Suite à des demandes de lecteurs pour une publication des épisodes de Magic Dorothy dans l’ordre chronologique des évènements, voici une présentation en un seul post, avec la republication du premier épisode en ouverture, suivie des liens qui conduisent aux épisodes suivants.
Je rappelle qu’il s’agit d’une histoire dont le début est volontairement écrit sur le ton d’une série télévisée et qui évolue ensuite dans une veine radicalement différente.
Les extraits ont été sélectionnés dans les deux premiers chapitres d’un roman qui en compte six et, éventuellement, reformatés de manière à ce que chacun puisse former un tout cohérent.
Quand cela est nécessaire, des notes portées avant chaque extrait les contextualisent. Il est techniquement impossible d’intégrer des fichiers epub ici.
I) La Naissance de Magic Dorothy (première partie)
Février 1983
Timothy Carter arriva dès l’ouverture au bureau de poste de Carmel. Le jeune homme venait expédier les deux premiers épisodes de son projet de feuilleton à une grande chaîne de télévision de Los Angeles.
Comme lui, son héroïne avait 22 ans. Elle, elle s’appelait Glenda.
Glenda avait fui une famille conservatrice de Dallas pour venir mener la vie qu’elle entendait à New York, à commencer par ne plus être obligé de cacher ses livres de Friedrich Nietzsche et d’Upton Sinclair.
Glenda partageait un deux-pièces en entresol à Brooklyn avec un funambule homosexuel, vivait de petits boulots, fumait beaucoup, couchait avec les garçon qui lui plaisaient et discutait volontiers avec les clochards de son quartier.
Dans le premier épisode, elle retrouvait les preuves vieilles de 160 ans d’une spoliation de terrains iroquois par des colons. Dans le second, elle soutenait activement la grève générale des 117 ouvriers clandestins d’un chantier public.
La découverte des aventures de Glenda provoqua une grande agitation au service des projets de la chaîne de télévision. Elle avait sorti de la torpeur les trois lecteurs dont l’ordinaire était composé d’assommantes sagas de familles fortunées, d’intrigues policières cousues de fil blanc et de jeux dont la règle se devait d’être comprise par un marsouin.
Les textes de Timothy Carter eurent droit à une lecture à haute voix, audition ponctuée de tonitruantes expressions d’adhésion et de rejet, et surtout brouillée d’éclats de rire.
Cette clameur arrivait jusqu’au bureau de Julia Braun, la directrice des programmes, et la sauvait de l’endormissement à une demi-heure d’un important rendez-vous.
Elle finit par prendre le chemin du bureau des lecteurs, elle avait pensé qu’un contact avec le joyeux bazar lui communiquerait un peu d’énergie.
Julia Braun marchait lentement et plutôt en zigzag, ce qui lui donnait l’impression que le couloir était vraiment plus long que d’habitude et, par là, interminable. Au moment où elle arriva devant le portrait du président de la chaîne par Andy Warhol, une grande toile accrochée entre deux ascenseurs et qui se reflétait dans le miroir du mur d’en face, elle fut prise d’un étourdissement. La peur de tomber sur l’effigie de son patron fit remonter sa tension, ce qui la remit d’aplomb.
Elle demanda aux lecteurs, qui partaient déjeuner avec les textes, quel était l’objet de leur excitation.
« Un truc pas diffusable, s’entendit-elle répondre.
- Apportez-moi ça en début d’après-midi. »
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Julia Braun avait bien entamé le deuxième épisode de Glenda quand son téléphone d’urgence sonna, une attachée de presse de la chaîne voulait être reçue immédiatement.
La jeune femme, complètement catastrophée, lui annonça que Gordon Parker, un de leurs animateurs, avait été arrêté dans la nuit. La police l’avait trouvé complètement nu, ivre, les pieds en sang, et sous l’emprise de cocaïne sur la plage de Santa Monica. Lors de son interpellation, il avait demandé où se trouvait la piscine, car il pensait toujours se trouver dans le parc de la villa où était organisée l’orgie géante dont il s’était en définitive éloigné de dix bons kilomètres.
Gordon Parker était bien la dernière personne que Julia Braun aurait pu imaginer dans une situation pareille. Pour ce qu’elle connaissait de lui, il était homme à ne manquer pour rien au monde la possibilité d’une minute de vie avec sa femme et ses quatre enfants. Il était un parfait gentleman, très bostonien, respectueux et il n’employait jamais d’argot. Son brushing était toujours impeccable ; il se présentait en pull-over à col roulé et costume de velours côtelé l’hiver ; en veste, chemise et pantalon clairs à la belle saison.
Son émission, destinée à un public du troisième âge, montrait comment fabriquer soi-même des objets décoratifs ou utiles pour la maison, des spécialistes venaient parfois donner des cours de peinture ou de poterie. On apprenait aussi à recycler certaines choses en d’autres, comme transformer un dessus de lit en rideau ou vice-versa.
Elle était diffusée le samedi après-midi entre 15 heures et 15 heures trente, soit au moment de la semaine où l’audience était la plus faible, les gens faisant principalement leurs courses à ce moment-là.
L’embarrassante nouvelle avait été rendue publique depuis moins d’une heure et le flot de reportages télévisés et de flashes radiophoniques qui lui étaient consacrés enflait sans discontinuer. Le service de communication de la chaîne était assailli de coups de fils de journalistes, le standard explosait sous les appels anonymes et insultants, la sécurité avait déjà dû éjecter des reporters qui s’étaient introduits dans l’immeuble par le garage souterrain.
Julia Braun commença à digérer la nouvelle en souhaitant un crash d’avion, un naufrage de paquebot, un carambolage géant, un plongeon à pic des bourses mondiales, une prise d’otages ou, seule idée positive qui lui vint à l’esprit, l’annonce d’une découverte scientifique de première importance ; enfin n’importe quelle information spectaculaire propre à détourner l’attention des journalistes et du public de ce qu’on appelait désormais “Le Scandale Gordon Parker”.
Le président de la chaîne finit par convoquer tout le monde pour une réunion de crise. Il était encore plus enragé que d’habitude et fit réécrire dix fois un communiqué de presse annonçant le renvoi sur le champ de l’animateur et la suppression de son émission.
Il ordonna aux journalistes de la chaîne de n’évoquer ni de loin ni de près ce qu’il appelait “notre affaire” et d’employer le terme “déontologie »” pour clouer le bec des curieux qui viendraient à s’étonner de cette situation. Et ceux qui n’étaient pas d’accord pouvaient toujours prendre la porte. De plus, on ne traiterait plus jusqu’à nouvel ordre de sujets relatifs aux travaux manuels, aux personnes âgés, à Santa Monica et à la drogue. Aller à l’encontre de ces directives entraînerait de sévères sanctions. L’assemblée reçut également l’ordre de ne pas parler de “notre affaire” aussi bien dans les locaux de la chaîne qu’à l’extérieur. Et il en cuirait aux pipelettes.
Personne ne posa de questions, l’ambiance particulière de ce meeting incitant à éviter de se faire remarquer. Vers la fin de la réunion, la secrétaire du président égrena sur un ton de litanie les noms des employés qui avaient posé des jours de récupération et ceux des cadres qui étaient subitement tombés malades depuis l’annonce de “notre affaire”. L’hémorragie était telle que certains services allaient être complètement désorganisés.
Pour finir, le président se leva devant l’assistance et lui fit répéter trois fois Nous sommes notre télévision, le slogan de la chaîne. Tout le monde mit du cœur et de la voix sur cette note de rassemblement qui indiquait aussi que la sortie était imminente.
Le président quitta la pièce sous des applaudissements nourris, ce qui sembla lui casser les oreilles et le fit souffler comme un bœuf.
Une fois le communiqué de presse expédié aux médias, il décolla du toit de l’immeuble en hélicoptère pour se rendre dans sa villa d’Hawaï, une forteresse perchée sur une colline qu’il avait fait effacer des cartes touristiques.
Julia Braun se dépêchait de quitter la salle de réunion quand elle fut rattrapée par la secrétaire du président. Celle-ci lui remit un dossier dont le patron voulait qu’elle prenne connaissance immédiatement.
Curieusement, il s’agissait d’une étude d’audience sur la tranche horaire du samedi occupée par Gordon Parker.
Les données révélaient que, désormais, durant cette fameuse demi-heure où la majorité des gens se trouvait au supermarché, un plus grand nombre d’adolescentes restait au domicile parental.
Ces jeunes filles constituaient une cible de choix pour de nombreux annonceurs. En dehors de Clark Robert’s Craft Material, une petite chaîne de boutiques de fournitures pour travaux manuels, qui se payait de la réclame télévisée par contrat de deux ans grâce au coût particulièrement bas de la tranche horaire déclassée, l’activité publicitaire était au point mort sur l’émission de Gordon Parker.
Dans une brève note datée de la veille à la fin du document, le président ordonnait la création d’un nouveau programme adapté à ce public jeune et féminin.
Le président était un homme pressé et Julia Braun supposa qu’il avait dû signifier aussitôt à Gordon Parker la suppression de son émission. Il ne devait pas s’attendre à ce que l’animateur démolisse l’image de la chaîne par ce qu’elle percevait désormais comme un torpillage par le sacrifice, un acte kamikaze.
