Cinéma – « Théo et Hugo dans le même bateau », une fleur au milieu des roseaux sauvages

Il y a vraiment de quoi faire s’étouffer la nouvelle censure, celle qui a récemment lutté contre plusieurs films intentant selon elles aux « bonnes mœurs », dans une tentative désespérée de ressusciter la France d’avant Mai 68.

Théo et Hugo dans le même bateau commence par une longue scène de sexe, très crue. Dans la semi-obscurité d’un sex-club gay parisien, en pleine orgie, Théo et Hugo se découvrent faits l’un pour l’autre.

Olivier Ducastel et Jacques Martineau, connus pour Jeanne et le garçon formidable et Drôle de Felix, réussissent le tour de force de montrer cet amour qui éclot comme une fleur au milieu des roseaux sauvages et qui impose son romantisme déterminé en pleine frénésie sexuelle.

Puis Théo et Hugo remontent, main dans la main, à la surface, et la séance de rhabillage offre un miroir souriant aux habituelles scènes de déshabillage au cinéma. Lorsque Théo et Hugo sortent de l’établissement, ils sont prêts à expérimenter leur amour à l’air libre et le film prend un nouveau départ.

Et là on se demande : qu’est-ce qu’il y aurait eu d’aussi horrible à cacher dans la scène de sexe ? Les censeurs n’ont-ils jamais rien vécu eux-mêmes ? N’est-ce pas finalement beau de montrer l’amour au naturel ? Et par quelle hypocrisie la nouvelle censure s’en prend plutôt à des films à fort caractère sexuel plutôt qu’à ceux ultra-violents ? N’est-ce pas étonnamment paradoxal de la part de censeurs qui disent souvent défendre en vrac la famille, les enfants, la vie et un monde de paix ?

On mesure aussi les occasions gâchées par le cinéma, encore aujourd’hui, par auto-censure frileuse ou provocation porno contre-productive : Théo et Hugo dans le même bateau, par sa scène de sexe fondatrice, prouve que le langage des corps raconte beaucoup sur les liens qui se tissent entre deux êtres humains, point de départ d’une relation qui, elle, n’est pas entièrement centrée sur le sexe.

Paul Bret

Théo et Hugo

Théo et Hugo dans le même bateau, d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau, avec Geoffrey Couët et François Nambot. Interdit aux moins de 16 ans. En salles depuis le 27 avril.

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Catégories :Cinéma

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