Des ventes d’art contemporain peu convaincantes (juillet 2010)

Affichant de faibles taux d’invendus, les résultats des ventes d’art contemporain proposées par Sotheby’s et Christie’s cette semaine à Londres se caractérisent aussi par de plus hautes enchères plutôt portées sur des œuvres d’artistes “ historiques” et avec, souvent, des prix correspondant aux estimations basses. Il en aurait falllu probablement un peu plus pour convaincre les actionnaires de Sotheby’s, seule maison de ventes directement cotée en bourse : le titre a perdu plus de 26 % de sa valeur en trois mois.

La vente du 28 juin chez Sotheby’s a généré 41 millions de livres pour un catalogue de 53 lots dont 9 n’ont pas trouvé preneur. Celle de Christie’s, hier soir, a produit 45,64 millions pour 63 lots lots présentés et 11 invendus.

L’année dernière, les ventes équivalentes avaient rapporté 25 millions de livres chez Sotheby’s et 19 millions chez Christie’s.

L’amélioration est moins notable qu’il n’y paraît, les lots présentés à ce moment-là étant moins importants en nombre (environ 40 pour chaque vente) et en valeur potentielle.

Les ventes en soirée équivalentes de 2008, alors que de premiers signes de faiblesse apparaissaient sur le marché de l’art (y compris dans ces vacations), avaient rapporté quelque 95 millions de livres à Sotheby’s et 61 millions à Christie’s.

Belle enchère pour Yves Klein

Chez Sotheby’s, RE 49 d’Yves Klein, technique mixte avec pigment bleu et résine synthétique, réalisée en 1961 et estimée 4,5 à 6,5 millions de livres sans les frais, a été payée 6,20 millions avec les frais.

Le record pour une œuvre d’Yves Klein dans une vente aux enchères publiques revient à MG 9, une composition réalisée à base de feuilles d’or sur panneau.

Estimée 8/10 millions de dollars, l’œuvre avait été payée 23,56 millions en mai 2008 chez Sotheby’s New York.

La valeur d’un Concetto Spaziale de Lucio Fontana mutilplié par 10 en 9 ans

Chez Sotheby’s, le second prix le plus élevé  revient à un Concetto Spaziale, la Fine di Dio de Lucio Fontana, une huile sur toile de 1963 payée 4,74 millions de livres sur une estimation de 4,5/5 millions.

Cette œuvre avait été achetée 466.000 livres par l’avant-dernier vendeur chez Christie’s Londres en février 2001.

Le prix le plus élevé relevé enregistré dans une vente publique pour une création de Lucio Fontana représente l’équivalent de 13,5 millions d’euros (Sotheby’s Londres, février 2008).

Alighiero e Boetti, figure historique de l’art contemporain

Christie’s a facturé 1,83 million de livres une Mappa d’Alighiero e Boetti réalisée en 1989 (estimée 900.000/1,2 million).

Il s’agit du prix le plus élevé enregistré pour une œuvre de l’artiste négociée en vente publique.

Chez Sotheby’s, une autre Mappa, de plus petites dimensions, qu’Alighiero e Boetti a également fait broder en Afghanistan, ici en 1983/1984, a été payée 881.250 livres sur une estimation de 600.000/800.00.

Les prix des créations de cet artiste exceptionnel, dont l’Œuvre va faire l’objet d’une grande retrospective qui passera notamment par le MoMA, sont en constate progression.

Les œuvres de Warhol  vendues autour de leur estimation basse

Le lot le plus cher des deux ventes, un Silver Liz de Warhol présenté par Christie’s, réalisé en 1963 et estimé 6 à 8 millions de livres sans les frais (12 %), a été payé 6,76 millions.

Dans la même vacation, un An American Lady: Kay Fortson, œuvre réalisée en 1976-1977 et estimée 1/1,5 million de livres, n’a pas trouvé preneur.

Un Flowers rouge de 1964 a été adjugé légèrement sous son estimation basse avec une facture de 713.250 livres.