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Julia Braun venait d’avaler un cachet d’antidépresseur dans une gorgée de café – elle ne se souvenait plus si elle avait pris sa dose du matin – quand elle fut dérangée par un appel sur son téléphone voué aux urgences. C’était le responsable en chef de la publicité. Il remplit ses poumons comme s’il allait plonger en apnée, avant de débiter en une seule tirade qu’il se trouvait dans le New Jersey où il allait consulter le médecin qui l’avait vu naître mais il appelait depuis une cabine située sur le bord d’une route et il ne fallait pas s’étonner si la communication était coupée car il avait peu de monnaie et qu’en parlant d’argent il avait de très mauvaises nouvelles émanant de Clark Robert’s Craft Material car le cabinet d’avocats du sponsor disait que leur client était furieux que l’on puisse désormais associer ses magasins à un scandale sexuel et ils allaient réclamer des compensations. Puis il suffoqua, et raccrocha.
Julia Braun se laissa choir sur son fauteuil, et elle se figea comme elle était tombée, avec les fesses au bord de l’assise, les bras ballants à l’extérieur des accoudoirs, les jambes étalées et la tête penchée en avant.
Après cette posture d’exécutée, elle ressuscita pour se ruer sur ses trois téléphones. Elle les briqua avec les poignets de son chemisier et démêla les fils en spirale tout emberlificotés. Elle considéra un instant cet alignement d’appareils où celui consacré aux appels urgents, placé à l’extrême gauche, ne se distinguait en rien des deux autres. Elle finit par les mélanger tant et si bien dans un brutal jeu de saute-moutons que les fils à l’arrière des combinés se retrouvèrent complètement embrouillés.
Julia Braun portait les manches de son chemisier roulées sur ses avant-bras. Elle croquait dans le Spéculos fournit avec le café quand le téléphone du milieu sonna. À l’autre bout du fil, le discours affolé de sa secrétaire commenta en direct l’entrée en force dans son bureau de trois avocats.
Le vieux Clark Roberts, sponsor de l’émission de Gordon Parker, arriva à la suite. Avec ses sourcils peignés en triangle et son Fedora déformé vissé sur le crâne, cet être original entretenait sans aucun doute sa ressemblance avec l’épouvantail du Magicien d’Oz.
Les avocats, blonds, coiffés avec la raie au milieu, très bronzés et portant des costumes et des cravates sombres sur des chemises blanches, affichaient un masque impassible et plus ou moins fixe pour deux des trois. Le trio était un peu comme ces garnitures de cheminée dont, souvent, seule la pièce centrale est d’une réelle utilité, les pendants ne servant qu’à installer une certaine ampleur. Ici, le nerf du groupe était l’Imperturbable.
Et il prit tout de suite la parole pour expliquer que le responsable en chef de la publicité leur avait fixé un rendez-vous à cette heure-là. Ou plutôt un lapin car il n’était plus dans les murs de la société et ils n’avaient pas été prévenus. Sa secrétaire avait parlé d’une sorte d’état grippal subit, il avait dû rentrer chez lui où il demeurait injoignable. La jeune femme avait suivi sa consigne : les expédier chez LA directrice des programmes, la personne la plus gradée encore en place sur le pont déserté de l’entreprise.
Julia Braun invita tout ce petit monde à se rendre dans une salle de réunion, à l’autre bout de l’étage. C’était sa procédure de secours pour ce genre de situations impromptues : elle proposait d’emblée un autre endroit pour discuter, le plus loin possible, le temps du déplacement lui permettant de rassembler ses esprits, d’analyser un peu plus la situation et de trouver quelques idées et arguments.
Clark Roberts était à la traîne dans le couloir car il marchait en regardant par les fenêtres. Les avocats suivaient Julia Braun dont l’allure instable les obligeaient à trottiner ou décélérer, voire piler pour éviter de lui rentrer dedans.
Julia Braun et les avocats s’installèrent à l’extrémité de l’immense table ovale de la salle de réunion. Ils durent attendre dans un silence embarrassé que Clark Roberts revienne du fond de la pièce, où il avait engagé une conversation avec les poissons exotiques de l’aquarium géant. Après les avoir quittés avec l’interminable départ à reculons et la tristesse contenue d’une mère laissant pour la première fois son enfants à la crèche, il vint s’asseoir à la suite des Pendants installés à gauche de Julia Braun.
Elle leur demanda s’ils désiraient boire ou manger quelque chose. Clark Roberts réclama un soda orange, l’Imperturbable de l’eau minérale, les Pendants calquèrent leur choix sur le sien. Elle parut désappointée qu’ils ne veuillent rien manger, elle insista en énonçant le menu : sandwiches, cake, cookies.
« Nous n’avons pas faim.», trancha le chef de meute.
Julia Braun haussa les épaules avant de tirer sur le fil d’un téléphone pour le ramener jusqu’à elle. Elle commanda leurs boissons et deux sandwiches au fromage suisse et un whisky pour elle.
