Une vente aux enchères historique à Londres

4 février 2010 par Pierrick Moritz

Deux œuvres exceptionnelles ont produit quasiment 55 % du mirobolant chiffre d’affaires de 167,97 millions d’euros (146,83 millions de livres) généré par la vente d’art impressionniste et moderne proposée hier soir par Sotheby’s à Londres.

Il s’agit d’un exemplaire de L’Homme qui marche I d’Alberto Giacometti payé 74 millions d’euros (65 millions de livres) et  d’une rare vue de l’église de Cassone avec des cyprès peinte en 1913 par Gustav Klimt qui a été payée 37,92 millions d’euros (26,92 millions de livres).

Au cours de la même vente, une nature morte de Paul Cézanne n’a pas dépassé son estimation basse en partant à 13,50 millions d’euros  (11,80 millions de livres).

Seulement 7 lots sur les 39 présentés n’ont pas trouvé preneur.

La vacation équivalente de l’année dernière, catastrophique et avec des invendus aux estimations millionnaires, avait rapporté à Sotheby’s 32,56 millions de livres. En février 2008, cette vente londonienne avait tout de même généré 116,69 millions de livres.

PM

« L’homme qui marche I » d’Alberto Giacometti vendu 74 millions d’euros

3 février 2010 par Pierrick Moritz

Sotheby’s a vendu ce soir à Londres pour l’équivalent de 74 millions d’euros (65 millions de livres)  une sculpture d’Alberto Giacometti. Cet exemplaire de L’Homme qui marche I, œuvre créée en 1960, mesure 183 cm de hauteur et a été fondu en 1961. L’œuvre était – très raisonnablement – estimée 13,72/20,58 millions d’euros. Il s’agit du plus haut prix jamais atteint en vente publique pour une œuvre de l’artiste et d’un sommet pour une enchère en vente publique.

PM

L’art impressionniste et moderne en grande forme à Londres (février 2010)

3 février 2010 par Pierrick Moritz

Vente du 2 février 2010 chez Christie’s

La vente d’art impressionniste et moderne organisée hier soir par Christie’s à Londres a produit l’équivalent de 76 millions d’euros (66,70 millions de livres), pour un catalogue de 48 lots où 41 ont trouvé preneur. Un résultat supérieur à celui de la vente équivalente de l’année dernière (63,42 millions de livres), mais en dessous de ceux, exceptionnels, de 2008 (92,79 millions de livres) et 2007 (74 millions de livres).  

Picasso, toujours une valeur sûre 

Le prix le plus élevé de la vacation revient à Pablo Picasso avec un Homme assis sur une chaise, une huile sur toile peinte à Cannes en 1956 (162,6 x 130,1 cm), estimée entre 3,43 et 6,29 millions d’euros et finalement payée 9,26 millions. L’œuvre fait mieux que l’œuvre-phare du catalogue, La Gitane, une  huile sur, toile peinte vers 1910-1911 par Kees van Dongen, payée 8,11 millions d’euros sur une estimation de 6,29/8,57 millions. Toujours de Picasso, une Tête de femme (Jacqueline), une huile sur toile  de 1963 estimée 3,4/4,5 millions d’euros a été vendue 6,96 millions d’euros. 

Le talent de Natalia Gontcharova autant reconnu que celui de Mikhail Larionov 

Un prix record a été produit pour une œuvre de Natalia Gontcharova, chef de file du mouvement rayonniste avec son compagnon Mikhail Larionov. Il s’agit d’ Espagnole, une  huile sur toile peinte en 1916 (130,3 x 81,3 cm), estimée 4,57/6,86 millions d’euros et qui  a été vendue 7,35 millions d’euros. Depuis quelques années, les prix des créations de Gontcharova sont en progression constante. Ils rivalisent désormais, quand ils ne les dépassent pas, avec ceux payés pour des tableaux de Larionov. 

Très beau prix pour une toile de Pierre Renoir volée par les nazis en 1941  

Mademoiselle Grimprel au ruban rouge (Hélène Grimprel), une huile sur toile peinte en 1880 par Auguste Renoir a dépassé son estimation de  2/2,85 millions d’euros en étant finalement payée 3,5 millions d’euros. Cette œuvre fut acquise par Fernand Javal, président de la parfumerie Houbigant, auprès de Paul Rosenberg en 1935. Fernand Javal  confia un temps la toile en dépôt au marchand d’art. Le tableau  fut confisqué à Paul Rosenberg  par les nazis en 1941 et acquis par Hermann Goering à la fin de la même année. L’œuvre  fut ramenée de Munich en 1946 et restituée à Paul Rosenberg en 1948, le marchand la rendit à son propriétaire. 

Le marché de l’art et ses investissements incertains  

Le présent vendeur d’un Jardin du Vert-Galant de Paul Signac, une huile sur toile peinte vers 1926 (46,4 x 116.8 cm) et payée l’équivalent de 2,09 millions d’euros hier soir sur une estimation de 1,72/2,29 millions d’euros, réalise une jolie plus-value puisqu’il avait acquis cette œuvre chez Sotheby’s à  New York en mai 2002 pour 724.500 dollars. 

Moins de chance en revanche pour une huile sur toile de Claude Monet de 1889 (74 x 93 cm.), Le Village de La Roche-Blond au soleil couchant, qui n’a pas trouvé preneur avec une estimation de 1/1,5 millions de livres. Son avant-dernier propriétaire l’avait acquise pour 912.000 dollars  le 3 mai 2006 chez Sotheby’s à New York.

On remarque aussi une progression du prix des Escarpins mauves de Kees van Dongen, une huile sur toile peinte en 1921 (100,5 x 150 cm.) et qui était estimée 1,5/2 millions de livres. Cette toile avait été acquise chez Sotheby’s  à Londres en 2005 par l’avant-dernier propriétaire pour 1,57 millions de livres. Elle a été  payée 2,057 millions de livres hier soir. Il faudrait savoir si l’actuel vendeur l’avait achetée à la hausse ou à la baisse à l’acheteur de 2005 pour conclure à un bénéfice ou à une perte. On retrouve le même cas de figure avec Le Compotier rouge (Compotier de poires) de Fernand Léger, une huile sur toile de 1925.  Estimée pour l’équivalent de 1,71/2,28 millions d’euros, elle a été vendue 2,22 millions d’euros. Son avant-dernier propriétaire l’avait acquise en mai 2007 chez Christie’s à New York pour la somme de 2,95 millions de dollars.  

Degas et Seurat invendus

Les deux invendus les plus importants de la vacation sont un pastel sur papier de 1896 d’Edgar Degas, une composition aux danseuses (que l’on peut, éventuellement, trouver curieusement cadrée) estimée l’équivalent de 2,29/3,45 millions d’euros, et un Casseur de pierres (Le Tas de pierres), peint à l’huile sur toile par Georges Seurat vers 1882. Cette dernière œuvre était estimée 1,37/2 millions de livres. 

11,47 millions d’euros supplémentaires avec le Surréalisme

La vente de tableaux surréalistes qui suivait cette prestigieuse vacation a généré l’équivalent de 11,47 millions d’euros et 10 invendus sur les 38 lots présentés. Les œuvres de René Magritte et Max Ernst étaient les plus nombreuses sur les pages du catalogue.

Sur les 7 œuvres de  Magritte présentées et dont les estimations basses étaient comprises entre 137.500 et 687.500 euros (cours du change £/€ du jour), 5 ont été vendues, dont Le Baiser, une petite gouache sur papier (27 x 33,8 cm) réalisée en 1957. Elle a été payée l’équivalent de 1,38 millions d’euros sur une estimation de 687.500/916.000 euros. En 2007, chez Christie’s à Londres, ce petit format avait été  payé 590.400 livres par l’avant-dernier propriétaire. Du même artiste, Les Grains de beauté, une huile sur toile peinte vers 1965 (55,5 x 45.5 cm) et estimée 572.000/916.000  euros n’a pas trouvé preneur.

7 œuvres de Max Ernst étaient proposées, avec des estimations basses comprises entre  57.000 et  801.900 euros. 6 ont été vendues, la plus haute enchère revenant  à Profanation of Spring, une huile sur Masonite datée de 1945  (51,1 x 61 cm.).  Estimée l’équivalent de 802.000/916.600 euros, elle a été payée 1,19 million d’euros.

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires à la charge de l’acheteur (20% entre 25.000 et 500.000 livres, 12 % au-dessus de 500.000 livres). Les résultats incluent ces frais.

Sotheby’s vend pour 68 millions de dollars de peinture et de sculpture anciennes (janvier 2010)

31 janvier 2010 par Pierrick Moritz

Des œuvres souvent réévaluées à la hausse par les acheteurs  

Les deux importantes vacations de peinture et sculpture anciennes des 28 et 29 janvier chez Sotheby’s à New York ont généré 68,41 millions de dollars. 61,59 millions ont été produits par la vente la plus prestigieuse, celle du 28 janvier, avec un taux d’invendus de l’ordre de 22 % et un résultat en progression par rapport à la vacation équivalente de l’année dernière (57,47 millions de dollars). La prudence des  experts pour les estimations et les attributions laisse une marge d’appréciation importante aux acheteurs dont les enchères finales réévaluent souvent les œuvres à la hausse.  

Si l’œuvre la plus importante de ces deux ventes, un Jupiter et Antiope peint en 1612 par Hendrick Goltzius a été vendue sous son estimation de 8/12 millions de dollars à 6,80 millions, l’enchère la plus élevée revenant finalement à une étude d’un homme barbu de la première moitié du XVIIe siècle  par Anthony van Dyck, payée 7,25 millions de dollars sur une estimation de 5/7 millions,  celles qui ont été payées bien au-dessus des prix du catalogue sont nombreuses, comme, parmi  les enchères les plus importantes :  

- une huile sur panneau de 1650 par Salomon van Ruysdael représentant une vue du village hollandais de Weesp et payée 3,33 millions de dollars quand 800.000/1 million en étaient attendus.

- une paire d’huiles sur panneau par le Canaletto, deux vues de Venise estimées 1,5 million/2 millions de dollars et vendues 3,89 millions.

- une petite sculpture en ivoire sculpté à sujet mythologique, d’une hauteur de 26 cm, vers 1700 et  attribuée à Matthias Stein, a été payée 1,2 million de dollars, soit quasiment dix fois son estimation de 120.000/150.000 dollars.  

Les exemples d’estimations décuplées dans des ordres de prix plus modestes sont également légion, comme pour cette sculpture d’une quarantaine de centimètres réalisée, vers 1729 par Giuseppe Piamontini et qui,  estimée 70.000/90.000 dollars, a été vendue 302.500, ou ce buste en terre cuite  d’un doge, expertisé comme provenant du cercle de Danese Cattaneo (XVIe siècle) et payé 182.500 dollars sur une estimation de 60.000/80.000.

Pierrick Moritz 

Lire aussi :  http://artwithoutskin.com/2010/01/28/de-la-peinture-ancienne-plus-ou-moins-bien-appreciee/

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires à la charge de l’acheteur (20% entre 50.000 et 1 million de dollars, 12 % au-dessus d’un million de dollars). Les résultats incluent ces frais.

De la peinture ancienne plus ou moins bien appréciée (janvier 2010)

28 janvier 2010 par Pierrick Moritz

Malgré un nombre d’invendus conséquent lors de la vente de peinture ancienne et XIXe organisée hier par Christie’s à New York, de très belles enchères ont été réalisées là où elles n’étaient pas forcément attendues. Estimations et critères d’appréciation des collectionneurs semblent être testés par les experts d’une spécialité qui monte en puissance et en valeur depuis fin 2008.    

Avec 331 lots présentés, la  vente-fleuve de peinture ancienne et du XIXe, dessins et aquarelles orchestrée hier à New York par Christie’s a généré 39,52 millions de dollars et un nombre important d’invendus (37 %). Parmi les œuvres ravalées, figurent des têtes de gondole de cette vacation comme une représentation de Bacchus sur panneau de Lucas Cranach dit le Vieux (peinte en 1530) estimée 2,5/3,5 millions de dollars, une composition de Samuel Palmer (XIXe), La Sieste du Berger, assortie de la même estimation, un Pont sur le torrent du XVIIIe siècle par Hubert Robert dont 2 à 3 millions de dollars étaient attendus, un paysage de Thomas Gainsborough (XVIIIe) pour la même estimation et une Etoile du Berger à l’huile sur toile par Jean-Baptiste Corot, peinte en 1863 et estimée 1,2/1,8 millions de dollars.

