Signes de panique sur le marché de l’art contemporain

Une œuvre majeure de Francis Bacon n’a pas été vendue chez Sotheby’s

Les résultats des ventes d’art contemporain parisiennes organisées cette semaine par Christie’s et Sotheby’ confirment la tendance dépressive du marché. Chez Christie’s, où de nombreux lots  parmi les plus chers  réapparaissaient quand que leur dernier passage en vente publique remonte à 2006, les deux œuvres les plus chères ont été ravalées.  Chez Sotheby’s, une toile majeure de Francis Bacon, estimée 5/7 millions d’euros, n’a pas trouvé preneur.

Les 9 et 10 décembre chez Christie’s 

La vente d’art contemporain et d’après-guerre de Christie’s, organisée en deux vacations, a produit 7,05 millions de livres avec les frais et 36,5 % d’invendus. Symptôme de mauvaise santé du secteur de l’art contemporain en vente publique, beaucoup d’œuvres parmi les plus chères revenaient là où elles avaient déjà été négociées en 2006.

Des rayures de Buren restent sur le carreau

Daniel Buren a raté son entrée dans le classement des artistes contemporains les plus chers du monde, avec une installation qui n’a pas trouvé preneur. Il s’agit de Tablettes N° 1, six éléments sur un mur, tasseaux en bois brut recouverts sur une face de formica blanc et noir, 4 x 114,4 x 11 cm. Il s’agissait de l’œuvre vedette du catalogue, assortie d’une estimation communiquée sur demande (supérieure à 3 millions de livres).

Le deuxième lot le plus cher, The Taming of Nurse Conway , une infirmière de Richard Prince, impression jet d’encre et acrylique  sur toile,132,1 cm x 91,4 cm, une création de 2002 assortie d’une estimation de 2/3 millions d’euros sans les frais, n’a pas été vendue.

La facture la plus importante va à une composition de Jean-Paul Riopelle, datée de 1953. Cette huile sur toile ( 81 x 100 cm, estimée 500.000/700.000 euros, a été vendue 505.000 euros.

Des toiles déjà vues en ventes publiques en  2006

Les œuvres invendues

De Lucio Fontana, une Concetto spaziale, réalisée en 1961, huile et pépites de verre sur toile, 45 cm x 37,5 cm, n’a pas trouvé preneur. Estimée 400.000/600.000 euros, cette œuvre a été dernièrement vendue chez Christie’s, à Londres, en octobre 2006, pour 288.000 livres. Même sort pour Grat (689-2) de Gerhard Richter, une huile sur toile de 1989, mesurant 61,9 x 82,8 cm, estimée 400.000/600.000 euros, et précédemment vendue 334.000 livres, chez Christie’s, à Londres, en juin 2006. De Jean Fautrier,  No Mutch to Look at, huile et sable sur papier marouflé sur toile, 89 cm x 116 cm,  peint en 1957, estimé 350.000/450.000 euros, est également restée sur le carreau.  Cette œuvre avait été auparavant vendue chez Sotheby’s, à Paris, en décembre 2006, sous le titre de Nu, contre 516.000 euros.

Les œuvres vendues

505.000 euros sont allés à Partie liée au sol de Jean Dubuffet, huile sur toile (assemblage), datée de 1958, 146 x 114 cm, pour une estimation de 450.000/650.000 euros. Cette œuvre avait été payée pour la dernière fois 433.600 livres, en février 2006, chez Sotheby’s, à Londres. Facture de 313.000 euros pour  Deux oiseaux sur fond de fleurs de Karel Appel, une huile sur toile de 1951, 88,5 cm x 120 cm, estimée 280.000/350.000 euros.  En juin 2006, cette œuvre avait été payée 265.600 livres, chez Sotheby’s. La Bedouille, de Maurice Estève, une huile sur toile réalisée en 1963, estimée 200.000/300.000 euros, a été facturée 217.000 euros ; précédemment vendue 258.400 euros, chez Christie’s, à Paris, en avril 2006.

Des œuvres d’artistes français vendues

Parmi les œuvres d’artistes français vendues, Mouton de François-Xavier Lalanne, sculpture de 1983, a été payée 133.000 euros, pour une estimation de 70.000/80.000 euros. L’Immortalité ruinée de Georges Mathieu, alkyde sur toile, une œuvre de 1989, mesurant 150 cm x 340 cm, a été payée 217.000 euros pour une estimation de 180.000/220.000 euros. Peinture, 237 x 81 cm, 23 février 1990, un triptyque de Pierre Soulages estimé 120.000/180.000 euros, a été payé157.000 euros.

Les 10 et 11 décembre chez Sotheby’s

La vente d’art contemporain en deux vacations  de Sotheby’s a produit 6,19 millions d’euros, avec 21,6 % d’invendus, dont 48 % pour la vente du 10 en soirée présentant les œuvres les plus chères.  Le tableau vedette de cette dernière vacation, une œuvre de Francis Bacon figurant en couverture du  catalogue, n’a pas été vendue, faute d’enchères suffisantes.  C’est la troisième fois depuis le mois de juin qu’un tableau important de l’artiste ne trouve pas preneur en vente publique.

Un prix très important et un invendu pour Pierre Soulages

Le prix le plus important est allé à une toile de Pierre Soulages de 1958, payée 1,52 million d’euros pour une estimation de 800.000 euros /1,2 million. Il s’agit de l’une des sommes les plus importantes engagées en vente publique pour une œuvre de l’artiste français. Une autre toile de Pierre Soulages, datée de 1965 et estimée 500.000/800.000 euros, n’a pas trouvé preneur.  

372.750 euros pour un carton brûlé de Klein

372.750 euros, le deuxième prix le plus important, concerne une œuvre d’Yves Klein, un carton brûlé monté sur panneau réalisé en 1961, payé 372.750 euros pour une estimation de 300.000/400.000 euros.

Pierrick Moritz

Publicités


Catégories :Art contemporain, Marché de l'art, Paris

Tags:,

1 réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :