Paris – Succès éclatant pour les arts anciens d’Afrique et d’Océanie chez Sotheby’s

Le succès éclatant des deux ventes aux enchères d’art ancien d’Afrique et d’Océanie proposées par Sotheby’s le 10 décembre à Paris témoigne de l’excellente tenue de la niche des pièces esthétiquement remarquables et jouissant généralement d’une bonne traçabilité dans le temps.

Dans le cadre de l’inflation des prix pour la rareté sur le marché de l’art en général, où les prix de l’art ancien océanien rattrapent ceux de l’art ancien africain, une part significative des œuvres présentées a été appréciée au-delà des estimations.

La dispersion d’un catalogue de 69 lots – + un manuscrit et une photographie – d’art ancien d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du Nord, provenant de diverses collections, a produit quelque 5,9 millions d’euros. 53 des 69 œuvres livrées aux enchères ont trouvé preneur ; 9 ont été payées au-dessus de 100.000 euros, ce marché spécifique étant également très actif sous ce seuil.

Les deux lots ayant enregistré les plus fortes enchères sont des œuvres en bois sculpté originaires de l’île de Pâques, dont les estimations ont été décuplées. Inédites sur le marché de l’art aux enchères, le catalogue les situe dans une collection privée britannique, puis dans une collection privée, sans plus de précisions.

Un superbe rapa de l’île de Pâques, de 82 centimètres de hauteur, d’un genre à deux pales aux extrémités séparées par un long « cou », dont la pale supérieure suggère un visage humain, utilisé pour des danses cérémonielles d’après certaines descriptions européennes du XIXe siècle, a été payé quelque 1,9 millions d’euros quand l’estimation était de 300.000/400.000 euros.

De la même origine géographique, un pectoral reimiro,  large pendentif  en forme de croissant de lune terminé par deux têtes portées vers le haut, d’une longueur de 53 centimètres, a été facturé quelque 900.000 euros, pour une estimation de 200.000/300.000 euros.

Le troisième prix le plus élevé de la vente, 433.500 euros, va à une harpe anthropomorphe Zande, de République Centrafricaine. Cette œuvre en bois sculpté – 97 centimètres de hauteur – a été initialement collectée in situ entre 1925 et 1940 par les Pères Croisiers du Vicariat de Bondo. Elle était estimée 150.000/200.000 euros.

Pour une autre estimation nettement dépassée, une cuillère Fang du Gabon, au manche finement sculpté en claire-voie, d’une hauteur de 19 centimètres, a été payée 169.500 euros, quand 20.000/30.000 euros étaient attendus. L’œuvre est singularisée par la présence d’un visage à la coiffure aplatie répandue sur le dessus du manche et d’une figure de type Janus intérieure – ici deux personnages dos à dos, un homme et une femme -, peut être installée dans un naos (lieu sacré). Elle provient d’une collection privée, sans plus de précisions dans le catalogue.

La vente dédiée à une sélection de 34 œuvres anciennes très principalement originaire du Congo et issues de la collection Alexis Bonew, construite entre la fin des années 1960 et le début des années 1980, a rencontré un grand succès, avec 32 lots vendus et des estimations nettement dépassées pour une vingtaine de lots, dont les deux plus importants, originaires de la République Démocratique du Congo. Le produit de la vente atteint quelque 6,2 millions d’euros.

Un masque muminia, Lega, en bois, a été facturé quelque 3,6 millions d’euros, pour une estimation de 200.000/300.000 euros. Cette œuvre de 22,5 centimètres de hauteur a été initialement collectée in situ en 1927 par un administrateur territorial.

Une statue en bois nkonde, Kongo, un fétiche de 76 centimètres de hauteur, au corps planté de lames et de clous, a été payée quelque 1,5 million d’euros, pour une estimation de 600.000/800.000 euros. L’œuvre a été acquise par un Père avant la Première Guerre mondiale, auprès d’un colonel ayant servi au Congo.

Estimée 4.000/6.000 euros, une statuette en bois Boyo, République Démocratique du Congo, collectée en 1927, a été payée 67.500 euros ; 103.500 euros ont été engagés sur une figurine en ivoire Lega, de la même origine géographique que le lot précédent, collectée avant 1954, dont 30.000/50.000 euros étaient attendus.

En novembre dernier, chez Sotheby’s à New York, au cours de la dispersion de 164 d’œuvres d’art premier, principalement originaires d’Afrique, de la collection Myron Kunin (1928-2013), le record mondial pour une œuvre d’art « premier » vendue aux enchères est monté à 12 millions USD (9,6 millions d’euros). Cette somme a été engagée sur une grande statue féminine Senoufo, originaire de Côte-d’Ivoire ou du Burkina Faso, une œuvre apparue pour la première fois dans une collection occidentale chez le marchand Emil Storrer, qui aurait pu l’acquérir en 1952.

Cette vacation new-yorkaise avait généré quelque 41,6 millions USD, un record pour une vente aux enchères dans la spécialité.

Pierrick Moritz

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Catégories :Afrique, Art d'Afrique, Art d'Océanie, Paris

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