Mais, comme prévu, 8 œuvres vendues au dessus du million de dollars

Si, sur les 8 œuvres du catalogue estimées au moins de 1 million de dollars, 5 non donc pas trouvé preneur, Christie’s a toutefois vendu exactement le nombre espéré au-dessus de ce palier. Le tableau le plus cher, L’Entrée du jardin du café turc, peint en 1812 par Louis-Léopold Boilly a été payé dans la fourchette haute de son estimation (3/5 millions de dollars) à 4,5 millions, une toile de la fin du XVIIIe siècle de Gaetano Gandolfi dont 800.000 dollars/1,2 millions de dollars étaient attendus a finalement été payée 4,11 millions, 1,87 millions de dollars ont été donnés pour une vue de Venise par Luca Carlevarijs (1663-1730) qui était estimée entre 800.000 et 1,2 millions de dollars. Deux œuvres de Jan Brueghel II (XVIIe) ont été vendues plus ou moins sur le fil de leur estimation basse à 2,88 et 2,21 millions de dollars.

Des estimations pulvérisées

Pour arriver à des enchères finales moins spectaculaires, certaines estimations ont été pulvérisées dans cette vacation. Ainsi, un dessin d’architecture du XVIIe siècle par Alonso Cano a été payé 194.500 dollars quand il était estimé 15.000/20.000 dollars et 410.500 dollars ont été déboursés pour un dessin de 1846 par Jean-Dominique Ingres, une œuvre dont 150.000/ 250.000 dollars étaient attendus.  

Des ventes sous les estimations

Certaines œuvres ont été abandonnées sous leur estimation. Les écarts les plus importants par rapport à l’estimation basse concernent notamment une composition religieuse du XVIe siècle de Francesco Granacci, payée 362.500 dollars quand on en attendait 500.000/700.000 et  une paire de portraits réalisée en 1629 par Cornelis Jonson van Ceulen I, payée 182.500 dollars sur une estimation de 200.000/300.000.

Succès pour la vente de dessins anciens de Sotheby’s

Le même jour et toujours à New York, la concurrence, c’est-à-dire Sotheby’s, a rencontré plus de succès avec une vente de dessins anciens moins importante en quantité et en valeur (103 lots et une estimation maximale de 300.000 dollars). 87 lots ont été vendus et l’œuvre-phare de la vacation, un dessin du Canaletto estimée  200.000/300.000 dollars a été payé 542.000 dollars.  Le second prix le plus élevé de la vente revient à un dessin de la même main : estimé 250.000/350.000 dollars, il a finalement été payé 302.500 dollars. Une paire d’aquarelles de Jacques Barraband (fin XVIIIe-tout début XIXe)  représentant des oiseaux et qui était estimée 6.000/8.000 dollars a été payée 50.000.

Intégrité des œuvres anciennes et potentiel d’investigation

Dans le domaine de la peinture ancienne, la question de l’intégrité des œuvres, avec des parcours et des provenances parfois mal ou pas définis se pose. Par exemple, certains tableaux des XVIe- XVIIe siècles sont apparus, comme sortis de nulle part, dans des collections au cours du XXe siècle. Cette spécificité induit un potentiel d’investigation important pour des œuvres dont le parcours dans le temps comporte des zones d’ombre ou susceptibles d’être assorties d’une mauvaise attribution, avec de bonnes (ou de mauvaises) surprises à la clef. Ainsi, un portrait d’Erasme vendu à paris dans une vente non cataloguée en septembre 2000 pour l’équivalent de 2.000 euros  pourrait être attribué au peintre du XVIe siècle Hans Holbein le Jeune  (il vaudrait dans ce cas autour de 10 millions d’euros).

Faux trésors et fausses croûtes

Aujourd’hui, dans une autre grande vente de peinture et sculpture anciennes qui se tient à New  York (200 lots présentés), Sotheby’s met en vente un portrait de jeune femme apparu en 1920 aux Etats-Unis et présenté à l’époque comme étant de Léonard de Vinci , une authenticité qui fut tout de suite remise en question. Après des décennies d’une controverse arrêtée par de récentes analyses scientifiques des matériaux utilisés par le peintre, il s’avère que le tableau est définitivement considéré comme faisant partie de l’école du Maître et réalisée bien après sa mort. D’une valeur, au bas mot, de plusieurs dizaines de millions de dollars si elle avait été de Vinci, l’œuvre est estimée aujourd’hui 350.000/500.000 dollars. Dans la même vente, on trouve également un portrait que l’on pourrait jurer avoir été peint par Rembrandt s’il n’était officiellement reconnu comme étant de la main de Ferdinand Bols, un artiste contemporain de Rembrandt. Il est estimée 80.000/120.000 dollars.

Une vente trop importante en quantité 

La spécialité de la peinture ancienne est, devant l’art moderne et contemporain, la seule qui connaisse une progression sensible de ses prix depuis fin 2008. Le phénomène étant relativement récent, ce marché spécifique cherche ses marques. En tout état de cause, dans l’environnement économique actuel, il n’est visiblement pas capable d’absorber une telle quantité d’œuvres en une seule fois, même pour la vente de Christie’s où la très grande majorité des lots était estimée sous les 100.000 dollars.   

Pierrick Moritz

Les estimations sont données sans les frais supplémentaires à la charge de l’acheteur (20% entre 50.000 et 1 million de dollars, 12 % au-dessus d’un million de dollars). Les résultats incluent ces frais.

Rétromobile 2010 : 260.000 euros pour la Bugatti sortie du Lac Majeur

24 janvier 2010 par Pierrick Moritz

 

Crédit photographique : Lorenzo Del Veneziano, Pasqualino Trotta

Pour la troisième édition sa vente de véhicules de collection organisée dans le cadre du salon Rétromobile, la maison de ventes Bonhams a négocié hier pour 260.500 euros les vestiges d’une Bugatti unique au monde et demeurée  immergée 73 ans dans le lac Majeur à plus de 50 mètres de profondeur.

