Le marché de l’art contemporain, en chute libre, plus imprévisible que jamais

11 novembre 2009 par Pierrick Moritz

New York – Vente d’art contemporain chez Christie’s du 10 novembre 2009

Montagnes et roulette russes

Les résultats de la vente d’art contemporain de Christie’s, hier soir à New York, soulignent l’aspect aléatoire des estimations des œuvres de cette période. Alors que les trois lots les plus importants de la vacation n’ont pas trouvé preneur, d’autres ont été payés très au-dessus des estimations, au point de relativiser cette déconvenue. Si le phénomène s’explique par des estimations en partie très raisonnables,  il pose également le problème de la fiabilité des expertises. Une donnée propre à renforcer la défiance des vendeurs pour la spécialité. On observe une baisse sensible des chiffres d’affaires sans commune mesure avec celle des volumes d’œuvres mis en vente.

Un résultat qui ne représente que 23 % du chiffre d’affaires de la vente équivalente de novembre 2007

La vacation a rapporté 74,15 $millions pour 39 lots vendus sur 47 présentés contre 113,27 $millions pour 43 lots vendus sur 75 présentés pour  la vente équivalente de Christie’s, l’année dernière à New York. En novembre 2007, le chiffre d’affaires de la vacation d’art contemporain équivalente avait été de 325 millions de dollars (47 lots vendus sur 67 présentés).  

Pas d’acheteur pour les trois lots les plus importants du catalogue 

Les trois œuvres dont les estimations étaient les plus élevées n’ont pas trouvé preneur. Il s’agit de Brother’s Sausage, une importante création de Jean-Michel Basquiat en 6 panneaux, réalisée en 1983 et estimée 9/12 $millions et de deux sérigraphies de Andy Warhol, Tunafish Disaster (1963, estimée 6 à 8 $millions) et Most Wanted Men No. 3, Ellis Ruiz B. (1964, estimée 5,5/6,5 $millions).

Le quatrième tableau le plus cher vendu au ras de son estimation basse

Une huile sur toile sans titre de Joan Mitchell estimée entre 5 et 7 $millions sans les frais a été payée 5,45 $millions avec les frais (12%). Ce qui veut dire que le montant de la dernière enchère se situait juste sous la barre des 5 $millions minimum attendus.

Le cinquième lot le plus cher au catalogue devient le premier

Reflection (What does your soul look like), un grand format à l’huile de Peter Doig, réalisé en 1996 et estimé entre 4 et 6 $millions a été payé 10,16 $millions.

Arts floral et ménager selon Jeff  Koons

Une sculpture en bois polychrome de Jeff Koons représentant un bouquet de fleurs a été payée 5,68 $millions sur une estimation de 4/6 $millions. Il s’agit du numéro 1 d’une série 3 plus une épreuve d’artiste. Cette œuvre avait été payée l’équivalent de $994.961 en 2000 lors d’une vente chez Christie’s Londres. Une petite installation avec deux aspirateurs et néons sous Plexiglas de l’artiste, sobrement intitulée New Shelton Wet/Dry 5-Gallon, New Hoover Convertible Doubledecker one Shelton Wet/Dry, one Hoover Convertible, est quant à elle partie à 3,10 $millions. Toujours en 2000, chez Christie’s New York, elle avait été payée $358.000. En mai 2008, une création à l’identique mais avec quatre aspirateurs avait été achetée 11,80 $millions, toujours chez Christie’s New York.   

Des résultats supérieurs aux estimations

Parmi les enchères finales largement supérieures aux estimations, une huile sur toile de Jasper Johns, Dancers on a Plane, peinte en 1980-1981 et estimée 1,5/2 $millions a été payée 4,33 $millions ; 3,55 $millions ont été déboursés pour un mobile d’Alexander Calder estimé 1/1,5 $million ; 1,98 $million pour un assemblage de 14 dessins par Jean-Michel Basquiat qui était estimé 500.000/700.000 dollars ; sur la base d’une estimation de 600.000/800.00 dollars, une sculpture de David Smith de 1946, Abandoned Foundation (Landscape), a finalement été payée 1,42 $million. 
 