Chez Sotheby’s, un Camouflage, autoportrait, 1986, estimé 1,5/2,5 millions de livres sans les frais (12 %) a été payé 1,72 million.

Un Three Jackies, trois toiles (50,8 x 40,6 cm chacune), 1964, a été facturé 1,53 million avec les frais quand 1,5/2 millions sans les frais en étaient attendus.

Le tableau a donc été adjugé légèrement sous son estimation basse.

Idem pour Richter, à une exception près

Chez Sotheby’s, un Neger (Nuba) de Gerard Richter, une huile sur toile de 1964 estimée 3,5/4,5 millions de livres sans les frais (12 %), a été payé 3,73 millions avec les frais.

Du même artiste, un Abstraktes Bild,  huile sur aluminium, 1997, estimé 1/1,5 million, a été payé 1,16 million.

Un autre Abstraktes Bild, estimé 1,8/2,5 millions de livres, n’a pas trouvé preneur.

Dans la vacation de Christie’s, Heu (Hay) réalisé par l’artiste en 1995 a été payé 1,38 million avec les frais (estimé 1,2/1,8 million sans).

Un Porträt Schniewind, huile sur toile en trois parties, réalisé en 1964, estimé 1/1,5 million de livres, a été échangé contre 1,16 million.

Seul à ne pas avoir été payé au niveau de son estimation basse, un Abstraktes Bild de 1986, estimé 1,5/2,5 millions de livres, a  été payé 2,39 millions.

Son avant-dernier propriétaire l’avait acheté 603.500 dollars chez Christie’s New York en 2002.

Hémorragie financière sur une infirmière de Richard Prince

Richard Prince revenait sur le devant de la scène chez Sotheby’s avec l’une de ses multiples et inquiétante infirmières.

Cette Millionaire Nurse, impression jet d’encre et acrylique sur toile, 2002, vendue 2,12 millions de livres, est particulièrement mal nommée puisque le vendeur l’avait l’avait payée 4,74 millions de dollars (Sotheby’s New York, mai 2008).

Soit une perte conséquente compte tenu des commissions à l’acheteur et au vendeur qui seront encore déduites du résultat.

3,40 millions de livres pour un Loopy de Koons

Chez Christie’s, Loopy, une huile sur toile peinte en 1999 par Jeff Koons, a été payée 3,40 millions de livres sur une estimation de 2,5/3,5 millions.

Du même artiste, un Baggage Car en acier inoxydable, de la série Jim Bean commise en 1986 (wagons ou locomotives de trains remplis de bourbon, sur le modèle des bouteilles à liqueur fantaisie), a été payé 634.850 livres sur une estimation de 550.000/750.000.

En mai dernier à New York, Sotheby’s avait vendu une pièce de cette série, J.B. Turner Engine, une locomotive à la même échelle, également numéro trois d’une série de 3  plus 1 épreuve d’artiste, pour 2,32 millions de dollars.

En 2007, pour cette série de 1986 et avec le même tirage et le même ordre de dimensions, un Cadoose (2/3) avait était payé 1,60 million de dollars et un Observation Car  (2/3) 1,60 million de dollars chez Sotheby’s New York.

Une cote cependant pas vraiment à la baisse pour Koons car ce genre de “babiole” se vendait autour de 56.000 livres chez Sotheby’s Londres en 2000.

Pas d’acheteur pour des œuvres importantes de Basquiat et Lichtenstein

Outre le tableau de Richter chez Sotheby’s, les deux autres invendus les plus importants de ces deux soirées sont, chez Christie’s, un sans titre de Jean-Michel Basquiat (1982), estimé 2,5/3,5 millions de livres et un Woman Reading Roy Lichtenstein (1980) estimé 2,5/3,5 millions.

Un autre sans titre de Basquiat a tout de même été payé 881.250 livres (estimé 550.000/ 850.000) dans la vacation de Christie’s.

Pierrick Moritz

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Catégories :Art contemporain, Londres, Marché de l'art

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