Le véhicule, qui a beaucoup fait  parler de lui ces dernières semaines, a été âprement disputé par six enchérisseurs pour,  finalement, revenir à un collectionneur européen pour le compte de la collection de Peter Mullin. Le Californien  l’exposera en l’état dans son futur musée près de Los Angeles.  Le sous-enchérisseur, américain lui aussi, souhaitait restaurer cette rare automobile.

Crédit photographique : Michel Zumbrunn

Cette Bugatti Brescia de 1925 fut gagnée au poker par un Français travaillant en Suisse. Afin d’éviter de payer les droits de douane, l’homme tenta de la cacher en 1936 dans le Lac Majeur en l’attachant au bout d’une chaîne. La chaîne finit par rompre et la voiture plongea à 53 mètres de profondeur. Elle s’enfonça petit à petit dans la vase à un endroit qui allait devenir un spot de plongée à la fin des années 1960.

Ce n’est qu’en 2009 que des membres des sociétés de sauvetage et de plongée d’Ascona décidèrent de sortir la fameuse Bugatti de l’eau. La délicate opération, qui a nécessité plus de 200 heures de plongée, avait pour finalité de vendre le véhicule aux enchères dans le but financer la Fondation Damiano Tamagni contre la violence juvénile.

Les équipes des plongeurs et de la Fondation Damiano Tamagni étaient présentes lors de la vente Bonhams, elles ont assisté à l’envolée des enchères pour une pièce estimée au départ 70.000/90.000 euros.  

Au début de cette aventure, personne ne connaissait  la valeur de l’automobile enfouie dans la vase. Ce n’est qu’en la dégageant au fur et à mesure, en découvrant son numéro et sa plaque, puis  en faisant des recherches avec l’historien de la marque Bugatti, Hans Matti, que l’histoire a pu être retracée.

Le collectionneur néerlandais qui a enchéri pour le compte de Peter Mullin a confié à la presse qu’il n’avait pas de limite de prix pour acquérir la voiture.

PM (avec communiqué)

Critique d’art : quand un personnage de Tchekhov en parle

21 janvier 2010 par Pierrick Moritz

Dans L’Homme des Bois* d’Anton Tchekhov, le personnage de Voïnitski dit : 

« (….). Un homme qui parle et écrit sur l’art pendant très exactement vingt-cinq ans et qui ne comprend rigoureusement rien à l’art. Pendant vingt-cinq ans, il remâche les idées des autres sur le réalisme, les tendances et autres fadaises du même genre ; pendant vingt-cinq ans, il parle et écrit sur ce que les gens intelligents savent depuis belle lurette et qui n’intéresse pas les imbéciles, donc, pendant vingt-cinq ans, il ne fait que remuer du vent. (….)»

* dans Anton Tchekhov L’Homme des bois, traduit du russe par André Markowicz et Françoise Morvan, édition revue et augmentée suivie de la première version de la pièce (inédite en français). 2009. Chez Actes Sud, collection Babel.

 

Monumenta 2010, Christian Boltanski

20 janvier 2010 par Pierrick Moritz

Nous sommes Personnes

Pour sa troisième édition, et après Anselm Kiefer et Richard Serra, Monumenta accueille Christian Boltanski et son œuvre Personnes sous les verrières du Grand-Palais. Christian Boltanski est un créateur, par opposition au concepteur, il est donc inutile de chercher des intentions dans Personnes. Les réponses sont en nous et la création agit comme un révélateur sur l’intime.       

Sur la création monumentale, la jeune guide dit que Christian Boltanski a peu parlé. Les boîtes à biscuits rouillées du mur devant lequel se retrouve le visiteur son numérotées.  La jeune femme livre l’explication sur le titre Personnes, un mot qui veut dire quelque chose et son exact contraire, quelqu’un et rien du tout. Elle dit que Personnes est peut-être  une vanité.

Des vêtements, couchés dans d’innombrables carrés, comme autant d’êtres désincarnés, de chiffons de mémoires, forment, plus loin,  un énorme tas. Les serres rouges d’une petite grue viennent prendre puis relâcher inlassablement ceux qui se trouvent au sommet du monticule.  

Ce mouvement donne un rythme entre décapitation et renaissance, comme autant d’allers et retours entre la vie et la mort ; un rythme comme les battements de cœur qui résonnent dans le lieu immense, vibrent dans les poteaux métalliques qui encadrent chaque parcelle de vêtements.  

L’autre soir, dans Le Grand Journal sur Canal+, Christian Boltanski a parlé des vêtements dont la présence est récurrente dans son Œuvre : ils sont, pour ceux qui restent, a-t-il dit en substance, les choses les plus embarrassantes provenant d’une personne décédée. 

Avec Personnes, Boltanski touche à l’universel. Impossible de se défiler. L’angoisse de la mort et l’envie de vivre, cela peut être aussi  la même chose.

Pierrick Moritz   

Monumenta 2010, Christian Boltanski, Personnes, au Grand-Palais, du 13 janvier eu 21 février 2010.

Toutes les informations sur : http://www.monumenta.com/2010/

« 13 en vue(s) » présente deux expositions sur Paris en février

19 janvier 2010 par Pierrick Moritz

Les 150 ans du 13ème arrondissement et les 100 ans des innondations de 1910

La très active association 13 en vue(s), dont l’objet est la transmission et la valorisation du patrimoine historique et culturel du 13e arrondissement de Paris, présentera deux expositions simultanées au mois de février prochain ;  la première sera consacrée à la naissance du 13e arrondissement de Paris (qui fête ses 150 ans cette année) et la seconde au centenaire des innondations de 1910. 

Elles seront successivement installées dans deux espaces du 13e arrondissement :

- du 8 au 13 février 2010 au Centre d’Animation Oudiné. 5, rue Eugène-Oudiné – 75013 Paris.
- du 15 au 27 février 2010 au Centre d’Animation Dunois. 61, rue Dunois – 75013 Paris. 

