des œuvres de très grande qualité, avec une moindre représentation de toiles inédites et réellement spectaculaires dans les ventes aux enchères internationales pour ces périodes.

Le produit de vente s’élève à 170,24 millions de livres (quelque 258 millions de dollars, ou 225 millions d’euros), pour 46 lots vendus sur 52 présentés et sans déconvenue majeure. Il s’agit du plus important produit de vente jamais réalisé pour une vente aux enchères à Londres, toutes spécialités confondues.

Témoignant de l’appétit du marché en œuvre de grande qualité dans un contexte d’assèchement de l’offre, des œuvres sur papier de petits formats, qui auraient été vendues il y a encore une dizaine d’années dans des ventes en journée, réputées moins prestigieuses et présentant des lots moins chers, ont été échangées contre des sommes très élevées.

Une petite Étude pour une baignade, Asnières de Georges Seurat, dessinée au crayon Conté sur papier, réalisée en 1883-84, mesurant 32,4 cm x 24,1 cm, a été payée quelque 7,8 millions de livres, pour une estimation de 5/7 millions. Il s’agit d’un record pour une œuvre sur papier de l’artiste vendue aux enchères.

La transaction la plus spectaculaire de la soirée concerne une œuvre sur papier :  un autoportrait par Kazimir Malevitch, une petite gouache sur papier de format rond (diamètre : 25 centimètres), réalisée en 1909-1910. Estimée 1/1,5 millions de livres, l’œuvre a été facturée 5,7 millions. La progression de sa valeur sur une dizaine d’années est fulgurante : l’œuvre avait été payée 162.500 livres chez Christie’s en 2004, lors d’une vente en journée.

 La vente de cinq œuvres de Claude Monet a généré quelques 55,7 millions de livres, dont 34,5 millions pour les deux plus chères.

Le Grand Canal, une huile sur toile estimée 20/30 millions de livres (30,6/45,9 millions de dollars), a été facturée 23,7 millions de livres, le prix le plus élevé de la vente. Le vendeur l’avait payée quelque 13 millions de dollars chez le même opérateur en 2005 (estimée 12/16 millions à l’époque). La toile fait partie d’une série de peintures réalisées à Venise par Monet en 1908. En 2013, à Londres, Sotheby’s avait vendu Le Palais Contarini, une huile sur toile faisant partie de cet ensemble, pour 19,68 millions de livres (quelque 31 millions de dollars), pour une estimation de 15/20 millions de livres. L’œuvre avait été payée 4,2 millions de dollars par le vendeur en 1996.

10,8 millions de livres ont été engagés sur les Peupliers à Giverny, une huile sur toile peinte par Monet en 1887, dont 9/12 millions étaient attendus. Cette œuvre était vendue par le musée d’art moderne de New York, au profit de son fonds d’acquisition.

Une Odalisque au fauteuil noir par Henri Matisse, une huile sur toile de 1942, estimée 9/12 millions de livres, a été adjugée au-dessus de son estimation haute, avec une facture de 15,9 millions de livres. Le vendeur l’avait payée 6,6 millions de livres, en 2004 chez Christie’s.

Au lit : le baiser d’Henri de Toulouse-Lautrec, une peinture à l’essence sur panneau, mesurant 39 x 58 cm, peinte en 1892 a été payée quelque 10,8 millions de livres. Les peintures de l’artiste sont rarissimes sur le marché. Celle-ci, inédite en vente publique, était estimée 9/12 millions de livres.

Un Penseur, taille de La Porte, dit moyen modèle d’Auguste Rodin, estimé 3/4 millions de livres, d’une hauteur de 71,5 centimètres, conçu en 1880 et fondu en bronze entre 1919 et 1925, a été facturé 6,3 millions.

À l’ombre de ces bons résultats, des œuvres ont été vendues sous l’estimation. Moskau II de Wassily Kandinsky, une huile sur toile en hauteur peinte en 1916, d’un format de 52,8 x 38 cm, a été adjugée 5,5 millions de livres (estimée 6/8 millions de livres ; facturée 6,3 millions).  Intérieur à Nice, femme assise avec un livre d’Henri Matisse, une huile sur toile peinte en 1919, a été adjugée 2,2 millions de livres/3,9 millions de dollars (estimée 3,5/5 millions ; facturée 2,6 millions avec les frais). Le vendeur avait payé cette œuvre quelque 4 millions de dollars en 2002, chez le même opérateur).

Une Tête, maquette pour la sculpture en plein air du Chicago Civic Center de Pablo Picasso, une œuvre réalisée en 1962-1964 et provenant de la succession Jan Krugier, a été facturée quelque 8,9 millions de livres (13,3 millions de dollars), pour une estimation de 5/7 millions de livres (7,5/10,5 millions de dollars). En 2013, cette sculpture de 105 centimètres de hauteur n’avait pas trouvé preneur chez Christie’s. Montant de l’estimation à l’époque : 25/35 millions de dollars.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art moderne, Impressionnisme, Londres, Marché de l'art

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