812.500 dollars pour un portrait de Michael Jackson par Andy Warhol

Une sérigraphie retouchée à la peinture de Michael Jackson par Andy Warhol, datée de 1984 et estimée 500.000/700.000 dollars a été payée 812.500 dollars.  

Pierrick Moritz

Le Musée du Louvre fait son marché de l’art à Marseille

10 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Préemptions de dessins anciens

Le Département des Arts Graphiques du Musée du Louvre a préempté six dessins anciens lors d’une vacation aux enchères dans la spécialité organisée à Marseille le 31 octobre par la maison de ventes Leclere. Les œuvres, vendues à la feuille, proviennent d’un libri amicorum* dont les 115 dessins ont rapportés 252.000 euros. Parmi les acquisitions du Louvre,  figure un dessin à la plume et à l’encre noire de Pietro Benvenuti Vestales allumant le feu sacré devant les trois barques (27,5 cm x 37,5 cm, payé 15.600 €). PM

*Album qui, dans la tradition humaniste, était destiné à marquer d’une illustration des évènements ou rencontres particuliers et dans lesquels on trouve des œuvres de différents auteurs, parfois célèbres. Rembrandt, par exemple, a laissé des dessins dans ce type d’album.

La peinture ancienne, star de l’année 2009

10 novembre 2009 par Pierrick Moritz

En 2009, les œuvres d’art les plus chères présentées en ventes publiques sont des peintures anciennes

Loin devant celles des œuvres d’art contemporain (en queue de peloton) et moderne, la peinture ancienne s’offre cette année la première place au classement des œuvres les plus chères présentées en ventes publiques. À Londres, en décembre, Christie’s livrera aux enchères une Tête de muse de Raphaël, un dessin à la pierre noire estimé entre 13 et 18 millions d’euros, ainsi qu’un portrait d’homme par Rembrandt dont entre 20 et 28 millions d’euros sont attendus. Sotheby’s ne demeure en reste en proposant un portrait de femme par Rubens dont l’estimation est communiquée sur demande. Les deux maisons de ventes présentent des catalogues de qualité muséale pour ces vacations. PM

Sur le même sujet, voir  :

 http://artwithoutskin.com/2009/09/22/un-exceptionnel-tableau-de-rembrandt-apparait-sur-le-marche-de-lart/

http://artwithoutskin.com/2009/07/11/quand-la-peinture-ancienne-fait-mieux-que-lart-contemporain/

http://artwithoutskin.com/2009/01/29/la-peinture-ancienne-substitut-de-crise-pour-le-marche-de-lart/

Prodigieux “Salomé” à l’Opéra Bastille

8 novembre 2009 par Pierrick Moritz

L’essence parfaitement restituée de l’opéra de Richard Strauss dont le livret est tiré de la pièce sacrilège d’Oscar Wilde.

Ici, le langage exalté et imagé dans la  pure veine symboliste, où le blanc est d’ivoire et la lune d’argent, habille une violence poussée au paroxysme, celle de la quête de l’absolu (la très jeune Salomé désire le Prophète), et plutôt voir pourrir la chair que de ne pas la posséder, fusse-t-elle celle de Dieu.

Monter cet opéra en un seul acte  représente un risque insensé, tant le langage et la dramaturgie peuvent conduire à l’outrance et faire oublier que le miracle du Salomé Strauss/Wilde est qu’il contient l’énergie universelle de la sexualité exacerbé et frustré, de la folie, de sentiments passionnels, dévorés par leurs contraires. Soit une tension démesurée, captée et restituée  de bout en bout par des artistes au diapason dans l’excellence (mise en scène, interprétation, direction musicale, décor, éclairage, chorégraphie). 

La tenue du rôle-titre est une performance vocale, physique, dramatique, que Camilla Nylund tient  jusqu’à l’ivresse. La direction d’orchestre d’Alain Altinoglu est exceptionnelle.

Salomé à l’Opéra Bastille jusqu’au 1er décembre 2009. Prix des places :  de 5 à 138 euros.

Infos  : http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/

Pierrick Moritz

Record et désaccord autour d’un sceau impérial Qianlong

5 novembre 2009 par Pierrick Moritz

La Chine proteste après la vente à Londres d’un sceau impérial

Après la vente par Sotheby’s, aujourd’hui à Londres, d’un sceau impérial chinois du XVIIIe siècle pour l’équivalent de 3,97 millions d’euros et selon le site de Radio Chine Internationale, l’Administration d’État des Antiquités chinoises a réitéré sa volonté de s’opposer à la vente à l’étranger d’antiquités de son pays issues de vols ou de pillages. Cette transaction susciterait une vive émotion chez les internautes chinois.

L’objet en jade sculpté et gravé orne la couverture du catalogue de Sotheby’s. Estimé par la maison de ventes 7 fois moins cher que le prix finalement réalisé, il affiche une description sommaire dans laquelle est simplement indiqué, au sujet de sa provenance, “a été acquis à Paris dans les années 1970″.

En février dernier à Paris, lors de la vente Yves Saint-Laurent/Pierre Bergé, la mise en vente de deux têtes animalières chinoises en bronze, volées sur la fontaine zodiacale de l’ancien Palais d’été Yuanmingyuan à Beijing pendant des pillages orchestrés par les forces anglo-françaises en 1860, avait fait l’objet d’une vive polémique entre la maison de ventes, Christie’s, et les Responsables du Patrimoine chinois qui en réclamaient la restitution.  

L’affaire s’était soldée par l’intervention de Cai Mingchao, l’un des plus importants acquéreurs d’antiquités impériales chinoises, notamment en ventes publiques sur la place de Hong Kong, et également conseiller du Fonds du Patrimoine  National de la Chine, fondation créée en 2002 pour le retour des objets d’art pillés dans le pays. Cai Mingchao était parvenu à faire échouer la vente en refusant de payer publiquement les œuvres qu’il avait remportées pour la somme de 31,5 millions d’euros.  PM

Sotheby’s vend pour 182 millions de dollars d’art impressionniste et moderne

5 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Ventes d’art moderne et contemporain à New York du 3 au 12 novembre

Narguant les mauvais résultats de la première vacation de la veille chez sa rivale Christie’s, Sotheby’s a  vendu hier soir pour 182 millions de dollars d’art impressionniste et moderne. Les enchères finales ont  souvent largement dépassé les estimations pour un taux d’invendus très faible (13,4%).  Barques au port de Collioure d’André Derain, une huile sur toile peinte vers 1905, et surtout un extraordinaire Homme qui chavire, bronze d’Alberto Giacometti créé en 1950 et fondu en 1951, marquent les deux plus fortes enchères de la vacation et avec des écarts spectaculaires en regard des estimations  : le tableau a été payé 14,08 millions de dollars sur une estimation de 6 à 8 millions et la sculpture 19,34 millions quant le vendeur en attendait 8 à 12 millions. Malgré cette incontestable réussite, et comme pour sa concurrente directe, le chiffre d’affaires d’hier soir demeure très inférieur à ceux des deux années passées pour les ventes équivalentes.  

Un catalogue de qualité muséale avec des œuvres inédites

La principale raison de ce succès tient à l’excellence d’un catalogue constitué d’œuvres de qualité muséale, jamais passées en vente publique, voire sur le marché de l’art en général. Cette offre exceptionnelle semble avoir monopolisé l’intérêt d’acheteurs au très fort potentiel économique moins nombreux que les années passées, au détriment de celle de Christie’s dont certains lots importants avaient déjà été adjugés en ventes publiques ces dernières années et présentaient des estimations bien plus élevées que les prix auxquels ils avaient été payés. 

L’homme qui chavire version 1950 bat de peu celle de 1947

De Alberto Giacometti, la version de L’Homme qui chavire, vendue hier soir par Sotheby’s pour 19,34 millions de dollars, a été conçue en 1950 et fondue en 1951. Il s’agit de l’exemplaire N°5 d’un tirage de 6 en bronze peint. En mai 2007, Christie’s avait vendu une autre version de cette œuvre, créée en 1947 et fondue avant novembre 1950. Là,  le modèle, représenté dans une pose légèrement différente (ce qui en dit long sur le travail de recherche acharné de l’artiste) est plus petit (58,8 cm contre 59,3 cm) dans un bronze à patine brune. La sculpture, exemplaire 2/6 avait été payée 18,52 millions de dollars, un résultat qui constituait jusqu’à hier soir le deuxième prix le plus élevé payé pour une œuvre de l’artiste vendue en vente publique, le record étant de 27,48 millions de dollars (pour Grande femme qui marche II, vendue chez Christie’s en mai 2008, un bronze à patine brun foncé de 278 cm de hauteur, conçu en 1959 et fondu en 1961, exemplaire 1/6). 

Van Dongen, Picasso et Kandinsky au pinacle des enchères

Parmi les autres enchères les plus importantes de la vacation, une huile sur toile de van Dongen, Jeune Arabe, peinte en 1910-1911, a été payée 13,80 millions de dollars sur une estimation de 7/10 millions, un buste d’homme par Picasso, de sa série des mousquetaires de la seconde moitié des années 1960, 10,38 millions sur une estimation de 8/12 millionset une composition datée de 1932 par  Kandinsky 10,61 millions sur une estimation de 6/8  millions.

Le collection Durand-Ruel

Des 7 œuvres de la collection du marchand d’art Paul Durand-Ruel, Le Pont  Boieldieu et la gare de d’Orléans, Rouen, soleil, de Camille Pissarro a marqué la plus haute enchère avec un prix payé de 7 millions de dollars sur la base d’une estimation de 2 à 3 millions. L’huile sur toile Femme au Chapeau blanc de Pierre-Auguste Renoir, peinte en 1882, a été payée 2,88 millions de dollars sur une estimation de 2,5/3,5 millions.

9 œuvres invendues et peu de concessions sur les estimations

Une huile sur toile de Claude Monet de 1887, Clématites, estimée 2,5/3,5 millions de dollars, une autre de Pablo Picasso de 1964, Le Peintre et son modèle, dont 3,25/4,25 millions étaient attendus, et une toile de  Miro de 1946, estimée 1,8/2,5 millions, sont les invendus les plus importants de la vacation. Les estimations basses des autres œuvres ravalées oscillent entre 600.000 dollars et  1,75 million (deux pastels de Degas, des huiles de Bonnard, Dufy, Sisley, Léger). Du côté des lots vendus sous leur estimation basse, un pastel de Degas Danseuse violette, vers 1895-1898, a été laissé sous ses 700.000 dollars à 650.000 dollars, un paysage de Gréolières par Chaïm Soutine à 698.500 dollars quand le vendeur en espérait au minimum 800.000 et une mine de plomb par Henri Matisse à 482.500 dollars contre 600.000 attendus.

Des chiffres d’affaires qui restent inférieurs à ceux des deux dernières années

Par rapport aux chiffres d’affaires des deux ventes équivalentes de novembre 2008 chez Sotheby’s et Christie’s à New York, ceux de cette semaine affichent un net recul. Sotheby’s avait réalisé 223,82 millions de dollars (dont 60 millions pour une seule composition suprématiste de Malevitch et 24 invendus sur les 69 lots présentés) quand elle en a produit 182 hier et Christie’s 146,71 millions (39 invendus sur 86 lots présentés) contre 65,67 millions mardi soir. Comparée aux ventes équivalentes de novembre 2007, la différence est encore plus importante : Christie’s réalisait quasiment 395 millions de dollars et Sotheby’s 270 millions.

Pierrick Moritz

Les estimations ne comprennent pas les frais payés en plus par l’acheteur à la maison de ventes. Pour New York, ces frais sont de 20 % entre $50.000 et 1 $million et de 12 % au-dessus d’1 $million. Les résultats incluent ces frais.

Tous les textes et analyses signés publiés sur Artwithoutskin sont protégés par les lois sur les droits d’auteur. Leur antériorité de publication en premier lieu, et les sources d’enquêtes en second, auront valeur de preuves devant les tribunaux compétents. Toutes les photographies originales de ce blogs sont systématiquement recadrées à partir des originaux. Les auteurs peuvent donc prouver qu’ils en détiennent les droits de reproduction sur simple présentation de ces originaux non publiés et non recadrés devant les tribunaux compétents.

