Coup dur pour Sotheby’s : Klimt et Miro restent sur le carreau

Actualisé le 9/02/2012 à 11 heures 50

Les deux lots les plus chers d’un prestigieux catalogue d’art moderne de Sotheby’s, un Bouleaux au bord du lac peint par Gustav Klimt en 1901 et une grande Peinture de Joan Miró de 1933, n’ont pas trouvé preneur hier soir à Londres. Les deux tableaux étaient respectivement estimés 6/8 millions et 7/10 millions de livres.

Quand le paysage de Klimt, une huile sur toile (90 x 90 cm) peinte en 1901, était loin d’être ce que l’artiste a fait de mieux en matière de scènes extérieures, une superbe Entrée de Giverny en hiver de Claude Monet, une huile sur toile (65,5 x 85,5 cm) peinte en 1885, a été payée 8,21 millions de livres quand 4,5/6,5 millions en étaient attendus. Il s’agit du plus haut prix de la vacation.

Pour le même impressionniste, 2,5 millions de livres ont été engagées sur Berges de la Seine près de Vétheuil, une huile sur toile peinte en 1881. L’œuvre était estimée 800.000 livres/1,2 million de livres.

La seconde enchère la plus importante revient à Le Bosquet, Albertplatz à Dresde d’Ernst Ludwig Kirchner, une grande huile sur toile (120 x 151 cm) peinte en 1911. Estimée 5/7 millions de livres, elle affiche un prix final de 7,32 millions.

De Georges Braque, L’Oliveraie, une huile sur toile (38,3 x 46 cm) peinte en 1907,  a été payée 5,08 millions de livres sur une estimation de 2/3 millions.

Sur 53 lots présentés, 13 n’ont pas trouvé preneur.

Un petit Oasis peint pas Salvador Dali en 1946 (estimé 4/6 millions de livres), et Deux Nus au Ballon par Kees van Dongen (estimés 2,5/3,5 millions) en font partie, tout comme un Pont des Arts (Paris) de Paul Signac, une œuvre de 1925 estimée 2,8/3,5 millions.

Le présent vendeur avait déboursé 3 millions de livres pour acquérir cette dernière toile chez Christie’s Londres en février 2008.

Ettore e Andromaca, une huile sur toile (90,4 x 60,3 cm) de Giorgio de Chirico, peinte en  1925-30, estimée 2,8/4 millions de livres sans les frais (12 %), a été abandonnée sous son estimation basse, avec un prix payé de 2,84 millions.

Même cas de figure pour Une Jeune Fille à l’échelle de Fernand Léger, une huile sur toile (130 x 96 cm) peinte en 1949. Estimée 3,8/4,5 millions de livres sans ces mêmes frais, l’œuvre a été payée 3,96 millions en les intégrant.

Lors de ses ventes équivalentes de la veille, sur la même place, Christie’s, concurrente directe de Sotheby’s, a battu des records absolus en vendant un bronze d’Henry Moore pour 19 millions de livres et une peinture-poème surréaliste de Joan Miró pour 16,84 million, soit très au-dessus de leur estimation. La performance est toutefois minorée par le fait que le lot le plus cher du catalogue, Le Livre, une huile sur toile de Juan Gris datée de 1915, peinte vers 1914/1915, dont 12/18 millions étaient attendus, a été bradée à 10,34 millions.

Hier, ses deux vacations d’art moderne de l’après-midi, proposant quelque 300 œuvres sur papier et sur toile moins importantes en valeur que celles présentées dans les prestigieuses ventes en soirée, ont rencontré un grand succès.

Dans un secteur économique qui n’échappe pas à l’incertitude ambiante, et en tenant compte du fait que la constitution d’un catalogue reste liée à des facteurs aléatoires, on ne peut pas pour autant tirer des conclusions relevant de la supériorité d’un opérateur sur l’autre.

En novembre dernier, à New York, la vente d’art moderne de Christie’s a viré au fiasco ; 7 des 10 lots les plus importants du catalogue ne trouvant pas preneur. Parmi eux figuraient une Petite danseuse de 14 ans, bronze d’Edgar Degas à 25/35 millions de dollars, deux tableaux de Picasso, estimés 12/18 millions pièce, et un bronze de Giacometti,  Femme de Venise VII, dont 10/15 millions étaient attendus.

Le lendemain, sur la même place, Sotheby’s vendait un très beau paysage de Gustav Klimt, peint vers 1914-1915, pour la somme astronomique de 40,4 millions de dollars, et une Aubade de Picasso de la fin des années 1960 pour 23 millions.

Entre temps, effrayé par les résultats catastrophiques de la vente de Christie’s, le vendeur de Nu de dos (1er état), un exceptionnel bas-relief en bronze d’Henri Matisse estimé 20/30 millions de dollars, avait retiré la sculpture du catalogue de Sotheby’s, quelques heures avant le début de la vacation et au motif d’une transaction privée de dernière minute.

La résilience du marché de l’art face à la crise n’est que très relative. Dans un contexte d’incertitude économique, la situation montre que la sélection opérée par les acheteurs les plus riches se concentre encore plus intensément sur les œuvres d’art vraiment exceptionnelles. Si une frange d’acheteurs réduite est ici concernée, le modèle peut être transposé à tout le marché de l’art.

Pierrick Moritz

Les estimations n’incluent pas les frais à la charge de l’acheteur. Ils sont de 25 % jusqu’à 25.000 livres ;   de 20 % à partir de 25.001 livres et jusqu’à 500.000 livres ; de 12 % au-dessus de 500.000 livres. Les résultats intégrent ces frais.



Catégories :Art moderne, Londres, Marché de l'art

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1 réponse

  1. Sotheby’s a annoncé que le paysage de Gustav Klimt, toile de 1901 non adjugée faute d’enchére suffisante lors de son passage dans sa vente d’art moderne londonienne d’hier soir, a finalement trouvé preneur pour 5,6 millions de livres avec les frais (12%) lors d’une transaction privée intervenue en cours de vacation. L’œuvre était estimée 6/8 millions de livres sans les frais.

    En conséquence, le nombre d’invendus de l’opération passe de 13 à 12

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