Très forte progression des revenus de Sotheby’s en 2010

Sotheby’s a annoncé le deuxième plus fort produit brut des ventes de son histoire pour 2010, l’ensemble de ses activités en relation avec le négoce d’art (ventes aux enchères, ventes privées, revenus concessionnaires et financiers) a généré 4,8 milliards de dollars. Le revenu net remonte de façon spectaculaire à 161 millions de dollars.   

Pour l’exercice précédent, et pour le même ensemble d’activités, le produit brut des ventes était de 2,8 milliards de dollars – en baisse de 30 % par rapport à 2008 – et pour un revenu net qui affichait une perte de 6,5 millions de dollars.

Restructuration et anticipation

Cette perte était imputable à un très mauvais premier semestre 2009 – pour le marché de l’art en général – et au coût de 12,2 millions de dollars engendré par une restructuration amorcée dès l’automne 2008, soit dans l’amont de la crise financière.

C’est-à-dire que la maison des ventes avait bien tenu compte des signes de faiblesse apparus sur le marché de l’art dès le deuxième trimestre 2008, et aussi anticipé la durabilité du retournement de situation, après une période de surchauffe et juste avant le choc financier du mois de septembre 2008.

Ces économies d’échelles s’étaient notamment caractérisées par de nombreux licenciements au sein de ses effectifs. Les effets de ce redimensionnement, dont une économie de quelque 185 millions de dollars en 2009, ont également agi en faveur des bons résultats de 2010.

Ventes d’art asiatique, Hong Kong

Les ventes d’art asiatique contribuent également à l’amélioration. 

L’entreprise s’est distinguée par des chiffres d’affaires spectaculaires – et jamais vus –  et notamment pour l’art traditionnel chinois à Hong Kong. Quelque 657 millions de dollars américains ont été générés par deux séries de ventes sur la place asiatique, dont un record absolu de quelque 400 millions pour l’opération de l’automne dernier. 

Entre mai 2008 et la fin du premier semestre 2009, Hong Kong s’était montrée particulièrement réceptive aux perturbations économiques mondiales, avec des chiffres d’affaires en baisse sensible pour Sotheby’s comme  pour Christie’s.

Depuis, les deux opérateurs ont principalement recentré leurs ventes à Hong Kong sur l’art traditionnel chinois (objets d’art et peinture), misant beaucoup moins sur le secteur spéculatif et volatil de l’art contemporain chinois.

Les spécialités du vin et des bijoux ont  montré beaucoup de dynamisme à Hong Kong en 2010.

Enchères à des niveaux records

Avec, au sommet, 106,48 millions de dollars payés pour un Nu, feuilles vertes et buste de Pablo Picasso chez Christie’s et 65 millions de livres engagés sur un exemplaire de L’Homme qui marche d’Alberto Giacometti chez Sotheby’s, l’année 2010 a été caractérisée par des enchères à des niveaux records, et  jamais vues avec une telle fréquence.

Invendus    

Au cours de l’année, un grand nombre de vacations a généré des taux d’invendus importants.

Ces déconvenues affectent principalement les vendeurs qui, en plus de récupérer des œuvres difficilement revendables dans de bonnes conditions, couvrent tous les frais relatifs aux opérations de mise en vente. 

Un exemple illustre parfaitement la situation d’incertitude qui a plané sur le marché de l’art en vente publique tout au long de l’année dernière : sur les 6 tableaux les plus importants qui n’ont pas trouvé preneur depuis novembre 2007, la moitié a été présentée en 2010.

Il s’agit de Nymphéas de Claude Monet à 30/40 millions de livres, d’une Fertilité d’Edvard Munch à 25/35 millions de dollars et d’une Ordination de Nicolas Poussin à 15/20 millions de livres. Les 3 tableaux ont tous été proposés chez Christie’s.

Cette concurrente directe de Sotheby’s – non cotée en bourse – a quant à elle annoncé un chiffre d’affaires de 5 milliards de dollars pour 2010, et sans livrer de détails sur ses bénéfices.  C’est-à-dire qu’elle n’est pas loin de perdre son titre de leader mondial sur le marché de l’art en ventes publiques.

Avec Internet, les géants concurrencés par les petites maisons de ventes

Les deux géants du marché de l’art doivent désormais affronter la concurrence accrue de maisons de ventes beaucoup moins importantes qui, grâce à la communication par Internet, peuvent parfois les éclipser.

2010 en aura apporté la preuve éclatante pour l’objet d’art le plus cher de l’année en ventes publiques et pour le monde entier. Il s’agit d’un vase Qianlong payé l’équivalent de 51 millions d’euros, capté par Bainbridges, une petite société britannique à peu près inconnue avant de réaliser cet exploit.

Ce mois-ci, deux études de commissaires-priseurs toulousaines mettent chacune à l’encan un objet d’art chinois à l’estimation millionnaire.

Pierrick Moritz  

Article en rapport : https://artwithoutskin.com/2010/03/01/resultats-sothebys-2009-une-politique-de-redimensionnement-payante/

Le communiqué original de Sotheby’s : http://files.shareholder.com/downloads/BID/1187680329x0x445796/37a8f76b-143c-4977-ac79-1bf8389e80e9/SothebyFinal.pdf

Cette analyse originale est la propriété de son auteur. Sa republication et  son exploitation commerciale, directe ou non, sans autorisation de l’auteur sont interdites. De courts extraits peuvent être repris en citant la source. Contact : pierrick.moritz@noos.fr



Catégories :Marché de l'art, New York City

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