À New York, les grandes ventes d’art commencent plutôt mal

4 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Le marché de l’art reste affecté par la crise économique jusqu’à son plus haut niveau

La série de ventes d’art moderne et contemporain organisée jusqu’aux 12 novembre à New York par Sotheby’s et Christie’s a plutôt mal commencé avec la première, une vacation d’art moderne et impressionniste, présentée hier soir par Christie’s.  Malgré quelques lots vendus très au-dessus des estimations, la prouesse étant mise à mal par des invendus de poids, le résultat  confirme que le marché de l’art reste affecté par la crise et ce jusqu’à son plus haut niveau. Pour un produit de 65,67 millions de dollars, 33% des 40 lots présentés n’a pas trouvé preneur dont 4 des 6 œuvres les plus chères du catalogue, comme une Tête de femme de Pablo Picasso de 1943 estimée 7/10 millions de dollars et une Composition de Piet Mondrian dont 4,5 à 6,5 millions de dollars étaient  attendus.

Pour la peinture, les enchères les plus élevées vont à l’impressionnisme

Le lot-phare de la vente, Danseuses, un pastel sur papier d’Edgar Degas, réalisé vers 1896,  51,1 cm x 40 cm, a produit la meilleure enchère de la vacation en étant payé 10,72 $millions, soit au dessus d’une estimation haute de 9 $millions. De Claude Monet, Vétheuil, effet de soleil,  une  huile sur toile de 1901, 82 cm x 93 cm, a produit 5,45 $millions, en conformité avec son estimation basse.

L’enchère la plus spectaculaire pour Auguste Rodin

Un Baiser d’Auguste Rodin, sculpture à patine brune,  moyen modèle dit “Taille de la Porte” (avec base simplifiée, hauteur : 86, 4 cm), création de 1880-1881 et, pour la présente pièce, fondue entre 1897 et 1901, a été payé 6,35 $millions sur une estimation de 1,5/2 $millions. La seconde œuvre du sculpteur présentée dans la vente, Néréides, grand modèle dit aussi Trois Sirènes ou La Vague, un bronze à patine brune conçu en 1887 et fondu en 1899, a aussi largement dépassé son estimation de 350.000/450.000 dollars en étant finalement payé 626.500 dollars.

Des invendus de poids

N’ont notamment pas trouvé preneur :  Tête de femme,  huile sur toile de 1943 de Picasso, estimée 7 à 10 $millions ; Composition II, avec rouge, toile peinte en 1926 par Piet Mondrian, estimée 4,5/6,5 $millions ; Le Pont du chemin de fer, Pontoise de Camille Pissarro,  huile sur toile peinte vers 1873 et estimée 3,5/4,5 $millions ;  Rosace de Henri Matisse , gouache,crayon et papiers collés sur papier marouflé sur toile, 1954, diamètre : 193 cm, estimée :   3/4 $ millions ; un Portrait du photographe Dilewski par Amedeo Modigliani,  huile sur toile de 1916, 73 cm x 50,3 cm, estimé entre 3 et 5 $millions.

Des œuvre de, Signac, Van Gogh, de Lempicka et Dali payés au-dessus des estimations hautes

Un portrait du marquis Sommi peint en 1925 par Tamara de Lempicka et estimé 2 à 3 $millions a été payé 4,33 $millions ; avec la même estimation, un Vieux port de Cannes par Paul Signac, peint en 1918, est monté à 3,77 $millions et un Nu dans la plaine de Rosas, une toile de Salvador Dali de 1942, a été payé 4 $millions. En juin 2000, cette dernière œuvre avait été payée l’équivalent de 700.000 dollars par le présent vendeur chez Christie’s Londres. Tisserand, une huile sur toile de Vincent van Gogh, a été payée 818.500 $ sur la base d’une estimation de 400.000 $/600.000 $.