Site : http://www.13envues.fr/index.html

Blog : http://13envues.canalblog.com/

Jef Aerosol exposé à New York

17 janvier 2010 par Pierrick Moritz

Salon du dessin de maître à New York

17 janvier 2010 par Pierrick Moritz

La quatrième édition du Master Drawing se tiendra à New York du 23 au 30 janvier prochains (visite privée la veille de l’ouverture).

Ce salon regroupe les plus grandes galeries Anglo-saxonnes notamment spécialisées dans le dessin ancien, il devrait donc bénéficier de l’engouement actuel des investisseurs pour cette période de l’histoire de l’art.

En 2009, les domaines de la peinture et du dessin anciens ont enregistré une nette progression de leurs prix tandis que ceux de l’art moderne et surtout de l’art contemporain ont très sensiblement reculé.

Site Internet de l’évènement : http://www.masterdrawingsinnewyork.com/

PM

Livre : Saint-Nazaire au temps des baraques, Herbins et les cités provisoires

30 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Un témoignage exceptionnel sur les cités provisoires de l’après-guerre

Anéantie par les bombardements, Saint-Nazaire a vu s’élever dès 1945 des cités  de baraquements et de bungalows dans l’attente de la reconstruction de la ville. Un provisoire qui durera plus de vingt ans pour s’achever avec le départ des derniers habitants au début des années 1970.  

Ce rigoureux travail de recherche documentaire, textes illustrés d’environ 250 photos et documents d’époque, témoigne d’un aspect mal connu de l’après-guerre, à travers la vie et l’organisation sociale des habitants de la cité provisoire des Herbins.

Avec ses maisons en bois et ses rues rectilignes simplement baptisées d’un numéro, le quartier des Herbins évoque un coin d’Amérique entre Louisiane et Californie, avec les quakers d’outre-Atlantique venus aider à l’installation des habitants et à l’organisation de l’existence.

Souvent, dans ce monde à part, une vraie joie de vivre transparaît sur les visages.      

Saint-Nazaire au temps des baraques, Herbins et les cités d’après-guerre, par Joël Anneix et Daniel Sauvaget, 220 pages et 250 illustrations environ. Format : 20,5 cm x 23 cm environ.  Prix : 30 euros. Éditeur :  Liv’Editions.

PM

Le marché de l’art devrait poursuivre sa contraction en 2010

30 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Le redimensionnement du marché de l’art en ventes publiques en 2009 (moins de ventes, moins de lots, des estimations très basses) devrait encore se poursuivre en 2010  : certaines estimations au rabais et le volume de lots présentés semblent encore trop élevés pour le potentiel d’acheteurs.

2009 ou la baisse sensible des estimations

2009 aura vu une baisse sensible des estimations des œuvres d’art en ventes publiques, toutes spécialités confondues. Selon le Leving Art Group, une importante société de courtage en œuvres d’art citée par The Art Newspaper ce mois-ci, elle serait de l’ordre de 40 à 50 % par rapport à il y a trois ans.

Les vendeurs ne sont pas à la fête

Devant les exigences qualitatives des maisons de ventes aux enchères, dans des volumes d’affaires contractés, et avec des estimations  en berne, il est désormais beaucoup plus difficile pour les petits vendeurs de placer des œuvres dans les vacations. Quant aux vendeurs d’œuvres très importantes, notamment en peinture, le risque de “griller” son trésor par une mévente est bien réel, beaucoup d’œuvres de grande qualité n’ont pas trouvé preneur cette année.

Le marché de l’art en ventes publiques devrait encore perdre de l’ampleur en 2010 car, derrière le paravent de prix sensationnels, et malgré une amélioration en fin d’année, beaucoup de vacations ont échappé au fiasco grâce à des concessions sur les estimations déjà très basses. Si d’autres ventes ont présenté des taux de réussites élevés, c’est aussi notamment grâce à ces fameuses estimations  revues à la baisse faute d’enchérisseur. En tout état de cause,  les tunnels d’invendus ont été légion dans de nombreuses ventes aux enchères publiques cette année.

Des œuvres d’art dont la cote a trop baissé reléguée sur Internet

Certains œuvres et objets d’art, que les maisons de ventes auraient acceptés dans leurs catalogues il y a encore deux ans mais d’un intérêt désormais relatif pour le marché de l’art, sont aujourd’hui refusés.

Cette marchandise d’entrée de gamme (de quelques centaines à quelques milliers d’euros) se déplace vers d’autres systèmes de vente, notamment Internet. Ainsi, on assiste a une amélioration de la qualité moyenne des œuvres et objets d’art proposés sur des sites comme eBay, avec de bonnes et de mauvaises surprises pour les vendeurs (là aussi, beaucoup d’invendus).    

Le constat n’entend pas qu’on n’y trouve que des objets refusés par les salles des ventes ou de qualité moindre, mais le phénomène est réel. 

Les autres professionnels du secteur n’ont que l’embarras du choix mais achètent peu, certains après avoir écoulé leurs stocks avec plus ou moins de bonheur ces deux dernières années. Ceux qui n’ont pas mis la clef sous la porte tendent vers la montée en gamme de leurs stocks.

Les plus gros investisseurs tournés vers la peinture ancienne et moderne

On peut se demander si, finalement, le marché de l’art contemporain ne s’est pas effondré le même jour que la banque Lehman Brothers en septembre 2008, avec l’opaque vente Hirst qui aurait rapporté 89 millions d’euros. Cette vacation a créé un profond malaise dans le milieu du marché de l’art, surtout lorsque l’on a appris que certaines œuvres ont été achetées par les marchands de Hirst et sa société Science. Cette spécialité qui, ces dernières années, a été la plus spéculative et la plus rentable du marché de l’art, n’a plus vraiment la cote et les gros acheteurs lui préfèrent la peinture ancienne et moderne.

