« Madame Matisse au kimono » de Derain reste sur le carreau chez Christie’s

La vente d’art impressionniste et moderne proposée par Christie’s hier soir, à New York, est marquée par une déconvenue de taille : un des deux lots phares de la vente, Madame Matisse au Kimono, une huile sur toile d’André Derain peinte en 1905 et assortie d’une estimation de 15/20 millions de dollars n’a pas trouvé preneur faute d’enchères suffisantes. Dans la séquence fauve, cette œuvre a pu être considérée comme trop sage pour la période en regard d’une estimation élevée, tout comme Voiliers à Collioure, du même Derain, une huile sur toile également peinte en 1905, dont 5/7 millions étaient attendus et qui a connu le même sort.

La vente a rapporté 158,5 millions de dollars pour 44 lots vendus sur 47 présentés. Un résultat très en dessous des 230 millions générés la veille chez la concurrente Sotheby’s pour une vente dans la spécialité sur la même place, mais présentant beaucoup plus de lots (71 et 60 vendus). Il est toujours périlleux de comparer les résultats des deux opérateurs dans la mesure où la constitution de pareils catalogues doit représenter beaucoup de travail mais aussi un peu de chance. D’une saison sur l’autre, la roue tourne entre ces deux puissantes maisons de vente. Et on ne va pas non plus voir apparaître tous les ans un Cri de Munch sur le marché de l’art.

Le lot le plus cher du catalogue, Le Petit Pâtissier, une huile sur toile peinte par Chaïm Soutine vers 1927, assorti d’une estimation de 16/22 millions de dollars, a été facturé 18 millions. Il s’agit du prix le plus important jamais payé pour une œuvre de l’artiste vendue aux enchères.

Dans un segment très sélectif, animé des super riches, non représentatif de l’ensemble d’un marché de l’art occidental bouleversé par la crise financière et le marché de l’art chinois, certaines œuvres ont été disputées avec la conséquence de résultats très au-dessus des estimations. Peint en 1913 par Egon Schiele, un très long fragment d’un Autoportrait avec modèle, mesurant 70,5 x 241,2 cm, a franchement pulvérisé son estimation de 5/7 millions, avec une facture de 11,23 millions de dollars. L’œuvre était vendue par la Neue Galerie, musée new-yorkais spécialisé dans l’art allemand et autrichien du début du XXe siècle, notamment célèbre pour abriter un fabuleux portrait d’Adele Bloch-Bauer peint par Gustav Klimt. La Juive, une huile sur toile peinte par Amedeo Modigliani vers 1907-1908, a été échangée contre 6,8 millions de dollars pour une estimation de 2/3 millions. Ces deux lots n’avaient jamais été soumis au principe de la concurrence simultanée des enchères.

La deuxième enchère la plus importante de la vacation concerne Les Trois Acrobates, une huile sur toile peinte par Marc Chagall en 1926 et sur laquelle 13 millions de dollars ont été engagés quand 6/9 millions en étaient attendus. Le dernier passage de cette œuvre dans une vente aux enchères remonte à 1932. Très bon prix, également, pour un Chemin peint par Claude Monet en 1885, parti à 5,1 millions pour une estimation de 2/3 millions.

Une Peinture de Joan Miró, un grand format daté de 1933, a été cédée légèrement sous une estimation de 10/15 millions de dollars sans les frais (12 %), avec une facture de 10,98 millions avec ces mêmes frais.

De Pablo Picasso, une Mandoline et portée de musique, réalisée en 1923, a été facturée 9,1 millions de dollars pour une estimation de 7/10 millions et une Femme assise en costume rouge sur fond bleu, huile sur toile de 1953, est partie à 8,5 millions.

Certaines œuvres vendues ici ont été acquises récemment dans des ventes aux enchères. Payée 2,6 millions de dollars en 2006, chez Sotheby’s, Confidence, une huile sur toile de petit format par Pierre-Auguste Renoir, a été facturée quelque 3,6 millions ; 4,9 millions ont été engagés sur une Jeune femme assise en robe grise, une huile sur toile peinte par Henri Matisse en 1942, payée 4,2 millions, en 2008, chez Sotheby’s ;  facturé 3,4 millions de livres (5,5 millions de dollars) en 2011, toujours chez Sotheby’s, un Argenteuil, fin d’après-midi, peint par Claude Monet en 1872, a été payé 6 millions de dollars ; un Homme et femme, œuvre sur papier réalisée par Pablo Picasso en 1921, a été payé 6,2 millions pour un achat à 5,3 millions chez Sotheby’s en novembre 2010. Pour connaître le bénéfice des vendeurs, il faut soustraire ici des résultats les 12 % empochés par la maison de vente auprès de l’acheteur, la commission prise au vendeur et les frais liés à la vente (transport, publicité éventuelle,…).

Pierrick Moritz

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Catégories :Art moderne, Impressionnisme, Marché de l'art, New York City

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Rétroliens

  1. Quand l’art impressionniste, moderne et contemporain rapporte 1,45 milliard de dollars « Art Without Skin, l'art sans la peau

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