Vendus sous leur estimation basse

Estimée 2/3 $millions, une nature morte par Henri Fantin-Latour de 1865 a été laissée à 1,70 $million, un portrait de jeunes femmes par Christian Schad estimé 500.000/700.000$ à 362.500 $, un grand bronze d’Aristide Maillol Monument à Paul Cézanne estimé 1,5/2 $millions à 1,42 $million. Les estimations étant données sans les frais payés par l’acheteur en plus du prix de l’adjudication (20 % de $50.000 à 1 $millions, 12 % au-dessus), contrairement aux résultats, les écarts entre estimation et adjudication demeurent sensibles dans les cas cités.

Pierrick Moritz

Sotheby’s propose une  grande vente d’art moderne et impressionnistece soir à New York. Sur le sujet, lire :  http://artwithoutskin.com/2009/10/23/sothebys-un-peu-trop-euphorique/

Un tableau de Vincent van Gogh vendu ce soir à New York

3 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Tisserand, un portrait du désespoir

Ce soir à  New York, lors d’une importante vente d’art impressionniste et moderne, Christie’s mettra en vente Tisserand, une œuvre peinte par Vincent van Gogh en février 1884.  

Cette huile sur toile, marouflée sur panneau et mesurant 36,6 cm x 45 cm, représente un modeste tisserand au travail dans un intérieur nu. D’une grande force dramatique,  le tableau montre l’homme  faisant corps avec son métier à tisser, il est un élément parmi d’autres de l’encombrante machine.

Passée totalement inaperçue dans les nombreux commentaires sur les importantes vacations d’art moderne qui se tiennent cette semaine à New York, probablement  en raison d’une estimation peu spectaculaire (400.000/600.000 dollars), cette œuvre saisissante n’est jamais passée en vente publique et a très peu changé de mains au cours de son histoire. Elle est répertoriée au catalogue raisonné de l’Œuvre de Vincent van Gogh par de la Faille depuis 1928. 

Selon un commentaire de la maison de ventes, la province néerlandaise du Brabant, célébre  pour la qualité de ses textiles artisanaux, voit  sa production locale sinistrée par la fabrication industrialisée du XIXe siècle dont  la concurrence intense de l’Angleterre. Le Brabant perd ses marchés textiles d’exportation et le tissage n’a bientôt plus que la consommation nationale, beaucoup moins lucrative, comme unique débouché. 

Le travail est effectué dans les maisons des artisans ruraux indépendants et de tisserands dont très peu ont pu suivre les progrès de l’industrie textile. Les ouvriers, rarement propriétaires de leur outil de travail, sont mal payés et contraints de vivre dans des taudis sordides.

Particulièrement sensible au sort de ces ouvriers misérables, Vincent van Gogh a créé plusieurs œuvres sur ce sujet.

Voir le tableau :  http://www.christies.com/LotFinder/lot_details.aspx?from=salesummary&intObjectID=5258557&sid=64db1cc7-6ad8-4aff-9515-4e57cd38215a

Pierrick Moritz

Art Review publie son “Power 100″

2 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Les musées plus prescripteurs que les galeries selon le consensus annuel de Art Review

Le magazine britannique Art Review publie son très médiatique - et trés fluctuant - classement annuel des 100  personnalités les plus influentes du monde de l’art. Soit tout un programme, forcément empreint de subjectivité, comme le reconnaît d’ailleurs la revue. 
 
Cette année, le consensus présente les directeurs de musée comme plus prescripteurs que les galéristes en matière de nouvelles tendances artistiques. On remarquera que ce constat est assez logique en période de crise puisque les seconds engagent leur propre argent, tandis que les premiers bénéficient de celui de leur institution. Sur un projet novateur, la prise de risques n’est pas du tout la même.
Hans Ulrich Obrist, notamment co-directeur d’expositions à la Serpentine Gallery de Londres, est numéro 1 du classement. Glenn D. Lowry, directeur du Museum of Modern Art de New York et Sir Nicholas Serota, directeur de la Tate Modern de Londres, occupent respectivement les deuxième et troisième places.
Le premier artiste cité dans le classement, à la 10ème place, est le peintre et vidéaste américain Bruce Nauman. Quant à Damien Hirst, numéro 1 en 2008, il  est rétrogradé à la 48ème place. 
PM