Après les 35,90 millions d’euros obtenus pour une œuvre d’art moderne lors de la vente Saint-Laurent/Bergé (Les Coucous, Tapis bleu et rose de Henri Matisse), la plus haute enchère mondiale pour 2009 revient à un dessin ancien de Raphaël vendu pour l’équivalent de 32,39 millions d’euros chez Sotheby’s à Londres (un prix d’autant plus colossal qu’il s’agit d’une œuvre sur papier) quand l’enchère la plus importante portée sur une œuvre d’art contemporain a été obtenue par une toile de Andy Warhol vendue pour l’équivalent de 30,31 millions d’euros chez Sotheby’s (cours du change d’aujourd’hui).

Toujours pour l’art contemporain, le second prix le plus important pour 2009 revient à une œuvre de Peter Doig payée l’équivalent de 7 millions d’euros chez Christie’s, au cours du change d’aujourd’hui.

Entre ces deux extrémités, les prix les plus élevés reviennent aux spécialités de la peinture ancienne et moderne : lors de la vente Saint-Laurent/Bergé, le bois sculpté de Constantin Brancusi Portrait de Mme L.R. payé 29,18 €millions, deux toiles de Mondrian respectivement payées 21,56 millions d’euros et 14,40 millions d’euros, un portrait d’Alfred et Elisabeth Dedreux de Théodore Géricault payé 9 millions d’euros ; à Londres, un autoportrait d’Antony van Dyck a quant à lui été payé l’équivalent de 9,19 millions d’euros et un portrait d’homme par Rembrandt a été payé l’équivalent de 22,37 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires de Drouot sauvé par les ventes judiciaires ?

Selon les informations disponibles sur le site de la Holding Drouot, les ventes du premier semestre 2009 ont atteint 214 millions d’euros contre un chiffres d’affaires de 411 millions d’euros pour l’ensemble de l’année 2008. Soit une belle stabilité mais où il faudrait connaître l’impact  des ventes judiciaires hors objets d’art. Leur nombre a explosé cette année.

Pierrick Moritz

Cadeaux de Noël revendus sur le Net : communication incitative ou réalité ?

27 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Si la pratique de la revente de cadeaux de Noël sur Internet est sûrement une réalité, on peut se demander si son ampleur n’est pas quelque peu exagérée par les sites marchands en voyant le nombre d’exemplaires disponibles des articles qui, selon eux, seraient les plus revendus.

Ainsi, selon un  classement effectué par Priceminister (source : ladépêche.fr),  le dernier Goncourt (Marie Ndiaye Trois femmes puissantes) et  le DVD L’âge de Glace 3, le temps des dinosaures, figureraient en tête des cadeaux de Noël les plus revendus. Hors, on ne trouve que quelques exemplaires de ces deux titres en vente sur les trois principaux sites du Net.

Sur Priceminister, eBay et le boncoin.fr, le 27 décembre vers 11 heures, les résultats des recherches sont  :  

Pour le Goncourt de Marie Ndiaye 

On trouve 1 exemplaire en vente sur Priceminister  (à moins qu’ils ne se vendent comme des petits pains ), 9 exemplaires sur eBay (sections enchères, achats immédiats et annonces gratuites confondues ; 14 exemplaires vendus dans les sections enchères et achats immédiats depuis le 12 décembre) et 5 exemplaires sur leboncoin.fr.

Pour L’Age de glace 3, le temps des dinosaures   

On trouve 12 exemplaires en vente sur Priceminister, 32 exemplaires sur eBay (sections enchères, achats immédiats et annonces gratuites confondues ; 39 exemplaires vendus dans les sections enchères et achats immédiats depuis le 12 décembre) et 2 exemplaires sur leboncoin.fr.

Alors, juste un léger décalage entre communication et réalité ?

Pierrick Moritz

Barack Obama : la réforme du système de santé adoptée par le Sénat américain

25 décembre 2009 par Pierrick Moritz

 Affiche de campagne électorale pour Barack Obama

En parvenant à faire adopter par le Sénat de son pays un système de couverture médicale pour tous les Américains, Barack Obama tient une promesse de campagne électorale que tous ses détracteurs pensaient irréalisables. Aussi imparfaite soit-elle, cette version d’un projet plus ambitieux est une véritable révolution culturelle aux États-Unis. 

Drouot : le « Week-end follement marteau » prend une dimension internationale

11 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Le traditionnel Week-end  follement marteau  organisé par le Syndicat national des maisons de ventes volontaires (SYMEV) va prendre une dimension internationale pour son édition 2010 sous l’intitulé  Un Week-end aux enchères/A Week End At The Auctions .

Les  27 et 28 mars 2010, des maisons de ventes dans toute la France ainsi que des auctioneers au Royaume-Uni, partenaires de l’opération pour la première fois, ouvriront leurs portes au public, avec des animations comme des débats sur les opportunités et les tendances du marché. Une  sélection d’objets sera mise en vente, dont certains au profit de l’UNICEF.

En donnant de l’ampleur à cet évènement, l’organisme de représentation des maisons de ventes exerçant en France (y compris pour Christie’s et Sotheby’s) entend surtout  attirer un nouveau public dans les hôtels de ventes français.  

Une loi visant à libéraliser les ventes publiques aux enchères en France dans un souci d’harmonisation avec les marchés étrangers, a été votée au Sénat le 28 octobre dernier. Elle sera discutée à l’Assemblée Nationale début 2010.

Ces nouvelles dispositions permettront notamment aux commissaires-priseurs de réaliser des ventes « de gré à gré » sous certaines conditions et de vendre aux enchères des objets neufs (ce qui est aujourd’hui impossible, sauf pour les ventes judiciaires).  Les perspectives de développement sont d’autant plus importantes que près de 90% de Français n’ont  jamais acheté en vente publique. 

PM (avec communiqué)

New York aime les diamants

11 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Les 9 et 10 décembre à New York, Sotheby’s et Christie’s ont vendu pour plus de 55 millions de dollars de bijoux.  

Sotheby’s a réalisé 30,58 millions de dollars en une seule vacation au cours de laquelle  un diamant ovale de 30,48 carats a été payé 4,11 millions de dollars. 

Christie’s a fait mieux avec un diamant de forme poire de 39 carats vendu pour 5,40 millions. 

Plusieurs autres diamants ont également dépassée le million de dollars en se vendant parfois bien au-delà des estimations.

