Record pour un bronze de Matisse chez Christie’s

La vente d’art moderne organisée hier soir par Christie’s à New York a consacré Nu de dos, un bronze d’Henri Matisse payé 48,8 millions de dollars sur une estimation de  25/35 millions. Le détail du chiffre d’affaires de 231,43 millions, constitué pour moitié par le produit des 7 lots les plus chers, révèle une proportion non négligeable d’œuvres vendues au niveau d’estimations basses parfois rabotées.    

La vente d’art moderne organisée hier soir chez Christie’s New York a généré 231,43 millions de dollars dont presque 49 donnés pour la sculpture d’Henri Matisse Nu de dos, un bronze à patine brun foncé, conçu vers 1930 et fondu en 1978, numéroté 00/10, et qui était estimé 25/35 millions.

Le second prix le plus élevé est allé à un Violon et guitare de Juan Gris, une grande huile sur toile cubiste peinte en 1913, estimé 18/25 millions et payé 28,64 millions.

Parmi les prix les plus importants, et pour des lots très bien vendus, figurent deux œuvres d’Alberto Giacometti. Une Femme de Venise V en bronze à patine brune et verte, haute de 110,5 cm, conçue en 1956 et fondue en 1958, a été payée 10,27 millions de dollars sur une estimation de 8 /12 millions. Un buste d’homme en plâtre réalisé en 1956  et assorti d’une estimation de 1,2/1,8 million a été payé 3,89 millions.

Un Mann und Frau (Umarmung) à la gouache d’Egon Schiele  estimé 4/6 millions de dollars a été payé 7,36 millions ;  5 millions sont allés à une Pflanze und Fenster Stilleben de Paul Klee, réalisée à l’huile sur toile en 1927, une œuvre estimée 3/4 millions.

Une Nature morte à la corbeille de Pablo Picasso, une huile sur toile de 1937 estimée 1,8/2,5 millions, a été payée 4,22 millions ; un dessin en noir de Georges Seurat, Promenade, a été échangé contre 3,33 millions sur une estimation de 1,5/2,5 millions.

Une huile sur toile double face de Georges Braque, avec un  Balustre et crâne au recto et une Nature morte au compotier au verso, réalisée en 1938a été payée 1,98 million sur une estimation 700.000/1 million. 

Cette dernière œuvre avait été payée 449.500 dollars par le présent vendeur en novembre 2002 chez Christie’s New York.

Une nature morte de Giorgio Morandi, peinte à l’huile sur toile en 1953, a été payée 1,98 million quand elle était estimée 700.000/1 million. 

L’œuvre qui représente la troisième plus haute enchère de la vacation, L’Air, une huile sur toile, peinte en 1938, par Joan Miro, est loin d’être un record puisque la toile a été payée 10,33 millions avec les frais (12%), c’est-à-dire très en dessous de son estimation de 12/18 millions sans les frais.
 
Des 6 œuvres de Fernand Léger proposées, 5 ont été vendues, et pour un total de quelque 27 millions de dollars, Les Quatre acrobates, une grande huile sur toile peinte en 1954 et estimée 4/6 millions n’ayant pas trouvé preneur.

L’enchère la plus élevée revient à La Tasse de thé, une huile sur toile peinte par Léger en 1921, estimée 8/12 millions sans les frais (12 %) et laissée légèrement sous son estimation basse à  8,14 millions avec les frais. 

Avec une remise plus franche, L’Anniversaire, une toile de 1953, a été payée 2,77 millions avec les frais sur une estimation de 3/4 millions. Le présent vendeur l’avait payée 2,2 millions en mai 2002 chez Sotheby’s New York, c’est-à-dire qu’il rembourse tout juste son investissement une fois soustrait la commission à l’acheteur et celle dont il doit également s’acquitter.  

Ce dernier s’en tire toutefois beaucoup mieux que le propriétaire d’un Chemin creux de Georges Seurat, une petite huile sur toile marouflée sur panneau peinte en 1887, et qui a été  payée 1,08 million avec les frais quand elle était estimée 1,8/2,5 millions sans ceux-ci.

Dans la même séquence, un pastel de Mary Cassatt a été payé 602.500 dollars (estimé 700.000/1 million) et une Femme debout (Nu debout IV), une petite sculpture d’Alberto Giacometti conçue et fondue en 1953842.500 dollars (estimée 900.000/1,2 million). Un Ciel d’été peint par Pierre Bonnard en 1915  a quant à lui été payé 698.500 dollars avec une estimation de 1/1,5 million.  

Les trois autres œuvres de Fernand Léger ont réalisé de belles performances : une Composition à la clarinette et au banjo sur papier a été payée 458.500 dollars avec les frais (20%) sur une estimation de 200.000/300.000 (le présent vendeur l’avait payée 216.000 dollars chez Sotheby’s New York en mai 2005) ;  une Nature morte à la clarinette peinte à l’huile sur toile en 1927 a été payée 7,92 millions de dollars, soit très au-dessus d’une estimation de 3,5/6,5 millions, et Femme sur fond rouge, femme assise, une huile sur toile de 1927 estimée 5/7 millions, a été payée 6,34 millions.

Parmi les lots importants vendus plus ou moins au niveau de leur estimation basse (à laquelle il convient d’ajouter 12 % pour que le prix payé lui soit conforme), La Seine à Argenteuil, huile peinte par Gustave Caillebotte en 1882, a été payée 5,12 millions de dollars sur une estimation de 5/7 millions, une Liseuse de romans par Van Gogh a été payée 3,1 millions avec une estimation de 3/4 millions (le présent vendeur l’avait payée l’équivalent de 4,29 millions de dollars chez Christie’s Londres en juin 2005).

Une Adrienne de Pierre-Auguste Renoir, réalisée à l’huile sur toile vers 1878, a quant à elle été payée 1,86  million de dollars avec les frais et en regard d’une estimation de 2/3 millions sans ces frais de 12 %.

En tête de gondole des 18 invendus d’un catalogue qui comptait 85 lots, figurent une  Maternité  peinte en 1921 par Pablo Picasso et estimée 7/10 millions de dollars, ainsi qu’une Maternité ou Femme allaitant son enfant (Madame Renoir et son fils Pierre) de Pierre-Auguste Renoir, une  toile de 1886 qui était estimée 5/7 millions.

Hier, la bourse de New York a peut être  mal réagi aux résultats  de la vacation équivalente de la veille au soir chez Sotheby’s. Après des mois d’une  forme insolente, le titre de la maison de ventes a perdu jusqu’à 6 % pour terminer la séance avec une perte de 2,33 %.

Ce redressement pourrait être expliqué par le bon résultat de sa vente d’art moderne new-yorkaise de l’après midi, où certains lots se sont vendus très au-dessus des estimations, mais avec des concessions sur certains prix et, au final, un taux d’invendus de l’ordre de 25 %. 

Pierrick Moritz  

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Catégories :Art moderne, Marché de l'art, New York City

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