Tandis qu’elle raccrochait, son regard se perdit peu à peu au fond de la salle, puis sa tête tourna lentement vers l’Imperturbable, avant de virer en direction des Pendants.
Elle les avait regardés tous les trois avec l’air de se demander ce qu’ils faisaient là. L’expression du visage des Pendants monta d’un cran dans la stupéfaction quand elle adressa à Clark Roberts un regard pétillant et souligné d’un sourire malicieux. Le vieux monsieur rosit de plaisir.
Julia Braun dégustait ses sandwiches, avec une certaine grâce dans son jeu de couverts et tout en avalant de temps en temps une petite gorgée de whisky, et l’Imperturbable, dont le masque commençait à vaciller devant tant de désinvolture, demandait l’irréalisable.
Il exigeait la création et la diffusion d’un divertissement ou feuilleton “très moral” à la place de l’émission de Gordon Parker. À défaut de cette solution non négociable, une action en justice serait intentée pour un préjudice porté à l’image de la société de Clark Roberts et qui était évalué à trois millions de dollars.
L’Imperturbable évoquait dans le détail les coûts faramineux de certains procès, et Julia Braun avait l’air complètement ailleurs. Un ailleurs si drôle qu’elle faillit recracher une bouchée de sandwich sur son voisin de gauche à cause d’un rire qu’elle s’efforça de contenir.
« Si notre proposition n’est pas réalisable, pour une raison ou pour une autre, il reste l’alternative de l’arrangement financier. Nous l’avons fixé avec notre client à 1,5 million. Ce qui, bien entendu, vous coûterait beaucoup moins cher que l’action en justice tout en vous évitant de faire durer la mauvaise publicité.»
Julia Braun avait écarté son assiette et son verre, elle resta attentive jusqu’à ce qu’une bouche pincée et un regard narquois commencent à se dessiner sur son visage. L’Imperturbable se désintégra en même temps que ces expressions se fixaient sur le visage de la directrice des programmes. Et il devint l’Épuisé.
« J’ai ce qu’il vous faut, dit Julia Braun d’une voix tranquille.
- Et qu’est-ce que vous proposez ? », soupira l’Épuisé.
Les Pendants sursautèrent beaucoup plus vigoureusement que lui quand Julia Braun se leva brusquement. Elle avait l’air illuminé ; des yeux de jeteuse de sorts, dilatés, agrandis ; un regard habité. Et, sur un ton prophétique, soutenu par des gestes amples et courbes qui semblaient donner le tournis à l’auditoire, elle déclara :
« Ce que je vous propose, mais c’est… une sainte. Un personnage d’une série qui va faire oublier immédiatement notre fâcheuse affaire. Nous laver de tout ça. Elle est jeune , elle ne fume pas, elle boit du lait. À chaque épisode, elle se précipite au secours d’une personne vulnérable : aveugle, vieillard, orphelin, malade.
- Et elle s’appelle comment votre sainte ? », demanda Clark Roberts.
Julia Braun lui fit ses yeux pétillants.
« Dorothy, répondit-elle sur le ton de l’évidence.
- Dorothy, très bien, très bien. J’ai hâte de voir ça.
- Vous le verrez…. dans un mois…à peu près…. Je vous propose de vous envoyer votre contrat dans une semaine.
- Vous l’envoyez à notre cabinet, mumura l’Épuisé.
- Non, à moi directement», dit Clark Roberts.
La réunion s’acheva avec Clark Roberts trépignant d’excitation, l’Épuisé complètement déboussolé et les Pendants très aimables avec Julia Braun.
Tandis que les hommes quittaient la pièce, Julia Braun retourna tranquillement vers sa chaise, elle s’y laissa complètement choir.
Abasourdie comme une exorcisée, le regard inquiet, elle gonfla les joues et évacua l’air en faisant bruisser ses lèvres.
Julia Braun avait fini par se lever. Elle avait marché jusqu’à l’aquarium où elle s’était emparée d’une énorme boîte d’aliments pour poissons.
Elle versa une pincée de cette poudre grossière dans l’eau.
Les voraces convergèrent vers les miettes en suspension, avant de disparaître dans une épaisse nuée laiteuse.
Julia Braun venait de leur offrir l’entier contenu de la boîte, soit un bon mois de nourriture.
Pierrick Moritz
Ce texte n’est pas libre de droits et ne peut être republié, même partiellement, sans autorisation de l’auteur. Un exemplaire original déposé à la SACD en juin 2009 protège ce texte de la contrefaçon partielle ou totale et de l’adaptation.
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II) La Naissance de Magic Dorothy (deuxième partie)
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III) Le Casting
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IV) La Rencontre
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V) L’Arnaqueur
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VI) L’Exorcisme et Le Décorateur
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VII) La Fin du monde
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