PM

Un portrait par Rubens ravalé à Londres

9 décembre 2009 par Pierrick Moritz

et les enchères s’envolent pour un autoportrait de van Dyck 

Un portrait de jeune femme par Peter-Paul Rubens, le lot-phare de la vente de peinture ancienne proposée par  Sotheby’s ce soir à Londres, n’a pas trouvé preneur. L’œuvre était estimée  l’équivalent de 4,40/6,60 millions d’euros.

Un autoportrait d’Antony van Dyck a quant à lui été payé l’équivalent de 9,19 millions d’euros alors qu’il était estimé 2,20/3,31 millions d’euros.

22  lots sur les 51 présentés n’ont pas trouvé preneur.  

PM

Christie’s annule une importante vente d’objets d’art à Londres

9 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Une importante vente aux enchères d’objets d’art  qui devait se dérouler chez Christie’s à Londres cet après-midi a été  annulée. Les raisons ne sont pas connues pour l’instant.  

Malgré quelques enchères de hautes volées sur des pièces rarissimes, le marché de l’art, sur toutes les places mondiales, se caractérise globalement par des ventes où, malgré un nombre de lots réduit et des  estimations extrêmement basses, les œuvres invendues ou cédées sous les estimations sont légion.

PM 

32 millions d’euros pour un dessin de Raphaël chez Christie’s

8 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Un dessin de Raphaël (Raffaello Sanzio dit) a été payé pour l’équivalent de 32,39 millions d’euros ce soir à Londres lors d’une prestigieuse vente de peinture ancienne.

Cette tête de muse au crayon noir de petit format (30,5 cm x 22,5 cm), référencée dans de nombreux ouvrages depuis le XIXe siècle, a été réalisée par l’artiste entre 1510 et 1511. 

Au sein de la même vacation,  un portrait d’homme par Rembrandt a été payé pour l’équivalent de 22,37 millions d’euros et une huile sur toile de Domenico Zampieri 10,21 millions d’euros.

Dans les trois cas, il s’agit d’œuvres rarissimes et de qualité muséale.

Malgré 16 lots invendus  sur les 43 présentés, dont les estimations minimales allaient de quelques dizaines de milliers d’euros (portrait de femme du XVe siècle attribué à Catharina van Hemessen) jusqu’à  386.000 euros  (retable sur fond or à sujet religieux du XVe siècle), la vente a rapporté l’équivalent de 75,72 millions d’euros.

Pierrick Moritz

À Paris, mauvais résultat pour la vente d’art comtemporain de Christie’s

8 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Après les ventes d’art premier décevantes de la semaine dernière à Paris, la vacation d’art contemporain organisée aujourd’hui par Christie’s dans la capitale n’affiche pas un résultat plus réjouissant.

Quasiment  38 %  des œuvres du catalogue ont été ravalées (72 pour un catalogue qui en présentait 193), dont des créations importantes de Joan Mitchel (le lot le plus cher de la vacation estimé 1,5/2,5 millions d’euros), Jean-Paul Riopelle  ou François-Xavier Lalanne (plusieurs centaines de milliers d’euros étaient attendus).  

Les sculptures d’Ousmane Sow, notamment exposées sur le Pont des Arts à Paris en 1999, n’ont pas connu une meilleur sort puisque seulement deux sur les dix présentées ont trouvé preneur.

Au sommet de la vacation, une huile sur toile de Pierre Soulages datée de 1961 a été payée 805.000 euros, conformément à son estimation haute.

Des concessions ont été  faites sur certaines estimations déjà attractives  pour permettre la vente des lots correspondants.

Pierrick Moritz

Un portrait par Rembrandt vendu 22,37 millions d’euros à Londres

8 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Un portrait d’homme par Rembrandt, peint à l’huile sur toile en 1558, a été payé l’équivalent de 22,37 millions d’euros ce soir à Londres lors d’une importante vente de peinture ancienne. Le tableau était estimé 19,93/27,6 millions d’euros.

À Paris, un masque malien sauve une vente d’art primitif d’un résultat médiocre

4 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Un masque Kono payé 1,40 million d’euros  chez Sotheby’s ; des estimations attractives qui font vite des résultats impressionnants

Un très rare masque malien de la société du Kono a été payé 1,40 million d’euros hier chez Sotheby’s à Paris. L’œuvre représentant probablement une tête de hyène était estimée 300.000/400.000 euros. 

Cette enchère importante donne un aspect positif à une vente d’art africain et océanien où 36 objets sur les 112 présentés n’ont pas trouvé preneur. Parmi ces 32 % d’invendus figure une  très rare statue dogon,  datée des XV-XVIIe siècles et très raisonnablement estimée 400.000/600.000 euros. 

30 lots sur les 76 vendus ont été laissés sous leur estimation basse, dans une mesure souvent très raisonnable mais qui indique néanmoins que les enchérisseurs ne se sont pas battus. Ainsi, un superbe masque punu a été payé 264. 750 euros avec les frais quand son estimation base était de 250.000 euros avec ces  frais de 20 % . Pour être conforme à son estimation basse, le lot aurait du être payé 300.000 euros par l’acheteur.  

Sur les 46 lots vendus au moins leur estimation basse, 20 ont dépassé l’estimation haute. Un masque du Sepik  a allègrement franchi le maximum des 180.000 euros attendus pour être finalement payés 324.750 euros.  Une statue de la même origine a été payée 114.750 euros sur la base d’une estimation haute de 80.000 euros et  90.750 euros ont été donnés pour une statue d’autel malienne dont 50.000 euros au mieux étaient espérés.     

On remarque aussi, ici comme dans bien d’autres ventes aux enchères publiques, des estimations très attractives qui, facilement dépassées pour les pièces les plus exceptionnelles (quand elles arrivent à se vendre), ont tendance à donner à des prix plus plausibles des allures de records.

Pierrick Moritz

Descente de police à l’hôtel des ventes Drouot

2 décembre 2009 par Pierrick Moritz

A lire dans le quotidien Libération d’aujourd’hui :  12 personnes issues de l’hôtel des ventes placées en garde à vue hier matin. Les interpellations ont été effectuées suite à une enquête de l’OCBG sur un trafic au sein même de l’hôtel des ventes.

