À New York, l’incertitude économique façonne le marché de l’art pour millionnaires

41,5 millions de dollars engagés sur une Nature morte aux tulipes, peinte en 1932 par Pablo Picasso et estimée 30/50 millions. Pour le même artiste, 10/15 millions étaient attendus d’un Plant de tomate, une huile sur toile de 1944 : invendue. 13,5 millions payés pour Le Viol, dessin exécuté par Picasso en 1940, soit deux fois l’estimation haute. Picasso, à nouveau, une Femme à la robe verte, peinte en 1956, estimée 6/8 millions : invendue. Un Champ de blé de Claude Monet, une œuvre de 1881, valorisé jusqu’à 12 millions quand 5/7 millions en étaient attendus. La Femme à l’hermine, d’après Le Greco, peinte à l’huile sur toile par Paul Cézanne en 1885-1886, estimée 5/7 millions : invendue. De Picasso, une Femme à la Fenêtre, un portrait de Marie-Thérèse Walter daté de 1936, facturée 17,2 millions pour une estimation de 15/20 millions. 163 millions de dollars de chiffre d’affaires avec les frais. 171/260 millions de dollars espérés sans les frais.

Les tendances résultant de la vente aux d’art moderne et impressionniste proposée hier soir par Sotheby’s à New York se calquent sur celles de la vacation dans la spécialité proposée la veille chez Christie’s, jusqu’aux taux d’invendus (30%) et en valeur (quelque 80 % du chiffre d’affaires escompté) obtenus.

Dans un climat économique anxiogène (la résolution du fiscal cliff, dont je parlais dans l’article d’hier sur la vente de Christie’s), les investisseurs millionnaires se montrent prêts à engager des sommes considérables pour des œuvres inattaquables – en appliquant éventuellement un potentiel d’appréciation au-delà de l’estimation – qui pourraient être revendues immédiatement au même prix,  voire avec une perte réduite,  et quelles que soient les circonstances. Ce qui explique les estimations désormais stratosphériques de ces valeurs jugées sûres, une inflation parfois étendue à des œuvres moins engageantes, dont il loin d’être sûr qu’elles auraient trouvé preneur avec 2 ou 3 millions de moins sur l’étiquette.

La semaine prochaine, toujours à New York, deux colossales vacations d’art contemporain en soirée sont programmées chez Sotheby’s et Christie’s. Ce dernier opérateur propose la plus importante vente aux enchères dans la spécialité jamais montée. Les estimations de son catalogue totalisent 281/360 millions de dollars sans les frais avec, en vedette, des valeurs spéculatives comme Warhol et Koons extrêmement risquées vu la tendance qui vient de se dessiner. Sotheby’s a misé sur une exceptionnelle drip painting de Jackson Pollock et un puissant Pape de Francis Bacon, un choix qui apparaît désormais encore plus sûr. Le N°1 (Royal Red and Blue) de Mark Rothko, figurant en tête de son catalogue  avec une estimation de 35 à 50 millions de dollars, a intérêt à être impeccable.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais calculés sur le montant de l’adjudication et à la charge de l’acheteur. Les résultats incluent ces frais. Ils sont de 12 % sur les adjudications supérieures à 1 million de dollars, de 20 % sur celles de plus de 50.000 dollars et jusqu’à 1 million, de 25 % jusqu’à 50.000 dollars.

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Catégories :Art moderne, Impressionnisme, Marché de l'art, New York City

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