Christie’s attend un prix record pour une étude de Kandinsky « un peu figée »

Entre 20 et 30 millions de dollars sans les frais (12 %) : c’est l’estimation d’une étude complète de Wassily Kandinsky de 1909  pour le huitième et dernier tableau d’une de ses séries d’Improvisations, une œuvre figurant au programme des ventes d’art new-yorkaises de Christie’s, en novembre.

Cette étude, notamment montrée à la Tate Modern et au musée des Beaux-arts de Montréal, appartient à la fondation caritative suisse Volkart. Le bénéfice de la vente sera versé à ses œuvres de bienfaisance.

Si elle était vendue dans la fourchette de l’estimation, cette huile sur carton de 98 x 70 cm, peinte à Murnau en 1909, deviendrait l’œuvre de l’artiste la plus chère négociée dans une vente aux enchères. Le précédent record, 20,9 millions de dollars avec les frais, concerne une Fugue, une huile sur toile de 1914, échangée chez Sotheby’s en 1990.

Cette Fugue est totalement abstraite – le premier tableau du genre, Bild mit Kreis, apparaissant en 1911 dans l’œuvre de Kandinsky – quand la composition présentée par Christie’s, représentant la scène mystique d’un héros conquérant brandissant une épée d’or, est figurative.

En regard d’une estimation record dans un marché qui n’a jamais été aussi exigeant, on pourrait reprocher à cette très belle étude, très colorée – comme les œuvres de la période précédente de Kandinsky, d’être un peu « figée », quand le mouvement, la « circulation », « le souffle » qui semble déplacer les éléments, voire le chaos, font partie des caractéristiques les plus appréciées dans les compositions de l’artiste, y compris pour les Improvisations. La composition définitive de cette Improvisation 8 fait partie de la collection Herbert Rothschild.

Si  les deux œuvres peuvent difficilement être comparées, et d’autant plus que celle vendue par Sotheby’s, magistrale, est définitive quand celle de Christie’s reste une étude, ce dernier opérateur a facturé 16,9 millions de dollars avec les frais une étude pour Improvisation 3  de Kandinsky en novembre 2008, au sein d’une vente d’art moderne programmée au plus fort des perturbations de la crise financière, où près de la moitié des lots n’avaient pas trouvé preneur. Plus épurée, avec des coups de pinceaux l’animant d’un mouvement en diagonale, l’œuvre de 1910, d’un format plus petit (44,5 x 64,7 cm), était estimée 15/20 millions de dollars sans les frais

Plusieurs Improvisations, dont une splendide Improvisation 14, datée de 1910 et figurant parmi les collections du Centre Pompidou, faisaient partie de la rétrospective Kandinsky, montrée entre octobre 2008 et janvier 2010 à Munich (Städtische Galerie im Lenbachhaus und Kunstbau), Paris (Centre Pompidou), et New York (Guggenheim Museum). Pour Kandinsky, les Improvisations sont des traductions picturales d’événements profondément spirituels disait le dossier pédagogique de l’évènement.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art moderne, Marché de l'art, New York City

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