Les Rothko de Ezra Merkin exposés à Moscou

31 octobre 2009 par Pierrick Moritz

Selon un article du Art Newspaper du 15 octobre, les douze tableaux et une œuvre sur papier de Mark Rothko, datés de 1949 à 1969, qui ont été vendus pour 310 millions de dollars en juillet dernier aux États-Unis par J. Ezra Merkin, un financier new-yorkais  impliqué dans l’affaire Madoff, seront exposés au printemps prochain au Garage, le centre d’art contemporain créé par Dasha Zhukova et Roman Abramovich à Moscou.

Le  produit de la vente de ces œuvres de Mark Rothko, amputé de frais divers dont une commission de 11 millions versée à l’intermédiaire de la transaction, ont été gelés par le Procureur de l’État de New York qui enquête sur l’affaire Madoff, l’arnaque à 50 milliards de dollars.

 PM

Quand le vide-greniers double Internet

30 octobre 2009 par Pierrick Moritz

Effondrement des prix des objets de brocante sur le Net

Devant la surabondance de l’offre, les prix des petits objets de brocante sont en chute libre et les invendus n’ont jamais été aussi nombreux sur Internet.  Le bon vieux vide-greniers apparaît désormais comme l’alternative la plus efficace pour écouler les objets de ce type.

Lire l’article détaillé sur :  http://brocante.suite101.fr/article.cfm/le_grand_retour_du_videgrenier

Documentaire “La Mise à mort du travail” sur France 3

27 octobre 2009 par Pierrick Moritz

La maltraitance au travail globalisée

Hier soir, France 3 a diffusé le premier volet  de l’excellente série-documentaire  de Jean-Robert Viallet  (sur une idée de Christophe Nick) pudiquement intitulée La Mise à mort du travail.

Cette enquête rigoureuse nous donne à voir comment, à travers une globalisation générale et atroce des méthodes de management, valable aussi bien pour l’employé que pour le cadre supérieur, et dont le seul but demeure la rentabilité à outrance des investissements des actionnaires, les salariés sont aliénés et maltraités par leur entreprise. 

Des sociétés commerciales impitoyables qui, de toute façon, les lâcheront au premier signe de faiblesse, quand elles ne les détruiront pas un peu plus au moment de la démission en mettant le dévouement dont elles ont bien profité sur le compte de désordres personnels. 

Le documentaire nous montre des recrutements gérés de manière effrayante, jouant sur les faiblesses, flattant  les bas instincts et l’identité rêvée de chacun. 

La deuxième partie de cette enquête passionnante sera diffusée mercredi soir, 28 octobre, sur France 3 à 23 heures 30.

Pierrick Moritz

L’art moderne et contemporain arabe et iranien produit 567.211 euros chez Artcurial

27 octobre 2009 par Pierrick Moritz

Le 24 octobre, et pour la première fois, Artcurial présentait à Paris une vente aux enchères dédiée à l’art moderne et contemporain iranien et arabe. Avec la mobilisation de collectionneurs iraniens, le produit final de la vacation a atteint  567.211€ pour 52 lots vendus.

Des artistes soutenus par la clientèle iranienne et moyen-orientale du monde entier

« Un résultat très encourageant » commentait François Tajan à l’issue de la vente. Il constatait également  l’intérêt d’une nouvelle clientèle pour la maison de ventes : « En effet, contrairement à l’art contemporain chinois qui était acheté essentiellement par des collectionneurs européens et américains, l’art arabe et iranien est largement soutenu par la communauté iranienne et moyen-orientale du monde entier. Les collectionneurs iraniens se sont d’ailleurs fortement mobilisés pour cette vente,  avec une présence massive aussi bien lors des cocktails et expositions que pendant la vente. Il sera, pour notre maison, intéressant de fidéliser cette nouvelle clientèle, non seulement pour cette spécialité mais bien au-delà. »

27.700 € pour le cheval “aux jambes liées” de  Hossein Khosrojerdi 

Les chevaux de la collection d’Amir Homayoun Sadri présentés lors de la vacation, des sculptures d’un mètre vingt de hauteur commandées aux plus grands artistes iraniens à l’occasion de la réouverture de l’hippodrome de Téhéran, ont été achetés par des collectionneurs de Paris, Los Angeles, Londres et Téhéran. Le cheval “aux jambes liée” de  Hossein Khosrojerdi, d’une grande force symbolique, a été vendu 27.700 € tandis que celui de Sadegh Tabrizi, intitulé Le Sabot doré, a produit 18.600 €.