Une toile réduite d’Alberto Giacometti vendue 2,24 millions d’euros à Paris

1 décembre 2009 par Pierrick Moritz

Une huile sur toile d’Alberto Giacometti, un portrait de Maurice Lefebvre-Foinet peint vers 1964-1965, a été vendue 2,24 millions d’euros avec les frais cet après-midi à Paris chez Christie’s.

Selon une indication portée au catalogue, l’œuvre mesurant 81,5 cm de hauteur était à l’origine  plus large (environ 70 cm contre 60,5 cm aujourd’hui).  Elle a été réduite à ses dimensions actuelles par Maurice Lefebvre-Foinet quand il en était le propriétaire.  

À cause de ce dommage qui, s’il ne touche pas à la partie peinte, modifie forcément la perception de l’ensemble, le tableau était estimé 700.000 euros/1 million d’euro.

L’atteinte à l’intégrité de l’œuvre  n’a visiblement que très modérément freiné l’ardeur des enchérisseurs.  PM

Squelette de dinosaure « spinisaurus » en vente à Drouot Montaigne

28 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Un squelette de dinosaure spinosaurus sera mis en vente aux enchères par l’étude  Millon Cornette de Saint Cyr le 1erdécembre prochain à Drouot Montaigne. Agée de 100 millions d’années, et longue de 8 mètres, la pièce est estimée plusieurs centaines de milliers d’euros. 

Le nom scientifique de Spinosaurus signifie « lézard à épine ». Le spinosaurus était un prédateur  redoutable pour n’importe quel autre dinosaure. Crédit photo : Millon/Cornette de Saint-Cyr.

Sur le fil conducteur de la grande épopée humaine de nos origines à la conquête de l’espace, la vente réunira quelque 450 objets.

Expositions publiques (entrée gratuite) :  samedi 28, dimanche 29 et lundi 30 novembre de 11 heures à 21 heures  à Drouot Montaigne, 15 avenue Montaigne – 75008 Paris.

Voir le catalogue de la vente :  http://www.cornette.auction.fr/FR/lots_list.php?saleId=13945

« À l’origine » de Xavier Giannoli, une œuvre salvatrice

28 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Au-delà d’une intrigue palpitante, superbement  filmée, avec en tête d’affiche un François Cluzet fascinant et littéralement habité par son rôle, À l’origine est aussi le troublant et juste miroir d’une société dévorée par la précarité et le chômage.

L’histoire folle d’un système qui n’a souvent plus grand chose à offrir, notamment à sa jeunesse, mais qui réclame toujours plus de sacrifices. On va tous aller travailler en Chine, dit la jeune fille professionnellement déclassée, prête à tout pour ne pas revenir à la case chômage, à croire en n’importe quoi pourvu que cela ressemble, même temporairement, à un semblant d’avenir.

L’œuvre est salvatrice dans une période où certains médias atténuent l’ampleur de la  misère sociale avec des sujets qui devraient passer en second plan, où certains politiques confondent causes et conséquences. 

Comme Welcome de Philippe Lioret,  À l’origine nous montre à quel point  l’art et la création sont plus que jamais nécessaires, qu’ils sont peut-être le dernier terrain de la vérité.  

Pierrick Moritz

À l’origine de Xavier Giannoli, avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérad Depardieu. Actuellement dans le salles.

jf-le-scour.com nous envoie une création

28 novembre 2009 par Pierrick Moritz

La suite sur : http://jf.thecroute.com/

« Hiver » de Jon Fosse au Théâtre de l’Atelier

21 novembre 2009 par Pierrick Moritz

Nathalie Baye, au sommet de l’art dramatique

Nathalie Baye livre une prestation exceptionnelle dans Hiver, la pièce du Norvégien Jon Fosse dont elle tient le rôle principal au Théâtre de l’Atelier. La création est sophistiquée et subtile, le pari d’autant plus risqué. Le regard de l’auteur est singulier, généreux mais sans concession.

Ici, l’identité est désincarnée jusqu’à l’épure, spectrale. L’individu est en danger d’effacement. Mais il ne veut pas disparaître. Alors il répète, martèle, il veut s’entendre dire et redire encore à travers la réponse à un compliment – Je suis jolie ? -  ou une à interpellation – , toi ! - qu’il est toujours visible, toujours vivant. Jon Fosse parle de l’identité en intaille ; par le manque, la suppression, l’absence, le vide. 

L’identité est imprécise, probable, elle est  « peut-être ».  Elle est en mouvements. Elle fuit, elle revient, elle se désagrège, il n’en reste presque rien, elle est revenue.  Chacun de ses fragments est lui-même complexe et Nathalie Baye incarne à merveille les nuances d’un même trait. Rien n’est n’est non plus sûr quant à  l’identité sociale de son personnage : est-elle vraiment une prostituée ?  Est-elle une prostituée symbolique ?  La prostituée d’un système  ?  La femme désirable est-elle habitée par le sentiment, amené par la culpabilisation des autres, d’être une prostituée ?  

L’identité peut aussi être révélée par strates : l’élégance dans un long manteau impeccablement coupé, de la haute-couture qui recouvre en fait une tenue de prostituée d’une vulgarité caricaturale.

L’actrice sait passer sans contradiction du sommet de la grossiereté verbale à celui de la subtilité intellectuelle. Je suis TRÉS mariée, dit-elle,  pour signifier son indisponibilité pour une liaison amoureuse, et en faisant peut-être allusion à son possible métier de prostituée. Elle navigue avec la même facilité entre beauté et délitation physiques. 

Nathalie Baye est en immersion dans son rôle.  Elle le vit totalement. Elle est dans un état de concentration exceptionnel.  Tout est là. Elle  donne tout. Elle est sublime.

Pierrick Moritz   

Hiver de Jon Fosse. Traduction: Terje Sinding. Texte publié aux éditions de L’Arche. Mise en scène: Jérémie Lippmann. Avec Nathalie Baye et Pascal Bongard. Jusqu’au 30 décembre 2009 au Théâtre de l’Atelier à Paris. Site  :  http://www.theatre-atelier.com/