Intérêt soutenu pour les fondateurs de l’art iranien et l’art arabe modernes

Les artistes fondateurs de l’art iranien ont été préférés aux œuvres plus avant-gardistes. Les œuvres de Farhad Moshiri, Parviz Tanavoli, Mohamad Ehsaie, Shirin Neshat, Abbas Kiorastami ou Reza Derakshani ont été payées entre 10.000 € et 75.000 €. L’art arabe du XXème siècle a été  très soutenu : des créations des Algériens Abdallah Benanteur et Mahjoub Ben Bella sont respectivement  parties à 25.300 € et 7.700 €, une œuvre de la peintre marocaine Chaïbia, disparue en 2004, est partie à 16.100 € tandis qu’une autre de l’Égyptien Adam Henein était vendue 8.300 €.

 Les plus fortes adjudications de la vente (frais compris)

Farhad Moshiri : Calligraphie Chiffres, 2003, 180 cm x 145 cm  :  77.400 €.

Mohamad Ehsaie : Hameh, 2008, 200 cm x 148 cm  : 57.500 €.

Parviz Tanavoli : Standing Heech, sculpture en bronze, 2007, 5/6 , 62 cm x22 cm x16 cm :  52.300 €.

Hossein Khosrojerdi : Cheval-sculpture en fibre de verre :  27.700 €.

Abdallah Benanteur : Les Idylles, 1991, 119,50 cm x 119,50 cm  : 25.300 €.

Farhad Moshiri : La Jarre , 2000, 235  cm x120  cm  :  25.300 €.

Sadegh Tabrizi : cheval-sculpture en fibre de verre :  18.600 €.

Chaïbia : La Partie, 1975, 113 x 92 cm :  16.100 €.

Shirin Neshat : Fervor, 2000, photographie noir et blanc, 1/10, 45 cm x 56 cm : 14.600 €.

Reza Derakshani : The Rose and The Nighttingle, 2006 , 220 cm x 90 cm :  14.000 €.

Sur le même sujet, lire aussi :  http://artwithoutskin.com/2009/08/03/art-moderne-et-contemporain-iranien-et-arabe-chez-artcurial/

PM (avec communiqué)

Vendre ses objets de brocante et de collection

26 octobre 2009 par Pierrick Moritz

Tendance effondrement des prix et invendus, tenter d’échapper au pire 

Dans un climat économique morose, avec des prix au plus bas quasiment dans tous les domaines des objets de brocante et de collection (sauf objets exceptionnels, et encore), une offre monstre et un nombre d’ invendus à l’avenant sur certains sites de vente du Web, vous trouverez  quelques informations pour tenter d’échapper au pire en cliquant  ici et .  PM

Place Denfert-Rochereau, le “Lion de Belfort” revisité par des manifestants

26 octobre 2009 par Pierrick Moritz

Le vrai sens de l’art urbain

L’art comme arme du combat  

 035Superbe et signifiant : le Lion de Belfort recouvert des autocollants jaune d’or utilisés par l’entreprise Continental sur ses pneus. Crédit photo : Pierrick Moritz.

Le Lion de Belfort de la place Denfert-Rochereau a été revisité lors de la manifestation pour la défense de l’emploi industriel, organisée jeudi dernier à Paris. 

Le monument, spontanément recouvert d’autocollants de l’entreprise Continental, rappelle le vrai sens de l’art urbain :  la révolte, la lutte, la revendication. 

Soit une identité à mille lieux de la récupération “embourgeoisée” du mouvement.  

PM